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Homélie pour les funérailles de Réjean Lefebvre

le dimanche, 01 octobre 2017. Dans Homage aux Apôtres décédés

La messe de funérailles de Réjean Lefebvre a été célébrée par l’abbé Patrice Savadogo, grand ami de Vers Demain, natif de Côte-d’Ivoire et ancien secrétaire du cardinal Bernard Agré, et actuellement cérémoniaire pour l’évêque de Saint-Hyacinthe au Canada, Mgr Christian Rodembourg. Voici l’homélie de l’abbé Savadogo prononcée lors de cette messe de requiem le samedi 28 octobre 2017, pour le repos de l’âme de notre vaillant pèlerin et apôtre Réjean Lefebvre:

Avant de vous partager ma méditation, je voudrais m’acquitter d’une mission. Notre évêque, Mgr Christian Rodembourg, à travers une communication téléphonique, m’a invité à vous traduire sa compassion et sa proximité avec la communauté des Pèlerins de saint Michel, en ces circonstances de deuil. C’est au sortir de la messe des nations (messe de la journée mondiale des missions) qu’il a reçu la nouvelle du décès de Réjean. Notre évêque, qui est un père ,vous traduit ainsi ses sincères condoléances et il vous assure de ses prières pour le repos de Réjean Lefebvre.

Enterrement de Réjean Lefebvre

L’abbé Savadogo bénit la tombe lors de l’inhumation des restes mortels de Réjean au cimetière des Pèlerins de saint Michel à Rougemont.

En suivant le Christ et en vivant l’Évangile dans ce monde à travers la famille des Pèlerins de saint Michel, Réjean Lefebvre a choisi délibérément, joyeusement et fidèlement de souffrir, de se ravir pour partager le triomphe de Celui en qui il a mis toute sa confiance.

Les grands traits de la vie de Réjean se résument au refus de la culture du verbe pour se dessiner dans l’excellence dans l’action. C’est un jeune franciscain portugais, Saint Antoine, qui disait en ces termes: «Que les paroles se taisent et que les actes parlent…» Tel est sommairement dit la devise de la vie de Réjean. Selon Antoine, «il perd son temps à répandre la connaissance de la loi, celui qui détruit son enseignement par ses actions.»

Devant ta dépouille mortelle, Rejean, nous sommes consternés. Comment les choses ont-elles pu aller si vite? Nous te savions certes malade depuis quelques années, mais nous n’avions jamais voulu nous rendre à l’évidence du compte à rebours accéléré de ton pèlerinage terrestre.

Muni des sacrements de l’Eglise que nous avons eu l’honneur et le soin de t’accorder (confession, eucharistie, sacrement des malades), sûr de ta confiance en Jésus-Christ (ta grande foi), nous (moi particulièrement), j’ai nourri le secret espoir de te voir triompher de ce pernicieux mal du cancer.

La famille des pèlerins te comptait comme un homme-orchestre, un acteur d’arrière-cour, un champion de l’abonnement, un fin stratège qui savait ramener tant de biens quêtés par-ci et par-là, un solide chef d’orchestre du parc automobile, un fidèle répondeur téléphonique de l’Institut Louis Even…

Quelle perte... ou quel profit! Tout dépend de notre perspective de foi et d’espérance…

La vie éternelle t’ouvre ses bras Réjean. Est-ce trop tôt, Dieu le sait! Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris, que le Nom du Seigneur soit béni.

Réjean, tu as su faire des renoncements en ce monde pour l’évangile et pour la promotion du crédit social. Tu as ouvert tes mains pour nourrir et partager avec ton prochain. Que restait-il à faire?

Maintenant va, va au paradis de Celui que tu as aimé et servi sur les traces de tes devanciers Louis Even, Gérard Mercier, Gilberte Côté-Mercier…

Le paradis n’est pas un lieu de conte de fée, ni un jardin enchanté. Selon la catéchèse du pape François, le paradis est le baiser de Dieu, son Amour infini, et nous y entrons grâce à Jésus, qui est mort en croix pour nous. Là où il y a Jésus, il y a la miséricorde et le bonheur; sans Lui, il y a le froid et les ténèbres. A l’heure de la mort, le chrétien répète à Jésus: «Souviens-toi de moi». Et même si plus personne ne se souvenait de nous, Jésus est là, à nos côtés. Il veut nous emmener dans le lieu le plus beau qui existe. Il veut nous y emmener avec ce peu ou ce grand bien qu’il y a eu dans notre vie, afin que rien ne soit perdu de ce qu’Il avait déjà racheté. Et dans la maison du Père, Il apportera également tout ce qui en nous a besoin de rachat: les fautes et les erreurs de toute une vie. Tel est l’objectif de notre existence: que tout s’accomplisse, et soit transformé en amour.

Si nous croyons cela, la mort cesse de nous faire peur, et nous pouvons également espérer quitter ce monde sereinement, avec une grande confiance. Qui a connu Jésus ne craint plus rien. Et nous pourrons répéter nous aussi les paroles du vieux Syméon, lui aussi béni par la rencontre avec le Christ, après toute une vie passée dans l’attente: «Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix; car mes yeux ont vu ton salut» (Lc 2, 29-30).

Et à cet instant, enfin, nous n’aurons plus besoin de rien, nous ne verrons plus de façon confuse. Nous ne pleurerons plus inutilement, parce que tout est passé; même les prophéties, même la connaissance. Mais l’amour non, lui demeure. Parce que «la charité ne passe jamais» (cf. 1 Co 13, 8).

J’ai dit la charité… L’amour! Deux voisins de résidence avaient des rapports difficiles. L’un enviait, méprisait et à la limite détestait l’autre. Le comble, c’est qu’il finit par porter un seau d’ordure à la porte de son voisin à l’aurore du jour.

Le voisin sortit de chez lui ce beau matin ensoleillé. Il découvrit le seau d’ordure. Il alla vider les ordures à la décharge. Il reconnut le seau du voisin qu’il ramena avec lui. Il prit le soin de rendre au seau son éclat par un bon nettoyage, il le remplit de belles pommes bien sélectionnées et porta l’ensemble à son voisin. Ce dernier restait sans voix: «Pourquoi fais-tu cela?»

«Mon ami, lui dit le voisin, nous devons donner ce qui nous vient du cœur. Moi je t’aime!»

Frères et sœurs, chargeons nos seaux de belles prières pour Réjean afin qu’il repose en paix! v

Abbé Patrice Savadogo

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