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Qu'est-ce que l'apostolat en général ?

Gilberte Côté-Mercier le mercredi, 01 octobre 2003. Dans Église catholique romaine

C'est la forme pratique de l'amour du prochain

L'article suivant a été écrit par Mme Gilberte Côté-Mercier le 1er juillet 1960. Il répond à ceux qui reprochent aux apôtres de Vers Demain de mélanger la religion à la politique :

Aimer son prochain

Il y a des gens qui ne comprennent pas ou qu'ils ne veulent pas comprendre qu'on puisse se donner un programme d'apostolat politique. Ils dissent que l'apostolat, c'est une affaire de religion, qu'on ne doit pas mêler la religion à la politique, que ceux qui veulent se faire apôtres n'ont qu'à se faire moines, etc.

Mes chers amis, expliquons-nous. Expliquons les activités des « Bérets Blancs », des Pèlerins de saint Michel du journal Vers Demain, qui travaillent en champ politique (en même temps que sur le terrain religieux) et qui veulent que leur travail soit un apostolat.

Qu'est-ce que l'apostolat en général ? C'est la forme pratique de l'amour du prochain. Aimer son prochain, ce n'est pas une vaine formule sentimentale. Ça doit vouloir dire quelque chose d'efficace, de fructueux. Les Carmélites, au fond des couvents, aiment vraiment leur prochain, parce qu'elles prient et jeûnent pour leur prochain. Elles sont rares, les personnes du monde qui, en jouissant de la vie, songent aux prières et aux mortifications des sœurs cloîtrées qui valent aux autres du bonheur, des joies. Pourtant, c'est cela la Communion des Saints, en laquelle nous affirmons croire, quand nous disons notre Credo. "Je crois en la Communion des Saints", disons-nous, devant le Seigneur. "Je crois que des âmes qui vous adorent, Seigneur, qui Vous aiment et qui m'aiment, qui se sacrifient pour moi, sont causes de mon bonheur temporel et de mon salut éternel". L'apostolat des Carmélites est efficace. Ce fut l'apostolat de la petite sainte Thérèse de l'Enfant Jésus qui a secouru tant de missionnaires sans sortir de son couvent.

Mais, nous qui ne sommes pas des cloîtrés, nous sommes quand même des chrétiens. Et le devoir de l'apostolat est aussi le nôtre. Le commandement de l'amour du prochain nous a été aussi donné à nous, les laïcs, les gens du monde, comme aux religieux. C'est le grand commandement, le deuxième qui ressemble au premier commandement de l'amour de Dieu.

On reconnaissait les premiers chrétiens d'entre les païens à ce qu'ils s'aimaient les uns les autres. On disait : "Voyez comme ils s'aiment." Moi, je suis chrétien. Je ne suis pas un moine, ni une Carmélite. Mais, il faut qu'on me reconnaisse comme chrétien, qu'on me découvre d'entre les autres. Le signe, auquel on me reconnaîtra, le voici : On dira de moi : "Voyez comme il aime son prochain !"

Je suis chrétien. Donc, j'aime mon prochain d'un amour efficace, qui porte des fruits. Je vais à mon prochain ; je le recherche pour lui faire l'aumône d'une vérité, d'une joie, d'une consolation, d'un soulagement, d'un peu de pain. Je vais à mon prochain. Je cours vers lui, même s'il ne fait aucune démarche vers moi, même s'il me fuit. Moi, je le poursuis de mon amour fraternel, comme le Christ poursuit chacun de nous de son amour. Un apôtre, n'est-ce pas cela ? L'amour va, il court, il cherche les âmes, parce qu'il les aime.

Je serai un apôtre dans le milieu où la vie, où la Providence m'a placé. Autour de moi, je chercherai les âmes pour leur faire du bien.

Des prisonniers de la politique

Mais, cet apostolat ira-t-il jusqu'à la politique, ce domaine réservé aux spécialistes des affaires de l'État ? Pourquoi pas ? Il semble qu'aujourd'hui plus que jamais dans l'histoire, ce soit sur le terrain politique que se joue le salut des âmes. Mon prochain à moi, l'homme du 20ème siècle, mais il est prisonnier de la politique, de cette politique "déchue de ses nobles fonctions" (Pie XI) et qui permet aux financiers usurpateurs de contrôler toutes nos vies selon leur philosophie satanique. Les hommes d'aujourd'hui sont tous prisonniers de la politique.

Aimer ses frères, aujourd'hui, mais c'est aller dans leur prison politique pour les y soulager, les consoler, briser les barreaux de leur prison et les en sortir enfin à force de luttes et de sacrifices.

Qui donc peut dire aujourd'hui qu'il n'est pas un tant soit peu esclave de la politique, des lois, des taxes, des régies, des commissions, des fonctionnaires, des règlements ? Personne, absolument personne. Même, nos députés, nos ministres ! Ne sont-ils pas les plus grands prisonniers de la politique ? Et tous les citoyens aussi sont enchaînés plus ou moins, mis en curatelle comme des aliénés, ayant perdu biens et libertés.

Les nations, petit à petit, tombent dans l'esclavage matérialiste de l'embauchage intégral et du prolétariat généralisé. Puis, les gouvernements, graduellement par les lois, ou violemment par des révolutions, les uns après les autres, enchaînent les peuples dans la tyrannie communiste.

Est-ce que ce n'est pas vraiment aimer ses frères que de travailler à les libérer de la politique actuelle qui assassine de plus en plus les personnes humaines ? Est-ce que le chrétien d'aujourd'hui ne trouve pas dans l'action politique un vaste champ d'apostolat, digne du plus haut idéal catholique ?

Oui, on a bien le droit d'être un apôtre politique. Tout citoyen, à plus forte raison tout chrétien, a même le devoir de l'être dans la mesure de ses forces.

Voilà le rôle que veulent remplir les Pèlerins de saint Michel du journal Vers Demain, celui d'apôtre.

Les visites aux familles Les "Bérets Blancs" vont vers leur prochain, ils le recherchent avec un amour fraternel. Voilà pourquoi ils pratiquent la visite aux familles.

Ah ! chers créditistes, (chers Pèlerins de saint Michel), si vous compreniez tous que le Crédit Social, le Crédit Social que vous aimez tant, que vous désirez, la cité créditiste, ne peut être autre chose qu'une cité fraternelle.

La cité fraternelle, c'est la cité où se pratique la fraternité, n'est-ce pas ?

Et la fraternité de la visite aux familles n'est-elle pas celle qui est la plus certaine, la plus assurée des résultats, la plus dévouée aussi ? Celui qui sacrifie ses loisirs et qui s'en va de porte en porte pour renseigner et consoler ses frères, pour les fortifier et les soulager, celui qui fait le maison en maison, vous êtes bien sûr, n'est-ce pas, qu'il aime vraiment ses frères ? Il ne sera pas toujours bien reçu aux maisons. Mais, ça ne fait rien, il continue parce qu'il aime. Comme le Christ qui ne se fatigue pas de nous visiter, malgré les mauvaises réceptions que nous lui réservons parfois, malgré nos ingratitudes.

Mais, il y a des joies aussi dans la visite aux familles, les grandes joies de l'apôtre, des joies indéfinissables, incomparables, capables d'être comprises par les seuls apôtres.

Créditistes, vous savez que la cité créditiste sera une cité fraternelle. Commencez donc tout de suite à la vivre, cette cité fraternelle, en allant tout de suite visiter vos frères. Pourquoi les créditistes ne sont-ils pas au porte en porte dans leurs fins de semaine ? Pourquoi tous les convaincus de la cité fraternelle du Crédit Social ne commencent-ils pas tout de suite à pratiquer l'amour du prochain, l'apostolat ?

Parce qu'on croit que l'amour ça peut encore être quelque chose d'égoïste, ça peut consister à se payer des parties de pêche, de chasse, de plage, quand on sait que ses frères souffrent. L'amour fraternel ne deviendra jamais l'égoïsme, pas même dans une cité créditiste. Et l'apostolat sera toujours le programme du chrétien.

On ne fait pas seulement du porte en porte pour hâter l'avènement du Crédit Social quand on est créditiste, mais on le fait par amour, par apostolat, parce que c'est cela la vie du chrétien.

Et il se trouve que les apôtres jouissent déjà d'une grande récompense, ils possèdent déjà en eux-mêmes le Crédit Social, car le Crédit Social doit rendre plus facile la vie entre frères, et ceux qui vivent leur Crédit Social au point de visiter les familles s'aperçoivent qu'ils forment une immense famille de frères et de soeurs, semblable à la famille des premiers chrétiens où ils découvrent de grandes joies.

Je m'adresse à tous les créditistes sans exception, et je leur demande de méditer sur les visites aux familles, et de décider coûte que coûte de mettre ce numéro dans leur programme. Ils ne le regretteront pas. S'ils éprouvent une grande répulsion au porte en porte dans le moment, qu'ils sachent bien que cette répulsion est l'œuvre de Satan. Le porte en porte demande un effort pour commencer, mais il nous ménage d'heureuses surprises. Essayez, essayez donc, créditistes. Et samedi ou dimanche prochain, montez une équipe de Pèlerins de saint Michel dans votre paroisse pour aller visiter les familles, prier avec elles et leur offrir Vers Demain qui agit comme un petit missionnaire dans les maisons.

Gilberte Côté-Mercier

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