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Elie-Ange Fortin, un directeur des Pèlerins de saint Michel à plein temps depuis 47 ans, mort en tournée d'apostolat

le samedi, 01 mars 2003. Dans Hommage aux Apôtres décédés

C'est avec tristesse que nous vous apprenons le décès de notre valeureux Plein-Temps, Élie-Ange Fortin. Il était l'un des directeurs de l« Institut Louis Even pour la Justice Sociale », et des « Pèlerins de saint Michel ». Il est décédé subitement, le 10 février, alors qu'il était en tournée de conférences dans la région du Saguenay et Lac St-Jean. Son corps a été exposé à la Maison de l'Immaculée le 11 février, fête de Notre-Dame de Lourdes, devant la belle statue de l'Immaculée Conception. A l'église, le service a été célébré par le Rev. Père Gérard Montpetit, Supérieur des Oblats de Marie Immaculée, à Rougemont. Ce dernier était accompagné de M. le curé Jacques Chaput, et du Rev. Père Edmond Brouillard, O.M.I., aumônier des Pèlerins de saint Michel. Le beau chant était dirigé par M. Léandre Lapierre, l'excellent maître de chorale, de St-Odilon. Les Pèlerins de saint Michel, ainsi que les membres de la famille Fortin, frères et sœurs d'Élie-Ange : Wilbrod, Colombe, Clémence, Géralda, Edwidge, Louise-Hélène, remercient de tout cœur, ceux et celles qui ont participé aux funérailles. L'homélie de M. le curé Chaput résume un peu la vie de ce grand apôtre si totalement donné à son Œuvre.

Th.T.

Funérailles d'Élie-Ange Fortin

Homélie de M. le curé Jacques Chaput de St-Michel de Rougemont

Cet après-midi, nous sommes réunis pour faire mémoire de M. Élie-Ange Fortin. Notre présence n'est pas un fruit du hasard, nous avons sans doute plusieurs raisons d'être ici présents.

Pour ceux et celles qui ont connu Élie-Ange, c'est par respect, par reconnaissance, par amitié que vous êtes venus prier dans cette église paroissiale St-Michel de Rougemont.

Comme chrétiens et chrétiennes, dépassons notre tristesse et portons notre regard sur Jésus-Christ mort et ressuscité, celui-là même qui est notre espérance.

Dans la préface des défunts nous proclamons, pour tous ceux qui croient en Toi, Seigneur, la vie n'est pas détruite, elle est transformée et lorsque prend fin leur séjour sur la terre, ils ont déjà une demeure éternelle dans les cieux.

Notre vie sur la terre est ainsi considérée dans la foi chrétienne comme un séjour, un pèlerinage, une étape, une mission confiée.

Pour Élie-Ange, cette mission chrétienne s'est concrétisée dans le service apostolique chez les Pèlerins de saint Michel.

Élie-Ange Fortin est né dans une grande famille de neuf enfants, à St-Côme de Beauce. Ses parents étaient cultivateurs. On reconnaissait en lui le caractère du Beauceron, fier de son patrimoine, travailleur, charitable, prêt à rendre service. Il fut élevé en plein temps de la crise économique de 1929 à 1939, crise qui s'est terminée seulement par la déclaration de la guerre, guerre qui a fait sortir les millions de dollars pour financer la tuerie de millions d'hommes, alors que nos sommes d'État ne trouvaient pas un sou avant, pour la vie des familles.

Ces événements l'avaient marqué, il avait l'esprit ouvert au message que son entraîneur, Laurent Genesse, lançait, dans le temps, sur les verrons des églises, après les messes, les dimanches : « Nos compatriotes souffrent de la faim, lors que les fermiers et les ouvriers comblent les magasins de leurs produits. Que manque-il pour que les produits rejoignent les besoins ? De l'argent, seulement de l'argent. Nos gouvernements en trouvent pour la guerre pour tuer, mais ils n'en trouvent pas en temps de paix pour la vie. Quel mystère ! Le peuple accomplit son rôle, sa mission, en fabriquant les produits. Le gouvernement ne fait pas son devoir, il ne crée pas l'argent pour permettre à la population de s'échanger ses produits. Le problème est simple, mais il est à la base de bien des malheurs. Le gouvernement doit créer autant d'argent que le peuple crée de produits, etc...

Élie-Ange Fortin, avait 19 ans, en plein dans la fleur de l'âge, lorsqu'il entendit ce message, avec son caractère de brave et honnête Beauceron, et ayant souffert de la crise économique lui-même, son intelligence buvait ces paroles, il les comprit et il s'en fit l'ardent propagandiste en sacrifiant tous ses loisirs pour enseigner aux autres les grandes vérités qu'il venait de découvrir.

À 25 ans, il fit le grand pas, il répondit courageusement à l'appel de Dieu, il renonça au monde et à tous ses biens, pour pouvoir consacrer totalement sa vie au service de Dieu et du prochain, comprenant que c'est sur cette parole de l'Évangile que nous serons jugés : donner à manger à ceux qui ont faim, vêtir ceux qui sont nus, etc...

Alors, libre de tout, il s'est donné corps et âme à son Oeuvre, parcourant le Canada tout entier, de ville en ville, de village en village, de maison en maison, visitant les familles, mendiant comme le « poverello » d'Assise, ses repas et son gîte pour la nuit. Chaque jour, c'était la grande aventure, ne sachant pas où il dormirait la nuit suivante. Il s'est même rendu plusieurs fois en France, afin d'y exercer son apostolat par le porte en porte et par des conférences. Il s'est vraiment épuisé à la tâche. Mais il était heureux.

Sa foi en Dieu était très forte et profonde. Jamais il ne se privait du grand privilège d'assister à la Messe le matin, car il en comprenait l'infinie grandeur.

Il brûlait d'un ardent amour pour notre Sainte Mère, la Vierge Marie. Il s'est consacré à Marie, selon la formule de saint Louis-Marie de Montfort, le 8 septembre 1970. Il a vécu pleinement sa consécration. Il était assidu à la récitation du Rosaire, le matin avant la Messe, le midi et le soir après les repas.

Il eut l'immense joie de se voir offrir par M. Patrick Bisson, un fils de Rougemont, un billet d'avion, pour se rendre à Medjugorje, là où la très sainte Vierge apparaît depuis 20 ans. Il est revenu vraiment ravi et chargé de grâce, de son pèlerinage. Il ne pouvait plus parler de la Très Sainte Vierge, sans s'émouvoir jusqu'aux larmes.

Il fut un temps où les Pèlerins de saint Michel, pour édifier les familles, interprétaient les mystères de la Naissance de Jésus et ceux de la Rédemption. À cause de son humilité et de son air de bonté, Élie-Ange était choisi pour personnifier saint Joseph, dans les mystères joyeux, et pour représenter Jésus, dans les mystères douloureux.

Épuisé par vingt-sept années de grand apostolat continuel sur la route, souvent obligé de jeûner, il ne se nourrissant jamais à des heures régulières; loin de songer à se reposer, il se chargea de la lourde tâche de la cuisine de la Maison de l'Immaculée, tâche qu'il a accomplie pendant 20 ans. Cela lui a demandé beaucoup de sacrifices et de renoncement. Il n'a jamais pris de loisirs, de divertissements, de vacances.

Et les fins de semaine étaient quand même consacrées à l'apostolat et à tenir des assemblées dans différentes régions. C'est dans l'une de ces tournées d'apostolat que la Sainte Vierge l'attendait, on peut dire qu'il est mort au combat, sur le champ d'honneur.

Les 8, 9 et 10 février, il est allé tenir les assemblées de la région du Saguenay et Lac St-Jean. Il a fait sa conférence, dimanche après-midi, il était très joyeux, il fit un peu l'historique de sa vie de Pèlerin de saint Michel et à plusieurs reprises il s'est dit heureux, très heureux d'avoir consacré sa vie pour Dieu et son prochain au sein de la belle équipe des Pèlerins de saint Michel, 6 ans à temps partiel et 47 ans à plein temps.

Le soir, reçu pour la nuit chez M. Normand Dubé, il récita le chapelet avec son hôte avant de se mettre au lit.

À minuit et demi, M. Dubé entendait des plaintes, il se leva et constata que son invité était tombé par terre, implorant sa bonne Mère de le secourir « Marie, Marie » furent ses derniers mots. Et hier, monsieur Normand Dubé a téléphone pour dire : « Faites savoir à monsieur le curé que j'ai eu le privilège d'assister à la mort d'un saint ».

Et notre bonne Mère du Ciel est venue cueillir Élie-Ange en l'année dédiée au saint Rosaire, proclamée par le Pape Jean-Paul II. Elle l'a pris la veille de la fête de Notre-Dame de Lourdes, pour lui permettre d'aller célébrer au Ciel ces beaux jours, où toute la Cour céleste glorifie Marie dans son Immaculée Conception.

Nous prions pour Élie-Ange, mais nous croyons que nous pouvons aussi le prier.

Ce n'est pas par hasard que nous célébrons l'Eucharistie au cours de ces funérailles, lui-même a participé tous les jours à la messe paroissiale. Aujourd'hui, il est invité à passer à la table du Seigneur.

Dans cette communion au Christ ressuscité, il nous est donné de croire qu'Élie-Ange est entré dans le monde de la résurrection avec Celui qu'il a servi toute sa vie. Puisse cette foi qui est la nôtre, soutenir notre espérance et nous garder, nous-mêmes, en tenue de service. Amen.

Jacques Chaput

Curé de Rougemont

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