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La terre est confiée à l'usage, et non à l'abus de l'homme

le lundi, 01 octobre 2001. Dans Jean-Paul II

Le 11 novembre 2000, le Pape Jean-Paul II a reçu en audience, au Vatican, les participants au Jubilé du monde agricole. Voici des extraits du discours que le Saint-Père leur a adressé.

La première valeur en jeu, lorsqu'on prend en considération la terre et ceux qui la travaillent, est sans aucun doute le principe qui reconduit la terre à son Créateur : la terre appartient à Dieu ! C'est donc selon sa loi qu'elle doit être traitée. Si, à l'égard des ressources naturelles, surtout sous la poussée de l'industrialisation, s'est affirmée une culture irresponsable de la « domination », qui a eu des conséquences écologiques destructrices, cela ne répond certainement pas au dessein de Dieu. « Soyez féconds, multipliez-vous, emplissez la terre et soumettez-la ; dominez sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel » (Gn 1, 28). Ces célèbres paroles de la Genèse confient la terre à l'usage et non pas aux abus de l'homme. Elles ne font pas de l'homme l'arbitre absolu du gouvernement de la terre, mais le « collaborateur » du Créateur : une mission merveilleuse, mais également marquée par des limites précises, qui ne peuvent impunément être franchies.

Il s'agit d'un principe à rappeler dans la production agricole elle-même, lorsqu'il s'agit de la promouvoir par l'application de bio-technologies, qui ne peuvent pas seulement être évaluées sur la base d'intérêts économiques immédiats. Il est tout d'abord nécessaire de les soumettre à un contrôle scientifique et éthique rigoureux, pour éviter qu'elles ne débouchent sur des désastres pour la santé de l'homme et l'avenir de la terre.

L'appartenance constitutive de la terre à Dieu fonde également le principe, si cher à la doctrine sociale de l'Église, de la destination universelle des biens de la terre. Ce que Dieu a donné à l'homme, il le lui a donné avec un cœur de Père, qui prend soin de ses enfants, sans exception. La terre de Dieu est donc également la terre de l'homme, et de tous les hommes ! Cela n'implique certes pas l'illégitimité du droit à la propriété, mais en exige une conception et une régulation conséquentes qui en sauvegardent et en promeuvent la « fonction sociale » intrinsèque.

Chaque homme, chaque peuple, a le droit de vivre des fruits de la terre. Il s'agit d'un scandale intolérable en ce début du nouveau millénaire, que de très nombreuses personnes soient encore victimes de la faim et vivent dans des conditions indignes de l'homme. Nous ne pouvons plus nous limiter à des réflexions académiques : il faut faire disparaître cette honte de l'humanité grâce à des choix politiques et économiques appropriés... il faut « extraire à la racine les mauvaises herbes qui engendrent la faim et la dénutrition »,

Jean-Paul II

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