EnglishEspañolPolskie

«Nous déclarons la guerre à la pauvreté chronique»

le lundi, 01 octobre 2001. Dans Catéchèses et enseignements

Homélie du Cardinal Bernardin Gantin, en Haïti

Tiré de l'Osservatore Romano du 12 décembre 2000, en la fête de Notre-Dame de Guadaloupe, Impératrice des Amériques, choisie par Jean-Paul II comme patronne de la nouvelle Evangélisation.

Le Cardinal Bernardin Gantin fut l'Envoyé spécial du Saint-Père au Congrès eucharistique d'Haïti qui s'est déroulé du 1er au 3 décembre 2000. Nous publions ci-dessous un extrait de l'homélie du Cardinal dans la cathédrale de Port-au-Prince, en présence de plus de trois mille fidèles à l'occasion de la Messe de clôture du congrès eucharistique.

De S.E. le Cardinal Bernardin Gantin

Extraits

Chaque nation de cette partie du monde doit se sentir, aujourd'hui, plus que jamais, c'est-à-dire en ces moments ultimes du grand Jubilé, concernée par le Message du Père commun de l'Église catholique, adressé à la terre haïtienne :

Pour qu'elle redresse la tête et se tienne debout, il faut qu'elle-même témoigne et que l'on témoigne envers elle du devoir de la solidarité, ce « fruit précieux de la conversion et de la communion et qui conduit à servir le prochain dans tous ses besoins aussi bien matériels que spirituels ; car en tout homme resplendit le visage du Christ »,

« L'Église en Amérique doit stimuler les Organismes internationaux du continent pour que s'établisse un ordre économique dans lequel ne domine pas seulement le critère de profit, mais encore celui de la recherche du bien commun national et international, de la distribution équitable des biens et de la promotion intégrale des peuples »,

N'est-ce pas sa grande fidélité à l'esprit de l'Évangile qui faisait dire au Pape pèlerin que le Christ « a exalté la place centrale de la personne humaine dans l'ordre naturel, dans l'ordre social, et dans l'ordre religieux ainsi que par rapport à la loi, défendant l'homme et aussi la femme et les enfants... Les droits humains et les devoirs inhérents proviennent de la dignité de l'homme en tant que fils de Dieu. Toute offense à la dignité de l'homme est une offense à Dieu lui-même, dont il est l'image ».

La Sainte Écriture enseigne que Dieu écoute le cri des pauvres (Ps 34). L'existence d'une dette extérieure qui étouffe beaucoup de peuples constitue un problème complexe... c'est pourquoi une Église, en célébrant un congrès du « Sacrement de la fraction du pain » ne peut l'ignorer : il concerne la vie d'un grand nombre de personnes.

Nous devons donc, avant de nous séparer, proclamer solennellement que nous déclarons la guerre à la pauvreté, et de façon résolue et unanime à la misère devenue chronique, installée à demeure et vraiment « noire » comme le surnomme tristement une expression qui ne fait honneur à personne.

Si les moyens matériels et financiers qui existent nombreux dans le monde mais qui sont confisqués massivement par les mains et les poches d'une minorité d'hommes arrogants et dépourvus de cœur ne peuvent ou ne veulent aider ni sauver nos frères et sœurs frustrés d'un présent de dignité ou d'un avenir assuré, alors un Congrès Eucharistique digne de ce nom doit avoir une parole claire qui « déshonore l'or et l'argent » et réhabilite la dignité de tous les nombreux Lazare, couchés à la porte des riches de ce monde.

Il est enfin d'une importance fondamentale, à la suite et à l'exemple de Jean-Paul II, que l'on donne le vrai sens de la vie aux nouvelles générations qui, à défaut d'en avoir un, finissent bien souvent par être entraînés, le chômage, l'obsession du sexe et les faux mirages aidant, à nourrir la spirale perverse des stupéfiants et de la violence.

Puisse le Message papal être ainsi reçu, non comme un beau cadeau à enfermer dans un bel écrin, mais comme un appel adressé au dynamisme de notre Foi et à notre Espérance de jeunes Haïtiens qui ne baisseront jamais les bras, et qui, au contraire, reconnaissants et vigilants (telle est la grâce de l'Eucharistie). Ils resteront également heureux comme le postule la grâce du Jubilé pour « racheter le temps » par une nouvelle Évangélisation selon l'attente du Pape et le souhait de l'Église universelle !

Comme il est bon et beau de rendre grâce pour ce que Dieu nous a donné de vivre ensemble. Mais comment rendre grâce sans penser à Marie, Mère de l'Église, dont le chant d'Action de grâce est un acte d'espérance majeur pour tous les assoiffés de justice. Puissent sa prière et sa protection maternelle nous introduire dans la dynamique d'un Avent de reconnaissance radicale et de conversion quotidienne pour la plus grande gloire de Dieu en terre haïtienne et dans le monde. Amen.

Poster un commentaire

Vous êtes indentifier en tant qu'invité.

Panier

Dernière parution

Infolettre & Magazine

Sujets

Faire un don

Faire un don

Haut