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La prêtrise, «notre merveilleux célibat d’amour librement choisi »

Écrit par Père Daniel Ange le lundi, 31 juillet 2006. Publié dans Église catholique romaine

«Nous osons proposer aux jeunes de faire l’expérience passionnante de cette royale, joyeuse, libérante chasteté »

Partie de la réponse du Père Daniel Ange au propos scandaleux contre la prêtrise, contre l'Eglise, contre la morale, publiés dans un livre par l'abbé Pierre.

Mon Abbé Pierre,

Pourquoi?

... Comment ne pas vous partager ma douloureuse déception – celle d’un grand nombre – devant certaines déclarations, hélas, longuement réfléchies et énoncées de manière responsable. D’autant lourds de conséquences que, vu votre aura dans le public français, ...

Je passe sur le pape-empereur (avec notre très humble Benoît!) et la «tutelle romaine» (avec une curie humblement au service de nos Églises locales), comment ne pas être blessé dans les profondeurs de notre foi par la suspicion jetée sur l’Immaculée Conception, l’Assomption et surtout, sur la virginité de notre Bien Aimé frère et Seigneur Jésus (et donc, logiquement, sur celle de sa Mère). Je vous envoie mon livre Touche pas à ma Mère! – car – ce que je n’aurais jamais osé imaginé – il vous concerne aussi.

Notre-Seigneur n’est-il pas déjà suffisamment bafoué, méprisé, renié, pour que vous en rajoutiez, tombant dans le panneau des films de bas-étages, si ce n’est des guignols de l’info. Pourquoi donc humilier publiquement, le Pauvre par excellence, pauvre jusque dans son célibat, librement choisi, par débordement d’amour pour nous?

... François d’Assise, Mère Térésa, seraient-ils plus homme ou femme, s’ils n’avaient pas vécu dans la chasteté? Comment supporter votre caution de l’homosexualité affichée de votre ancien secrétaire ainsi que d’une «alliance» (le mot même choisi par Dieu pour désigner sa relation à l’humanité) de couples homosexuels.

Pitié pour nos enfants et ados, continuellement matraqués, psychologiquement violés, par la promotion agressive et tous azimuts de l’homosexualité de la part d’une société qui devrait les protéger en priorité? Nos enfants et ados ne sont-ils pas de petits pauvres sans défense et sans protection? Et que dire de votre quasi-approbation de l’adoption d’enfants par des gays ou lesbiennes?

Comment faire dépendre une réalité aussi vitale, de l’avis forcément partagé des «psy», et desquels? Quand il s’agit d’une aberration aussi contre-création, n’est-ce pas au Créateur en personne, à avoir des «droits d’auteur»? Nous étions en droit d’attendre d’un prêtre, la voix du Père sur ses enfants. Ayez pitié de ces plus pauvres d’entre les pauvres que seront ces malheureux enfants, obligés de dire «maman» à un monsieur «barbu»! Avec toutes les conséquences que tout psy honnête stigmatise déjà!

Les femmes prêtres! Pourquoi cette confusion entre sacerdoce et pouvoir, ce nivellement des grâces spécifiques de l’homme et la femme, et donc, ce reniement de leur admirable complémentarité? Marie – Vierge toujours! Chiara Lubich ou sœur Elvira, Mère Térésa, les 4 Thérèse (Avila, Lisieux, Dijon, Cologne) auraient-elles pu être ce qu’elles sont et jouer le rôle qu’elles ont joué si elles avaient été prêtres? ...

A Toronto, après avoir déploré ces drames (de prêtres infidèles), Jean-Paul II a rajouté (avec une telle force que l’on a cru à un éclat de micro!) «But ! Mais n’oubliez pas que l’immense majorité de vos prêtres sont fidèles, généreusement à votre service». ...Frère très cher dans le même sacerdoce de notre unique Jésus, j’ose vous le demander: pourquoi ... Vous le prêtre des pauvres, pitié pour les pauvres que sont les prêtres.

Les jeunes auprès de qui des prêtres se dévouent sans compter avec une générosité sans bornes, eux aussi, ne sont-ils pas des pauvres? Pauvres de repères, et souvent de pères? Pauvres de certitudes …. Pauvres de soutien de la part de ceux dont ils l’attendent…

(Parlant des jeunes) Car justement notre merveilleux célibat d’amour librement choisi nous met de leur bord, nous fait partager leur propre lutte pour rester vrais et purs. Nous luttons avec eux, comme eux, et pour eux. Nous osons leur proposer de faire l’expérience passionnante de cette royale, joyeuse, libérante chasteté jusqu’au mariage parce qu’il nous est donné la joie de la vivre jusqu’au jour de notre Mariage avec Dieu, aux Noces éternelles. «Si eux le vivent toute une vie, pourquoi pas nous quelques années», disent-ils.

Enfin, avez-vous pensé aux répercussions sur des personnes portant un handicap, et qui jamais ne pourront se marier et pour qui l’exemple des prêtres et consacrés est aussi force, réconfort, consolation.

Le pays de l’amour étant envahi, occupé par l’ennemi de tout amour, l’amour étant sali, prostitué, dénaturé, Jésus nous a appelés à entrer en résistance, pour sauver, libérer, protéger l’amour et donc la vie. Prêts à donner notre vie pour cela.

Jésus nous a fait le plus beau des cadeaux imaginables, partager avec nous, sa propre virginité amoureuse, sa propre manière de nous aimer! Quelle confiance il nous fait! Mais «ce joyau le plus précieux dans le trésor de l’Église» (Cardinal Sfeir, patriarche maronite du Liban), on le dévalue. Ce bonheur, on nous l’arrache. Ce droit à l’amour total, on veut nous en frustrer! Cette intimité avec notre unique Époux, — à la Charles de Foucauld! — on veut l’infidéliser. Ceux que le Père a unis (Jésus et son prêtre) on veut le séparer. N ‘y a t-il donc pas déjà suffisamment d’infidélités, de séparations douloureuses dans le monde?

Eh bien! je dis: «non et non!» Nous refusons d’être séparés. Nous voulons demeurer fidèles! Quoi qu’il en coûte! Quel qu’en soit le prix!

J’ose le dire, au nom de tant de mes frères prêtres méprisés, bafoués, humiliés, parce que suspectés dans ce qui est précisément le cœur de leur cœur, la vie de leur vie: leur consécration jusque dans leur corps, à la consécration du Corps. Leur amour de préférence, exclusif et sans partage – à leur bien-aimé frère et Seigneur Jésus.

Au nom de cette immense majorité – ô combien silencieuse – de mes frères prêtres, humblement, paisiblement, héroïquement, fidèles à cette dimension nuptiale de leur engagement sacerdotal.

La plupart d’entre eux pourraient avouer humblement: «par pure grâce, j’ai pu rester fidèle à cet amour préférentiel pour mon Seigneur, aimé comme l’Epoux de mon âme. ... Et non seulement je n’en ai aucun regret, mais j’en suis heureux, et pas moins épanoui dans le bonheur d’un amour donné.» «Ils se sentent comme miséricordiés d’avance par un Père qui a ôté la pierre d’achoppement sur leur route» (pour reprendre l’image de Thérèse la petite).

Oui, en leur nom à tous, j’ose le clamer ici, haut et fort. Si le sacerdoce n’est pas une fonction mais une vocation, alors, le célibat amoureux à cause de Jésus et de son Évangile, à cause des pauvres et des petits qui nous sont confiés, à cause d’un amour à sauver, d’une vie à défendre, d’un monde à transfigurer, eh bien… ce n’est pas une limitation, mais un horizon sans limites. Pas une mutilation, mais une éclosion. Pas une nécessité imposée, mais une liberté consentie. Pas une immersion dans la solitude, mais une communion avec une multitude. Pas une oppression, mais une promotion. (au rang des évêques qui, ni en Orient, ni en Occident, ne peuvent être mariés). Pas un piège, mais un privilège. Pas une aliénante anomalie, mais une vivante liturgie. Pas une obligation, mais une prédilection. Pas une cruelle renonciation, mais une réelle consécration. Pas une relation associale, mais une union nuptiale. Pas une exigence dure, mais une douce préférence.

C’est un honneur et un bonheur. Une splendeur et une douceur. C’est un charisme prophétique et une joie eschatologique, anticipant celle des Noces éternelles. Magnificat!

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