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Le secret de Marie

le mardi, 01 mai 2018. Dans Vierge Marie

La nécessité de se consacrer à Jésus par Marie

Marie reine de la paix de Medjugorge

Statue de Marie, Reine de la Paix, à Medjugorje

 

Saint Louis-Marie de MontfortSaint Louis-Marie de Montfort

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, prêtre français fondateur de deux congrégations et décédé à l’âge de 43 ans en 1716, et canonisé en 1947, est surtout connu comme étant l’apôtre de la dévotion à la Sainte Vierge Marie. Louis Even, le fondateur de Vers Demain et des Pèlerins de saint Michel, est né dans le même village que saint Louis-Marie Grignion, soit Montfort-sur-Meu, en Bretagne, dans l’ouest de la France, et reçut d’ailleurs de ses parents au baptême le nom de Louis-Marie, en l’honneur de saint Louis-Marie Grignion de Montfort. Toute la vie de M. Even fut imprégnée de la spiritualité mariale de ce grand saint.

Saint Louis-Marie de Montfort a laissé plusieurs écrits expliquant la dévotion mariale, le plus connu étant le «Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge», dans lequel il explique que le chemin le plus aisé, le plus court et le plus sûr pour aller à Jésus et demeurer fidèle aux promesses du baptême est de se consacrer à Jésus par les mains de Marie: «C’est par la très Sainte Vierge Marie que Jésus-Christ est venu au monde, et c’est aussi par elle qu’il doit régner dans le monde», écrit-il au début de ce Traité.

La Vierge Marie saura nous conduire sur les chemins de la sainteté car, comme l’a écrit le pape François à la fin de sa nouvelle exhortation apostolique, «elle a vécu comme personne les béatitudes de Jésus». Un autre livre plus court écrit par saint Louis-Marie de Montfort, qui explique aussi cette consécration à Jésus par Marie, est «Le secret de Marie», où il explique, tout comme le pape François, que notre vocation est de devenir des saints. Voici donc de large extraits de ce livre:

par saint Louis-Marie Grignion de Montfort

Âme prédestinée, voici un secret que le Très-Haut m'a appris, et que je n'ai pu trouver en aucun livre ancien ni nouveau. Je vous le confie par le Saint-Esprit… Âme, image vivante de Dieu et rachetée du Sang précieux de Jésus-Christ, la volonté de Dieu sur vous est que vous deveniez sainte comme lui dans cette vie, et glorieuse comme lui dans l'autre. L'acquisition de la sainteté de Dieu est votre vocation assurée; et c'est là que toutes vos pensées, paroles et actions, vos souffrances et tous les mouvements de votre vie doivent tendre; ou vous résistez à Dieu, en ne faisant pas ce pour quoi il vous a créée et vous conserve maintenant.

Oh! quel ouvrage admirable, mais ouvrage difficile en lui-même et impossible à la seule nature; il n'y a que Dieu qui, par une grâce, et une grâce abondante et extraordinaire, puisse en venir à bout; et la création de tout l'univers n'est pas un si grand chef-d'œuvre que celui-ci...

Âme, comment feras-tu? Quels moyens choisiras-tu pour monter où Dieu t'appelle? Les moyens de salut et de sainteté sont connus de tous, sont marqués dans l'Évangile, sont expliqués par les saints et nécessaires à tous ceux qui veulent se sauver et arriver à la perfection; tels sont: l'humilité de cœur, l'oraison continuelle, la mortification universelle, l'abandon à la divine Providence, la conformité à la volonté de Dieu.

Pour pratiquer tous ces moyens de salut et de sainteté, la grâce et le secours de Dieu est absolument nécessaire, et cette grâce est donnée à tous plus ou moins grande; personne n'en doute… Tout se réduit donc à trouver un moyen facile pour obtenir de Dieu la grâce nécessaire pour devenir saint; et c'est ce que je veux vous apprendre. Et, je dis que pour trouver la grâce de Dieu, il faut trouver Marie. Parce que:

  1. C'est Marie seule qui a trouvé grâce devant Dieu, et pour soi, et pour chaque homme en particulier. Les patriarches et les prophètes, tous les saints de l'ancienne loi n'ont pu trouver cette grâce.

  2. C'est elle qui a donné l'être et la vie à l'Auteur de toute grâce, et, à cause de cela, elle est appelée Mère de la grâce, Mater gratiae.

  3. Dieu le Père, de qui tout don parfait et toute grâce descend comme de sa source essentielle, en lui donnant son Fils, lui a donné toutes ses grâces, en sorte que, comme dit saint Bernard, la volonté de Dieu lui est donnée en lui et avec lui.

  4. Dieu l'a choisie pour la trésorière, l'économe et la dispensatrice de toutes ses grâces; en sorte que toutes ses grâces et tous ses dons passent par ses mains; et, selon le pouvoir qu'elle en a reçu, suivant saint Bernardin, elle donne à qui elle veut, comme elle veut, quand elle veut et autant qu'elle veut, les grâces du Père éternel, les vertus de Jésus-Christ et les dons du Saint-Esprit.

  5. Comme dans l'ordre naturel, il faut qu'un enfant ait un père et une mère, de même dans l'ordre de la grâce, il faut qu'un vrai enfant de l'Église ait Dieu pour père et Marie pour mère; et, s'il se glorifie d'avoir Dieu pour père, n'ayant point la tendresse d'un vrai enfant pour Marie, c'est un trompeur qui n'a que le démon pour père...

  6. Puisque Marie a formé le Chef des prédestinés, qui est Jésus-Christ, c'est à elle aussi de former les membres de ce chef, qui sont les vrais chrétiens: car une mère ne forme pas le chef sans les membres, ni les membres sans le chef. Quiconque donc veut être un membre de Jésus-Christ, plein de grâce et de vérité, doit être formé en Marie par le moyen de la grâce de Jésus-Christ, qui réside en elle en plénitude, pour être communiquée en plénitude aux vrais membres de Jésus-Christ et à ses vrais enfants.

  7. Le Saint-Esprit ayant épousé Marie, et ayant produit en elle, et par elle, et d'elle, Jésus-Christ, ce chef-d'œuvre, le Verbe incarné, comme il ne l'a jamais répudiée, il continue à produire tous les jours en elle et par elle, d'une manière mystérieuse, mais véritable, les prédestinés. (...)

  8. Marie est appelée par saint Augustin, et est, en effet, le moule vivant de Dieu, forma Dei, c'est-à-dire que c'est en elle seule que Dieu fait homme a été formé au naturel, sans qu'il lui manque aucun trait de la Divinité, et c'est aussi en elle seule que l'homme peut être formé en Dieu au naturel, autant que la nature humaine en est capable, par la grâce de Jésus-Christ.

Il n'y a point et il n'y aura jamais créature où Dieu soit plus grand, hors de lui-même et en lui-même, que dans la divine Marie, sans exception ni des bienheureux, ni des chérubins, ni des plus hauts séraphins, dans le paradis même... Marie est le paradis de Dieu et son monde ineffable, où le Fils de Dieu est entré pour y opérer des merveilles, pour le garder et s'y complaire. Il a fait un monde pour l'homme voyageur, c'est celui-ci; il a fait un monde pour l'homme bienheureux, et c'est le paradis; mais il en a fait un autre pour lui, auquel il a donné le nom de Marie...

Heureuse et mille fois heureuse est l'âme ici-bas, à qui le Saint-Esprit révèle le secret de Marie pour le connaître; et à qui il ouvre ce jardin clos pour y entrer, et cette fontaine scellée pour y puiser et boire à longs traits les eaux vives de la grâce! Cette âme ne trouvera que Dieu seul, sans créature, dans cette aimable créature; mais Dieu en même temps infiniment saint et relevé, infiniment condescendant et proportionné à sa faiblesse. Puisque Dieu est partout, on peut le trouver partout… mais il n'y a point de lieu où la créature puisse le trouver plus proche d'elle et plus proportionné à sa faiblesse qu'en Marie, puisque c'est pour cet effet qu'il y est descendu. Partout ailleurs, il est le Pain des forts et des anges; mais, en Marie, il est le Pain des enfants...

Marie et enfant JésusQu'on ne s'imagine donc pas, avec quelques faux illuminés, que Marie, étant créature, elle soit un empêchement à l'union au Créateur: ce n'est plus Marie qui vit, c'est Jésus-Christ seul, c'est Dieu seul qui vit en elle. Sa transformation en Dieu surpasse plus celle de saint Paul et des autres saints, que le ciel ne surpasse la terre en élévation. Marie n'est faite que pour Dieu, et tant s'en faut qu'elle arrête une âme à elle-même, qu'au contraire elle la jette en Dieu et l'unit à lui avec d'autant plus de perfection que l'âme s'unit davantage à elle.

Marie est l'écho admirable de Dieu, qui ne répond que «Dieu» lorsqu'on lui crie «Marie», qui ne glorifie que Dieu, lorsque, avec sainte Elizabeth, on l'appelle bienheureuse. Si les faux illuminés, qui ont été si misérablement abusés par le démon jusque dans l'oraison, avaient su trouver Marie, et par Marie Jésus et par Jésus Dieu, ils n'auraient pas fait de si terribles chutes. Quand on a une fois trouvé Marie, et, par Marie, Jésus, et par Jésus, Dieu le Père, on a trouvé tout bien, disent les saintes âmes…

Ce n'est pas que celui qui a trouvé Marie par une vraie dévotion soit exempt de croix et de souffrances, tant s'en faut; il en est plus assailli qu'aucun autre, parce que Marie, étant la mère des vivants, donne à tous ses enfants des morceaux de l'Arbre de vie, qui est la croix de Jésus, mais c'est qu'en leur taillant de bonnes croix, elle leur donne la grâce de les porter patiemment et même joyeusement; en sorte que les croix qu'elle donne à ceux qui lui appartiennent sont plutôt des confitures ou des croix confites que des croix amères; ou, s'ils en sentent pour un temps l'amertume du calice qu'il faut boire nécessairement pour être ami de Dieu, la consolation et la joie, que cette bonne Mère fait succéder à la tristesse, les animent infiniment à porter des croix encore plus lourdes et plus amères.

En quoi consiste la vraie dévotion à Marie

Il y a, en effet, plusieurs véritables dévotions à la très Sainte Vierge: et je ne parle pas ici des fausses. La première consiste à s'acquitter des devoirs du chrétien, évitant le péché mortel, agissant plus par amour que par crainte et priant de temps en temps la Sainte Vierge et l'honorant comme la Mère de Dieu sans aucune dévotion spéciale envers elle.

La seconde consiste à avoir pour la Sainte Vierge des sentiments plus parfaits d'estime, d'amour, de confiance et de vénération. Elle porte à se mettre des confréries du Saint Rosaire, du Scapulaire, à réciter le chapelet et le saint Rosaire, à honorer ses images et ses autels, à publier ses louanges et s'enrôler dans ses congrégations. Et cette dévotion, excluant le péché, est bonne, sainte et louable; mais elle n'est pas si parfaite et si capable de retirer les âmes des créatures et de les détacher d'elles-mêmes pour les unir à Jésus-Christ.

La troisième dévotion à la Sainte Vierge, connue et pratiquée de très peu de personnes, est celle-ci que je vais découvrir. Âme prédestinée, elle consiste à se donner tout entier, en qualité d'esclave, à Marie et à Jésus par elle; ensuite, à faire toute chose avec Marie, en Marie, par Marie et pour Marie. J'explique ces paroles.

Il faut choisir un jour remarquable pour se donner, se consacrer et sacrifier volontairement et par amour, sans contrainte, tout entier, sans aucune réserve, son corps et son âme; ses biens extérieurs de fortune, comme sa maison, sa famille et ses revenus; ses biens intérieurs de l'âme, savoir: ses mérites, ses grâces, ses vertus et satisfactions. Il faut remarquer ici qu'on fait sacrifice, par cette dévotion, à Jésus par Marie, de tout ce qu'une âme a de plus cher et dont aucune religion n'exige le sacrifice, qui est le droit qu'on a de disposer de soi-même et de la valeur de ses prières, de ses aumônes, de ses mortification et satisfactions; en sorte qu'on en laisse l'entière disposition à la très Sainte Vierge, pour appliquer selon sa volonté à la plus grande gloire de Dieu qu'elle seule connaît parfaitement.

On laisse en sa disposition toute la valeur satisfactoire et impétratoire de ses bonnes œuvres: ainsi, après l'oblation qu'on en a faite, quoique sans aucun vœu, on n'est plus maître de tout le bien qu'on a fait; mais la très Sainte Vierge peut l'appliquer, tantôt à une âme du purgatoire, pour la soulager ou délivrer, tantôt à un pauvre pécheur pour le convertir. (…)

34. Heureuse et mille fois heureuse est l'âme libérale qui se consacre à Jésus par Marie, en qualité d'esclave d'amour, après avoir secoué par le baptême l'esclavage tyrannique du démon!

Il me faudrait beaucoup de lumières pour décrire parfaitement l'excellence de cette pratique, et je dirai seulement en passant:

Que se donner ainsi à Jésus par les mains de Marie, c'est imiter Dieu le Père qui ne nous a donné son Fils que par Marie, et qui ne nous communique ses grâces que par Marie; c'est imiter Dieu le Fils qui n'est venu à nous que par Marie, et qui, nous ayant donné l'exemple pour faire comme il a fait, nous a sollicités à aller à lui par le même moyen par lequel il est venu à nous, qui est Marie; c'est imiter le Saint- Esprit qui ne nous communique ses grâces et ses dons que par Marie. N'est-il pas juste que la grâce retourne à son auteur, dit saint Bernard, par le même canal par lequel elle nous est venue?

Agir avec Marie

La pratique essentielle de cette dévotion consiste à faire toutes ses actions avec Marie, c'est-à-dire à prendre la Sainte Vierge pour le modèle accompli de tout ce qu'on doit faire.

C'est pourquoi, avant d'entreprendre quelque chose, il faut renoncer à soi-même et à ses meilleures vues; il faut s'anéantir devant Dieu, comme de soi incapable de tout bien surnaturel et de toute action utile au salut; il faut recourir à la très Sainte Vierge, et s'unir à elle et à ses intentions, quoique inconnues; il faut s'unir par Marie aux intentions de Jésus-Christ, c'est-à-dire se mettre comme un instrument entre les mains de la très Sainte Vierge afin qu'elle agisse en nous, de nous et pour nous, comme bon lui semblera, à la plus [grande] gloire de son Fils, et par son Fils, Jésus, à la gloire du Père; en sorte qu'on ne prenne de vie intérieure et d'opération spirituelle que dépendamment d'elle...

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort

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