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Le Grand Reset, réalité ou théorie du complot?

Alain Pilote le lundi, 01 mars 2021.

Dans le numéro de Vers Demain d’octobre-novembre-décembre 2020, en page 36, nous avons publié un article sur le « Great Reset », ou la « Grande Remise à Zéro », le projet de Klaus Schwab, fondateur du Forum Économique Mondial de Davos, pour détruire la classe moyenne et transformer de bout en bout le système économique actuel, pour en venir à une forme de communisme à l’échelle mondiale, où toute propriété privée serait abolie.

Plusieurs chefs d’État ont apporté leur appui à ce projet, et quand certains médias reconnaissent l’existence de ce Grand Reset, c’est pour en faire les louanges et dire que c’est un projet qui n’apportera que des bienfaits pour l’humanité et assurera la survie de la planète en réduisant la consommation, la pollution, les émissions de CO2 (dioxyde de carbone). Cependant, ces mêmes médias passent sous silence les aspects les plus sombres du « Grand Reset », et dénoncent comme partisans de « théories du complot » ceux qui disent du mal de ce Grand Reset. Et pourtant, si on lit de près les écrits de Klaus Schwab, ce projet machiavélique du « Grand Reset » est bel et bien une réalité, que les « grands » de ce monde voudraient imposer à l’humanité.

Abbé Dwight LongeneckerTout d’abord, dans un article daté du 25 janvier 2021 intitulé « Conspiration ? Quelle conspiration ? », l’abbé Dwight Longenecker (photo de gauche), un prêtre américain, donne quelques réflexions sur le sujet :

« Qu’est-ce qui constitue une théorie du complot ? L’un des principaux composants est qu’elle propose une version alternative de la vérité combinée à des personnages puissants et sombres qui sont dans les coulisses tirant les ficelles de leurs marionnettes afin d’inaugurer une nouvelle situation néfaste dans laquelle ils ont un pouvoir total. L’autre trait d’une théorie du complot est la capacité de ses adhérents à faire des liens entre différents éléments et conclure à des plans que les gens non informés ne voient pas…. Le temps passe, et la plupart de ces théories s’avèrent sans fondement. De nouvelles théories du complot surgissent toujours pour remplacer celles qui sont dépassées. Par conséquent, j’en suis venu à me méfier de toutes les théories du complot...

« Cependant – et c’est un gros “cependant” – quelque chose n’est pas une théorie du complot lorsque les conspirateurs parlent ouvertement de ce qu’ils font, et il se passe beaucoup de choses dans notre société aujourd’hui pour lesquelles (si vous en parlez) on peut vous reprocher d’être un théoricien du complot. Il est normal de reconnaître ces choses et nous devrions en parler, mais nous devons rester équilibrés et calmes et parler de faits et pas seulement de théories folles.

« Considérons donc quelques-unes de ces théories : Existe-t-il un groupe de personnes qui manœuvrent pour la domination et le contrôle de la planète ? Oui, et ce n’est pas un secret, et ces personnes ne s’en cachent pas. Ils publient le fait qu’ils se rencontrent. Les Nations Unies sont un groupe de puissance mondiale… ainsi que l’Organisation Mondiale de la Santé, le Forum économique Mondial, la Banque Mondiale, pour n’en nommer que quelques-uns.

The great reset - Time magazine« Ont-ils un plan pour la domination du monde ? Oui, cela s’appelle la “grande réinitialisation” (Great Reset). Encore une fois, ce n’est pas un secret. Ils ont publié des vidéos, livres et brochures à ce sujet. Le “Great Reset” a même été présenté sur la couverture du magazine TIME (édition internationale du 23 octobre 2020). Ils sont clairs sur leur volonté de refaire l’économie mondiale. Le secrétaire d’État de Biden, John Kerry, a déclaré que cela se produirait rapidement. Biden est leur homme. Le Parti Démocrate soutient le Grand Reset. (Le slogan de la campagne de Biden, “Build back better — rebâtir mieux“, reprend mot à mot un slogan du Grand Reset.) Ce n’est pas une théorie du complot, car elle est mentionnée ouvertement par tous ces grands personnages.

« Cette élite mondialiste a-t-elle vu Donald Trump avec son programme “America First” (les États-Unis d’abord) comme le principal obstacle à leurs plans ? Encore une fois, ce n’est pas un secret. Pendant quatre ans, ils ont tout fait pour se débarrasser de lui…

« Reconnaître des choses qui sont dites publiquement et ouvertement n’est pas se livrer à des théories du complot. Y a-t-il des gens riches et puissants qui complotent pour devenir plus riches et plus puissants ? Bien sûr que oui. C’est ce que font les gens riches et puissants. C’est ce que les gens riches et puissants ont toujours fait. Se rencontrent-ils dans les coulisses, contrôlant les finances, contrôlant les communications et manipulant les gens avec du chantage et des pots-de-vin ? Bien sûr. C’est ce que font les gens riches et puissants. C’est pourquoi ils sont riches et puissants. Travaillent-ils avec d’autres personnes riches et puissantes en concluant des accords en coulisses, en planifiant les choses en secret afin d’obtenir plus de contrôle et plus de richesse ? Oui. Ce n’est pas un secret. C’est ce que font les gens riches et puissants. Sont-ils en union avec Satan, travaillant sa volonté dans le monde pour contrôler ce monde ? Oui et encore, ce n’est pas un secret. »

Jason KenneyLe 4 décembre 2020, dans une interview vidéo faite par la chaîne Rebel News, Jason Kenney (photo à droite), le premier ministre de l’Alberta, une province canadienne, explique :

« On m’a demandé : “Quelle est votre position sur le Grand Reset que les Libéraux (du premier ministre canadien Justin Trudeau) veulent mettre en place ?” Eh bien, je vais vous dire tout d’abord : qu’est-ce que ce Grand Reset ? Pierre Poilievre, le critique fédéral conservateur en matière de finances, a récemment soulevé des inquiétudes au sujet de ce Grand Reset, puis il a été attaqué par certains journalistes dans les médias et par les Libéraux pour avoir prétendument fait circuler des théories du complot.

Covid-19: La grande réinitialisation - Klaus Schwab« En fait, le Great Reset est bel et bien le titre d’un livre écrit par l’un de ses plus éminents défenseurs, qui s’appelle Klaus Schwab, qui m’a envoyé une copie de son livre, et je suppose qu’il a aussi envoyé une copie à chaque chef de gouvernement autour du monde. La théorie de Klaus Schwab, dans son livre, est que les gouvernements, les sociétés, le monde, devraient, je cite : « saisir l’occasion de cette crise sanitaire et économique pour repenser le monde et changer radicalement les politiques.”

« De quelles façons ? Je les décrirais comme un grand sac rempli d’idées de la gauche, avec moins de liberté et plus de gouvernement, plus d’interventions gouvernementales, pour des politiques qui je pense créeraient une pauvreté massive…

« En passant, Klaus Schwab est le président et fondateur du Forum Économique Mondial, également connu sous le nom de Sommet de Davos ; je l’appelle le plus grand rassemblement d’hypocrites mondiaux de l’histoire. C’est un petit village de ski en Suisse et à chaque année, en février, je pense, quelques milliers de personnes très riches, beaucoup de milliardaires, millionnaires, PDG de sociétés multinationales et des politiciens vont à Davos en Suisse, avec des centaines d’avions privés, et ils passent une semaine à essentiellement faire la leçon au reste du monde…

« Donc non, je ne vais prendre aucune directive politique de Klaus Schwab ou de son entourage. Et ce que je trouve offensant est que ce que nous appelons le Grand Reset n’est pas une théorie du complot, mais un ensemble de propositions concrètes préconisées par quelques personnes très influentes, y compris le premier ministre Trudeau, qui apparemment y a fait clairement allusion, il a cité la théorie de Schwab dans un discours qu’il a prononcé devant les Nations Unies il y a quelques mois.

« Ce n’est donc pas une théorie du complot d’en parler. Ces personnes sont celles qui le préconisent (le Grand Reset), et je pense qu’il est parfaitement légitime pour un dirigeant démocratiquement élu comme moi de dire : non, pas question ! Nous n’allons pas exploiter ou profiter d’une crise (comme le coronavirus par exemple) pour faire avancer un agenda politique. Pourquoi ne pas justement se concentrer sur cette crise pour protéger les vies et le gagne-pain des gens, pour les aider à traverser cette crise, à redémarrer certaines des centaines de milliers d’entreprises qui auront fait faillite, au lieu d’exploiter la crise pour imposer aux sociétés démocratiques tout un tas d’idées politiques socialistes vouées à l’échec… »

D’ailleurs, il est trompeur pour Schwab d’appeler son projet la « Grande Réinitialisation » ou « remise à zéro », comme si tout allait redevenir comme avant, comme lorsqu’on appuie sur le bouton « reset » d’une machine pour la remettre à son état d’origine. « Great Reset » est une étiquette qui n’indique pas le contenu véritable du projet de Klaus Schwab. Au contraire, un retour à la normale, à l’état d’avant la covid-19, n’est pas du tout l’objectif de Schwab : il dit bien que rien ne sera plus comme avant, que l’économie doit d’abord s’effondrer (ce qui se passe actuellement avec les confinements prolongés). Il faudrait plutôt appeler son projet la « grande transformation », ou même la « grande révolution ».

: “Vous ne  posséderez rien, mais vous serez heureuxImage tirée d’une vidéo publicitaire faite par le site internet officiel du Forum économique mondial: “Vous ne posséderez rien, mais vous serez heureux”

Le socialisme et le communisme sont voués à l’échec ; l’expérience du siècle passé, en Union soviétique par exemple, en est la preuve flagrante. Mais c’est pourtant ce que Klaus Schwab propose, en déclarant que d’ici dix ans, « les gens ne posséderont plus rien, mais qu’ils en seront heureux ! » Selon Schwab, toute entreprise privée aura disparu, les gens recevront un montant du gouvernement (sous forme de monnaie numérique, le papier-monnaie ayant été éliminé), mais sans la liberté de posséder quelque chose ou d’administrer une entreprise. Sans aucune autre source de revenu, les gens seront devenus les esclaves de l’État.

C’est comme un cheval attaché avec la corde au cou dans une étable : il a un repas garanti chaque jour, mais aucune liberté. C’est tout le contraire du dividende du Crédit Social de Clifford Douglas et Louis Even, tel qu’enseigné par Vers Demain, qui respecte la liberté et la propriété privée, et ferait de chaque citoyen un véritable capitaliste, propriétaire d’un capital réel formé de l’héritage des richesses naturelles et des inventions des générations passées.

Loin de souhaiter la disparition de la propriété privée, l’Église catholique, dans sa doctrine sociale, souhaite plutôt sa diffusion la plus large possible pour tous, que tous soient propriétaires d’un capital, soient réellement « capitalistes », comme le rapporte cette citation du pape saint Jean XXIII tirée de son encyclique Mater et Magistra (n. 144-115) :

« La dignité de la personne humaine exige normalement, comme fondement naturel pour vivre, le droit à l’usage des biens de la terre ; à ce droit correspond l’obligation fondamentale d’accorder une propriété privée autant que possible à tous… (Il faut) mettre en branle une politique économique qui encourage et facilite une plus ample accession à la propriété privée des biens durables : une maison, une terre, un outillage artisanal, l’équipement d’une ferme familiale, quelques actions d’entreprises moyennes ou grandes. »

« La pandémie représente une fenêtre d’opportunité rare mais étroite pour repenser, réinventer et réinitialiser notre monde »

– Klaus Schwab

Klaus Schwab - Réinitialiser notre monde

Ce que Schwab propose, ce n’est pas le crédit social de Douglas et Louis Even, mais le « crédit social chinois », le système de contrôle mis en place par la Chine communiste, qui surveille 24 heures sur 24 tous les citoyens par caméras et autres systèmes électroniques.

Et ce qui est encore plus inquiétant, c’est que Schwab ne vise pas seulement à transformer l’économie et notre façon de vivre, mais aussi les êtres humains dans leur intégrité physique, en les fusionnant avec les ordinateurs, l’intelligence artificielle, en allant même jusqu’à dire qu’on pourra communiquer avec d’autres personnes par la pensée, avec l’aide de puces intégrées à notre cerveau. Cela semble de la science-fiction, mais c’est ce que Schwab a écrit textuellement dans son livre sur la quatrième révolution industrielle, publié en 2016, et il le mentionne aussi clairement dans une entrevue donnée à la télévision publique suisse. C’est ce qu’il appelle le « transhumanisme », l’être humain étant devenu à moitié humain, à moitié machine.

Que Dieu nous préserve d’une telle transformation de l’homme et de l’économie, d’un tel « Grand Reset » ! Le « reset » ou changement nécessaire, c’est le Crédit Social de Douglas (aussi appelé Démocratie Économique), et non le crédit social chinois accompagné du « grand reset » de Klaus Schwab et du Forum Économique Mondial. Comme l’écrit Louis Even dans l’article qui suit, ce qu’il faut, c’est le capitalisme pour tous, et non le communisme.

Alain Pilote

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