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Lettre ouverte au ministre des Finances, Jeannot Volpé du Nouveau-Brunswick

le dimanche, 01 mai 2005. Dans Crédit Social

par Armand V. Albert, Caraquet, N. B.

Comme suite à la soirée de consultation budgétaire que vous avez tenue à Tracadie-Sheila le 4 février 2005, je crois bon de vous écrire une lettre concernant le déploiement de l'assemblée et de tenter, par la même occasion, de démontrer la position plutôt minable de nos hommes politiques en ce qui a trait au bien commun.

Durant la période des questions, je me suis présenté au micro pour rappeler à l'assistance que le fait de couper des lits dans les hôpitaux, de diminuer le personnel et de supprimer le service d'urgence et d'autres acquis très importants, c'est de commettre un crime envers la société. En conscience, on n'a pas le droit d'agir ainsi.

Un manque d'argent

Je remarque, Monsieur le ministre, que dans tous les problèmes qui nous sont connus, il y a toujours un paramètre qui est commun, un problème central qui, en quelque sorte, les résume tous : il manque de l'argent.

Or, monsieur le ministre, si vous faites l'étude de la Constitution canadienne, vous y verrez qu'il serait possible pour une province de créer son propre argent. Vous n'avez pas nié cela, mais il me semble que vous avez tenté d'expliquer d'une manière plus ou moins floue que faire de l'argent sur le plan provincial causerait de l'inflation... Non seulement il faut connaître la Constitution, mais il est aussi nécessaire d'être informé des erreurs commises, notamment celle de 1913 (qui s'est aussi produite aux États-Unis, la même année), lorsque le gouvernement a cédé son droit de créer son argent aux banques privées sans tenir compte d'un référendum... Selon une expression courante, comme il faut le dire, les Canadiens se sont "fait passer un sapin" !

Dans l'encyclopédie Grolier des années 1960, il est écrit que lorsqu'une banque à charte prête 7000 $ à un individu et qu'elle manque de liquidité (argent-papier ou argent-métal), elle demande à la Banque du Canada de lui avancer 1 000 $ à 4% d'intérêt. En possession de ces 1 000 $, la banque privée peut créer 7 000 $ ce que l'on appelle de l'argent scriptural. Est-il nécessaire d'expliquer cette combine ? Oui. Untel reçoit son chèque de pension de vieillesse, il se présente à la banque, endosse son chèque afin d'obtenir du liquide, se rend à l'épicerie et à d'autres magasins et paie ses achats en argent liquide. Cet exemple démontre qu'il faut avoir un certain pourcentage d'argent de poche en circulation. Cet argent dépensé retourne vite aux banques bien des fois et ainsi tous les chèques peuvent être encaissés. Cette combine est correcte, mais en parler aide à mieux comprendre la suite. Ce qui explique qu'une banque privée ne prête jamais l'argent de ses déposants. Dans un article du « Globe & Mail » de Toronto du 2 juin 1982, il est écrit ce qui suit :

"En 1981, les banques (canadiennes) dans leur ensemble, ont fait des prêts d'une valeur égale à 32 fois leur capital combiné..."

S'il se trouve des retardataires qui croient encore qu'il faut suer pour créer de l'argent, mieux vaudrait leur servir une bonne douche d'eau glacée !

Revenons maintenant à la gaffe de 1913 et à l'enseignement de l'encyclopédie Grolier, qui explique la façon dont on dispose pour créer l'argent scriptural par un multiple de 7, mais qui omet de nous instruire sur un fait très important : les banques ne créent jamais l'intérêt qu'elles réclament de tous les emprunteurs du pays et elles ne le créeront jamais. Pourtant, la simple logique nous dit que cette énorme réclamation monétaire inexistante doit, à tout le moins, être incorporée dans la masse monétaire. Elle ne l'est pas et cela cause un vide épouvantable.

Avez-vous déjà songé, monsieur le ministre, que notre Canada a atteint un degré de prospérité sans précédent. On peut en juger par les diverses lois sociales qui ont été créées, notamment la pension des vieillards, l'assistance sociale et l'allocation familiale. Il est dès lors pertinent d'affirmer que nous sommes rendus, il y a belle lurette, à un point où l'application virtuelle d'un dividende national est applicable à chaque citoyen. Mais les lois sociales sont actuellement financées par les taxes. Or, dividende et taxes étant des opposés, ils ne se disent pas du même sujet. Les effets produits sont à l'opposé. Donc, les taxes actuelles ne sont pas nécessaires. Elles sont néfastes et doivent disparaître, point !

Eh bien, à quel critère doit-on se référer afin de connaître le moment propice pour appliquer un régime de dividende ? La réponse : aussi longtemps que la capacité productive d'un pays n'est pas épuisée, le dividende a préséance. Des données nous sont connues par les statistiques.

La réponse me fut aussi donnée à la fin de la construction du Pont de la Confédération, projet de grande envergure et coûteux, qui aurait été impossible de réaliser au Moyen âge. En effet, la réponse me fut donnée par un perroquet que son maître avait dressé à répéter ces paroles à l'entrée de son magasin : "Ici Ara qui parle. Bienvenue chers clients. Ici magasin plein. Rien n'y manque. Étalages surchargés. Abondance. Rabais de 20%. Pitonnage ultramoderne. Ara a parlé. Merci !" Que celui qui veut comprendre comprenne.

Tout ce qui a vie possède un germe de reproduction, partant de l'homme jusqu'au brin d'herbe. Plantons-nous une patate dans la terre, elle nous en fournira dix. Oserions-nous tenter l'expérience avec une piastre ? Inévitablement, cette énigme éveillera en nous, ipso facto, l'idée d'une intervention humaine, car l'argent, matière inerte, ne peut produire des petits.

Dans la mesure où la capacité productive des biens et des services augmente, dans la même mesure le dividende se doit d'être appliqué progressivement. Ceci réglerait progressivement et proportionnellement le manque de pouvoir d'achat collectif et permettrait à la société de payer tout ce qu'elle peut physiquement se donner en termes de biens et de services.

À ce stade-ci, force nous est de constater que, d'une part, il existe un terrible défaut structurel du système bancaire auquel il faut apporter une correction et que, d'autre part, une objection à tout redressement est soutenue par une douzaine de têtes installées au sommet de la pyramide (Banque Mondiale, Fonds Monétaire International, etc.) Ces Illuminati vivent de l'ivresse du pouvoir de la domination de la planète. Ils ont en main les puissances de l'argent.

Si le gouvernement du Canada est souverain, ce que l'on est en droit de croire, il lui appartient d'exercer son pouvoir régalien, en ordonnant à la Banque du Canada (notre banque) de créer l'argent sans intérêt. À défaut d'agir, il est possible pour une province d'établir une banque provinciale.

Nous sommes maintenant engagés dans une lutte féroce pour conserver notre hôpital indemne. C'est aussi le cas pour d'autres régions du Nouveau-Brunswick. Il faut absolument obtenir une injonction. En face des difficultés locales pas toujours faciles à décortiquer, force nous est de cultiver dans notre tête une vision globale des événements. Pourquoi ?

La raison est que toutes ces coupures de lits, ces mises à pied du personnel soignant les malades, les soi-disant budgets équilibrés gouvernementaux et la tendance à vouloir éloigner les services de santé des malades dépassent et débordent toutes les frontières. Toutes ces manipulations vont à l'encontre du principe de subsidiarité enseigné par la Doctrine Sociale de l'Église.

En terminant la présente lettre, je m'en voudrais de ne pas nommer les trois principes du major C. H. Douglas, un ingénieur et homme de génie :

• Le gouvernement doit reprendre son droit de créer l'argent ;

• Un dividende national distribué à chaque Canadien, du berceau à la tombe ;

• Un escompte compensé ou juste prix : l'opération se fait au comptoir du marchand, là où la marchandise finie est prête à être reçue par l'acheteur.

Le dividende et l'escompte compensé se combinent si merveilleusement bien, que désormais, l'inflation serait chose du passé... Bonne lecture.

Armand V. Albert

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