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Rendre à Dieu ou rendre à César ?

le lundi, 01 octobre 2001. Dans Catéchèses et enseignements

par Père Edmond C. Brouillard, omi

Nous devons chercher à comprendre d'une manière évangélique ce que nous venons de lire, c'est-à-dire, à la lumière du Royaume qui vient. Nous devons faire la différence entre la volonté de César, des gouvernants, de ceux qui sont au pouvoir et la loi morale, la volonté de Dieu. Ce problème n'est pas seulement au temps du Christ, non, c'est de l'actualité, très frappant aujourd'hui.

L'effigie de César, c'est l'ambition, la soif de la richesse, du pouvoir, allant même jusqu'à détruire des valeurs morales, des valeurs religieuses. L'autre côté de la médaille, c'est la vie imprégnée de la prière, qui cherche la simplicité. La gloire et la puissance sont impuissantes à corrompre les valeurs d'une personne qui suit les voies de Jésus. Nous devons marcher aujourd'hui dans le tumulte des lois et de service public, devant les tentations de nouveaux honneurs, de nouvelles richesses qui ignorent tout de la loi morale.

En méditant l'Évangile, nous regardons vers les choses éternelles. Nous sommes incités à servir les intérêts de la paix, de l'unité, de l'amour et de la compassion ; notre vie entière doit être centrée sur Dieu. C'est pourquoi nous devons faire un discernement : ce qui appartient à Dieu et ce qui appartient à César.

C'est la question piège : « Est-il permis, oui ou non, de payer l'impôt à César ? Devons-nous payer, oui ou non ? »(MC 12, 14 ) Jésus leur demande qu'on lui apporte une pièce d'argent : « De qui est l'effigie que voici ? Et l'inscription ? » Les Pharisiens et les Hérodiens lui dirent : « De César. » Jésus leur dit : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » (Mc 12, 16,17). De ces paroles, ils retiennent surtout la première partie : « Rendez à César ce qui est à César. » De ces paroles « on en a fait le fondement d'une obligation de loyauté envers le pouvoir public. » 1 Mais ce n'est pas la vraie pensée de Jésus.

La véritable pensée de Jésus se situe dans la deuxième partie : « rendez à Dieu ce qui est à Dieu » C'est bien une parole évangélique et non de morale politique. « La pièce de monnaie qui porte l'image de l'empereur appartient à l'empereur, mais la personne qui est à l'image de Dieu appartient à Dieu. Autrement dit, il y a dans la personne humaine une part qui ne relève pas de César et de son pouvoir », une part qui ne relève pas de nos gouvernements. Il y a dans la personne humaine « une part de transcendance dont nul pouvoir au monde ne peut disposer. En tant qu'image de Dieu, la personne humaine est directement reliée à Dieu. » 2

La personne humaine créée à l'image de Dieu ne se laisse pas accaparer, annexer, comme une chose, par un pouvoir quelconque. Jésus ne met pas « l'accent sur le devoir de subordination au pouvoir politique, mais il tend à remettre à sa place ce devoir, sans toutefois le supprimer. » 3

Nous voyons que tout doit être considéré à la lumière du royaume des cieux. Examinons tout en relation avec Dieu, et tout le reste se déroulera dans l'ordre des choses orientées vers Dieu. Saint Paul n'a-t-il pas écrit aux Éphésiens : « Nous sommes en effet son ouvrage, créés dans le Christ Jésus en vue des bonnes œuvres que Dieu a préparées d'avance pour que nous les pratiquions. » (Éph. 2, 10)

Edmond-C. Brouillard omi

1 Éloi Leclerc. Le Royaume caché

2 Éloi Leclerc. Le Royaume caché

3. idem


Aussi : « Rendre au peuple »

Ce sermon du Père Brouillard donne un autre son de cloche que les autres sermons, sur le sujet, que nous avons entendus jusqu'ici. « Rendre à César », mais qu'est-ce qui appartient à César ? Est-ce que les pièces de monnaie que vous avez dans votre porte-monnaie appartiennent à la Reine d'Angleterre parce que son effigie est imprimée sur ces pièces ? Non, ces pièces de monnaie vous appartiennent parce que vous les avez gagnées. Et quand César réclame en taxes et en impôt de toutes sortes, plus de la moitié de votre salaire, quand, selon les statistiques officielles, le Canadien travaille, chaque année, jusqu'au 30 juin pour payer des taxes, ce n'est qu'au premier juillet qu'il commence à travailler pour lui et sa famille, eh bien ! il est temps de mettre un "stop" à César. De plus, la grande partie de ces impôts que César réclame ne sert pas à payer des services publics qu'il nous rend, mais elle sert à payer des intérêts aux banquiers. Ces intérêts sont le plus grand vol de l'histoire perpétré contre le peuple. Dans ce cas nous n'avons pas seulement le droit de résister à César, mais nous en avons le devoir. Le premier devoir d'un gouvernement, c'est de créer l'argent pour la bonne marche de l'économie dans le pays. Malheureusement, nos gouvernements cèdent ce droit aux banquiers s'obligeant ainsi à leur payer des intérêts, et ils plument le peuple toujours plus en taxes et en impôts illégitimes. Non, César n'a pas tous les droits. Dieu et la personne humaine passent avant lui

Thérèse Tardif

 

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