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Saint Joseph, gardien du Rédempteur

le dimanche, 01 mars 2020. Dans Encycliques et autres documents du Magistère

Exhortation apostolique de saint Jean-Paul II

Ite Ad Joseph
Saint Jean-Paul IISaint Jean-Paul II

Plusieurs documents du Magistère de l’Église ont été écrits sur saint Joseph, « à la garde duquel Dieu a confié ses trésors les plus précieux (Jésus et Marie) ». Par exemple, le 8 décembre 1870, le bienheureux pape Pie IX déclarait saint Joseph patron de l’Église universelle. Le 15 août 1889, le pape Léon XIII publiait l’encyclique “Quamquam pluries” sur saint Joseph, qui expliquait, entre autres, les raisons pour lesquelles saint Joseph avait été déclaré patron de l’Église. Cent ans plus tard, le 15 août 1989, le pape saint Jean-Paul II publiait l'exhortation apostolique “Redemptoris Custos” (le gardien du Rédempteur) sur la personne et la mission de saint Joseph dans la vie du Christ et de l'Église. Voici des extraits de ce document :

Appelé à veiller sur le Rédempteur, « Joseph fit ce que l'Ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse » (Mt 1, 24). Dès les premiers siècles, les Pères de l'Église, s'inspirant de l'Évangile, ont bien montré que : de même que saint Joseph a pris un soin affectueux de Marie et s'est consacré avec joie à l'éducation de Jésus-Christ, de même il est le gardien et le protecteur de son Corps mystique, l'Église, dont la Vierge sainte est la figure et le modèle.

Gardien du mystère de Dieu

Si Élisabeth a dit de la Mère du Rédempteur : « Bienheureuse celle qui a cru », on peut en un sens attribuer aussi cette béatitude à Joseph, car il a répondu affirmativement à la Parole de Dieu quand elle lui a été transmise en ce moment décisif. Joseph, il est vrai, n'a pas répondu à l’« annonce » de l'Ange comme Marie, mais il « fit ce que l'Ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse ». Ce qu'il fit est pure « obéissance de la foi » (cf. Rm 1, 5 ; 16, 26 ; 2 Co 10, 5-6). On peut dire que ce que fit Joseph l'unit d'une manière toute spéciale à la foi de Marie : il accepta comme une vérité venant de Dieu ce qu’elle avait déjà accepté lors de l'Annonciation.

Le pape Jean XXIII, qui avait une grande dévotion envers saint Joseph, décida que dans le canon romain de la messe, mémorial perpétuel de la Rédemption, son nom serait ajouté à côté de celui de Marie, avant les Apôtres, les Souverains Pontifes et les Martyrs.

C'est pour assurer une présence paternelle auprès de Jésus que Dieu choisit Joseph comme époux de Marie. Il s'ensuit que la paternité de Joseph – relation qui le place le plus près possible du Christ, fin de toute élection et de toute prédestination (cf. Rm 8, 28-29) – passe par le mariage avec Marie, c'est-à-dire par la famille.

Tout en affirmant clairement que Jésus a été conçu par le fait de l'Esprit Saint et que dans ce mariage la virginité a été préservée (cf. Mt 1. 18-25 ; Lc 1, 26-38), les évangélistes appellent Joseph l'époux de Marie et Marie l'épouse de Joseph (cf. Mt 1, 16. 18-20. 24 ; Lc 1, 27 ; 2, 5).

La liturgie rappelle qu’« à saint Joseph a été confiée la garde des mystères du salut à l'aube des temps nouveaux », et elle précise qu’« il fut le serviteur fidèle et prudent à qui Dieu confia la sainte Famille pour qu'il veille comme un père sur son Fils unique. » Léon XIII souligne la sublimité de cette mission : « Joseph brille entre tous par la plus auguste dignité, parce qu'il a été, de par la volonté divine, le gardien du Fils de Dieu, regardé par les hommes comme son père. D'où il résultait que le Verbe de Dieu était humblement soumis à Joseph, qu'il lui obéissait et qu'il lui rendait tous les devoirs que les enfants sont obligés de rendre à leurs parents. »

Il serait inconcevable qu'à une tâche aussi élevée ne correspondent pas les qualités voulues pour bien l'accomplir. Il convient donc de reconnaître que Joseph eut à l'égard de Jésus, « par un don spécial du ciel, tout l'amour naturel, toute l'affectueuse sollicitude que peut connaître un cœur de père. »

Lorsque les Mages étaient venus de l'Orient, Hérode avait appris la naissance du « roi des juifs » (Mt 2, 2). Et quand les Mages s'en allèrent, il « envoya mettre à mort, dans Bethléem et tout son territoire, tous les enfants de moins de deux ans » (Mt 2, 16). Ainsi, en les tuant tous, il voulait tuer ce nouveau-né, « roi des juifs », dont il avait entendu parler durant la visite des Mages à sa cour. Alors Joseph, après avoir entendu l'avertissement en songe, « prit avec lui l'enfant et sa mère, de nuit, et se retira en Égypte ; et il resta là jusqu'à la mort d'Hérode, pour que s'accomplît cet oracle prophétique du Seigneur : « D'Égypte j'ai appelé mon fils. » (Mt 2, 1415 ; cf. Osée 11, 1).

La route du retour de Jésus de Bethléem à Nazareth passa donc par l'Égypte. De même qu'Israël avait, « de l'état d'esclavage », pris le chemin de l'exode pour commencer l'Ancienne Alliance, de même Joseph, dépositaire et coopérateur du mystère providentiel de Dieu, veille aussi en exil sur celui qui réalise la Nouvelle Alliance.

« Saint Joseph est le modèle des humbles, que le christianisme élève vers de grands destins ; il est la preuve que, pour être de bons et authentiques disciples du Christ, il n'y a pas besoin de “grandes choses” : il faut seulement des vertus communes, humaines, simples, mais vraies et authentiques ». (Paul VI, allocution du 19 mars 1966.)

Patron de l'Église de notre temps

Saint JosephEn des temps difficiles pour l'Église, Pie IX, voulant la confier à la protection spéciale du saint patriarche Joseph, le déclara « Patron de l'Église catholique. » (Décret Quemadmodum Deus, 8 décembre, 1870.) Le Pape savait que son geste n'était pas hors de propos car, en raison de la très haute dignité accordée par Dieu à ce fidèle serviteur, « l'Église, après la Vierge Sainte son épouse, a toujours tenu en grand honneur le bienheureux Joseph, elle l'a comblé de louanges et a recouru de préférence à lui dans les difficultés. »

Quels sont les motifs d'une telle confiance ? Léon XIII les énumère ainsi : « Les raisons et les motifs spéciaux pour lesquels saint Joseph est nommément le patron de l'Église et qui font que l’Église espère beaucoup, en retour, de sa protection et de son patronage sont que Joseph fut l'époux de Marie et qu'il fut réputé le père de Jésus-Christ. [...] Joseph était le gardien, l'administrateur et le défenseur légitime et naturel de la maison divine dont il était le chef. [...] Il est donc naturel et très digne du bienheureux Joseph que, de même qu'il subvenait autrefois à tous les besoins de la famille de Nazareth et l'entourait saintement de sa protection, il couvre maintenant de son céleste patronage et défende l’Église de Jésus Christ. »

Ce patronage doit être invoqué, et il est toujours nécessaire à l'Église, non seulement pour la défendre contre les dangers sans cesse renaissants mais aussi et surtout pour la soutenir dans ses efforts redoublés d'évangélisation du monde et de nouvelle évangélisation des pays et des nations « où – comme je l'ai écrit dans l'exhortation apostolique Christifideles Laici – la religion et la vie chrétienne étaient autrefois on ne peut plus florissantes » et qui « sont maintenant mises à dure épreuve ». Pour apporter la première annonce du Christ ou pour la présenter à nouveau là où elle a été délaissée ou oubliée, l'Église a besoin d'une particulière « force d'en haut » (cf. Lc 24, 49 ; Ac 1, 8), don de l'Esprit du Seigneur, assurément, mais non sans lien avec l'intercession et l'exemple de ses saints.

En plus de la protection efficace de Joseph, l'Église a confiance en son exemple insigne, exemple qui ne concerne pas tel état de vie particulier mais est proposé à toute la communauté chrétienne, quelles que soient en elle la condition et les tâches de chaque fidèle.

Comme le dit la Constitution du Concile Vatican II sur la Révélation Divine, l'attitude fondamentale de toute l'Église doit être celle de « l'écoute religieuse de la Parole de Dieu », c'est-à-dire de la disponibilité absolue à servir fidèlement la volonté salvifique de Dieu révélée en Jésus. Dés le début de la Rédemption humaine, nous trouvons le modèle de l'obéissance incarné, après Marie, précisément en Joseph, celui qui se distingue par l'exécution fidèle des commandements de Dieu.

Paul VI invitait à invoquer son patronage « comme l'Église, ces derniers temps, a l'habitude de le faire, pour elle-même d'abord, pour une réflexion théologique spontanée sur l'alliance de l'action divine avec l'action humaine dans la grande économie de la Rédemption, dans laquelle la première, l'action divine, se suffit totalement à elle-même tandis que la seconde, l'action humaine, la nôtre, tout en étant dans l'incapacité (cf. Jn 15, 5), n'est jamais dispensée d'une collaboration humble mais conditionnelle et anoblissante. En outre, l'Église l'invoque comme protecteur en raison d'un désir profond et très actuel de raviver son existence séculaire avec des vertus évangéliques véritables, telles qu'elles ont resplendi en saint Joseph ». (Paul VI, allocution du 19 mars 1969.)

Déjà, il y a cent ans, le pape Léon XIII exhortait le monde catholique à prier pour obtenir la protection de saint Joseph, patron de toute l'Église. L'encyclique Quamquam Pluries se référait à l’« amour paternel » dont saint Joseph « entourait l'enfant Jésus », et à ce « très sage gardien de la divine Famille », elle recommandait « l'héritage que Jésus a acquis de son sang ». Depuis lors, l'Église, comme je l'ai rappelé au début, implore la protection de Joseph « par l'affection qui l'a uni à la Vierge immaculée, Mère de Dieu » et elle lui confie tous ses soucis, en raison notamment des menaces qui pèsent sur la famille humaine.

Aujourd'hui encore, nous avons de nombreux motifs pour prier de la même manière : « Préserve-nous, ô Père très aimant, de toute souillure d'erreur et de corruption... ; sois-nous propice et assiste-nous du haut du ciel, dans le combat que nous livrons à la puissance des ténèbres... ; et de même que tu as arraché autrefois l'Enfant Jésus au péril de la mort, défends aujourd'hui la sainte Église de Dieu des embûches de l'ennemi et de toute adversité ». Aujourd'hui encore, nous avons des motifs permanents de recommander chaque personne à saint Joseph.

Aujourd'hui encore, nous avons de nombreuses raisons de prier de la même manière : « Père très aimé, dissipez le mal du mensonge et du péché... aidez-nous gracieusement du ciel dans notre lutte contre les pouvoirs des ténèbres... et tout comme une fois vous avez sauvé l'Enfant Jésus du danger mortel, alors maintenant défendez la sainte Église de Dieu des pièges de ses ennemis et de toute adversité. » (Prière à saint Joseph, contenue immédiatement après le texte de la lettre encyclique.) Aujourd'hui, nous avons encore de bonnes raisons de recommander tout le monde à saint Joseph.

Saint Jean-Paul II

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