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Nos sessions sur la démocratie économique: Impressions de nos amis rwandais

le dimanche, 01 janvier 2017. Dans Témoignages

La prochaine session d’étude sur la démocratie économique (crédit social) à Rougemont aura lieu du 25 avril au 7 mai (voir annonce en page 32), et tous nos lecteurs y sont invités. La session la plus récente, en juillet 2016, a donné lieu à une participation record du Rwanda. Le tiers des participants étaient Rwandais, dont une partie venait directement du pays et une autre du Canada. Voici des extraits de leurs impressions:

Abbé Augustin Hakizimana et Thérèse TardifL’abbé Augustin Hakizimana, photographié avec notre directrice Thérèse Tardif,  accompagne aussi le samedi nos pèlerins pour la visite des familles à la Croisade du rosaire.

Abbé HAKIZIMANA Augustin: Je suis prêtre plein temps ici dans la Maison Saint-Michel. C’est la première fois que le Rwanda est représenté de façon très significative. Ils sont une vingtaine de personnes. Ils sont venus, ils ont vu, et maintenant ils vont dire ce qu’ils vont faire chez eux, en Afrique.

Abbé NIZEYIMANA Emmanuel: Je suis de ceux qui sont venus ici pour la première fois. Ce que j’ai obtenu de la formation c’est que le crédit social englobe deux rôles: temporel et spirituel. C’est le christianisme appliqué. Je suis satisfait du crédit social. Le crédit social est une philosophie de la vie sociale et avec le dividende, c’est l’entraide mutuelle. Il joue aussi un rôle spirituel car il est basé sur la prière: «mon Cœur Immaculé triomphera», a dit la Vierge Marie a Fatima.

Je vais m’y engager pour mettre en pratique le crédit social dans ma paroisse. Il y a beaucoup de groupes de prières et de communautés ecclésiales de base en paroisse. Je vais leur faire comprendre le crédit social comme christianisme appliqué.

Abbé NSANZINEZA Janvier: Tout ce qu’on a appris ici, c’est vraiment l’Évangile, la bonne nouvelle, c’est la parole d’espérance, c’est la lumière. Le crédit social nous rappelle:

- la dignité de la personne humaine créée à l’image de Dieu;

- qu’avec toute l’humanité, nous formons une même famille qu’il n’y a ni grec, ni juif, ni africain, ni américain comme le dit saint Paul aux Colossiens, mais nous sommes tous des frères;

- qu’en tant que chrétiens, nous devons ouvrir nos yeux face aux misères qui se font dans le monde et nous devons être des bons samaritains.

Durant ces jours passés ici à l’institut Louis Even, j’ai pu constater que le crédit social tire son origine même dans la Bible. Ici je pense directement au passage de Mathieu l’évangéliste, là où Jésus disait à ses disciples de donner eux-mêmes à manger à la foule immense qui avait faim. Nous avons autour de nous ce qui peut nous nourrir tous sans le savoir. Tout ce que nous sommes, tout ce que nous avons est un don de Dieu et le don doit être au service de la communauté. Si je suis doué en science, en géographie, etc., ça doit être au service de toute l’humanité.

Je remercie beaucoup la bravoure de tous ceux et celles qui ont vu la déshumanisation qui est en train d’être faite par le système bancaire, avec la manipulation de l’argent en leur faveur, et ces braves se sont donnés pour combattre ca. Car il y en a d’autres qui le voient mais qui croisent les bras. Un grand merci donc aux apôtres de Vers Demain, les pèlerins de saint Michel, dont je suis devenu membre.

De retour dans mon pays, je vais faire en sorte que le crédit social soit connu et que les gens s’informent et s’indignent de ce qui se passe réellement et après qu’ils s’impliquent comme moi pour le crédit social.

Je suis un prêtre œuvrant dans l’éducation. J’ai autour de moi les enfants qui ont soif de la connaissance. Ils doivent aussi avoir soif du crédit social. J’ai autour de moi aussi les enseignants, les paroissiens qui sont en train de subir ce système bancaire, eux aussi ils ont soif, et je crois qu’ils ont besoin de l’eau que je viens de puiser ici à l’Institut Louis Even.

MUKAMPARAYE Judith: Je vais commencer par une anecdote, deux chrétiens qui voulaient aller au ciel mais œuvraient différemment pour y arriver. L’un se disait qu’il fallait prier sans cesse et que cela suffisait pour aller au ciel. L’autre se disait qu’il fallait multiplier les actes de charité et aimer l’autre comme soi-même. Un jour Jésus les appelle les deux ensembles et leur montre quelque chose. A celui qui faisait beaucoup de prières, Jésus lui montre une belle maison ne contenant rien à l’intérieur: pas de chaises, pas de chaudrons, rien du tout! La personne ne sait comment dormir parce qu’il n’y a rien dans la maison. Et Jésus lui dit: voilà ta maison! Tu ne l’as pas meublée. Tu as fait des prières mais tu as manqué de générosité.

Le second lui reçoit une maison toute équipée avec du diamant et un peu de tout. Mais malheureusement, il ne peut rien voir. Tout est noir. Il n’avait pas cherché la lumière pour voir. Les deux demandent de s’en retourner chez eux pour faire ce qui leur manquait. La prière et les œuvres. Voilà ce que font les Pèlerins de saint Michel. Ils combinent les deux. Prière et travail, ora et labora!

La Vierge Marie a dit à Fatima en 1917 qu’elle triomphera, à la fin. C’est en 1917 que les grands financiers ont introduit le communisme en Russie. Ils ont aussi préparé la deuxième guerre mondiale, et ils veulent maintenant nous imposer un nouvel ordre mondial. C’est la Vierge Marie qui va triompher avec le Christ, Roi des Nations. Le message de Fatima est un message d’espérance et un message prophétique qui nous demande de réciter le chapelet, de se consacrer au Cœur Immaculé de Marie chaque jour et respecter toute la loi du Seigneur.

Groupe de Rwandais

 

UMUTESI Solange: C’est la deuxième fois que je participe à la session. Et comme beaucoup, je me posais la question: comment va-t-on mettre le crédit social en action? Finalement, j’ai compris. Le crédit social, c’est le christianisme appliqué et c’est la conversion personnelle. Pour moi, ça a été une conversion totale. Mme Gilberte Côté-Mercier a dit que pour vaincre, il faut une arme: le chapelet. Beaucoup de catholiques portent le chapelet mais ne l’utilisent pas. Dans ma nouvelle famille des Pèlerins de saint Michel, ma spiritualité a atteint un autre niveau à cause du chapelet. C’est la conversion totale qui va nous permettre d’appliquer le crédit social.

L’apostolat et le crédit social m’ont changée. J’ai traversé les moments difficiles dans mon pays le Rwanda. J’ai vécu le génocide et je me demandais si j’allais pardonner aux gens qui m’ont blessée, qui ont tué ma mère. C’est en récitant le chapelet et en faisant l’apostolat du crédit social que j’y suis arrivée.

Abbé TWIZIGIYIMANA Éric: Je suis curé de paroisse et aumônier diocésain de la pastorale familiale. C’est la deuxième fois que je participe à la session sur la démocratie économique. J’ai été très intéressé parce que notre travail s’oriente sur la vie pastorale. Je suis revenu car j’ai été touché la première fois. Comme pasteur, je dois avoir une illumination d’aider la société. Le crédit social qui se donne ici c’est le cours de morale de la quatrième année de théologie. Je l’ai dit à mes confrères. Le crédit social m’a aidé à comprendre comment vivre en ce monde sans être esclave de l’argent. Nous devons rendre grâce à Dieu qui nous a donné ce monde et nous ne devons pas à notre tour créer nos propres dieux. Rendre à chacun ce qui lui est dû par le dividende, c’est l’objectif de l’humanité. Au Rwanda, nous allons mettre en pratique cette doctrine. Nous avons chez nous ce qu’on appelle les tontines, et comme aumônier de la famille, je vais commencer par là. Je vais y mettre beaucoup de force.

UWAMBAJEMARIYA Dorothée: Je vis maintenant à Toronto. J’ai découvert ici une place et des gens et je suis très satisfaite de ce que j’ai appris, bien que je doive revenir pour m’en imprégner davantage. J’ai aimé tout ce que j’ai vu et entendu que ce soit au niveau du crédit social ou au niveau spirituel. Je m’en suis nourrie amplement.

Je travaille dans les écoles catholiques francophones à Toronto et ma préoccupation, c’est vraiment les jeunes. J’ai vu, j’ai entendu combien les jeunes aujourd’hui au Canada, à un si bas âge — quatorze, quinze, seize ans — commencent à s’endetter parce que la banque leur donne une ligne de crédit, et le jeune ne sait pas encore qu’il y a des intérêts. Alors, je me promets d’informer les jeunes, d’ouvrir des sessions pour parler de notre rapport à l’argent. Comment on doit l’utiliser, comment connaitre ses mécanismes.

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