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Où Allons-Nous ?

le dimanche, 01 août 1937. Dans Cahiers du Crédit Social

Plusieurs nous demandent où nous voulons aller avec notre propagande créditiste, s'il s'agit d'un nouveau parti politique en formation ou d'une publicité égoïste et intéressée. Pourquoi tant d'agitation, remarquent d'autres, si le Crédit Social n'est que la préconisation d'une réforme monétaire ? Et pourquoi pousser cette réforme au premier plan quand il y a tant de désordres à redresser dans tous les domaines ? Le présent article a pour but de mettre les choses au point, de satisfaire des curiosités légitimes et de poser en même temps des jalons pour ceux qui collaborent avec nous.

La vie économique

Question monétaire, le Crédit Social ressortit du domaine économique. Il existe plusieurs définitions du système économique. L'une d'elles, d'un professeur, d'université anglaise, présente le système économique comme "le mécanisme. qui gouverne la production et la distribution de la richesse d'une nation.” Elle est bonne si l'on donne à la richesse sa véritable signification : biens matériels, produits et services.

Cependant, combien mieux, à cause de la hiérarchie des valeurs qu'elle suggère, nous préférons la définition de la vie économique que donnait récemment le Révérend Père Lévesque dans une conférence prononcée à Hull, sur l'Économie Nouvelle : La vie économique est l'activité qui consiste à adapter les biens matériels aux besoins humains."

Si un système économique subordonne les biens matériels à l'homme, s'il place les choses au service de l'homme, c'est un ordre sain; s'il subordonne l'homme aux choses, s'il place les choses, quelles qu'elles soient — électricité, argent, finance — avant l'homme, c'est le désordre.

Le distingué conférencier de Hull réclame une économie plus humaine, plus morale et plus sociale. Lorsqu'on aura humanisé le système économique qui nous régit, lorsqu'on lui aura inculqué un caractère plus moral et plus social, l'homme, le chrétien pourra s'épanouir plus facilement, car il faut aller jusque-là, toujours pour rester dans l'ordre — aller jusqu'à la fin dernière de l'homme, "tendre vers ce sommet : Rechristianiser notre société, c'est-à-dire commencer par l'humaniser en y ordonnant les choses aux hommes, et, pour finir, la diviniser en soumettant l'homme à Dieu."

La vie économique, pour rester dans l'ordre doit donc être une adaptation des biens matériels aux besoins humains. Si Dieu est au premier rang, l'homme doit occuper le second. L'homme, non pas quelques hommes, non pas le financier, le producteur, l'industriel, mais l'homme, tous les hommes. Tout homme n'est pas financier, tout homme n'est même pas producteur, mais tout homme est consommateur. Faire de l'homme la fin immédiate du système économique, c'est donc ordonner le système économique pour le consommateur. Le consommateur doit être la fin de l'économie. S'arrêter à la production est prendre le moyen pour une fin. La production, n'atteint son but que par la consommation.

Voilà quelques-uns des grands principes directeurs d'un ordre économique sain. Il n'est pas besoin de regarder longtemps autour de soi pour voir, comme le remarque toujours le savant Père Dominicain, que l'ordre existant n'existe pas. Il n'y a pas ordre, mais désordre.

On acclame encore assez volontiers la souveraineté de Dieu dans les discours publics, mais on la bafoue pratiquement dans la législation ou dans la conduite des affaires. L'homme est détrôné à son tour : on parle bien de placer le capital humain avant le capital argent, pas un chef d'État n'osera exprimer l'opinion contraire ; mais dans la pratique, des familles vivent dans des taudis, des hommes et des jeunes gens dans l'inactivité et la pauvreté, parce qu'on n'est pas maître de l'argent.

Le Crédit Social

Les principes et les propositions du Crédit Social sont en parfait accord avec les grands principes qui doivent diriger toute économie véritablement humaine et sociale, et leur application facilitera singulièrement le relèvement de l'homme, la culture de sa vie intellectuelle et spirituelle, son élévation vers sa fin suprême.

Un ecclésiastique nous écrivait dernièrement :

"Je recommande le Crédit Social parce que je lui trouve une place toute marquée dans le programme de la Quadragesimo Anno. Le Saint-Père déplore trois maux dans notre société : la déchristianisation, la libre concurrence économique et la dictature économique. Au premier, il oppose l'action catholique ; au second, la corporation ; au troisième, il n'explicite rien, mais il dit: "Il faut que la puissance économique soit effectivement soumise à l'autorité publique en tout ce qui relève de celle-ci"... et je crois que c'est ici que le Crédit Social à un rôle ou plutôt le rôle principal à remplir.

C'est donc dire que propager le Crédit Social, c'est en quelque sorte suivre les directives pontificales — ce que tout ecclésiastique doit bien se garder de négliger."

Nous n'avons pas du tout la prétention de dire que le Souverain Pontife recommande le Crédit Social, encore moins celle d'élever le Crédit Social au niveau d'une religion ; mais nous soutenons que le Crédit Social, tel que nous le comprenons, demeure en accord avec les principes de la morale et de la justice et, par la distribution de l'abondance dont l'immobilisation ou la destruction fait à la fois souffrir et enrager les foules, facilitera à l'homme la pratique de la vertụ. C'est saint Thomas d'Aquin qui dit qu'il faut un certain minimum de confort pour pratiquer la vertu.

Ces réflexions ont leur raison d'être, parce que nous n'écrivons pas pour de simples matérialistes. Bien que le Crédit Social ait pour objectif une meilleure distribution des biens matériels, il touche de près à des questions de justice et de morale. Si l'on pouvait démontrer que l'application des propositions du Crédit Social nuirait à la propriété privée, à la liberté individuelle, à l'initiative personnelle, à l'éducation, à la famille, aux activités de l'Église, il y aurait certainement lieu de condamner sa doctrine. Mais, c'est justement le contraire que présente le Crédit Social, il se fait l'avocat de toutes ces choses, comme le prouvent les études publiées dans les numéros successifs de nos Cahiers.

Un parti Crédit Social ?

— Mais allez-vous fonder un nouveau parti pour réclamer et établir le Crédit Social ?

— Nous essayons de porter le message à tout le monde. Nous disons à tous : Vous êtes des héritiers, héritiers d'un grand héritage, mais on vous le cache ; on vous tient dans l'esclavage économique et sous un régime de dette."

Nous disons à tous : Pourquoi tout ce que nous pourrions faire physiquement ne l'est-il pas financièrement ? Pourquoi, quand matériaux, hommes et machines sont là pour répondre à nos besoins, ne manquons-nous toujours que de finance ? Pourquoi, sinon parce que la finance est notre maîtresse, parce qu'au lieu de nous servir elle nous asservit ?

Nous expliquons à tous des notions qui devraient faire partie du programme scolaire élémentaire, parce qu'elles touchent à la vie quotidienne de tous. Nous leur donnons en passant des aperçus très simples, mais très utiles, sur la vie publique et politique, sans nous gêner, parce que les partis ne nous font mal ni à la tête, ni au cœur, ni à la poche (avouons qu'il est difficile de faire mal à une poche vide !)

Nous disons au grand public : Étudiez vos affaires et mêlez-vous-en, au lieu d'en abandonner l'étude et la solution à ceux qui vous exploitent.

Nous faisons œuvre d'éducation, non pas de politicaillerie. Travail laborieux, parfois ingrat, souvent consolant, d'après nous toujours utile.

Lorsque le peuple connaîtra ses possibilités et voudra le contrôle et le bénéfice de son crédit social, le choix de la méthode à employer sera facile à faire.

— Mais pour aboutir il faudra bien inscrire le Crédit Social dans un programme placé devant l'électorat ?

— Soit. Programme social et parti politique ne sont pas la même chose.

Un politicien qui occupe une place importante dans le gouvernement fédéral actuel, s'alarmant de la naissance de partis nouveaux, disait, il y a deux ans : Le bon fonctionnement de la démocratie suppose deux partis et rien que deux. Cela nous fait hausser les épaules. Lier le régime démocratique à l'existence de partis politiques nous paraît même assez contradictoire. Qui dit démocratie (demos kratos) dit puissance du peuple. Les partis divisent le peuple, et la division affaiblit. C'est probablement parce qu'il cultive les partis et l'esprit de parti, que le peuple n'obtient jamais les résultats qu'il attend. Pendant que rouges et bleus se disputent le pouvoir, le pouvoir est effectivement exercé par une puissance qui n'est ni rouge ni bleue, qui ne parle pas mais agit, qui ne s'agite pas sur la scène, n'endosse ni mandat public ni responsabilités, mais se réserve les privilèges et les profits.

L'ennemi

Le monde, las de se voir ainsi traité, perd confiance dans les régimes démocratiques et, en certains pays, s'est tourné vers les dictatures ; en d'autres, les partis se liguent en fronts populaires : ou en unions nationales. Malheureusement, la puissance occulte, le monstre financier, est solidement établi, très éveillé et alerte, vif à saisir les occasions pour protéger ses redoutes et l'on ne voit pas qu'il perde du terrain. Les dictatures et les unions sacrées des vieux pays pointent leurs canons vers des hommes qui souffrent exactement des mêmes difficultés, affrontent les mêmes problèmes et sont dominés par la même puissance occulte, mais que l'accident de naissance a placés sur l'autre rive d’un fleuve ou l'autre versant de montagne.

Chez nous, on ébauche aussi des unions nationales, mais on assiste aux mêmes divisions, aux mêmes luttes fratricides, par suite aux mêmes affaiblissements de la masse, à la même consolidation de la dictature financière, parce que le peuple, parce que les représentants mêmes du peuple vivent dans l'ignorance, se débattent dans les ténèbres.

Sortez du domaine politique et entrez dans le domaine industriel. Que constatez-vous ? Des ouvriers en lutte contre leurs patrons, ou même contre des ouvriers d'un autre groupe, des patrons associés contre leurs ouvriers —alors que patrons et ouvriers ont les mêmes problèmes, souffrent des mêmes difficultés, sont les uns et les autres victimes de la pieuvre dont les tentacules enlacent l'industrie comme les gouvernements.

Entrez dans le domaine du commerce. Chaque commerçant veut payer ses produits le moins cher possible et les vendre le plus cher possible ; pourtant quand il paye moins, l'ouvrier engagé dans la production reçoit moins — comment cet ouvrier peut-il acheter et bien payer son marchand ? Paradoxes sur toute la ligne, paradoxes et concurrence effrénée. Journaux et revues débordent d'annonce pour solliciter la clientèle, exploitant toutes les ressources, même les passions malsaines pour rendre la publicité effective. Le mépris de toute réserve n'est-il pas la condition du succès ? "Seuls ceux-là restent debout, dit le Pape, qui sont les plus forts, ce qui souvent revient à dire qui luttent avec le plus de violence, qui sont le moins gênés par les scrupules de conscience."

Au-dessus de tous ces désordres, de ces soulèvements de nation contre nation, de prolétaires contre les employeurs. au-dessus des concurrences effrénées, au-dessus des dissensions politiques toutes choses qui divisent des hommes faits pour s'unir — règne l'ennemi commun de tous, le système qui opprime les masses et les sacrifie aux appétits de puissance et de fortune de quelques monstres pour qui la vie économique est l'adaptation de l'humanité à leurs propres intérêts. Le monopole du crédit domine tout : les gouvernements, par le système de dette qu'il a créé et sur lequel il veille soigneusement, les industriels, par la dispensation du sang économique sous forme de monnaie-dette ; la presse, dont il conditionne, l'existence, même à une certaine consigne. Nous avons déjà eu l'occasion de le faire remarquer : la presse ne subsiste financièrement que grâce au revenu de l'annonce, et celle-ci est fournie par l'industrie soumise financièrement aux maîtres du crédit. Si quelque journal ose attaquer, autrement que pour l'apparence, le monopole du crédit, on lui fait savoir, par des intermédiaires, que ses propres intérêts lui commandent la prudence — non pas la vertu cardinale de prudence, mais la soumission forcée de l'esclave à son maître, sous peine d'être privé de nourriture...

Dictature implacable

Il faut avoir fait quelques démarches, essayé de liguer quelques énergies, pour saisir la réalité et l'ostracisme de cette dictature silencieuse mais terriblement efficace. Le monopole du Crédit n'affecte pas que les conditions matérielles des hommes, mais aussi leur moral ; il gouverne en tenant l'épée de Damoclès constamment suspendue au-dessus des têtes de ceux à qui il permet de vivre. "Si je fais ceci, si je m'occupe de cela, il y a à craindre pour ma place !".... La place dans une structure dominée par le système qui ne laisse d'autre alternative que les travaux forcés pour une croûte ou le chômage forcé avec la huche vide. Plie ou crève de faim ! Belle liberté d'un siècle d'abondance !

Et l'on ne voudrait pas que devant pareil désordre et pareille iniquité, nous n'essayions pas un effort suprême pour affranchir les corps et les esprits ! Mais c'est une croisade qu'il faut prêcher, enrôler tous ceux qui ont conservé un reste de confiance en eux-mêmes et dans la flamme de fierté qui n'est pas complètement éteinte dans le cœur de leurs compatriotes.

Voilà le pourquoi de notre propagande, de nos écrits, de nos assemblées. Des constatations placides, même accompagnées d'expressions douloureuses, n'aboutiront à rien si l'on se croise les bras, si l'on ne veut pas se déranger, se remuer et se sacrifier un peu, même beaucoup. La tâche à accomplir est gigantesque, l'ennemi jouissant d'une puissance universelle et ne reculant devant aucun moyen. Mais dans cette considération même nous puisons un regain de détermination. Par delà notre pays et notre époque, nous voyons la foule des peuples et la suite des siècles. Nous cherchons, certes, un résultat immédiat, mais si, malgré nos efforts, il se fait attendre, nous n'abandonnerons pas pour cela la partie. Nous travaillons dans le temps, mais nous naviguons dans l'éternité. L'important est de savoir s'orienter.

— Mais, objectera-t-on peut-être, d'où tirez-vous votre mission ? Qui vous a oints ?

— Nous ne sommes, certes, que des esprits bien ordinaires, occupant des emplois bien modestes, ou n'en occupant pas du tout ; gens du commun de Québec, Trois-Rivières, Montréal, Hull, Sherbrooke, St-Hyacinthe, Drummondville, Shawinigan, Chicoutimi et un peu de partout dans la province, ou hors de la province. Quelques-uns d'entre nous ont plus d'instruction, d'autres moins, tous ont du cœur ! Nul d'entre nous, je crois, n'a, comme Jeanne d'Arc, entendu des "voix"; le "suis-moi" qui fit le publicain quitter son bureau pour parcourir le monde, ne nous est point venu des lèvres humaines du divin Maître. Mais nous croyons avoir entendu l'appel du blessé au bord de la route, le cri de désespérance d'un peuple rendu à bout et qui demande à vivre. Nous croyons avoir compris, comme l'obscur Pierre l'Ermite, que le "Turc" menace la "Chrétienté", et, comme lui, nous croyons que l'appel aux hommes de cœur, doit être lancé à travers toutes nos villes, bourgades et campagnes.

Nos armes

Ah ! point ne s'agit de s’armer de casque et d'épée d'acier. La conquête de la liberté individuelle a pu nécessiter autrefois l'emploi de pareilles armes. Nos ancêtres d'il y a un siècle pouvaient encore croire opportun d'épauler le fusil. Les problèmes des patriotes de 1937 sont d'un autre ordre et requièrent d'autres armes. C'est à l'arsenal de l'étude qu'ils doivent s'équiper. Nos Cercles du Crédit Social sont et demeureront des foyers où l'on s'éclaire en même temps qu'on s'y réchauffe. De leurs réunions, nos cerclistes sortent avec des convictions retrempées, plus ardents pour continuer leur mission et, en même temps, mieux à même de l'exercer efficacement.

Bases d'espoir

— Mais le peuple est fatigué et dégoûté de tous les appels qu'on lui a faits successivement pour toujours l'abreuver de désappointements.

— Nous le constatons, en effet, avec amertume. Les désappointements devaient infailliblement se produire tant qu'au lieu de faire appel aux hommes contre l'ennemi véritable — le système — on les a enrôlés contre d'autres hommes qui opéraient plus ou moins bien dans les limites que leur permettaient le système. Changez l'équipe d'administrateurs tant que vous voudrez, vous pourrez certainement obtenir un autre degré d'honnêteté dans l'administration, mais ce sera toujours une administration d'esclaves, par des esclaves, au bénéfice du même maître. C'est de l'histoire contemporaine. Ouvrez les yeux et les oreilles. Que voyez-vous ? Qu'entendez-vous ? La misère qui, tout autour de vous, stigmatise notre vingtième siècle est-elle beaucoup soulagée par les désirs de bien faire et de faire beaucoup, constamment paralysés chez nos gouvernants par le "manque de finance" ?

Les plus belles promesses faites au peuple sont certainement de la drogue lorsque leurs auteurs, même bien intentionnés, ne sont pas d'abord déterminés à couper la chaîne qui les empêche d'agir. Si des partis politiques, anciens ou nouveaux, quelle que soit leur bannière, quelle que soit même l'intégrité des chefs, vous présentent un programme et si vous n'y trouvez pas, en première ligne, l'émancipation de la dictature des maîtres de l'argent, n'avalez pas le reste trop vite. Les nouveaux chefs se heurteront aux mêmes obstacles que les anciens. Ils sont voués à l'échec, leur passage au pouvoir, s'ils l'obtiennent, sera une série de défaillances ou un martyre continuel.

Mais lorsque vous serez abordés par une organisation basée sur l'éducation faite préalablement et non pas sur l'ignorance de la masse, plaçant à la tête de son programme le contrôle du crédit de la société par la société et pour la société, si les chefs sont sincères, vous pouvez attendre d'eux un régime véritablement nouveau, car ils auront commencé par s'assurer les moyens de travailler pour le bien général. Les problèmes de finance n'existeront plus ; tout sera possible jusqu'à concurrence de la capacité physique et intellectuelle des producteurs et des chercheurs. Les nouveaux problèmes seront des problèmes de culture dans le plus beau sens du mot, d'orientation dans une ère nouvelle où la loi animale de la lutte pour la vie aura fait place à la loi humaine de la coopération pour la vie.

Nous ne nions pas l'importance d'aucune des autres réformes proposées à notre société souffrante. Mais nous soutenons que la première réforme à faire est celle qui permet à la médecine de s'exercer. D'ailleurs nous croyons la société plus prisonnière que malade. Ses maladies mêmes ne sont-elles pas en grande partie dues au microbe infectieux d'une philosophie défectueuse de la monnaie et de la finance ?

Nous ne sommes pas exclusifs et nous saluons de tout cœur les mouvements sains qui se développent autour de nous en dehors de notre champ spécial. Nous reconnaissons en particulier toute la valeur des différentes formes d'action catholique chez les jeunes et les adultes. Et c'est justement la mentalité catholique de la province de Québec qui nous fait y voir le terrain le plus favorable à l'épanouissement de la doctrine créditiste. Ce serait se faire une bien piètre idée de notre religion que de la considérer comme un opium pour nous endormir dans la médiocrité, ou comme une chaîne pour nous tenir dans la servitude et l'infériorité. Ce fut bien un peu le concept qu'en voulut faire prévaloir jadis un certain empereur d'une Rome en décadence et l'on trouve même aujourd'hui des gens qui, sans trop s'en douter, se servent du même fanal que Julien l'Apostat. Tout autre est la sève catholique ; elle ne supprime pas l'homme, elle le fortifie, l'ennoblit et l'immunise contre bien des faiblesses, même dans l'ordre temporel. Elle ne tue pas le dynamisme, elle le guide. Elle ne replie pas l'homme qu'elle nourrit dans un isolement égoïste et satisfait, elle lui fait porter des fruits pour le bien de ses frères.

De même, nous souhaitons de voir se propager l'idée corporatiste, l'organisation professionnelle et interprofessionnelle, qui se rapproche probablement plus de la véritable démocratie que la division uniquement territoriale et les dissensions partisanes qui prévalent aujourd'hui. De bon œil aussi considérons-nous le nationalisme bien entendu et tout ce qui tend à protéger et fortifier les pouvoirs de chaque province chez elle.

Mais ni corporatisme, ni nationalisme, ni achat chez nous, ni quoi encore, ne peuvent prospérer chez un peuple dépouillé de ses biens à mesure qu'il les produit, privé même du droit de produire sans permission. Il faut d'abord casser la dictature aussi hideuse que désastreuse, qui nous humilie autant qu'elle nous fait souffrir — chasser les voleurs qui souillent notre temple et pillent nos ressources.

Voilà où nous tendons, et — honni soit qui mal y pense — nous allons décupler nos efforts pour hâter l'avènement dans notre pays d'une "économie plus humaine, plus morale et plus sociale."

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Notre bulletin ne vit pas d'annonce. Cependant nous ne refusons pas d'en accepter. Peut-être les professionnels seraient-ils bien inspirés d'insérer leur carte. Nous engagerons nos lecteurs à donner leur préférence aux annonceurs s'ils offrent des services qui répondent à leurs besoins. (L'annonceur n'endosse pas nécessairement les opinions exprimées dans ces pages.)

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COLLÈGE NOTRE-DAME

En face de l'Oratoire Saint-Joseph : :

CÔTE-des-NEIGES

sous la direction des RELIGIEUX DE STE-CROIX ;

COURS ELEMENTAIRE, COMPLEMENTAIRE, SUPERIEUR

De la première à la onzième année I. PENSIONNAIRES – EXTERNES

PROSPECTUS SUR DEMANDE

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FORMULE DE "CLAIRON"Louis EVEN : Gardenvale, P.Q.

Monsieur,

Je désire joindre le corps des "Clairons" du Crédit Social et je vous inclus $1.00 pour 40 Cahiers À partir du Numéro.......................... Veuillez expédier à : :

(Adresse).................................... (Note- Si quelque propagandiste craint pour sa position en faisant la distribution lui-même, il peut nous en charger.)

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