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Il y a un esprit dans l'homme

Gilberte Côté-Mercier le mercredi, 15 novembre 1939. Dans Philosophie

vd 15 nov 1939 p2, 3 ; gilberte côté ; 973 mots

UN CORPS ET UNE ÂME

L’homme se compose d’un corps et d’une âme.

Son corps est un animal destiné à la mort, à la pourriture. Son âme est un esprit destiné à vivre toujours.

Il y a dans l’homme un ESPRIT DESTINÉ À VIVRE TOUJOURS.

VIVRE TOUJOURS ? Notre esprit doit vivre toujours ? Quelle sera donc alors son occupa­tion ? Que fera notre esprit pendant toute l’éter­nité ? Notre esprit, s’il est bon, pendant toute l’éternité, contemplera la VÉRITÉ.

Notre esprit est destiné à contempler la VÉ­RITÉ toujours.

L’homme se compose d’un corps destiné à être détruit et d’un esprit destiné à vivre toujours de la VÉRITÉ.

LE SERVITEUR

Mais notre corps mortel, l’animal en nous, pourquoi donc est-il fait ? Le corps vit avec l’es­prit ici-bas pour l’aider à trouver le chemin de la VÉRITÉ.

Le corps est le serviteur de l’esprit.

Son rôle est de fournir à l’esprit tout ce qu’il peut lui fournir pour qu’il accomplisse sa desti­née : contempler, aimer la VÉRITÉ.

Dans l’état actuel de l’homme, où son esprit est uni si intimement à son corps, l’esprit ne peut rien faire sans le secours du corps.

Par la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût, le toucher, entrent dans l’homme les images des choses sur lesquelles l’esprit réfléchit, pense. Sans le corps, l’esprit n’aurait pas de matière sur quoi penser.

Et l’esprit n’a pas la FORCE de penser si le corps n’est pas nourri suffisamment, s’il n’est pas logé convenablement pour pouvoir se repo­ser, vêtu chaudement pour se protéger contre les saisons. La santé du corps prépare la santé de l’esprit.

Enfin, pour que notre esprit qui connaît la VÉRITÉ exprime son amour de la VÉRITÉ, il faut qu’il la répande. Et c’est par la voix de sa bouche et l’écriture de sa main que l’homme com­munique aux autres la VÉRITÉ qu’il voit. Le corps, là aussi, est nécessaire. Le corps est donc fait pour fournir à l’esprit les matériaux pour penser, la force pour vivre et le moyen pour communiquer sa vie.

Le corps est le serviteur de l’esprit.

LE MAÎTRE

L’esprit est destiné à contempler la VÉRITÉ. Ici-bas, il doit la chercher, en chercher le che­min. La vocation de l’esprit de l’homme est de chercher la VÉRITÉ, d’étudier DIEU, qui est la VÉRITÉ, de contempler ses attributs, ses œuvres.

Étudier la VÉRITÉ pour l’aimer et la faire aimer, voilà le rôle de notre esprit. Il n’en a point d’autres.

Les calculs du millionnaire qui construit des héritages comme ceux du chômeur qui mendie le pain de ses enfants, les additions de l’homme d’État, comme celles du commis de banque, les discours de l’universitaire comme les leçons de l’humble institutrice de rang, les conclusions du savant, les combinaisons de la cuisinière, toutes ces sortes de labeur intellectuel ne sont que des moyens pour conduire l’esprit à LA CONTEM­PLATION DE DIEU.

CONCLUSION

L’homme tout entier, avec son corps, puisque le corps est le serviteur de l’esprit, l’homme tout entier a été fait pour contempler Dieu, c’est-à-dire pour le connaître, l’aimer et le servir.

Toutes les autres activités de l’homme ne sont que des moyens et non pas des fins.

Cultiver la terre pour en tirer de la nourriture est un moyen qui conduit l’homme à sa fin : ser­vir Dieu.

Fabriquer des vêtements, construire des mai­sons, des chemins, un pays, ouvrir des écoles, des bibliothèques, des laboratoires, élever des hommes ne sont que des moyens de servir Dieu.

Gagner sa vie, "gagner son pain à la sueur de son front" n’est qu’un moyen. Servir Dieu est seule la fin de l’homme.

Ce qui veut dire que toutes les autres activités de l’homme ne sont que des activités secondaires et qu’elles sont soumises à la fin : servir Dieu. Si elles ne nous aident pas à servir Dieu, elles sont inutiles. Si elles nous nuisent pour servir Dieu, elles doivent être sacrifiées.

Autrement dit, l’homme n’a pas été créé pour travailler à toutes ces choses, mais pour servir Dieu. a) S’il est nécessaire qu’il travaille à ces choses pour servir Dieu, il doit y travailler ; b) s’il n’est pas nécessaire qu’il travaille à ces choses pour servir Dieu, il n’est pas obligé d’y travail­ler ; c) s’il devait mieux servir Dieu en n’y tra­vaillant pas, il ne doit pas y travailler.

Exemples :

a) Je suis pauvre. J’ai trois enfants.

Le service de Dieu réclame que j’élève mes trois enfants.

Pour cela, j’ai besoin de gagner l’argent né­cessaire à leur subsistance et à leur éducation.

Le service de Dieu réclame que je travaille pour gagner de l’argent, et avec cet argent éle­ver mes trois enfants.

b) Mon père m’a laissé un héritage. J’ai trois enfants.

Le service de Dieu réclame que j’élève mes trois enfants.

J’ai assez d’argent pour faire vivre et faire instruire mes trois enfants.

Le service de Dieu ne réclame pas que je tra­vaille pour gagner de l’argent.

c) Je suis riche. Je n’ai pas d’enfants. Ma femme et moi pouvons vivre à l’aise jusqu’à l’heure de notre mort sur les revenus de nos valeurs.

Le service de Dieu réclame que je travaille pour le bien de la société.

Non seulement, je ne dois pas m’occuper à un travail parce qu’il est rémunérateur, mais je dois appliquer mon argent, mon temps et mes talents à construire des œuvres sociales.

Toute la vie de l’homme, c’est la vie de son esprit, et une société sera d’autant plus parfaite qu’elle facilitera plus à l’homme l’épanouissement de la vie de son esprit. Par la médecine, l’hygiè­ne, le confort, une nourriture bonne et pure, for­mons des corps sains. Par le progrès des scien­ces physiques, économiques, et politiques, orga­nisons la société de façon à soustraire les mus­cles et les cerveaux à l’esclavage de la produc­tion matérielle pour les appliquer de plus en plus au service de l’esprit, de la VÉRITÉ. Gilberte COTÉ.

Gilberte Côté-Mercier

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