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L'économique — Collectivisme alarmant

le jeudi, 15 mai 1941. Dans L'économique

PROGRESSION DU COLLECTIVISME AU CANADA EN 25 ANS

On note ainsi une gradation descendante dans le nombre d’employés des services non collectivisés, ou production privée. La gradation est ascendante dans les services collectivisés, c’est-à-dire dans les employés et pensionnaires de l’État.

En 1916, 15 pour cent des gagne-pain dépendaient de l’État.

En 1926, 20 pour cent des gagne-pain dépendaient de l’État.

En 1936, 48 pour cent des gagne-pain dépendaient de l’État.. La proportion s’est certainement accrue depuis 1936 et la guerre ne va faire que l’accentuer.

CLASSEMENT SOCIAL

Tout le monde connaît les transformations successives du classement social :

Les maîtres, artisans libres et esclaves de l’antiquité ; les seigneurs, vilains et serfs de la féodalité ; les nobles, marchands et roturiers de la royauté : enfin les bourgeois, ouvriers et paysans de nos temps modernes.

Et aujourd’hui ?

Il existerait trois classes ? la classe bourgeoise ; la classe moyenne ; la classe prolétarienne.

La première est composée du haut patronat et des riches ; la troisième, des ouvriers, paysans et pauvres diables ; la deuxième, de tout ce qui n’entre pas dans l’une des deux autres.

Cette classification est-elle exacte ? Je ne le pense pas. Elle rappelle un peu trop celle des collèges avec leurs grands, leurs moyens, leurs petits.

Mais au collège, les moyens — sortis des petits — passent automatiquement chez les grands dès qu’ils ont droit au port de la culotte longue. Dans la vie, il n’en va pas de même.

Si l’on veut bien y regarder de près, on remarquera que le pays paraît plutôt divisé en deux classes : l’une vivant déjà en régime collectiviste, est composée de tous ceux qui accomplissent un travail d’utilité collective et perçoivent leur rémunération sur la collectivité (police, armée, justice, fonctionnaires, services communaux, hospitaliers, chômeurs, éducateurs, etc...)

Cette classe se borne à fournir ses services en échange d’un salaire convenu et de sûretés pour l’avenir. En somme, son travail terminé, elle présente sa facture au secteur capitaliste qui la trouve régulièrement trop élevée et cherche tous les moyens de payer le moins possible.

L’autre, c’est-à-dire le surplus de la population, se débrouille tant bien que mal dans le régime capitaliste ou ce qui en reste.

LA CLASSE COLLECTIVISÉE S’ACCROÎT

La forme collectivisée tend de plus en plus à empiéter sur l’ancien ordre capitaliste, qu’elle ronge en quelque sorte petit à petit.

Et comment l’individu pourrait-il réagir dans une économie qui n’a presque plus besoin de lui pour assurer la production ? Bon gré mal gré, le Gouvernement, l’État est appelé à intervenir pour s’y suppléer chaque fois qu’une branche de notre économie s’effondre ou... abuse de la situation.

Ce qui n’empêche pas qu’après avoir fait appel à l’État pour demander secours, on lui reproche de se mêler de tout !

Il faudrait pourtant être logique.

Plus l’évolution s’opère, plus l’individu est sacrifié et englobé par un collectivisme alarmant.

Donc, nous avons une classe collectivisée qui, vraisemblablement, ne fera qu’augmenter en nombre.

DANS LA CLASSE NON COLLECTIVISÉE

Et dans l’autre classe que se passe-t-il ? Rien de bien brillant.

Nous trouvons d’un côté ceux qui, par le jeu des institutions, détiennent l’autorité jugée nécessaire à la production et au crédit. Encore atteignent-ils au profit non par le fonctionnement normal du régime, mais par des combinaisons ultra-savantes.

De l’autre côté de pauvres bougres qui se débattent dans une situation de jour en jour plus tragique (commerçants, artisans, ouvriers, retraités, petits rentiers, etc...) et dont beaucoup souhaiteraient d’être collectivisés.

Il ne faut pas être grand clerc pour deviner la conséquence de cet état de choses.

En vérité, on sent confusément ce que la situation présente comporte de dangers, et tout le monde se dépense en bonnes paroles, protestations, critiques.

Il n’y a là rien de bien nouveau.

Depuis des années, le législateur semble avoir eu beaucoup plus en vue de pallier la situation, en la cachant aux électeurs, et d’être le jouet muet de quelqu’un qui a intérêt à conserver, le cadre actuel de la société, que de chercher à y remédier d’une façon définitive.

Combien de grands mots et d’appels ont fait vibrer les voûtes du Palais Gouvernemental (Ô Viviani !) pour arracher les lois des secours, des pensions de vieillesse, etc... mais leur paiement provoque la colère ou les gémissements de ceux qui doivent y faire face.

On peut donc conclure qu’il existe en réalité, aujourd’hui, deux classes sociales, comportant chacune des subdivisions et des inégalités aussi révoltantes dans l’une que dans l’autre.

Il se peut que, dans une telle conjecture, et pour des nécessités politiques, il soit indispensable de disposer d’une classe moyenne, facilement exploitable dans les campagnes politiques... car on la fait représenter et défendre par des partis politiques... Mais, ici, nous n’avons jamais rien compris de cette politique. C’est bien plus une bêtise qu’une science.

LE CRÉDIT SOCIAL

C’est en étudiant la vraie politique à l’école du Crédit Social que l’on découvre ces monstruosités et les remèdes à un régime qui accule de plus en plus à la collectivisation, à l’enrégimentation, à l’embrigadement de l’individu.

L’individu cherche la paternité de l’État, l’embauchage par les administrations publiques, parce qu’il est dépourvu de pouvoir d’achat et que l’industrie, en face d’acheteurs insolvables, rétrécit ses cadres.

Présenter comme solution la distribution d’argent nouveau en retour de travaux publics, comme le préconise le Père Lamarche, c’est justement accentuer la progression vers le collectivisme, vers le socialisme d’État.

Le Crédit Social, par ses dividendes, par la finance directe du consommateur, dégage l’individu de la nécessité de s’enrôler au service de l’État. En même temps, le pouvoir d’achat, immédiatement accru, défige les rouages de l’industrie et les carrières s’ouvrent, nombreuses et diverses, aux divers et nombreux talents qui n’attendent que l’occasion de s’exercer.

Il comprenait bien cela, notre éminent sociologue dominicain qui écrivait :

"Si vous ne voulez ni du socialisme ni du communisme, opposez-leur le Crédit Social."

FLORIAN TESSIER, professeur

15 mai 1940 page 5, 1940_05_No13_P_005.doc

 

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