Logo Vers Demain
Journal de patriotes catholiques
Pour la réforme économique
du Crédit Social

Drapeau États-UnisDrapeau PologneDrapeau Mexique

facebookyoutubeGoogle+

Le Pape Jean-Paul II au Canada il y a 25 ans

le vendredi, 01 janvier 2010. Publié dans Jean-Paul II

Jean-Paul II est accueilli par un jeune autochtone et une jeune polonaise
Lors de son arrivée, Jean-Paul II est accueilli par un jeune autochtone et une jeune polonaise.

Il y a 25 ans, en 1984, Jean-Paul II devenait le premier pape à visiter le Canada. C’était aussi la plus longue visite pastorale faite par un pape dans un seul pays — 12 jours. Arrivé le 9 septembre à Québec, le Saint-Père a entrepris alors un véritable marathon en parcourant pas moins de 15 000 kilomètres de l’Atlantique au Pacifique. Sa tournée qui s’est terminée le 20 septembre l’a mené à Québec, Trois-Rivières, Montréal, St. John’s, Moncton, Halifax, Toronto, Midland, Winnipeg/Saint-Boniface, Edmonton, Vancouver et Hull/Ottawa. Voici quelques extraits de ses discours prophétiques, qui demeurent d’actualité plus que jamais, puisque la vérité est éternelle:

De l’homélie à Québec, 9 septembre:

Le Pape célébrant la Messe à Québec

Le Pape célébrant la Messe à Québec

Votre devise (de la province de Québec) est «Je me souviens». Il y a vraiment des trésors dans la mémoire de l’Église comme dans la mémoire d’un peuple!... Le Christ nous interroge comme aux environs de Césarée: «Vous, qui dites-vous que je suis?» La réponse à cette question est capitale pour l’avenir de l’Église au Canada, et aussi pour l’avenir de votre culture... N’acceptez pas le divorce entre la foi et la culture.

Votre foi doit demeurer active et forte... Telle est la foi que vous devez approfondir avec joie, de manière à la vivre et à lui rendre témoignage dans la vie de chaque jour et dans les nouveaux royaumes de la culture. Telle est, en effet, la grâce que nous devons demander pour l’avenir du Québec, pour l’avenir de tout le Canada.

De l’homélie au sanctuaire marial du Cap-de-la-Madeleine, 10 septembre:

Prions pour que notre génération ait une foi consciente et marquée de maturité, une foi à toute épreuve ! Qu’une telle foi soit une participation à la foi de Marie, qui se tint debout au pied de la croix de son Fils sur le Calvaire.

La grande épreuve de Marie ne fut-elle pas de voir son Fils rejeté et condamné à mort par les chefs de son peuple? Elle a suivi jusqu’au bout. Elle a tout partagé. Elle s’est unie à Jésus qui donnait sa vie pour le salut du monde… Et nous, quand Dieu semble lointain, quand nous ne comprenons pas ses chemins, quand la croix blesse nos épaules et notre cœur, quand nous souffrons à cause de notre foi, apprenons de notre Mère la fermeté de la foi dans l’épreuve, et comment puiser force et courage dans notre attachement inconditionnel à Jésus-Christ. (...)

Messe sanctuaire de Notre-Dame du Cap

Dans l'ancienne chapelle du sanctuaire de Notre-Dame du Cap

L’Église médite ce mystère pascal (de la croix et la résurrection) dans la prière, et ici la prière du rosaire, du chapelet, prend toute son importance. C’est avec Marie, au rythme de la salutation angélique, que nous entrons dans tout le mystère de son Fils, fait chair, mort et ressuscité pour nous. Dans un sanctuaire comme celui de Notre-Dame-du-Cap mais aussi dans la vie de chaque chrétien, de chaque famille, cette prière mariale doit être comme la respiration quotidienne.

De la rencontre avec le clergé à l'Oratoire Saint-Joseph, Montréal, 11 septembre:

Rencontre avec le clergé à l'Oratoire Saint-JosephMais, lorsqu’il s’agit de l’essentiel, le chrétien, et moins encore le prêtre, ne peut accepter de se taire de se résigner à l’effacement, sous prétexte que la place est livrée au pluralisme des courants d’idées, dont plusieurs sont imprégnés de scientisme, de matérialisme, voire d’athéisme. (...) Autrement dit, il faut travailler plus que jamais à ce que le christianisme ait droit de cité dans votre pays qu’il y soit accueilli librement dans les mentalités, que son témoignage y soit offert à tous les échelons de façon persuasive, pour que la culture qui s’élabore se sente pour le moins interpellée par les valeurs chrétiennes et en tienne compte. Le Christ s’est incarné, a offert sa vie et est ressuscité pour que sa lumière brille aux yeux des hommes, pour que son levain soulève toute la pâte : il faut que, mêlé à la pâte, il la renouvelle sans cesse, à condition de garder sa qualité de levain.

De l’homélie à Montréal, 11 septembre:

Jean-Paul IIChers frères et sœurs du Québec, du Canada, qu’en est-il de votre rencontre avec le Dieu vivant? Parfois le monde d’aujourd’hui semble le voiler, vous le faire oublier. Cet apparent désert spirituel contraste avec le temps encore proche où la présence de Dieu était manifeste dans la vie sociale et en de multiples institutions religieuses. Et vous entendez dire: «Où est-il, ton Dieu?»

Et c’est en vain qu’on cherche à remplacer Dieu. Rien ne saurait combler le vide de son absence. Ni l’abondance matérielle, qui ne rassasie pas le cœur, ni la vie facile et permissive, qui ne satisfait pas notre soif de bonheur ; ni la seule recherche de la réussite ou du pouvoir pour eux-mêmes; ni même la puissance technique qui permet de changer le monde mais n’apporte pas de véritable réponse au mystère même de notre destinée. Tout cela peut séduire un temps, mais laisse un goût d’illusion et le cœur vide, si l’on s’est éloigné du Buisson ardent.

Aujourd’hui, dans cette grande ville de Montréal, nous voulons rendre gloire à Celui qui est. Nous voulons lui rendre gloire avec toute la création, nous qui n’existons que parce que lui, il est. Nous existons et nous passons, alors que lui seul ne passe pas. Lui seul est l’existence même.

C’est pourquoi nous disons avec le psaume de la liturgie de ce jour: «Il est grand, le Seigneur — Celui qui est — hautement loué… rendez au Seigneur la gloire de son nom… adorez le Seigneur…» (Ps 95, [96], 4-9), comme Moïse l’a adoré quand «il se voila le visage, car il craignait de porter son regard sur Dieu» (Ex 3, 6).

Jean-Paul II rencontre de jeunes canadiensProsternez-vous, vous les hommes d’aujourd’hui! Vous connaissez les mystères de la création incomparablement mieux que Moïse! Ne vous parlent-ils pas plus encore de Dieu? Prosternez-vous! Relisez jusqu’au bout le témoignage des créatures!

Dieu est au-dessus de toute créature. Il est transcendance absolue. Là où s’achève le témoignage de la création, là commence la Parole de Dieu, le Verbe: «Au commencement il était auprès de Dieu. Par lui, tout s’est fait, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui.» (Jn 1, 1-3).

De la rencontre avec les jeunes au Stade Olympique, Montréal, 11 septembre:

Gardez-vous, aux heures obscures, de vous évader. Ayez le cran de résister aux marchands d’illusions qui exploitent votre soif de bonheur et vous font payer cher un moment de « paradis artificiel » obtenu avec un peu de fumée, une dose d’alcool ou de drogue. Ce chemin raccourci prétend conduire au bonheur, en réalité il ne mène nulle part. Il vous détourne de cette maîtrise intelligente de soi qui construit l’homme. Ayez le courage de ne pas prendre ce chemin facile, ou d’en remonter la pente. Et sachez tendre la main à ceux de vos frères que guette le désespoir quand la ténèbres du monde est pour eux trop cruelle.

rencontre avec les jeunes au Stade OlympiqueVous êtes souvent, à juste titre, critiques d’une société si avide de biens de consommation qu’elle détruit la nature et dilapide ses ressources. Mais vous demandez-vous quel sens vous donnez au gain, à la possession des richesses désirées. Êtes-vous libres par rapport à l’argent? À quel partage êtes-vous prêts? Souvenez-vous de Jésus, le jour où il entre dans la maison de Zachée: sa présence a transformé tout un style de vie — non seulement Zachée retrouve la justice en promettant de restituer l’argent injustement acquis, mais il découvre la générosité en distribuant ses richesses.

Élargissez aussi votre regard au-delà de votre milieu habituel et de votre pays. Vos frères dans de vastes parties du monde sont privés même du nécessaire, blessés dans leur dignité et opprimés dans leur liberté et leur foi. Le Christ aime tous les siens et il se reconnaît avec prédilection dans les plus pauvres. Qu’il vous fasse partager son amour pour tous vos frères et vos sœurs en humanité! Qu’il vous aide à vivre une solidarité réelle qui franchit les frontières et surmonte les préjugés!

De la bénédiction de la flotille de pêche, St. John’s, Terre-Neuve, 12 septembre:

Jean-Paul II avec des Pèlerins de saint Michel au sanctuaire des Martyrs canadiens

Avec des Pèlerins de saint Michel au sanctuaire des Martyrs canadiens à Midland, le 15 septembre

On a dit du Canada qu’il était le grenier du monde et, avant la dernière récession, il était en outre l’un des principaux exportateurs de poisson du monde entier. Quel cruel paradoxe que de vous voir si nombreux ici même en détresse financière, vous qui pourriez travailler pour nourrir vos semblables, alors qu’au même moment la faim, la malnutrition chronique et le spectre de la famine touchent des millions de gens ailleurs dans le monde.

Je fais appel à tous les chargés de pouvoir afin qu’ensemble ils s’efforcent de trouver les solutions aux problèmes de l’heure, ce qui suppose une restructuration de l’économie de manière à ce que les besoins humains l’emportent toujours sur le gain financier.

De l’homélie à Toronto, 15 septembre:

La technologie a tant contribué au bien être de l’humanité; elle a tant fait pour améliorer la condition humaine, servir l’humanité et faciliter son labeur. Pourtant, à certains moments, la technologie ne sait plus vraiment où se situe son allégeance: est-elle pour l’humanité ou contre elle. Cette même technologie qui pourrait aider les pauvres contribue parfois elle-même à la pauvreté, réduit les possibilités de travailler et étouffe le potentiel de la créativité humaine. Dans tous ces cas, et dans d’autres, la technologie cesse d’être l’alliée de la personne humaine.

Jean-Paul II avec les autochtones à Midland

Avec les autochtones à Midland le 15 septembre

Pour cette raison, mon appel s’adresse à tous les intéressés: à vous, les dirigeants syndicaux; à vous, les dirigeants patronaux; à vous, les scientifiques, à vous, les responsables politiques; à quiconque peut apporter une contribution pour que la technologie qui a tant fait pour édifier Toronto et tout le Canada serve véritablement chaque homme, chaque femme et chaque enfant de ce pays.

De l’homélie à Edmonton, 17 septembre:

Nous avons écouté aujourd’hui l’Évangile sur le jugement dernier avec la même émotion que toujours. Ce passage touche à certaines des questions les plus fondamentales de notre foi et de notre morale sociale. Ces deux domaines sont intimement liés l’un à l’autre. Aucun autre passage de l’Évangile ne traite de leur relation de manière aussi convaincante. (…)

«J’ai eu faim... J’ai eu soif...» (Mt 24, 35-36). Et ceux qui sont convoqués pour le jugement — à sa gauche, et à sa droite — demanderont: Quand et où? Quand et où t’avons-nous vu ainsi? Quand et où avons-nous fait ce que tu dis? Ou bien: Quand et où ne l’avons-nous pas fait?

À Edmonton, le baldaquin de l'autel était en forme de colombe

À Edmonton, le baldaquin de l'autel était en forme de colombe.

La réponse: «Amen, je vous le dis, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait» (Mt 25, 40). Et, au contraire: «Chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait» (Mt 25, 45). «A l’un des petits de mes frères.» Donc: l’homme, un être humain dans le besoin.

Pourtant, le Concile Vatican II, continuant la tradition, nous avertit de ne pas nous en tenir à une interprétation «individualiste» de la morale chrétienne, celle-ci possédant également une dimension sociale. La personne humaine vit en communauté, en société. Elle partage avec cette communauté la faim, la soif, la maladie, la malnutrition, la misère et tous les maux qui en dérivent. L’être humain ressent dans sa propre personne les besoins des autres. C’est ainsi que le Christ-juge parle du plus «petit des frères», et il parle de chacun et de tous.

Oui. Il parle ici de la dimension universelle de l’injustice et du mal. Il parle de ce que nous avons coutume d’appeler le contraste Nord-Sud. Pas seulement Est-Ouest, mais aussi Nord-Sud: l’hémisphère Nord, de plus en plus riche, et l’hémisphère Sud de plus en plus pauvre.

Oui, le Sud devient de plus en plus pauvre et le Nord, de plus en plus riche. Riche également en ressources militaires avec lesquelles les superpuissances et les blocs peuvent se menacer mutuellement. Et ils se menacent — c’est l’argument que l’on entend — afin de ne pas se détruire l’un l‘autre.

Néanmoins, selon les paroles du Christ, c’est ce Sud pauvre qui va juger le Nord riche. Les peuples pauvres, les nations pauvres — et il faut entendre par là différentes sortes de pauvreté, non seulement le manque de nourriture, mais également la privation de liberté et des autres droits humains — jugeront ceux qui leur enlèvent ces biens, se réservant le monopole impérialiste de la suprématie économique et politique, au dépens des autres. (…)

Puissent la justice et la paix s’embrasser de nouveau (cf. Ps 84 [85], 10) à la fin de ce deuxième millénaire, qui nous prépare à l’avènement glorieux du Christ. Amen.

De l’homélie à Ottawa, 20 septembre:

En face de l'autel pour la messe papale, le drapeau blanc des Pèlerins de saint Michel

En face de l'autel pour la messe papale, le drapeau blanc des Pèlerins de saint Michel.

Pour bâtir la paix, il nous faut établir la justice. Quelle conscience morale pourrait se résigner sans réagir quand subsistent «les terribles disparités entre les hommes et les groupes excessivement riches, et, d’autre part, la majorité numérique des pauvres et même des miséreux»?

Alors, que proclame en définitive l’Évangile des huit béatitudes? Il dit que les pauvres de cœur, les doux, les miséricordieux, ceux qui ont faim et soif de la justice, les artisans de paix… tous sont invincibles! Que la victoire définitive leur appartient! À eux appartient le Règne de la vérité, de la justice, de l’amour et de la paix!