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Les biens créés par Dieu doivent mis à la disposition de tous

le mardi, 01 mars 2005. Dans Jean-Paul II

Message du Pape Jean-Paul II pour la Journée mondiale de la Paix

Nous publions des extraits du message de Sa Sainteté Jean-Paul II pour la Journée mondiale de la Paix, document publié le 8 décembre 2004, au Vatican :

J'ai choisi comme thème pour la Journée mondiale de la Paix 2005 l'exhortation de saint Paul dans la Lettre aux Romains : « Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien » (12,21). Le mal ne se vainc pas par le mal : si l'on prend ce chemin, au lieu de vaincre le mal, on se fait vaincre par lui.

Révolte d'Adam et Eve contre Dieu

Depuis les origines, l'humanité a connu la tragique expérience du mal, et elle a cherché à en trouver les racines et à en expliquer les causes. Le mal n'est pas une force anonyme qui agit dans le monde en vertu de mécanismes déterministes et impersonnels. Le mal passe par la liberté humaine. C'est justement cette faculté, qui distingue l'homme de tous les autres êtres vivants sur terre, qui est au centre du drame du mal et qui lui est constamment liée. Le mal a toujours un visage et un nom : le visage et le nom des hommes et des femmes qui le choisissent librement. L'Écriture sainte enseigne que, aux commencements de l'histoire, Adam et Ève se révoltèrent contre Dieu et qu'Abel fut tué par son frère Caïn (cf. Gn 3-4). Ce furent les premiers choix erronés, suivis d'innombrables autres au cours des siècles. Chacun d'eux porte en lui une connotation morale essentielle, qui implique une responsabilité précise de la part du sujet et qui met en cause les relations fondamentales de la personne avec Dieu, avec les autres et avec la création.

Si l'on en cherche les composantes profondes, le mal est, en définitive, un renoncement tragique aux exigences de l'amour. À l'inverse, le bien moral naît de l'amour, il se manifeste comme amour et il est tourné vers l'amour. Ce propos est particulièrement clair pour le chrétien, qui sait que la participation à l'unique Corps mystique du Christ le situe dans un rapport particulier non seulement avec le Seigneur, mais aussi avec ses frères. Si l'on en tire toutes les conséquences, la logique de l'amour chrétien, qui dans l'Évangile constitue le cœur en action du bien moral, va jusqu'à l'amour des ennemis : « Si ton ennemi a faim, donne-lui à manger : s'il a soif, donne-lui à boire » (Rm 12,20).

Tous ont droit aux biens de la terre

Puisque le bien de la paix est étroitement lié au développement de tous les peuples, il est nécessaire de tenir compte des implications éthiques de l'usage des biens de la terre. Le Concile Vatican II a opportunément rappelé que « Dieu a destiné la terre et tout ce qu'elle contient à l'usage de tous les hommes et de tous les peuples, en sorte que les biens créés doivent être mis en abondance à la disposition de tous, de façon équitable, sous la conduite de la justice, dont la charité est la compagne ».

De nos jours, le bien de la paix doit être envisagé en étroite relation avec les nouveaux biens provenant de la connaissance scientifique et du progrès technique. Et ceux-ci, en application du principe de la destination universelle des biens de la terre, doivent être mis au service des besoins primordiaux de l'homme.

Le principe de la destination universelle des biens permet... d'affronter de manière appropriée le défi de la pauvreté, tenant compte par-dessus tout des conditions de misère dans lesquelles vivent encore un milliard d'êtres humains.

Lourde dette des pays africains

À la fin du Grand Jubilé de l'An 2000, dans la Lettre apostolique Novo Millennio Ineunte, j'ai évoqué l'urgence d'une nouvelle imagination de la charité pour répandre dans le monde l'Évangile de l'espérance. Cela est particulièrement vrai lorsque nous nous approchons des nombreux et délicats problèmes qui entravent le développement du continent africain : pensons aux nombreux conflits armés, aux pandémies rendues plus dangereuses par les conditions de misère, à l'instabilité politique à laquelle est associée une insécurité sociale diffuse. Ce sont des réalités tragiques qui réclament un chemin radicalement nouveau pour l'Afrique...

Puissent les peuples africains devenir les protagonistes de leur destinée et de leur développement culturel, civil, social et économique !... Encore une fois, je voudrais rappeler que... la question encore pendante du poids de la dette internationale des pays africains et l'absence d'une considération particulière de ces pays dans les rapports commerciaux internationaux, constituent de graves obstacles à la paix ; ces questions doivent donc être affrontées et résolues de manière urgente.

Avec Dieu, nous vaincrons le mal

Même si le « mystère de l'impiété » est présent et est à l'ouvre dans le monde (cf. 2 Th 2,7), il ne faut pas oublier que l'homme racheté a en lui suffisamment d'énergies pour s'y opposer. Créé à l'image de Dieu et racheté par le Christ qui « s'est en quelque sorte uni à tout homme », ce dernier peut coopérer activement au triomphe du bien. L'action de « l'Esprit du Seigneur remplit le monde ».

Aucun homme ni aucune femme de bonne volonté ne peut se soustraire à l'engagement de lutter pour vaincre le mal par le bien. C'est un combat qui ne se mène valablement qu'avec les armes de l'amour. Quand le bien l'emporte sur le mal, l'amour règne ; et, où règne l'amour, règne aussi la paix. Tel est l'enseignement de l'Évangile, rappelé par le Concile Vatican II : « La loi fondamentale de la perfection humaine, et par conséquent de la transformation du monde, est le commandement nouveau de la charité ».

Cela est vrai aussi dans le domaine social et politique. À ce propos, le Pape Léon XIII écrivait que tous ceux qui ont le devoir de pourvoir au bien de la paix dans les relations entre les peuples doivent nourrir en eux et allumer chez les autres « la charité, reine et maîtresse de toutes les vertus ». Que les chrétiens soient les témoins convaincus de cette vérité ! Qu'ils sachent manifester par leur vie que l'amour est l'unique force capable de conduire à la perfection personnelle et sociale, l'unique dynamisme en mesure de faire avancer l'histoire vers le bien et vers la paix !

En cette année consacrée à l'Eucharistie les fils de l'Église trouveront dans le Saint-Sacrement de l'amour la source de toute communion : de la communion avec Jésus Rédempteur et, en lui, avec tout être humain. C'est en vertu de la mort et de la résurrection du Christ, rendues sacramentellement présentes en toute célébration eucharistique, que nous sommes sauvés du mal et rendus capables de faire le bien...

JEAN-PAUL II

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