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La Doctrine sociale de l'Église, sagesse et vérité

le dimanche, 01 mai 2005. Dans Catéchèses et enseignements

Le plus grand désordre du présent régime économique : le salut des âmes

Les événements grandioses qui se sont déroulés à Rome, dernièrement : la mort de notre grand Pape Jean-Paul II, et l'élection de notre non moins estimé Saint-Père Benoît XVI, nous ont permis d'apprécier la grandeur, la beauté et la force de notre sainte Église catholique. Cela nous a permis aussi d'admirer la grandeur d'âme des Élus du Saint-Esprit, qui ont reçu la mission de nous enseigner et nous conduire sur la voie du salut. La Doctrine sociale de l'Église est Sagesse et Vérité, nous devons l'étudier et la mettre en pratique. Voici quelques extraits de l'enseignement de nos Papes, anciens et nouveaux, concernant la Doctrine sociale de l'Église. Quiconque s'en imprègne ne peut qu'être émerveillé.

Th.T.

A.) Qu'est-ce que la Doctrine sociale de l'Église, obligation et droit de l'Église de parler en ce qui concerne l'aspect social.

Tiré de « La Doctrine sociale de l'Église », par Mgr Guerry, archevêque de Cambrai, Bonne Presse, Paris, 1960, Pages 9-10-11 et 18 à 25

(Page 11) : La doctrine sociale de l'Église est un ensemble de conceptions (faites de vérités, de principes et de valeurs) que le Magistère vivant puise dans la loi naturelle et la Révélation, et qu'il adapte et applique aux problèmes sociaux de notre temps, afin d'aider, selon la manière propre de l'Église, les peuples et les gouvernants à organiser une société plus humaine, plus conforme au Dessein de Dieu sur le monde.

(Page 18) : Le but essentiel que l'Église poursuit par l'enseignement de sa Doctrine sociale est l'avancée du Royaume de Dieu à travers les relations humaines et les réalités terrestres pour le salut des hommes. Elle veut par là remplir sa mission spirituelle d'unir les hommes à Dieu et les hommes entre eux ; ce qui, nécessairement, l'amène à condamner ce qui l'y oppose et à préconiser ce qui le facilite. Il ne peut lui être indifférent que les relations entre les hommes et entre les peuples soient ou ne soient pas fraternelles. Essentiellement évangélisatrice, l'Église devient ainsi, par surcroît, civilisatrice.

... Mère qui ne peut demeurer sourde au cri d'angoisse que ses enfants de toutes les classes de l'humanité "font monter vers Elle, l'Église veut aider les hommes à construire une société plus humaine, plus juste, plus fraternelle. Et dès lors, plus conforme au plan de Dieu sur l'homme et la communauté humaine."

(Page 19) : La Doctrine sociale de l'Église est la projection sur l'ordre économique et social de cette vision grandiose du monde et de la vie : elle affirme l'ordre absolu des êtres et des fins" selon la droite raison et la foi chrétienne."

(Page 20) : Pourquoi l'Église a-t-elle une doctrine sociale ?

Trois raisons principales fondent le droit et le devoir de l'Église d'avoir une Doctrine sociale et de l'enseigner. Chacune d'entre elles est intimement liée à la mission de l'Église.

Première raison : Comme éducatrice des consciences, l'Église doit conduire chaque personne humaine à sa destinée surnaturelle à travers les réalités terrestres.

Deuxième raison : Comme gardienne de la loi morale, l'Église a le droit et le devoir de dénoncer les atteintes portées à la loi morale par les institutions économiques et sociales.

Troisième raison : Comme Corps mystique, l'Église a la mission de réunir tous les hommes dans l'unité de la charité du Christ.

* * * (Page 23) : Deuxième raison : Comme gardienne de la loi morale, l'Église ne peut accepter que l'ordre social et économique viole la loi morale, alors qu'il devrait la servir pour correspondre à l'ordre voulu par Dieu.

Puisque c'est en vivant dans la rectitude sa vie humaine au sein de l'ordre temporel que l'homme doit réaliser sa destinée, il importe au plus haut point de savoir si cet ordre temporel (politique, économique, social) ne constitue pas en lui-même, par son organisation, ses institutions, ses structures et l'esprit qui l'anime, un obstacle à la destinée suprême de la personne humaine et de l'humanité. Il y a en effet des sociétés, des milieux de vie, où il est très difficile, parfois pratiquement impossible de demeurer fidèles à la loi morale et de vivre une vie chrétienne.

La sociologie religieuse a établi depuis plusieurs années, par une analyse serrée des faits, l'influence profonde, souvent déterminante qu'exerçaient sur la vie morale et religieuse des êtres humains et des familles, les conditions sociales et économiques, le logement, les transports, les loisirs, les techniques de l'information (presse, cinéma, radio, télévision), le salaire et les milieux de travail, les facteurs économiques, politiques, sociaux (comme l'alcoolisme et la prostitution), les groupements, les facteurs éducatifs ou anti-éducatifs (absence de la famille).

Pie XI disait déjà en 1931 : "Telles sont actuellement les conditions de la vie économique et sociale, qu'un nombre très considérable d'hommes y trouvent les plus grandes difficultés pour opérer l'ouvre, seule nécessaire, de leur salut éternel."

On connaît aussi le vigoureux jugement que Sa Sainteté Pie XII a porté sur le désordre de la société économique actuelle. "L'Église ne peut pas ignorer ou ne pas voir que l'ouvrier, dans son effort pour améliorer sa situation, se heurte à tout un système qui, loin d'être conforme à la nature, est en opposition avec l'ordre de Dieu et avec la fin assignée par Dieu aux biens terrestres."

Aussi Pie XII affirme-t-il le droit de l'Église d'avoir une doctrine sociale, lorsqu'il déclare incontestable... la compétence de l'Église dans cette part de l'ordre social qui entre en contact avec la morale pour juger si les bases d'une organisation sociale donnée sont conformes à l'ordre immuable des choses que Dieu a manifesté par le droit naturel et la Révélation. (Radio-message Pentecôte 1941).

(Page 25) : Comment, disait Sa Sainteté Pie XII, comment pourrait-il être permis à l'Église, mère și aimante et si soucieuse du bien de ses fils, de rester indifférente à la vue de leurs dangers, de se taire ou de feindre de ne pas voir et de ne pas comprendre des conditions sociales qui, volontairement ou non, rendent ardue et pratiquement impossible une condition chrétienne conforme aux commandements du Souverain Législateur ? (Radio-message Pentecôte 1941).

Mais il ne peut suffire à l'Église de constater le désordre et le mal. Elle veut que, positivement, l'ordre temporel soit plus conforme au dessein de Dieu et à la dignité de l'homme. Elle demande la constitution d'un ordre économique et social qui réponde mieux à l'éternelle loi divine et à la dignité humaine..."

Pie XI, encyclique Quadragesimo Anno, No 44 (Page 60) :

Nous devons rappeler tout d'abord le principe, déjà mis en pleine lumière par Léon XIII, que Nous avons le droit et le devoir de Nous prononcer avec une souveraine autorité sur ces problèmes sociaux et économiques.

(No 45) Sans doute, c'est à l'éternelle félicité et non pas à une prospérité passagère seulement que l'Église a reçu la mission de conduire l'humanité :... À aucun prix toutefois elle ne peut abdiquer la charge que Dieu lui a confiée et qui lui fait une loi d'intervenir ; non certes dans le domaine technique, à l'égard duquel elle est dépourvue de moyens appropriés et de compétence, mais en tout ce qui touche à la loi morale. En ces matières, en effet, le dépôt de la vérité qui Nous est confié d'En Haut et la très grave obligation qui Nous incombe de promulguer, d'interpréter et de prêcher, en dépit de tout, la loi morale, soumettent également à Notre suprême autorité l'ordre social et l'ordre économique.

(No 46) Car, s'il est vrai que la science économique et la discipline des mœurs relèvent, chacune dans sa sphère, de principes propres, il y aurait néanmoins erreur à affirmer que l'ordre économique et l'ordre moral sont si éloignés l'un de l'autre, si étrangers l'un à l'autre, que le premier ne dépend en aucune manière du second.

Pie XI, encyclique Quadragesimo Anno, No 141 (Page 95) :

Le plus grand désordre du présent régime économique : la ruine des âmes.

(No 141) La plupart des hommes, en effet, sont presque exclusivement frappés par les bouleversements temporels, les désastres et les calamités terrestres. Mais à regarder ces choses comme il convient, du point de vue chrétien, qui est-ce que tout cela comparé à la ruine des âmes ? Car il est exact de dire que telles sont, actuellement, les conditions de la vie économique et sociale, qu'un nombre très considérable d'hommes y trouvent les plus grandes difficultés pour opérer l'œuvre, seule nécessaire, de leur salut éternel.

∗ ∗ ∗

Jean-Paul II, Discours pour l'ouverture des travaux de la llle Conférence de l'Épiscopat latino-Américain.

Puebla, Mexique, 28 janvier 1979, (Tiré de La Documentation Catholique du 18 février 1979, pages 164 à 172) :

(Page 169) : Évangélisation et promotion humaine.

111.2 Si l'Église se rend présente dans la défense ou la promotion de la dignité de l'homme, elle le fait dans la ligne de sa mission qui, tout en étant de caractère religieux et non social ou politique, ne peut pas ne pas considérer l'homme dans l'intégralité de son être. Le Seigneur a décrit dans la parabole du bon Samaritain le modèle de l'attention à toutes les nécessités humaines (cf. Lc 10, 29 s.) et il a déclaré qu'en fin de compte il s'identifiera avec les déshérités - les malades, les prisonniers, ceux qui ont faim, sont dans la solitude - auxquels on a tendu la main (cf. MT 25, 31 S.). Dans ces pages et dans bien d'autres de l'Évangile (ch. Mc 6, 35-44), l'Église a appris que sa mission évangélisatrice comporte pour une part indispensable l'action pour la justice et les tâches de promotion de l'homme (ch, document final du Synode des évêques, octobre 1971) et qu'entre évangélisation et promotion humaine il y a des liens profonds d'ordre anthropologique, théologique et de charité (cf. Evangelii Nuntiandi, No 31) ; de sorte que l'évangélisation ne serait pas complète si elle ne tenait pas compte des rapports concrets et permanents qui existent entre l'Évangile et la vie, personnelle et sociale, de l'homme. (EN, no 29).

(Page 170) : 11.4 C'est alors que prend un caractère d'urgence l'enseignement de l'Église selon lequel toute propriété privée est grevée d'une hypothèque sociale. En relation avec cet enseignement, l'Église a une mission à accomplir : elle doit prêcher, éduquer les personnes et les collectivités, former l'opinion publique, orienter les responsables des peuples. De cette manière elle travaillera en faveur de la société, dans laquelle s'insérera ce principe chrétien et évangélique en entraînant une distribution plus juste et plus équitable des biens, non seulement à l'intérieur de chacune des nations, mais aussi dans le monde international en général, en évitant que les pays les plus forts utilisent leur propre pouvoir au détriment des plus faibles. Ceux sur lesquels retombe la responsabilité de la vie publique des états et des nations devront comprendre que la paix intérieure comme la paix internationale ne seront assurées que si l'on a mis en vigueur un système social et économique fondé sur la justice.

Le Christ n'est pas demeuré indifférent en face de cet impératif de la morale sociale qui couvre un large champ et qui est exigeant. Et l'Église non plus ne saurait le demeurer. Dans l'esprit de l'Église, qui est l'esprit du Christ. Et en nous appuyant sur sa doctrine étendue et solide, mettons-nous au travail en ce domaine.

Il faut ici souligner à nouveau que la sollicitude de l'Église s'adresse à l'homme dans son intégrité.

(Page 171) : III.5... Encore une fois, nous le disons avec force : respectez l'homme. Il est à l'image de Dieu ! Évangélisez afin que ceci devienne une réalité. Afin que le Seigneur transforme les coeurs et humanise les systèmes politiques et économiques, à partir de l'engagement responsable de l'homme.

(Page 172) : 111.7... Faire confiance de manière responsable à cette doctrine sociale, même si certains cherchent à semer le doute et la défiance à son égard, l'étudier sérieusement, chercher à l'appliquer, l'enseigner, lui être fidèle est, pour un fils de l'Église, une authenticité de son engagement dans les devoirs sociaux difficiles et exigeants, et de ses efforts en faveur de la libération ou de la promotion de ses frères.

Permettez donc que je recommande à votre toute spéciale attention pastorale l'urgence qu'il y a à sensibiliser vos fidèles à cette doctrine sociale de l'Église.

Il importe donc d'apporter un soin particulier à la formation d'une conscience sociale à tous les niveaux et dans tous les secteurs. Lorsque les injustices augmentent et que la distance entre les pauvres et les riches s'accroît douloureusement, la doctrine sociale, d'une manière créative et ouverte aux vastes domaines de la présence de l'Église, doit être un instrument précieux de formation et d'action. Ceci vaut particulièrement pour les laïcs : Aux laïcs reviennent en propre, quoique non exclusivement, les professions et les activités séculières." (Gaudium et Spes, No 43)

Jean-Paul II, encyclique Sollicitudo Rei Socialis, 30 décembre 1987

(Page 430) 31... En outre, la conception de la foi éclaire bien les raisons qui poussent l'Église à se préoccuper du problème du développement, à le considérer comme un devoir de son ministère pastoral, à stimuler la réflexion de tous sur la nature et les caractéristiques du développement humain authentique. Par ses efforts, elle veut d'une part se mettre au service du plan divin visant à ce que toute chose soit ordonnée à la plénitude qui habite dans le Christ...

(Page 431) C'est ainsi que fait partie de l'enseignement et de la pratique la plus ancienne de l'Église la conviction d'être tenue par vocation - elle-même, ses ministres et chacun de ses membres — à soulager la misère de ceux proches ou lointains, qui souffrent, et cela non seulement avec le 'superflu', mais aussi avec le 'nécessaire'.

32 L'obligation de se consacrer au développement des peuples n'est pas seulement un devoir individuel, encore moins individualiste, comme s'il était possible de le réaliser uniquement par les efforts isolés de chacun. C'est un impératif pour tous et chacun des hommes et des femmes, et aussi pour les sociétés et les nations ; il oblige en particulier l'Église catholique... La collaboration au développement de tout l'homme et de tout homme est en effet un devoir de tous envers tous...

(Page 445) 41... L'Église est 'experte en humanité', et cela la pousse nécessairement à étendre sa mission religieuse aux divers domaines où les hommes et les femmes déploient leur activité à la recherche du bonheur, toujours relatif, qui est possible en ce monde, conformément à leur dignité de personnes...

Voilà pourquoi l'Église a une parole à dire aujourd'hui comme il y a vingt ans, et encore à l'avenir, sur la nature, les conditions, les exigences et les fins du développement authentique, et aussi sur les obstacles qui l'entravent. Ce faisant, l'Église accomplit sa mission d'évangélisation, car elle apporte sa première contribution à la solution du problème urgent du développement quand elle proclame la vérité sur le Christ, sur elle-même et sur l'homme, en l'appliquant à une situation concrète.

L'instrument que l'Église utilise pour atteindre ce but est sa doctrine sociale. Dans la difficile conjoncture présente, pour favoriser la formulation correcte des problèmes aussi bien que leur meilleure solution, il pourra être très utile d'avoir une connaissance plus exacte et d'assurer une diffusion plus large de l'ensemble de principes de réflexion et de critères de jugement et aussi de directives d'action 'proposé dans son enseignement.

On se rendra compte ainsi immédiatement que les questions auxquelles on a à faire face sont avant tout morales et que, ni l'analyse du problème du développement en tant que tel, ni les moyens pour surmonter les difficultés actuelles ne peuvent faire abstraction de cette dimension essentielle.

La doctrine sociale... est la formulation précise des résultats d'une réflexion attentive sur les réalités complexes de l'existence de l'homme dans la société et dans le contexte international, à la lumière de la foi et de la tradition ecclésiale. Son but principal est d'interpréter ces réalités, en examinant leur conformité ou leurs divergences avec les orientations de l'enseignement de l'Évangile sur l'homme et sur sa vocation à la fois terrestre et transcendante ; elle a donc pour but d'orienter le comportement chrétien..."

(Page 447) L'enseignement et la diffusion de la doctrine sociale font partie de la mission d'évangélisation de l'Église et, s'agissant d'une doctrine destinée à guider la conduite de la personne, elle a pour conséquence 'l'engagement pour la justice' de chacun suivant son rôle, sa vocation, sa condition.

L'accomplissement du ministère de l'évangélisation dans le domaine social, qui fait partie de la fonction prophétique de l'Église, comprend aussi la dénonciation des maux et des injustices...

(À suivre dans un prochain numéro de Vers Demain)

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