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Coup d’état bancaire: les banquiers prennent la place des chefs d’État sans élections

Écrit par Alain Pilote le dimanche, 01 janvier 2012. Publié dans Gouvernement mondial

Coup d'état bancaire 

Comme le dit Louis Even, un super-pouvoir domine les gouvernements, le pouvoir de ceux qui contrôlent la création de l’argent dans le pays. Peu importe qui est le chef d’État ou parti élu à la tête d’un pays, si le pouvoir de créer l’argent est laissé aux banques privées (en accordant des prêts aux individus, compagnies et gouvernements), au lieu d’appartenir à la société elle-même, ce pays ne pourra que sombrer dans les dettes et les crises économiques. C’est ce que nous voyons présentement à la grandeur du globe.

M. Even écrivait: «Qui est au-dessus des gouvernements? Dieu, direz-vous. Assurément, bien que plusieurs lui refusent sa place. Mais il est aussi une puissance humaine à laquelle aucun gouvernement ne semble pouvoir ou vouloir refuser la préséance — la puissance des créateurs d’argent.» C’est Mayer Amschel Rothschild, chef d’une grande dynastie bancaire et ancêtre du système actuel d’argent-dette, qui déclarait à la fin du 18e siècle: «Qu’on m’accorde le contrôle de la monnaie d’une nation et je me fiche de qui fait les lois de cette nation.»

Ces banquiers internationaux préfèrent normalement rester dans l’ombre et agir dans les coulisses, s’assurant que les politiciens élus par la population observent leurs ordres et maintiennent leur pouvoir monétaire, soit en finançant leur élection, ou bien par chantage, menaces, pots-de-vin, ou autre méthode semblable.

Mario Daghi et Jean-Claude TrichetMario Draghi (à gauche), nouveau président de la Banque centrale européenne, et Jean-Claude Trichet, président sortant

Mais voici que tout récemment, ces banquiers ont franchi une étape de plus: au lieu de mettre des pions ou marionnettes au pouvoir, ce sont eux-mêmes qui prennent littéralement la place des chefs d’États et gouvernements, et cela sans même le besoin d’organiser des élections. Pour être certains de mener leur plan de domination mondiale à terme, ils ne prennent aucun risque, et ne s’embarrassent plus d’intermédiaires: ils sont eux-mêmes aux commandes, et ne prennent même plus la peine de se cacher.

Ce sont de véritables coups d’État au profit des banquiers internationaux. Voici par exemple le cas de trois pions de la banque américaine Goldman Sachs qui viennent d’atteindre des positions stratégiques: Mario Draghi, Loukas Papademos et Mario Monti.

L’Italien Mario Draghi est diplômé d’économie du Massachussetts Institute of Technology (MIT). Il a été chargé des privatisations italiennes de 1993 à 2001. Il est devenu gouverneur de la Banque d’Italie en 2006. De 2002 à 2006 il a été vice-président pour l’Europe de Goldman Sachs, la sulfureuse banque d’affaires américaine. Pendant cette période, la banque d’affaire a touché 300 millions pour aider la Grèce à camoufler son déficit, pour être admise dans l’Union européenne. Le 1er novembre 2011, Draghi est nommé président de la Banque centrale européenne (BCE). Il est aussi membre de la Commission trilatérale et du groupe Bilderberg. (Voir l’encadré à la fin de cet article.)

Loukas PapademosLe nouveau premier ministre de Grèce,  Loukas Papademos.

Le Grec Loukas Papadimos, lui aussi diplômé du Massachussetts Institute of Technology (MIT), a été professeur à l’Université américaine de Columbia avant de devenir conseiller économique de la Banque de réserve fédérale de Boston. De 1994 à 2002, il a été gouverneur de la Banque de Grèce, poste qu’il occupait quand la Grèce s’est «qualifiée» pour l’euro, grâce à des comptes falsifiés par Goldman Sachs. Puis, il a été vice-président de la Banque centrale européenne (BCE).

Le 10 novembre 2011, sur pression de l’Union européenne et du G20, il était nommé premier ministre de Grèce avec le soutien des deux partis dominants. Il est membre de la Commission trilatérale. Le premier ministre sortant, Georges Papandréou, avait déclaré qu’il demanderait à la population par référendum si elle était d’accord avec les mesures d’austérité imposées par l’Union européenne et le FMI ce qui, bien qu’étant tout à fait démocratique, était inacceptable pour les financiers internationaux. Deux jours après l’annonce de ce référendum, Papandréou était forcé à démissionner. (Ironiquement, c’est la Grèce qui est le berceau de la démocratie.)

Le 16 novembre 2011, sans élections, l’Italien Mario Monti est devenu premier ministre d’Italie, en remplacement de Silvio Berlusconni. Monti est diplômé de l’Université de Yale aux États-Unis. Il a étudié le comportement des banques en régime de monopole. Puis il a été durant dix ans commissaire européen, de 1994 à 2004. Membre de la Trilatérale et du groupe de Bilderberg, il a été nommé conseiller international de Goldman Sachs en 2005.

Mario Monti et Silvio BerlusconniMario Monti (à gauche), nouveau premier ministre italien, avec son prédécesseur, Silvio Berlusconni

Mario Monti (à gauche), nouveau premier ministre italien, avec son prédécesseur, Silvio Berlusconni.  En plus du poste de premier ministre italien, M. Monti assume aussi la fonction de ministre de l’Économie. Le gouvernement Monti est composé exclusivement de technocrates. Corrado Passera, le patron de la banque Intesa Sanpaolo, devient par exemple ministre du Développement économique et des Infrastructures. Aucun politicien n’est entré au gouvernement, parmi les 16 ministres. Pour M. Monti, cette absence «facilitera plutôt que ne fera obstacle à l’action gouvernementale, car elle (leur) ôtera un motif d’embarras». En n’étant pas élu, on n’a pas de compte à rendre à la population. N’est-ce pas merveilleux? Qui dit mieux en fait de mépris de la démocratie?

La banque Goldman Sachs est surnommée aux Etats-Unis «Government Sachs » tant elle est influente sur le gouvernement américain. Le secrétaire au Trésor de Clinton, Robert Rubin, qui procéda à la dérégulation financière, venait de Goldman Sachs. Tout comme le secrétaire au Trésor de Bush, Hank Paulson, qui transféra aux Etats les dettes pourries des banques, lors de la crise financière.

Mark Carney, gouverneur de la Banque du Canada, provient aussi de Goldman Sachs. Le 4 novembre 2011, il a été nommé à la tête du Conseil de stabilité financière, chargé par le G20 de superviser et d’appliquer les politiques de réglementation du secteur financier mondial.

Pour que l’euro, la monnaie unique européenne, fonctionne, il faudrait que tous les pays d’Europe aient une politique budgétaire commune, et abandonnent le peu qui leur reste de souveraineté. C’est l’objectif visé depuis le tout début avec la création de l’Union européenne: ce qui était d’abord une union strictement commerciale (le Marché Commun, ou Communauté économique européenne), s’est transformé en 1993 en Union européenne, où tous les pays membres ont dû abolir leurs barrières tarifaires et laisser aux technocrates (non élus) de la Commission Européenne à Bruxelles le soin de décider des politiques fiscales et monétaires de ces pays. Et depuis 1999, la plupart des pays membres de l’Union européenne ont abandonné leur monnaie nationale pour partager une seule monnaie commune, l’euro. José Manuel Durão Barroso, président de la Commission européenne, déclarait récemment :

«L’avenir de l’Europe passe par davantage d’intégration. Cette crise a provoqué une accélération de l’histoire et nous devons être prêts aujourd’hui à prendre les mesures qui avaient été envisagées pour demain seulement.»

 

La Commision Trilatérale

Il y a actuellement trois grandes régions ou blocs économiques dans le monde: l’Europe, l’Amérique du Nord, et l’Extrême-Orient (Japon, Corée du Sud, Taiwan, etc.). Sous le prétexte de devoir s’unir afin de pouvoir faire compétition aux autres grands blocs économiques, les pays membres de chacun de ces trois blocs décideront de se fusionner en un seul pays, formant ainsi trois super-États, et alors le gouvernement mondial unique sera presque atteint.

C’est exactement ce qui est en train de se passer actuellement, et c’est poussé par la «Commission Trilatérale», un organisme fondé en juillet 1973 par David Rockefeller, président de la Chase Manhattan Bank de New-York. Le but officiel de la Commission Trilatérale est «d’harmoniser les relations politiques, économiques, sociales et culturelles entre les trois grandes régions économiques du globe» (d’où le nom de «Trilatérale»).

 

Le groupe Bilderberg

On compte parmi les fondateurs le prince Bernhard des Pays-Bas, Denis Healey (ex-ministre des finances britannique), Joseph Retinger (diplomate polonais, connu pour son fédéralisme et pour son rôle dans la construction européenne), David Rockefeller (banquier américain).

Le groupe Bilderberg, aussi appelé conférence de Bilderberg ou club Bilderberg (d’après l’hôtel Bilderberg à Oosterbeek aux Pays-Bas, où s’est tenue la première assemblée du groupe en mai 1954), est un rassemblement annuel et informel d’environ 130 membres, essentiellement américains et européens, et dont la plupart sont des personnalités de la diplomatie, des affaires, de la politique et des média.

Ce sommet annuel est au centre de plusieurs controverses du fait de sa non-médiatisation et du caractère confidentiel du bilan des conférences.

 

L’objectif de ce coup d’état bancaire est d’exploiter la crise de l’euro comme moyen de créer un super-État fédéral européen qui transférera à la Commission Européenne à Bruxelles tous les pouvoirs que les nations européennes actuelles possèdent encore. Les mondialistes ont déjà commencé ce processus, en plaçant deux de leurs pions non-élus pour remplacer les premiers ministres démocratiquement élus de Grèce et d’Italie.

Tout le monde sait que la Grèce ne pourra jamais rembourser ses dettes, mais on continue de lui prêter pour l’endetter davantage. Comme les pièces d’un jeu de dominos, tous les pays vont tomber un après l’autre, et c’est non seulement l’euro qui va éclater, mais aussi le dollar américain, car les États-Unis ont une dette record, et des records de pauvreté extrême :

Oiseu Banque MondialeLes agences de presse rapportaient le 4 novembre dernier que selon le plus récent recensement, 20 millions et demi de personnes vivent dans l’extrême pauvreté aux États-Unis. C’est presque 7 % de la population. Il s’agit d’un record en 35 ans, soit depuis que ces statistiques sont compilées. Le recensement qualifie de « très pauvre » une personne célibataire qui gagne moins de 5570 dollars et une famille de quatre personnes qui gagne 11 157 dollars ou moins par année.

Pourquoi sommes-nous dans un tel chaos? C’est parce que les gouvernements empruntent à intérêt, des banques privées, de l’argent qu’ils pourraient emprunter sans intérêt de leurs propres banques centrales. En 2007, les pays membres de l’Union européenne ont été assez stupides pour inclure dans la nouvelle Constitution européenne (article 123 du Trait de Lisbonne) cette interdiction de se financer par leur banque centrale. Les banques commerciales, par contre, peuvent emprunter de l’argent de la Banque centrale européenne à un taux de 1,25%, et ensuite prêter ce même argent aux gouvernements nationaux à des taux de 5, 6% ou même davantage…

Citation de David Rockefeller, tirée de son autobiographie MEMOIRS, en page 405: «Quelques-uns croient même que nous (la famille Rockefeller) faisons partie d’une cabale secrète travaillant contre les meilleurs intérêts des États-Unis, caractérisant ma famille et moi en tant qu’internationalistes et conspirant avec d’autres autour de la Terre pour construire une politique globale plus intégrée ainsi qu’une structure économique — un seul gouvernement mondial si vous voulez. Si cela est l’accusation, je suis coupable et fier de l’être.»

La seule solution logique est que les nations reprennent leur droit souverain d’émettre leur propre argent, sans dette, en faisant de l’argent un comptabilité exacte, un reflet fidèle des réalités économiques, comme il a été expliqué plusieurs fois dans d’autres articles de Vers Demain.

En laissant à des compagnies privées, les banques commerciales, la fonction de créer l’argent pour le pays, les États, selon les mots du Pape Pie XI dans son encyclique Quadragesimo anno, sont devenus les valets des puissances financières, au lieu d’être les serviteurs du bien commun: «L’Etat, qui devrait gouverner de haut, comme souverain et suprême arbitre, dans le seul intérêt du bien commun et de la justice, est tombé au rang d’esclave et est devenu le docile instrument de toutes les passions et de toutes les ambitions de l’intérêt.»

 

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