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Le bon Dieu est le Père de tous les hommes

Gilberte Côté-Mercier le lundi, 01 octobre 2001. Dans Catéchèses et enseignements

Remplacer les taxes par un dividende à chaque personne

"Le Dieu inconnu dont parlait saint Paul aux Athéniens sur l'aréopage ! Inconnu de ceux, qui pourtant, sans s'en douter, le cherchaient et l'avaient près d'eux, comme il arrive à tant d'hommes de notre siècle !... Pour nous, en tout cas, et pour tous ceux qui accueillent l'ineffable révélation que le Christ nous a faite de lui, c'est le Dieu vivant, le Père de tous les hommes."

Ces émouvantes paroles terminaient le discours du Pape Paul VI devant les représentants des nations, à New York, le 4 octobre 1965.

Dieu est un Père. Il est le Père. De tous les hommes. Voilà ce que proclame devant l'univers, le vicaire du Christ.

Dans le même discours, Paul VI venait de dire aux Nations Unies :

"Votre tâche est de faire en sorte que le pain soit suffisamment abondant à la table de l'humanité, et non pas de favoriser un contrôle artificiel des naissances, qui serait irrationnel, en vue de diminuer le nombre des convives au banquet de la vie."

Le pain abondant sur la table. Une table d'où personne n'est exclu. Un banquet autour du père, avec tous nos frères.

Le père de tous, c'est Dieu. Un Dieu tout-puissant. N'est-il pas capable de garantir le pain à chacun de ses enfants ? Bien sûr. Les limites du pain, ce sont les hommes qui les posent. La ration du pain, ce sont les lois des hommes qui l'établissent.

Et parce qu'ils sont mesquins, les hommes, parce qu'ils rationnent le pain, ils veulent ensuite rationner le nombre de convives. Ils favorisent la limitation des naissances, assassinant de nos frères qui auraient pourtant le droit eux aussi de s'asseoir au banquet du Père, à la table du Père, au banquet de la vie.

Pourtant la table du Père est immense. Et l'abondance comble cette table de famille. Les hommes, c'est parce qu'ils sont méchants qu'ils n'accomplissent pas le programme du Père, qu'ils se moquent de la volonté de Dieu.

Distribuer l'abondance

L'abondance, elle est là. Elle inonde la terre. En notre siècle, il ne peut plus être question de partager, puisqu'il y a des biens pour tous, et plus que chacun ne peut consommer. Ce n'est pas le partage mais la distribution des biens à chacun qu'il faut mettre au point.

Non pas taxer les uns pour en donner aux autres, c'est du partage. Pourquoi en prendre dans la poche de Pierre pour en déposer dans la main de Paul quand l'abondance s'offre à Paul et à Pierre en même temps ? Laissons à chacun ce qu'il a, abolissons les taxes qui rationnent. Et cherchons une formule d'abondance pour assurer à tous et à chacun une part suffisante pour vivre.

Ceux qui n'ont jamais compris le Crédit Social peuvent admettre que la chose serait souhaitable, mais objecter que la formule magique pour distribuer l'abondance n'existe pas. Ils se trompent. La formule magique est toute trouvée : c'est le revenu social, le dividende social.

Actuellement, selon les possibilités et les besoins, et selon le degré de maturité des esprits, un dividende mensuel de $1000 par personne au Canada serait réalisable. $10 000 par année de revenu social donné gratuitement à chaque citoyen. Un dividende social qui ne prendrait pas son origine dans les taxes, mais dans un crédit tout neuf, émis périodiquement, comme il y a aujourd'hui des prêts tout neufs émis constamment par les banques.

Sous le régime actuel, il y en a de l'argent qui vient au monde. Mais il vient au monde sous forme de prêt. Sous un régime créditiste, l'argent viendrait au monde sous forme de dividende social. Voilà une première différence.

Et l'argent qui vient au monde de nos jours, les banques se l'approprient. C'est un vol. De droit, l'argent neuf est la propriété de la nation. Ce droit n'est pas respecté. Le Crédit Social respecterait ce droit. Sous le Crédit Social, l'argent neuf serait réellement la propriété de la nation, c'est-à-dire à tous, chacun en recevant sa part sous forme de dividende social.

Le dividende social est donc la formule magique que des économistes arriérés cherchent encore. Elle fut révélée au monde en 1918, par un homme de génie, C.H. Douglas.

Le Père est bon

Dieu le Père ne refuse pas les biens aux hommes qu'il a créés avec des besoins et qu'il regarde comme ses fils. Nous sommes les fils de Dieu, d'un Dieu qui est un bon Père.

Le père est celui qui donne la vie. C'est un créateur. Et le père donne la vie parce qu'il est bon. La paternité, c'est la bonté qui engendre.

Les pères de la terre participent de la bonté de Dieu le Père. Le sacrement de mariage les a consacrés pères. Par ce sacrement, ils ont reçu de Dieu le don de bonté pour aimer leurs enfants jusqu'au sacrifice total.

Le Père est fort

Dieu le Père est le Tout-puissant. Il possède tout pouvoir au Ciel et sur la terre. Et son pouvoir est d'autant plus immense que c'est un pouvoir d'amour que Dieu seul peut exercer sans limites. Ce pouvoir d'amour est la force éternelle, invincible et omnipotente. L'autorité du Père éternel est cet attribut par lequel Dieu fait la loi et commande son application.

Les pères de la terre participent de l'autorité de Dieu. Le sacrement de mariage les a consacrés en autorité. Il leur a donné la force de conduire femme et enfants au bonheur temporel sur la voie du bonheur éternel.

Le père de famille possède l'autorité par nature. C'est le premier des hommes à qui Dieu délègue une partie de son autorité. Cette autorité de père de famille est inaliénable. L'État doit aider le père dans l'exercice de son autorité. L'État ne doit pas prendre la place du père de famille ni lui enlever son autorité.

Et cette autorité de père de famille est une force, un pouvoir temporel qui donne au chef de famille les droits requis pour faire vivre sa famille dans la joie du perfectionnement complet. Une force, en droit, qui lui vient de sa nature de père. Et une force efficace, qui lui vient de la grâce de Dieu, qui ne fait jamais défaut aux ministres qu'il se choisit. Le père de famille est le ministre de Dieu, le délégué du Créateur, dans la cellule de la société, qu'est la famille.

La famille est une institution divine que le bon Dieu aime. Il se penche avec amour sur chacune d'elles pour répandre les trésors de son cœur paternel. Il a voulu que chaque homme naisse dans un foyer avec un père et une mère penchés sur son berceau pour le faire grandir, l'éduquer et le conduire à l'âge d'homme. Il a voulu aussi que la société civile soutienne la faiblesse de chaque foyer, assure l'ordre, la tranquillité, la stabilité de nos maisons, favorise l'éclosion d'écoles, d'œuvres et d'une multitude de services dont nos familles ne peuvent se passer.

Si quelque chose ne va pas sur le plan civil, et c'est le cas en ce moment, si quelque chose ne va pas sur le plan religieux, et nous voyons, hélas ! bien des scandales autour de nous, les pères de famille ont un pouvoir particulier pour implorer de Dieu Sa miséricorde et obtenir une protection particulière et toutes les grâces nécessaires pour "tenir".

Nous sommes convaincus de la prodigieuse efficacité du geste du père de famille, qui, se mettant à genoux au milieu de ses enfants, dit à Dieu : "Seigneur, ici, je suis maître, je suis souverain. Même si le communisme met sous sa botte notre gouvernement, c'est encore moi qui serai patron ici. Or moi, je vous demande votre protection. Vous le savez, Seigneur, que je ne me contente pas de réclamer votre règne sur ce beau pays où je suis né, je l'établis chez moi, ici, le culte qui doit vous être rendu. Et puisque je ne puis tout faire par moi-même, je vous demande de changer, comme il convient, cette société qui doit m'aider dans mon office, alors qu'actuellement, par ses institutions athées, matérialistes et corrompues, elle fait courir à mes enfants les plus grands dangers qu'on puisse imaginer.

Attention ! Législateurs !

Le père de famille porte en lui une force, un pouvoir civil à lui conféré par Dieu Lui-même. Ce pouvoir du père de famille est réel ; et il est efficace, de par la grâce de Dieu. Et il prime sur tout autre pouvoir civil. Le pouvoir du père de famille passe le premier. Et Dieu lui garantit la réussite, si le père de famille se remet entre les mains de Dieu.

Ces pensées devraient faire réfléchir nos législateurs d'aujourd'hui, qui semblent ne plus avoir le moindre souci de l'autorité et du pouvoir du père de famille. Le législateur actuel voit notre société appauvrir les pères de famille, leur enlever propriété, héritages, revenus, institutions, et au lieu de protéger les pères de famille contre une société dévorante, le législateur aggrave le cas du père de famille en ajoutant à ses charges par les taxes.

Les taxes foncières sur les maisons familiales et l'impôt sur le revenu du père de famille sont deux ignominies inqualifiables, surtout quand toutes les taxes sont un vol et qu'elles devraient et pourraient disparaître.

Mais nos législateurs n'ont aucun souci des droits des pères de famille. Ils ne cessent de leur imposer des taxes nouvelles et d'augmenter les anciennes taxes.

Abolir toutes les taxes, voilà ce que tous nos gouvernements devraient réaliser immédiatement. Avec les richesses développées actuellement dans tous les pays, ce sont des dividendes sociaux à tous et à chacun qu'il importe de garantir. Les taxes sont passées de mode et de nécessité, en notre siècle de progrès.

Et ainsi, le progrès et nos immenses ressources naturelles ramèneraient notre société à son équilibre naturel en redonnant aux pères de famille l'autorité et les pouvoirs à eux conférés par Dieu Lui-même.

Gilberte Côté-Mercier

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