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La taxe foncière est illogique et infâme

Gilberte Côté-Mercier le mercredi, 01 mai 2002. Dans Crédit Social

Mentalité de taxeux — La famille immolée

Une part du surplus

Quel sens y a-t-il à taxer les maisons ? Qu'on taxe les revenus superflus, cela serait acceptable si les taxes n'étaient pas ce qu'elles sont aujourd'hui, un vol. Mais, taxer les maisons, quelle logique et quelle justice peut-il y avoir dans ce système ?

À supposer que la taxe soit juste – mais, elle ne l'est pas aujourd'hui, répétons-le - à supposer que la taxe soit juste, elle devrait prendre une partie de mes surprofits en nature si mes surprofits sont en nature, ou bien une partie de mes surprofits en argent si mes surprofits sont en argent.

La taxe, n'est-ce pas une espèce de pourcentage de mon revenu annuel, revenus en choses ou en argent ? Ainsi, je récolte des pommes de terre. J'en consomme pour ma famille la première partie. Cette partie est de mon nécessaire. La deuxième partie de ma récolte, je la mets de côté pour ma réserve d'hiver et pour la semence. Cette deuxième partie est encore de mon nécessaire. La troisième partie de ma récolte, je l'échange contre d'autres produits que je ne fabrique pas moi-même et dont j'ai besoin. Cette troisième partie et encore de mon nécessaire. S'il me reste des pommes de terre après cela, elles sont du surplus sur lequel les pouvoirs publics peuvent prélever une taxe.

D'abord la taxe n'est légitime que sur les surplus. Ensuite, la taxe n'est légitime qu'en autant qu'elle prélève sur mon surplus tel qu'il est. Mon surplus est pommes de terre, la taxe sera pommes de terre. Si mon surplus est argent, la taxe pourra être argent. Mais quand je produis des pommes de terre, je ne puis payer une taxe en argent, je puis payer une taxe en pommes de terre seulement. Les seigneurs du régime féodal faisaient payer une redevance en nature à leurs manants. Ils ne leur demandaient pas d'argent quand leur récolte était de pommes de terre.

Vous me direz peut-être qu'aujourd'hui les municipalités ne sauraient que faire de mes pommes de terre pour payer les pompiers. Je vous répondrai que c'est leur problème, elles peuvent vendre les pommes de terre ou les passer en sacs aux pompiers. Quant à moi, je ne puis sûrement pas payer des taxes en argent quand je récolte des pommes de terre. C'est un illogisme, une injustice de me réclamer de l'argent quand ce sont des pommes de terre que je produis.

Mais encore une fois, aujourd'hui, en notre siècle de grande facilité de production, toute taxe est injuste.

Taxer le Capital ?

Mais, voici que j'ai une maison. Je l'ai bâtie moi-même ou fait bâtir avec mes épargnes. Elle est à moi. Je l'ai payée. Ce n'est pas un revenu, c'est un capital accumulé. Et les taxeux arrivent et réclament une taxe sur ma maison. Que veulent-ils ? Est-ce une partie de ma maison qu'ils désirent ? Vais-je leur donner le toit de ma maison ? Le solage ? Ils me demandent de l'argent sur ma maison. Mais, ma maison ne produit pas d'argent, je ne peux pas leur donner ma maison pour la seule raison que j'ai une maison. Ma maison ne produit pas davantage de pommes de terre, je ne peux pas leur donner des pommes de terre, c'est-à-dire des taxes en nature. Je ne puis absolument rien donner aux taxeux sur ma maison, parce que ma maison ne produit rien.

Et ce qui est odieux, c'est que ma maison abrite mes enfants, ma femme. Elle est le nid de ma famille. Et c'est cela que les taxeux hypothèquent ! Régime infâme qui dévore les foyers, ruine les patrimoines et sape l'autorité paternelle.

Les taxes actuelles sont un vol, toutes les taxes. Mais les taxes foncières, municipales et scolaires, sont subversives. Elles minent la société par sa base, en dépossédant les héritiers du sol, en chassant les familles dans la rue, en exilant les citoyens dans les villes, en changeant les héritiers légitimes en locataires nomades et instables.

Nous félicitons de tout coeur les propriétaires actuels et les propriétaires dépossédés depuis des années qui se révoltent contre l'impôt foncier. Leur geste devrait être encouragé et imité par toute la population.

Mentalité de taxeux

Il va falloir aussi que nos conseils de ville changent de mentalité. Il y en a qui croient sincèrement de leur devoir de taxer. S'ils ont réussi à taxer un tel et un autre tel, malgré ses protestations, ils se classent eux-mêmes bons serviteurs de leurs électeurs. Nous avons entendu de nos oreilles un conseiller dire à la table du Conseil : "On est ici pour taxer, nous autres !"

Et dès qu'ils ont émis un permis de construire, ils mettent en branle tout leur appareil de taxes. "Voilà un autre mouton à tondre, se disent-ils. Celui-là, on ne le manquera pas !" Et en effet, ils tondent si bien le mouton qu'ils lui arrachent peau et chair bien souvent, en même temps que la laine. Ce sont les inspecteurs, puis les évaluateurs scientifiques, puis la facture de taxes, et la vente aux enchères !

Sûrement qu'il va falloir l'éducation des conseillers municipaux si nous voulons garder les maisons aux familles et le pays aux Canadiens.

Gilberte Côté-Mercier


Quand l'expert sort de son rôle

L'expert est l'individu qualifié pour choisir les meilleurs moyens de réaliser un objectif, mais ce n'est pas à lui de choisir l'objectif. Il est fait pour exécuter un programme, mais non pas pour le dicter. Le major Douglas, fondateur de l'école créditiste, a écrit (dans – "The Social Crediter" du 16 février 1946) :

"Un pouvoir dénué d'intelligence est l'outil du diable. Mais il existe une chose pire que le fou en politique : c'est l'expert technique qui connaît tout dans sa ligne excepté son but légitime. Nous avons souvent survécu miraculeusement au premier ; mais le second donne des signes d'être en train d'écrire notre épitaphe."


La famille immolée à l'argent

La taxe foncière est particulièrement inique quand elle frappe des propriétés familiales. La maison est un abri, mais pas une fabrique de piastres. Elle est faite avec du bois ou des briques ou des pierres ; mais ni ce bois, ni ces briques, ni ces pierres ne font pousser des piastres. Demander des piastres à qui n'a que sa maison, ou peut-être un salaire déjà insuffisant pour faire vivre convenablement sa famille, c'est à la fois insensé et inhumain. Mettre la famille dans le chemin parce qu'un homme n'a pas d'argent pour payer ses taxes, c'est traiter la famille pire que du bétail. La Société Protectrice des Animaux n'accepterait pas de voir un animal traité de cette manière. Les expropriateurs pour les taxes le font à l'égard des personnes humaines, et non seulement nulle association n'intervient, mais le gouvernement, supposé gardien des familles et de leurs biens, encourage cette spoliation.

L'argent est devenu plus important que l'homme aux yeux de tous les taxeux, taxeux d'en bas comme taxeux d'en haut. Alors que ce serait si facile, dans le monde moderne, de mettre l'argent au service des personnes, des familles, de toutes les personnes ; mais il faut commencer par « dépaganiser » les esprits des gens qui se prétendent chrétiens tout en faisant de l'argent le régulateur des vies et le mobile des décisions.

Gilberte Côté-Mercier

Gilberte Côté-Mercier

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