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«Le diable existe, même au 21e siècle»

le vendredi, 01 août 2014. Dans Église catholique romaine

Réflexions des Papes François, Paul VI et Jean-Paul II

Certains pensent que le diable (et par extension l’enfer) n’existent pas, que c’est une invention de l’esprit humain, pour expliquer la cause du mal dans le monde, ou une invention de l’Église, pour faire peur aux gens. Ne vous y trompez pas, le diable existe vraiment, c’est un être personnel, un ange déchu, qui s’est rebellé contre Dieu et veut la perte des âmes. Lucifer était le plus intelligent et le plus beau des anges au Ciel, mais dans son orgueil, il s’est prétendu supérieur à Dieu, et a été chassé en enfer par l’archange saint Michel, et est devenu satan (l’adversaire), travaillant depuis sa chûte à faire échouer le plan de Dieu pour Sa création.

Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combatSaint Michel Archange, défendez-nous dans le combat

Satan a définitivement été vaincu par Jésus par Sa mort sur la Croix et Sa résurrection, mais nous devons néanmoins continuer de lutter pour ne pas tomber dans les pièges du diable. Tel est l’enseignement de l’Église, comme l’a rappelé tout récemment le Pape François, dans son homélie du vendredi 11 avril 2014, en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe du Vatican.

«La vie de Jésus a été une lutte. Il est venu vaincre le mal, vaincre le prince de ce monde, vaincre le monde». Le Pape François a débuté ainsi son homélie, consacrée à la lutte contre le démon. Une lutte, a-t-il dit, que doit affronter chaque chrétien: «Nous sommes tous tentés, a expliqué le pape, parce que la loi de la vie spirituelle, notre vie chrétienne, est une lutte: une lutte. Parce que le prince de ce monde – le diable – ne veut pas de notre sainteté, ne veut pas que nous suivions le Christ. Quelqu’un parmi vous, peut-être, je ne sais pas, pourrait dire: “Mais, Père, vous êtes vraiment vieux jeu: parler du diable au XXIe siècle!” Mais, vous savez, le diable existe! Le diable existe. Même au XXIe siècle! Et nous ne devons pas être naïfs! Nous devons apprendre de l’Évangile comment faire pour lutter contre lui».

L’ennemi numéro un»

Lors de l’audience générale du 15 novembre 1972, le Pape Paul VI déclarait:

«Quels sont aujourd’hui les besoins les plus importants de l’Église? Ne soyez pas étonnés par notre réponse que vous pourriez trouver simpliste voir même superficielle ou irréelle: l’un de ses plus grands besoins est de se défendre contre ce mal que nous appelons le démon. (...) Le mal n’est pas seulement une déficience, il est le fait d’un être vivant, spirituel, perverti et pervertisseur. Terrible, mystérieuse et redoutable réalité!

«Ils s’écartent de l’enseignement de la Bible et de l’Église ceux qui refusent de reconnaître son existence... ou encore, qui l’expliquent comme une pseudo-réalité, une invention de l’esprit pour personnifier les causes inconnues de nos maux. (...)

«Qui ne se rappelle, dans l’Évangile, le chapitre, si lourd de sens, de la triple tentation du Christ au début de sa vie publique, ou bien les si nombreux récits où le Seigneur rencontre le démon, lequel figure dans ses enseignements (par exemple Mt 12, 43)? Et comment oublier que par trois fois le Christ appelle “prince de ce monde” le démon, son adversaire (Jn 12, 31; 14, 30; 16, 11)?

«Saint Paul l’appelle “le dieu de ce monde” (2 Co 4, 4), et il nous avertit que nous, chrétiens, nous avons à lutter contre les ténèbres en ayant devant nous non pas un seul démon, mais une redoutable pluralité de démons... L’un d’eux, cependant, est le principal, c’est Satan, qui veut devenir l’adversaire, l’ennemi; et avec lui il y en a beaucoup d’autres qui sont tous des créatures de Dieu, mais des créatures déchues parce que rebelles et damnées. (...)

«Il fut le tentateur insidieux et fatal du premier péché, le péché originel. Depuis la chute d’Adam, le démon a acquis un certain empire sur l’homme, dont seule la rédemption du Christ peut nous délivrer. Et cette histoire se poursuit toujours. Rappelons-nous les exorcismes du baptême et les fréquentes références de la Sainte Écriture et de la liturgie à l’agressive et opprimante “puissance des ténèbres” (cf. Lc 22, 53, Col 1, 13). Il est l’ennemi numéro un, le tentateur par excellence. Nous savons ainsi que cet être obscur et troublant existe vraiment et qu’il est toujours à l’œuvre avec une ruse traîtresse. Il est l’ennemi occulte qui sème l’erreur et le malheur dans l’histoire humaine.

«Quelle défense, quel remède opposer à l’action du démon?... Nous pourrions dire: tout ce qui nous défend du péché nous protège par le fait même de l’ennemi invisible. La grâce est la défense décisive... Le chrétien doit être militant, vigilant et fort. Il doit parfois pratiquer une ascèse spéciale pour éloigner certaines attaques du diable. Jésus nous l’enseigne et il indique comme remède la prière et le jeûne (Mc 9, 29). Et saint Paul suggère la ligne maîtresse que nous devons suivre: “Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien.” (Rm 12, 21).»

La fumée de Satan

Plus tôt dans la même année, dans son homélie pour la fête des saints apôtres Pierre et Paul, le 29 juin 1972, Paul VI déclarait:

«Devant la situation de l’Église d’aujourd’hui, nous avons le sentiment que par quelque fissure la fumée de Satan est entrée dans le peuple de Dieu. Nous voyons le doute, l’incertitude, la problématique, l’inquiétude, l’insatisfaction, l’affrontement. On n’a plus confiance dans l’Église. On met sa confiance dans le premier prophète profane venu qui vient à nous parler de la tribune d’un journal ou d’un mouvement social, et on court après lui pour lui demander s’il possède la formule de la vraie vie, sans penser que nous en sommes déjà en possession, que nous en sommes les maîtres...

On croyait qu’après le Concile le soleil aurait brillé sur l’histoire de l’Église. Mais au lieu de soleil, nous avons eu les nuages, la tempête, les ténèbres, la recherche, l’incertitude... Comment cela a-t-il pu se produire? Une puissance adverse est intervenue dont le nom est le diable, cet être mystérieux auquel saint Pierre fait allusion dans sa lettre. Combien de fois, dans l’Évangile, le Christ ne nous parle-t-il pas de cet ennemi des hommes ! Nous croyons à l’action de Satan qui s’exerce aujourd’hui dans le monde précisément pour troubler, pour étouffer les fruits du Concile œcuménique, et pour empêcher l’Église de chanter sa joie d’avoir repris pleinement conscience d’elle-même.»

L’habileté de Satan est de porter les hommes à nier son existence»

Saint Jean-Paul IISaint Jean-Paul II

Saint Jean-Paul II consacrait l’audience générale du 13 août 1986 au thème des mauvais anges:

«Les précédentes catéchèses sur les anges nous ont préparés à comprendre la vérité révélée par l’Écriture Sainte et que la Tradition de l’Église a transmise sur Satan, c’est-à-dire sur l’ange déchu, l’esprit malin, appelé aussi diable ou démon.

«Cette chute, qui présente le caractère du refus de Dieu avec l’état conséquent de damnation, consiste dans le choix libre de ces esprits créés, qui ont radicalement et irrévocablement refusé Dieu et son règne, usurpant ses droits souverains et tentant de bouleverser le plan du salut et l’organisation même de la création toute entière. Nous trouvons un reflet de cette attitude dans les paroles du tentateur à nos premiers parents: “Vous deviendrez comme Dieu” ou “comme des dieux”. Ainsi l’esprit malin tente de transférer en l’homme l’attitude de rivalité, d’insubordination et d’opposition à Dieu, qui est presque devenue le but de toute son existence. (...)

«L’Église, au IVè concile du Latran (1215), enseigne que le diable (ou Satan) et les autres démons “ont été créés bons par Dieu mais qu’ils sont devenus mauvais par leur propre volonté”. (...) Repoussant la vérité connue sur Dieu par un acte de sa propre volonté libre, Satan devient “menteur” cosmique et “père du mensonge” (Jn 8, 44). Pour cela, il vit dans la négation radicale et irréversible de Dieu et cherche à imposer à la création, aux autres êtres créés à l’image de Dieu, et en particulier aux hommes, son tragique “mensonge sur le Bien” qui est Dieu. (...)

«L’action de Satan consiste d’abord à tenter les hommes au mal, agissant sur leur imagination et sur leurs facultés supérieures pour les détourner de la loi de Dieu. Satan a mis à l’épreuve Jésus lui-même, dans la tentative extrême de s’opposer aux exigences du plan du salut tel que Dieu l’a préétabli. (...)

«Nous devons enfin ajouter que les paroles impressionnantes de l’apôtre Jean: “Le monde entier gît au pouvoir du mauvais” (1 Jn 5, 19), font aussi allusion à la présence de Satan dans l’histoire de l’humanité, une présence qui s’accentue à mesure que l’homme et la société s’éloignent de Dieu. L’influence de l’esprit malin peut se cacher d’une manière plus profonde et efficace: se faire ignorer correspond à son intérêt. L’habileté de Satan dans le monde est celle de porter les hommes à nier son existence au nom du rationalisme et de tout autre système de pensée qui cherche toutes les échappatoires dans le but de nier son action. (...)

«Par cela nous comprenons comment Jésus, dans la prière qu’il nous a enseignée, le “Notre Père”, qui est la prière du Royaume de Dieu, termine presque brusquement, à la différence de tant d’autres prières de son temps, en faisant référence à notre condition d’êtres exposés aux embûches du Mal-Malin. Le chrétien, en appelant au Père avec l’esprit de Jésus et en invoquant son règne, s’écrie avec la force de la foi: “Fais que nous ne succombions pas à la tentation, délivre-nous du Mal, du Malin. Fais Ô Seigneur, que nous ne tombions pas dans l’infidélité à laquelle nous séduit celui qui a été infidèle dès le commencement”».

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