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Il est grand temps que s’établisse la justice sociale

le mercredi, 01 octobre 2008. Publié dans Témoignages

Abbé Patrice SavadogoL’abbé Patrice, de Côte D’Ivoire, a été l’accompagnateur du Cardinal Bernard Agré. Il avait assisté à la semaine d’étude sur le Crédit Social que nous avons eue à Rougemont, en juin dernier. Et il est revenu au Congrès International de Vers Demain de septembre dernier qui a été précédé d’une autre semaine d’étude. Voici de larges extraits de sa conférence à notre congrès:

J’ai eu le bonheur d’être l’accompagnateur du Cardinal qui était votre invité à ce congrès et à votre semaine d’étude. Mais, vous savez, quand on a le bonheur d’accompagner quelqu’un, on a le bonheur d’aller là où il va...

Je voudrais, à la suite de mes salutations, vous dire toute ma gratitude aux frères et soeurs Pèlerins de saint Michel. Vraiment, merci pour votre sens d’ouverture, d’accueil, de partage, pour votre charité. Merci pour ce que nous avons pu voir. L’accueil que vous nous avez réservé me pose question, parce que nous sommes invités à découvrir le Crédit Social et à adhérer certainement au Crédit Social et même plus que cela, à répandre le Crédit Social.

Avec les Pèlerins de saint Michel, nous sommes invités à aller Vers Demain. Mais quel demain ? Un demain avec la Parole de Dieu, ou un demain avec un projet de société ? Un projet nouveau. Quel est le demain auquel nous sommes invités ? C’est la question que je me pose moi-même.

Je trouve la première réponse dans la formation que nous avons reçue par le maître (Alain) Pilote. C’est lui qu’il faut d’abord applaudir. Comme je suis un peu curieux, je suis allé voir quand l’histoire a commencé avec Louis Even. Je me rends compte que nous sommes dans le 70e anniversaire des oeuvres des Pèlerins de saint Michel. Il y a eu du chemin. 70 ans dans la vie d’un homme, le psalmiste salue cela, pour le psalmiste, c’est un bon parcours.

Marcel Lefebvre
Marcel Lefebvre ira porter la lumière de Vers Demain en Afrique pendant trois mois

Mais, après 70 ans, nous voyons bien que Dieu vous donne l’occasion, comme des «cheminants», comme des Pèlerins qui partent du gîte où ils étaient, dans les liens de l’esclavage et qui montent vers la terre promise, mais dans cette montée vers la terre promise, il y en a qui tombent, il y en a qui reprennent la bannière, il y en a qui poursuivent le combat, mais la terre est toujours promise. Cette terre promise, je pense que nous la partagerons bientôt. Nous la partagerons parce qu’elle n’est pas la terre promise d’un projet de société, elle est la terre promise de la Parole de Dieu. C’est de la Parole de Dieu que la lumière a fait un clic, a brillé dans l’esprit de Louis Even. C’est de la Parole de Dieu que ce feu nouveau qui va bientôt embraser le monde entier dans l’expression du Crédit Social, doit faire son chemin. Cette Parole de Dieu que nous devons pouvoir accueillir en toute vérité, sans prendre de soin de nous accommoder à celles qui nous arrangent et de nous méfier de celles qui nous dérangent.

La parabole des dix talents

Cela veut simplement dire que dans la Parole de Dieu, il y a cette histoire, la parabole des talents que nous avons écoutée hier, à l’Évangile. Il y a aussi des intérêts. On a reçu 5 talents, on a fait fructifier les talents, on en a gagné 5 autres. Il y en a qui ont reçu un talent, mais qui n’ont pas fait fructifier le talent qu’ils ont reçu. De ceux-là, la parabole nous disait que Dieu n’était pas content d’eux.

C’est la même Parole de Dieu qui parle du gérant habile qui devait beaucoup d’argent à son maître. Son maître l’appelle et il n’est pas dans la mesure de rembourser. Qu’est-ce qu’il fait ? Rapidement, il appelle tous ceux qui devaient à son maître. Il dit: — Viens, viens, viens. Combien dois-tu à mon maître ? — 100 barils d’huile. — Assieds-toi ici, inscris 50. — Ce gérant, le Seigneur a fait son éloge parce qu’il a su être habile.

Mais une telle Parole de Dieu doit-elle nous déranger ? Non, elle ne doit pas nous déranger, parce qu’elle trace toujours le chemin idéal pour aller à Dieu. Elle ne nous trompe pas. Elle ne contredit pas le Crédit Social, mais elle nous ouvre les yeux sur l’impérieuse nécessité de l’urgence, l’impérieuse urgence pour nous ici et maintenant de nous convertir avec le talent de notre intelligence, la fougue de notre engagement, à la manière de Marcel Lefebvre, pour qu’avance la Justice Sociale.

Et je termine avec le propos de celui qui voulant mettre Jésus dans l’embarras, dans la difficulté, lui dit mais, Seigneur, devons-nous payer l’impôt à César ? Et Jésus qui dit à son interlocuteur: «Présente-moi une pièce d’argent.» Et face à la pièce d’argent, Jésus répond à son interlocuteur et lui dit: «Il faut rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu».

C’est sur cela que je voulais terminer pour dire que je suis Pèlerin d’accord avec tout ce que j’ai entendu ici dans la formation au Crédit Social. La justice sociale précède la charité, la fallacieuse charité que l’on fait à nos pays d’Afrique. Il est grand temps que la Justice Sociale s’établisse en priorité et en primauté. Si cette justice sociale est alors première, nous serons plus à l’aise pour croire à la charité qui suit.

La deuxième petite leçon que nous laisse le Crédit Social, c’est qu’il ne faut pas se méprendre sur la charité, ce qui est facile à faire c’est de faire la charité avec le bien des autres, mais ce qui est difficile à faire, c’est de faire la charité avec ses propres biens. Et le Crédit Social vient de nous ouvrir les yeux sur ce que nous recevons dans nos pays d’Afrique qui ne correspond pas à la charité venant de la poche de nos bienfaiteurs, mais de la charité venant des chiffres fictifs de l’injustice sociale. Mais vous donnez ce qui n’est pas à vous, est-ce que c’est difficile à donner ? Vous donnez des chiffres qui ne correspondent pas à des biens. Non, et ce qui est crucial, c’est que non seulement ces chiffres sont, d’après ce que venons de comprendre, fallacieux, mais ces chiffres nous maintiennent comme dans un tombeau scellé et bien scellé.

Quand nous en sortirons-nous ? Quand au-rons-nous droit à une vie meilleure , si nous restons sous le joug de cette loi économique et financière  ? Les crédits et les intérêts des crédits ne nous feront pas sortir, ne nous feront pas voir ce Vers Demain meilleur pour nous. Voilà un peu quelques réflexions que je voulais partager avec vous.

... Croyez-moi, tout ce que je viens de vous dire, c’est avec la bénédiction du Cardinal.