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Des commandements de l'Église (suite).

le mardi, 01 janvier 1952. Publié dans Explication du catéchisme de Québec

Explication du catéchisme de Québec — Chapitre trente-neuvième

QUATRIÈME COMMANDEMENT DE L’ÉGLISE

*467. Q.— Qu’est-ce que l’Église nous ordonne par le quatrième commandement: «Ton Créateur tu recevras, au moins à Pâques humblement» ?

R. Par ce commandement, l’Église ordonne à tous les fidèles qui ont atteint l’âge de discrétion, de communier au moins une fois par année, dans le temps de Pâques.

— En d’autres termes ce commandement peut se lire: “Tu recevras humblement ton Créateur au moins à Pâques”.

Il n’en est pas pour la communion comme pour la confession; pour la confession, l’Église n’a pas fixé d’époque déterminée; pour la communion, l’Église a fixé le temps pascal.

L’Église ne dit pas par son commandement de ne communier seulement qu’à Pâques, mais au moins à Pâques, pour nous faire comprendre qu’elle désire nous voir communier plus souvent et même beaucoup plus souvent.

Comme l’Église a fixé un temps spécial pour cette communion ordonnée, si l’on avait communié à d’autres époques, ces communions ne satisferaient pas au précepte et l’on resterait obligé de recevoir la Sainte Eucharistie dans le temps marqué.

Il faut remarquer que la communion commandée par l’Église pour le temps pascal est une bonne communion, celui par conséquent, qui aurait eu le malheur de faire une communion sacrilège dans le temps de Pâques, n’aurait pas obéi au quatrième commandement de l’Église. C’est cette condition qui est indiquée par le mot “humblement”.

468.— Q. Que faut-il entendre par âge de discrétion par rapport à la communion ?

R. L’âge de discrétion par rapport à la sainte communion, est celui où un enfant est assez intelligent et assez instruit pour recevoir ce sacrement avec les dispositions nécessaires.

— “L’âge de discrétion, tant pour la confession que pour la sainte communion, est celui où l’enfant commence à raisonner ou à avoir l’usage de la raison, c’est-à-dire, vers la septième année, soit plus tard, soit même plus tôt. C’est à partir de ce moment que commence l’obligation de satisfaire au double précepte de la confession et de la communion ” (décret:“ Quam singulari”). Ce serait donc aller contre la lettre et l’esprit du décret que de fixer un âge uniforme pour la première communion.

Ce sont ceux qui sont chargés des enfants: parents, etc., qui répondent pour eux de l’observation de ce précepte.

469.— Q. Quel péché commet celui qui néglige de communier dans le temps pascal ?

R. Celui qui néglige de communier dans le temps pascal commet un péché mortel; car il désobéit à l’Église en matière grave, méprise le plus grand bienfait de Dieu, et scandalise le prochain.

— Celui qui ne fait pas la sainte communion dans le temps pascal, désobéit à l’Église en matière grave, parce qu’il viole une des lois les plus importantes et les plus précieuses de la religion chrétienne.

Il méprise le plus grand bienfait de Dieu, car l’Eucharistie est le plus grand don que Dieu nous ait accordé, et ne pas vouloir user d’un bien si précieux, c’est témoigner qu’on ne l’estime pas comme il le mérite.

Enfin, il scandalise le prochain, parce qu’il donne un exemple d’irréligion qui peut porter le prochain à manquer lui aussi à ce devoir.

470.— Q. Qu’est-ce que le temps pascal ?

R. Le temps pascal, d’après la loi générale de l’Église, est le temps qui commence huit jours avant Pâques et finit huit jours après; cependant les évêques sont autorisés à le faire commencer plus tôt et finir plus tard. Dans la province de Québec, le Pape permet de le commencer le Mercredi des Cendres.

*471.— Q. Où faut-il faire cette communion pascale ?

R. Cette communion pascale doit se faire régulièrement dans son église paroissiale, et ceux qui la font dans une autre église doivent en informer leur propre curé.

— On dit régulièrement, c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’obligation stricte mais qu’il vaut mieux “faire ses pâques” à son église paroissiale.

CINQUIÈME COMMANDEMENT DE L’ÉGLISE

*472.— Q. Quelle obligation nous impose le cinquième commandement de l’Église: «Quatre-Temps, vigiles jeûneras, et le carême entièrement» ?

R. Ce commandement nous impose l’obligation de jeûner les mercredi, vendredi et samedi de chaque semaine des Quatre-Temps; tous les jours du carême, excepté les dimanches; la veille de Noël, de la Pentecôte, de la Toussaint et de la solennité de l’Assomption.

— En d’autre termes: Tu jeûneras les jours de Quatre-Temps, de vigiles et durant tout le carême. On appelle semaine des Quatre-Temps une semaine déterminée par l’Église, de trois mois en trois mois, au moment du changement des quatre saisons de l’année.

L’Église ordonne de jeûner les mercredi, vendredi et samedi de chacune de ces quatre semaines: 1. pour consacrer à Dieu par la pénitence les quatre saisons de l’année; 2. pour attirer les bénédictions de Dieu sur les biens de la terre; 3. pour obtenir les grâces dont ont besoin les prêtres et les autres ministres de l’Église qui reçoivent le sacrement de l’Ordre à ces époques.

On appelle Carême les quarante jours qui précèdent la fête de Pâques. L’Église ordonne de jeûner pendant ces quarante jours pour honorer le jeûne de Notre-Seigneur au désert et nous préparer par la pénitence à la grande fête de Pâques.

L’Église ordonne le jeûne la veille (ou vigile) de certaines fêtes, pour nous disposer par la pénitence à les bien célébrer.

*473.— Q. Qu’entendez-vous par jours de jeûne ?

R. J’entends par jours de jeûne, les jours où l’on ne doit prendre qu’un seul repas principal, auquel il est permis d’ajouter une légère collation.

— La collation est un petit repas dans lequel on doit manger moins qu’un repas ordinaire et ne manger que certains aliments.

*474.— Q. Qu’entendez-vous par jours d’abstinence ?

R. Par jours d’abstinence, j’entends des jours où l’Église défend de manger de la viande, mais ne défend pas de faire plusieurs repas.

— Jour d’abstinence signifie jour où l’on s’abstient; s’abstenir, c’est ne pas faire une chose; les jours d’abstinence on s’abstient de manger de la viande ou d’autres aliments gras.

475.— Q. Pourquoi l’Église nous ordonne-t-elle de jeûner et de nous abstenir de viande certains jours ?

R. L’Église nous ordonne de jeûner et de nous abstenir de viande à certains jours, pour amortir nos passions et satisfaire pour nos péchés.

Amortir nos passions, c’est diminuer en nous les inclinations au mal.

*476.— Q. A quel âge commence l’obligation de jeûner ?

R. L’obligation de jeûner commence le jour où l’on a vingt et un ans accomplis.

— Avoir vingt et un ans accomplis, c’est avoir vingt et un ans faits.

Avant cet âge de vingt et un ans, on est obligé de faire pénitence, aussi l’Église nous ordonne l’abstinence dès que nous avons sept ans, mais comme une bonne et tendre mère qui s’intéresse même à notre santé corporelle, elle ne nous oblige au jeûne que lorsque notre corps est assez fort pour pouvoir être privé de nourriture sans grave danger.

477.— Q. Quelles sont les raisons qui peuvent exempter du jeûne ?

R. Les principales raisons qui peuvent exempter du jeûne, sont la dispense, la maladie, un travail pénible; dans le doute on doit demander l’avis d’un confesseur.

Exempter de jeûne, signifie donner la permission de ne pas jeûner.

Une dispense est une permission accordée par celui qui est le maître de la loi. Le Pape peut accorder à qui il veut la permission de ne pas jeûner, ou de ne pas faire maigre les jours où le jeûne ou l’abstinence sont ordonnés: la loi cesse alors d’exister pour ceux qui ont reçu la dispense.

Il n’en n’est pas de même quand on s’adresse à son confesseur qui n’a pas le pouvoir de dispenser des lois de l’Église; tout ce qu’il peut faire c’est de juger que les raisons que l’on dit avoir de ne pas jeûner ou de ne pas faire maigre sont suffisantes pour que la loi ne nous oblige plus, mais si l’on a trompé son confesseur en exagérant les raisons que l’on fait valoir ou si on en a apporté volontairement de fausses, la décision du confesseur n’a plus aucune valeur et ne nous exempte pas de péché, si nous n’observons pas le commandement.

La faiblesse, un travail très fatiguant sont aussi des empêchements légitimes au jeûne; mais il ne faut pas être trop sensible et croire que si le jeûne nous fait un peu souffrir de la faim, nous sommes pour cela dispensés de jeûner, car le but du jeûne est précisément de nous faire souffrir, sans cela il ne serait pas une pénitence.

Dans le doute, c’est-à-dire quand on n’est pas certain que les raisons que l’on a de ne pas jeûner sont assez graves pour nous dispenser d’obéir à la loi de l’Église on doit consulter son confesseur.

SIXIÈME COMMANDEMENT DE L’ÉGLISE

*478.— Q. Qu’est-ce que l’Église nous défend par le sixième commandement: «Vendredi,chair ne mangeras ni jours défendus mêmement» ?

R. Par le sixième commandement, l’Église nous défend d’user, sans nécessité, d’aliments gras le vendredi et les jours où l’on observe le jeûne.

— Ce commandement signifie: Tu ne mangeras pas de chair le vendredi, ni les jours défendus.

On peut manger de la viande les vendredis où l’on célèbre une fête de précepte.

*479.— Q. Que faut-il observer les jours de jeûne du carême, où l’Église permet de manger gras ?

R. Les jours de carême où l’Église permet de manger gras, il faut avoir soin de ne faire qu’un seul repas gras.

— Autrefois il était défendu de manger gras durant tout le carême. Mais les hommes étant moins robustes aujourd’hui, et beaucoup d’entre eux étant employés à des travaux très fatigants, l’Église, toujours bonne, adoucit la pénitence du carême en permettant l’usage de la viande certains jours de jeûne.

Le carême se termine le Samedi Saint à midi; on peut donc à partir de ce moment manger de la viande et clore le jeûne.

480.— Q. Quels sont les jours du carême où on peut manger gras?

R. Les jours du carême où on peut manger gras, sont: 1. les dimanches; 2. les lundis, mardis, jeudis et samedis, excepté le samedi des Quatre-Temps.

481.— Q. Pourquoi l’Église nous ordonne-t-elle de nous abstenir de viande le vendredi ?

R. L’Église nous ordonne de nous abstenir de viande le vendredi, pour nous faire faire pénitence le jour où Notre-Seigneur est mort pour nous.

SEPTIÈME COMMANDEMENT DE L’ÉGLISE

*482.— Q. À quoi nous oblige le septième commandement de l’Église: «Droits et dîmes tu paieras à l’Église fidèlement» ?

R. Ce commandement nous oblige à payer les dîmes, suppléments, capitations et autres droits autorisés pour les frais du culte divin et pour l’entretien des pasteurs.

— Ce commandement peut se lire: “Tu paieras fidèlement à l’Église les droits et les dîmes ”.

Les dîmes, les suppléments et les capitations sont des droits ou des taxes que les catholiques sont obligés de payer à l’Église pour l’entretien des pasteurs.

Le mot dîme veut dire dixième partie; au sens strict la dîme serait donc la dixième partie du revenu, mais en réalité la dîme est la vingt-sixième portion des grains récoltés par les catholiques.

Lorsque, dans une paroisse, la dîme des grains n’est pas suffisante pour l’entretien du pasteur, l’évêque peut imposer un droit sur d’autres produits de la terre, ce droit ajouté à une dîme insuffisante s’appelle supplément.

On nomme capitation ce que les chefs de famille qui ne sont pas cultivateurs, et qui, par conséquent ne peuvent payer les dîmes en grains ou les suppléments en nature, sont obligés de fournir à leur pasteurs pour son entretien. Les catholiques seuls sont obligés de payer les dîmes, suppléments ou capitations, mais ils sont obligés en conscience, car il est juste qu’ils pourvoient aux besoins des pasteurs qui se consacrent à leur salut.

Cette obligation s’étend non seulement aux dîmes, suppléments et capitations, mais à tous les autres droits qui pourraient être imposés par l’évêque pour les frais du culte.