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Finance de la Consommation

le dimanche, 01 mai 1938. Dans Cahiers du Crédit Social

La grande innovation dans la technique du Crédit Social, c'est qu'il propose la finance directe du consommateur.

Sous le régime actuel, toute monnaie naît du côté de la production. Elle filtre incomplètement du côté de la consommation par les salaires au travail et au capital, et pas nécessairement là où elle opérerait pour écouler les produits.

Plus la production se mécanise, plus grande est la disparité entre la production multipliée et la monnaie entre les mains des consommateurs qui veulent acheter.

Le Crédit Social propose de combler l'écart en augmentant directement la monnaie entre les mains de ces consommateurs qui ont des besoins à satisfaire, suivant le rythme de la production. C'est considéré comme une hérésie par les tenants du système existant. Ils préfèrent voir se perpétuer l'immolation du consommateur.

La place du consommateur

Le consommateur est pourtant la fin de la production. Nous reproduisions, dans notre numéro 3 des Cahiers, un article du Révérend Père Lévesque sur la Primauté du Consommateur. Les lignes suivantes en sont extraites :

"La nature des choses, la saine raison et la justice sociale nous enseignent que la fin de l'activité économique ne saurait être que la prospérité matérielle de la société, le bien-être de toute la communauté humaine. L'économie doit viser non pas à créer des richesses pour elles-mêmes ou pour quelques-uns seulement, mais à satisfaire les besoins de tous et à produire des biens qui enrichissent vraiment tous les citoyens du pays. En style économique, nous dirions avec plus de précision encore : la fin, c'est le service du consommateur, de tous les consommateurs. Le consommateur d'abord ! Tel doit donc être le grand mot d'ordre de toute politique économique vraiment sociale et humaine.”

La monnaie au service du consommateur

À la suite de l'article cité, nous ajoutons nos propres réflexions, faisant remarquer, entre autres, que si le consommateur est le souverain, s'il est la fin de l'activité économique, c'est sur ses besoins que doit se régler la production, et non pas sur la quantité de monnaie dont il dispose.

La monnaie ne doit intervenir que comme facilité pour passer la production chez le consommateur. Ce qui compte, ce sont les biens d'un côté, les besoins de l'autre, et ces biens doivent satisfaire ces besoins. La monnaie doit être ordonnée à cette fin. C'est ce que réclame le Crédit Social, doctrine humaine, sociale, logique et tout à fait dans la note d'un monde d'abondance et de progrès.

Baromètre du progrès

Mécanisez l'industrie, multipliez les produits : s'ils n'atteignent pas le consommateur, il n'y a pas de relèvement du niveau de vie. Tant que les produits restent dans les entrepôts et les magasins, ils n'ajoutent rien au confort de la famille ou de l'individu. Le progrès n'est pas marqué par le régime de production, mais par le régime de consommation. C'est à la partie consommation qu'il faut mesurer le progrès.

La consommation d'ailleurs suppose la production ; vous ne pouvez avoir celle-là sans celle-ci, tandis que vous avez fort bien celle-ci sans celle-là. La production sans la consommation devient une charge, un passif. Le magasin encombré de produits qui ne se vendent pas doit liquider. Le producteur dont les stocks ne s'écoulent pas arrête ses activités. C'est le consommateur qui est le grand animateur de l'industrie. Pourquoi est-ce lui qu’on immole ?

Au lieu donc de financer la production, ne vaut-il pas mieux songer à financer la consommation ? Le consommateur par ses achats financera à son tour le producteur.

Il y a bien les défenseurs du vieux régime qui essaient de ridiculiser cette innovation, depuis le ministre des Finances, Dunning, en passant par l'infatué Deachman, jusqu'à des journalistes qui croient avoir grâce d'état pour écrire merveilleusement sur des choses auxquelles ils ne comprennent rien. Mais si LEUR système est si bon, qu'ils nous montrent donc comment il fonctionne bien Ce n'est pas en persiflant qu'on fait une preuve ; ça peut faire pour les badauds, pas pour des gens qui se servent de leurs yeux pour voir et de leur tête pour juger.

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