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La Guerre est Déclarée

le mercredi, 01 décembre 1937. Dans Cahiers du Crédit Social

Extraits d'un discours prononcé par le Major Douglas à Belfast

(Ulster Hall ;) le 30 novembre dernier

"Une guerre a été déclarée dans les provinces de l'Ouest du Canada. L'Alberta est le premier champ de bataille. Cette guerre, quel qu'en soit le résultat — et je crois de toute mon âme que nous en sortirons victorieux — dépasse de beaucoup, par la portée des questions en jeu, celle de 1914-1918 ou toute autre grande guerre de l'histoire.

"Il est devenu facile pour l'observateur le moins sagace de voir qu'au Canada, comme d'ailleurs en Angleterre ou aux États-Unis, les gouvernements soi-disant démocratiques ne sont que des rues à direction unique. C'est-à-dire que les organismes que nous appelons gouvernements n'ont le droit d'exister, d'être décorés des dehors de la puissance, supportés par l'argent, appuyés ou acceptés par la presse, qu'en autant qu'ils placent leur puissance tout d'abord au service des intérêts financiers internationaux...

"Powell et Byrne furent invités à entrer dans l'arène. Leur présence sur les lieux amena une session spéciale de la législature albertaine, à laquelle furent adoptées trois lois catégoriquement destinées à donner aux représentants de la population de l'Alberta le contrôle du crédit de cette province.

"Voilà qui constituait du véritable travail de gouvernement démocratique. Mais le gouvernement fédéral, avec les financiers derrière lui, réagit immédiatement. Moins d'une semaine après l'adoption des trois lois, s'éleva une tempête sans égale dans l'histoire politique du Dominion, et le premier-ministre, l'Honorable Mackenzie King, désavoua les trois lois.

"Avec une parfaite appréciation de l'importance de ce que je dis, je suis convaincu que, dans le cas du groupe de financiers internationaux qui contrôlent le système, le but bien conscient de leur part est de maintenir la grande masse de la population dans la crainte perpétuelle de la pauvreté et de la perte de leur position sociale. Je ne veux pas dire par là qu'ils cherchent à imposer la privation du nécessaire physique, résultat pourtant inévitable, mais les maîtres de la finance internationale agissent de façon à maintenir les peuples dans une insécurité constante et sous la menace de labeurs fatigants, même si rien dans la situation réelle ne justifie pareille crainte et alarme. Ils dirigent le système vers l'érection d'usines surérogatoires, vers des travaux publics, vers tout excepté la production de biens de consommation.

"Je m'imagine très bien que quiconque n'est pas au courant de la technique du système créateur de dettes qui nous gouverne peut prendre ce que j'avance pour de simples assertions impossibles à prouver. Au contraire, c'est la chose la plus facile à prouver et l'évidence repose sur les propositions suivantes :

a) La vie et le travail modernes sont impossibles sans l'usage de la monnaie ;

b) Toute monnaie vient en existence à l'état de dette de la collectivité envers les agences créatrices de monnaie ;

c) Le débiteur est au service du prêteur jusqu'à ce que sa dette soit payée ;

d) Les dettes dues par la collectivité aux agences monétaires augmentent en progression géométrique et ne peuvent jamais être payées, puisque la somme totale de monnaie en existence, et entre les mains de la collectivité à un moment quelconque, n'est qu'une fraction microscopique des dettes détenues contre la collectivité par les agences prêteuses d'argent.

"Malgré le poids des dettes imposées à l’Alberta, le total de ces dettes ne représente pas la centième partie de la richesse totale réelle de la province. Mais comme la richesse de l'Alberta est une richesse réelle, et non pas de la monnaie, la dette ne peut être payée en argent et la vie civilisée, qui exige l'usage de la monnaie, y est impossible.

"Nul changement dans le système bancaire, ou dans son administration, ne sera d'aucune valeur tant qu'il ne placera pas au crédit des citoyens individuels ces actifs qui sont maintenant placés au crédit des banques.

"La vérité froide et dure est que la lutte pour le contrôle du crédit est une guerre — la guerre la plus mortelle des annales de l'histoire humaine.

"Les trois actes auxquels j'ai fait allusion sont donc la première offensive contre le monopole bien retranché du crédit et c'est ce qu'ont immédiatement reconnu les financiers internationaux. Ce sont les premières lois qui aient immédiatement et vigoureusement attiré leur ressentiment, et le premier pas fait pour y résister a été le désaveu (par un gouvernement dit démocratique).

"Les financiers luttent pour conserver le contrôle, et c'est ce,'contrôle que nous devons leur arracher..."

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