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La spiritualité de l’œuvre de Louis Even

Par Alain Pilote le mardi, 01 août 2006. Dans Pélerins de Saint Michel

Louis EvenLouis Even, fondateur de Vers Demain

Il convient d’approfondir la spiritualité de Louis Even et de son Œuvre, car en effet, sans cette foi solide en Dieu et son immense amour du prochain, Louis Even n’aurait jamais entrepris cette œuvre d’éducation du peuple, pour le délivrer de la dictature financière.

Fins et moyens

Cliford Hugh Douglas, l’inventeur des principes financiers du Crédit Social, était un ingénieur, et raisonnait logiquement : il voyait le problème — le manque chronique de pouvoir d’achat entre les mains des consommateurs — et établissait la solution pour arriver au but recherché. Louis Even avait le même esprit logique, et a su clairement saisir la pensée de Douglas, en l’exprimant dans des mots simples, à la portée de tous.

Dans sa logique, Louis Even savait faire la différence entre les fins et les moyens : l’argent n’est pas une fin, la vraie richesse, mais un signe, moyen de se procurer les produits ; l’emploi pas une fin, mais un moyen de fabriquer les produits. (Et si les produits peuvent être fabriqués avec moins d’emploi, tant mieux !)

Louis Even n’a pas arrêté sa logique là, mais est allé jusqu’aux questions essentielles, comme quel est le but de la vie. La réponse est évidente pour ceux qui ont la foi, c’est celle du petit catéchisme d’autrefois :

« Pourquoi Dieu vous a-t-il créé ? – Dieu m’a créé pour le connaître, l’aimer et le servir en ce monde, et pour être heureux avec lui dans le ciel pendant l’éternité. »

Certaines personnes souhaiteraient que Vers Demain ne parle que de réforme monétaire, sans religion, et d’autres voudraient que Vers Demain ne parle que de religion, sans réforme monétaire. Pourtant, nous avons tous un corps et une âme, et même si nous vivons de passage sur cette terre matérielle, notre vraie destinée est spirituelle, c’est-à-dire, vivre en union avec Dieu dans le Ciel pour l’éternité. Les biens matériels sont un moyen ; la fin ultime, c’est Dieu. La raison d’être de toute la création, c’est de rendre gloire à Dieu. Comme l’a dit l’abbé Coulon dans le numéro précédent de Vers Demain, « le Crédit Social est un moyen, la fin est le salut des âmes. »

Entrée du siège social de Vers Demain à Rougemont. Avec l’apparition de Vers Demain et des Pèlerins de saint Michel, c’est un véritable «institut» de formation à la justice sociale et à l’apostolat que Louis Even fonda en 1939

D’ailleurs, les mots « crédit social » signifient la confiance qu’on puisse vivre en société, qu’il existe un minimum d’ordre qui nous permette d’échanger des produits et de circuler librement sans risque de se faire attaquer sur la rue, ou de se faire voler par son voisin. Sans respect de l’ordre moral — sans religion — toute vie en société est impossible, c’est le désordre, la révolution et l’anarchie.

Cependant, même si notre fin ultime est spirituelle, il ne faut pas oublier que c’est sur l’amour du prochain, sur ce qu’on aura fait pour nos frères et sœurs sur la terre, qu’on sera jugé : « Allez loin de moi, maudits, au feu éternel, préparé pour le diable et ses anges. J’ai eu faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’ai eu soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais sans abri, et vous ne m’avez pas recueilli... Chaque fois que vous avez omis de le faire à l’un de ces petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait. » (Matthieu 25, 31-46.)

Le Crédit Social, par son dividende mensuel à chaque citoyen, basé sur l’héritage commun du progrès et des richesses naturelles, serait une manière éminemment efficace de venir en aide au prochain, car il ferait du bien à tous, mais surtout aux plus pauvres.

Louis Even a eu non seulement le génie pour expliquer le Crédit Social, mais aussi le cœur pour le faire connaître aux autres. En fait, il mettait déjà en pratique l’enseignement de l’Eglise sur le rôle des fidèles laïcs, trente ans avant que ce rôle ne soit défini par le Concile Vatican II : renouveler tout l’ordre temporel, pour le rendre conforme à l’Évangile, à l’ordre voulu par Dieu.

Frère Louis Even

Louis Even était un grand catholique, provenant d’une famille exceptionnelle : six de ses frères et sœurs se firent religieux, et lui-même devint Frère de l’Instruction Chrétienne à l’âge de 17 ans, sous le nom de Frère Amaury-Joseph (photo à gauche).

Louis Even arriva au Canada en 1903, alors que les religieux étaient chassés de France par un gouvernement anticlérical. Il enseigna au Montana (aux États-Unis), puis dans la région de Montréal jusqu’en 1920, alors qu’il fût relevé de ses vœux parce qu’il était devenu sourd, et ne pouvait plus enseigner.

Mais Dieu avait ses desseins sur Louis Even : il allait devenir lui-même le fondateur d’une œuvre unique au monde, les « Pèlerins de saint Michel », pour dompter la dictature financière, et son enseignement serait répandu aux quatre coins du monde, par les journaux Vers Demain et « Michael », plus les millions de tirés à part, traduits maintenant en plus de dix langues.

Louis Even est décédé le 27 septembre 1974 (fête de saint Vincent de Paul, patron des œuvres de charité), mais ses écrits sont si lumineux qu’ils restent toujours d’actualité même plus de 45 ans après sa mort. Ils le resteront toujours, puisque le Crédit Social s’applique à toute situation économique possible, et ses principes restent valides en tout temps.

C’est pourquoi Vers Demain ne se gêne pas de republier ses articles : même s’ils peuvent avoir été écrit il y a plusieurs décennies : on dirait qu’ils ont été écrits tout récemment, tant ils concordent avec les faits actuels. C’est la preuve que le Crédit Social est une vérité qui transcende toute époque. De 1934 à 1974, c’est toute une somme que Louis Even a écrit sur le Crédit Social, et il faudrait véritablement une encyclopédie pour reproduire tous ses écrits !

Dieu a créé l’homme avec des besoins matériels, mais Il a aussi mis sur la terre tout ce qu’il faut pour satisfaire ces besoins. Si des millions d’êtres humains n’ont pas de quoi se nourrir, se vêtir, ou se loger, ce n’est certainement pas la faute de Dieu, mais la faute du mauvais système financier — et de ceux qui le contrôlent — qui ne permet pas une juste distribution des biens crées par Dieu pour tous les hommes.

Dieu nous donne l'abondance... Si nous n'y avons pas accès, c'est à cause des banquiers voleurs et des gouvernements complices !

Le Crédit Social : christianisme appliqué

Lorsque Louis Even découvrit la grande lumière du Crédit Social en 1935, il comprit immédiatement jusqu’à quel point cette solution appliquerait à merveille l’enseignement de l’Église sur la justice sociale — surtout en ce qui concerne le droit de tous aux biens matériels, la distribution du pain quotidien à tous, par l’attribution d’un dividende social à chaque être humain.

C’est pourquoi, dès qu’il connut cette lumière, Louis Even se fit un devoir de la faire connaître à tous.

Clifford Hugh Douglas a déjà dit que le Crédit Social pouvait être défini en deux mots : christianisme appliqué. En effet, une étude comparative du Crédit Social et de la doctrine sociale de l’Eglise montre jusqu’à quel point l’établissement des propositions financières du Crédit Social appliquerait à merveille l’enseignement de l’Église sur la justice sociale.

Louis Even connaissait tous les enseignements sociaux des Papes, et ne manquait jamais une occasion de les commenter à la lumière des propositions financières du Crédit Social, qui appliqueraient si bien la doctrine sociale de l’Église. Les créditistes savent que l’argent devrait être un instrument de service, mais les banquiers, en s’en réservant le contrôle de la création, en ont fait un instrument de domination. La citation la plus frappante d’un Pape sur le sujet demeure celle de Pie XI, qui écrivait dans son encyclique Quadragesimo anno, en 1931 :

« Ce pouvoir est surtout considérable chez ceux qui, détenteurs et maîtres absolus de l’argent et du crédit, gouvernent le crédit et le dispensent selon leur bon plaisir. Par là, ils distribuent le sang à l’organisme économique dont ils tiennent la vie entre leurs mains, si bien que, sans leur consentement, nul ne peut plus respirer. »

Saint Louis de Montfort

saint Louis-Marie Grignion de Montfort

Deux grands saints peuvent être rattachés à la vie et l’œuvre de Louis Even : saint Louis-Marie Grignion de Montfort, et saint Maximilien Kolbe.

Louis Even est né le 23 mars 1885 à Montfort-sur-Meu, en France, et reçut au baptême le nom de Louis-Marie, en l’honneur de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, né lui aussi à Montfort-sur-Meu, en 1673. Dans son « Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge », saint Louis-Marie de Montfort nous dit que la dévotion à Marie, loin de nous éloigner du Christ, nous en rapproche ; que loin d’être un détour, c’est un raccourci. Louis Even hérita de cette dévotion de son saint patron à la Vierge Marie, et cette consécration à la Mère de Dieu a marqué toute sa vie.

Saint Maximilien Kolbe

Saint Maximilien Kolbe

Un autre saint qui peut être relié à la vie de Louis Even, c’est saint Maximilien Kolbe — un autre grand dévot à Marie — prêtre franciscain polonais qui fonda en 1917 — la même année que les apparitions de Fatima, et la même année que la création du Crédit Social par Clifford Hugh Douglas — la Milice de l’Immaculée, pour convertir les francs-maçons.

Saint Maximilien fonda le journal « Le Chevalier de l’Immaculée », qui fut fermé en septembre 1939 alors que les armées nazies d’Hitler envahissaient la Pologne. Le même mois, le premier numéro du journal Vers Demain paraissait au Canada, tout comme si c’était pour prendre la relève dans ce combat pour le triomphe de l’Immaculée. La devise de Louis Even n’était-elle pas « Bâtir le Royaume de l’Immaculée » ?

Le Père Kolbe, mort martyr en 1941 dans le camp de concentration d’Auschwitz, avait fondé la Cité de l’Immaculée, avec plus de 600 frères travaillant à la diffusion des publications éditées par le Père Kolbe pour faire connaître et aimer l’Immaculée. Le Père Kolbe leur inculquait la mystique de l’abonnement, et augmenta la circulation de sa revue à plus d’un million, lorsque que la Cité de l’Immaculée fut forcée de fermer en 1939.

Faire connaître et aimer Marie

Marie

En décembre 1964, à l’âge de 79 ans, Louis Even tomba gravement malade, à un tel point qu’on crut vraiment qu’il allait mourir, mais il s’en remit contre toute attente, et déclara lui-même : « J’ai obtenu un sursis. J’ai beaucoup aimé la Sainte Vierge durant ma vie, mais je ne l’ai peut-être pas fait assez aimer. »

Depuis les tous débuts du Mouvement de Vers Demain, M. Even avait débuté toutes les assemblées par la récitation du chapelet. Mais pendant les dix dernières années de sa vie, de 1964 à 1974, il fit encore plus : en plus de continuer d’écrire sur le Crédit Social, il écrivit de nombreux articles sur les différentes apparitions de la sainte Vierge à travers le monde, faisant ressortir l’insistance de la Vierge Marie sur l’importance et l’urgence pour tous les humains, Ses enfants, de se convertir et de retourner à Dieu par la récitation du Rosaire.

En 1968, M. Even et les autres directeurs de Vers Demain s’étaient rendus à San Damiano, en Italie, pour rencontrer Rosa Quattrini, à laquelle la Vierge Marie apparaissait depuis 1964. Notre-Dame laissait ce message aux directeurs de Vers Demain, par l’intermédiaire de la voyante : « Apôtres de bien penser, priez beaucoup saint Michel de vous défendre avec son épée. Faites-moi connaître et aimer de tout le monde par la récitation du Rosaire. » C’est alors que les Pèlerins de saint Michel ajoutèrent la récitation d’une dizaine de chapelet lors de leur visite des familles, débutant ainsi la « croisade du Rosaire ».

À remarquer que Louis Even, même après avoir écrit davantage sur la sainte Vierge après 1964, n’a jamais abandonné son combat pour l’application des principes financiers du Crédit Social, qui ne peuvent être obtenus que par l’éducation du peuple, et non par la création de partis politiques. Et l’aide de la Vierge Marie est particulièrement importante dans ce combat pour la justice, puisqu’en s’attaquant à la Haute Finance, on s’attaque à des forces sataniques.

C’est un grand héritage spirituel que Louis Even a légué à ses Pèlerins de saint Michel, « apôtres de bien penser » et « pèlerins-guerriers ». Soyons dignes de cet héritage, en faisant connaître le beau message du Crédit Social par l’abonnement à Vers Demain !

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