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La relation de Jésus avec le Père, révélation du mystère trinitaire

le mercredi, 01 mars 2000. Dans Catéchèses et enseignements, Jean-Paul II

Année 2000: consacrée à la Sainte Trinité

La capacité d'aimer infiniment, en se donnant sans réserve et sans mesure, est propre à Dieu.

par S. S. Jean-Paul II

Allocution du Saint-Père au cours de l'audience générale du 10 mars 1999, publiée dans l'Osservatore Romano, du 10 mars 1999.

Lecture : Jn 15, 9-11

1. Comme nous l'avons vu lors de la précédente catéchèse, à travers ses paroles et ses œuvres, Jésus entretient avec "son" Père une relation tout à fait particulière. L'Évangile de Jean souligne que ce qu'il communique aux hommes est le fruit de cette union intime et particulière "Moi et le Père nous sommes uns" (Jn 10, 30). Et encore "tout ce qu'a le Père est à moi" (Jn 16, 15). Il existe une réciprocité avec le Père et le Fils, entre ce qu'ils connaissent d'eux-mêmes (cf. Jn 10, 15). Entre ce qu'ils sont (cf. Jn 14, 10), entre ce qu'ils font (cf. Jn 5, 19 ; 10, 38) et entre ce qu'ils possèdent : "et tout ce qui est à moi est à toi, et tout ce qui est à toi est à moi" (Jn 17, 10). Il s'agit d'un échange réciproque. qui trouve sa pleine expression dans la gloire que Jésus reçoit du Père dans le mystère suprême de la mort et de la résurrection, après l'avoir lui-même rendue au Père au cours de sa vie terrestre : "Père, l'heure est venue, glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie (...) je t'ai glorifié sur la terre (...) maintenant, Père, glorifie-moi auprès de toi." (Jn 17, 1.4sq).

Cette union essentielle avec le Père n'accompagne pas seulement l'activité de Jésus, mais qualifie tout son être : "L'Incarnation du Fils de Dieu révèle que Dieu est le Père éternel, et que le Fils est consubstantiel au Père, c'est-à-dire qu'Il est en Lui et avec Lui le même Dieu unique" (Catéchisme de l'Église Catholique n. 262). L'Évangéliste Jean met en évidence que c'est précisément à cette prétention divine que réagissent les chefs religieux du peuple, qui ne tolèrent pas qu'il appelle Dieu son Père et qu'il se fasse donc égal à Dieu (jn 5, 18 ; cf. 10, 33 ; 19, 7).

2. En vertu de cette harmonie dans l'être et dans l'agir, que ce soit à travers les paroles ou les actes, Jésus révèle le Père : "Nul n'a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est tourné vers le sein du Père, lui, l'a fait connaître" (in 1, 18). La "prédilection" dont jouit le Christ est proclamée dans son baptême selon la narration dans les Évangiles synoptiques (cf. Mc 1, 11 ; Mt 3, 17 ; Lc 3, 22). Celle-ci est ramenée par l'Évangéliste Jean à sa racine trinitaire, c'est-à-dire à l'existence mystérieuse du Verbe "avec" Dieu (Jn 1, 1) qui l'a engendré dans l'éternité.

En partant du Fils, la réflexion du Nouveau Testament, puis, la théologie enracinée en elle, ont approfondi le mystère de la "paternité" de Dieu. Le Père est celui qui dans la vie trinitaire, constitue le principe absolu, celui qui n'a pas d'origine et dont jaillit la vie divine... "C'est le Père qui engendre, le Fils qui est engendré, et le Saint-Esprit qui procède." (Concile du Latran IV : DS, 804).

3. De ce mystère qui dépasse infiniment notre intelligence, l'Apôtre Jean nous offre une clé, lorsqu'il proclame dans la première Épître : "Dieu est amour" (1 Jn 4, 8). Ce sommet de la révélation indique que Dieu est agape, c'est-à-dire un don gratuit et total de soi, dont le Christ a témoigné en particulier à travers sa mort sur la Croix. Dans le sacrifice du Christ, se révèle l'amour infini du Père pour le monde (cf. Jn. 3, 16 ; Rm 5, 8). La capacité d'aimer infiniment, en se donnant sans réserve, et sans mesure, est propre à Dieu. Étant Amour, Il est bien avant la libre création du monde, le Père dans la vie divine elle-même : un Père aimant qui engendre le Fils aimé et qui donne origine avec Lui à l'Esprit Saint, la Personne-Amour, lien réciproque de communion.

Sur cette base, la foi chrétienne comprend l'égalité des trois personnes divines, le Fils et l'Esprit Saint sont égaux au Père, non pas comme principes autonomes, comme s'il s'agissait de trois dieux, mais dans la mesure où ils reçoivent du Père toute la vie divine, se distinguant de lui et réciproquement uniquement dans la diversité des relations (ce. C.E.C, no 254).

Grand mystère, mystère d'amour, mystère ineffable, face auquel la parole doit laisser la place au silence de l'émerveillement et de l'adoration. Mystère divin qui nous interpelle et nous touche, parce que la participation à la vie trinitaire nous a été offerte à travers l'incarnation rédemptrice du Verbe et le don de l'Esprit Saint : "Si quelqu'un m'aime il gardera ma parole, et mon Père l'aimera et nous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui" (Jn. 14, 23).

4. La réciprocité entre le Père et le Fils, devient ainsi pour nous croyants un principe de vie nouvelle, qui nous permet de participer à la même plénitude de la vie divine. "Celui qui confesse que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu (1 Jn. 4, 15). Le dynamisme de la vie trinitaire est vécu par les créatures, de telle façon que tout converge vers le Père, à travers Jésus-Christ, dans l'Esprit Saint. C'est ce que souligne le catéchisme de l'Église catholique : "Aussi, toute la vie chrétienne est-elle communion avec chacune des personnes divines, sans aucunement les séparer. Celui qui rend gloire au Père le fait par le Fils dans l'Esprit Saint" (n. 259).

Le Fils devenu "l'aîné d'une multitude de frères" (Rm 8, 29) ; à travers sa mort, le Père nous a régénérés (I P I, 3 ; cf. également Rm 8, 32 ; Ep. I 3), de telle sorte que dans l'Esprit Saint, nous pouvons l'invoquer à travers le même terme utilisé par Jésus : Abba (Rm 8, 15 ; Ga 4, 6). Saint Paul illustre ultérieurement ce mystère, en disant que "le Père (...) vous a mis en mesure de partager le sort des saints dans la lumière. Il nous a en effet arrachés à l'empire des ténèbres et nous a transférés dans le Royaume de son fils bien-aimé" (Col 1, 12-13). Et l'Apocalypse décrit ainsi le destin de celui qui lutte et vainc avec le Christ la puissance du mal : "Le vainqueur, je lui donnerai de siéger avec moi sur mon trône, comme moi-même, après ma victoire, j'ai siégé avec mon Père sur son trône" (Ap 1,21). Cette promesse du Christ nous ouvre une perspective merveilleuse de participation à son intimité céleste avec le Père.

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