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Charles de Foucauld, témoin vivant de l'amour de Jésus

le jeudi, 01 juin 2006. Publié dans Saints & Bienheureux

Béatifié à Rome , le 13 novembre 2005

Charles de FoucauldEn août 1884, dans la rue des Echasses à Strasbourg, en France, le colonel en retraite, Charles-Gabriel de Morlet, accueille ses petits-enfants, Charles et Marie de Foucauld, qui viennent de devenir orphelins de père et de mère à 3 mois de distance.

Charles est né le 15 septembre 1858. Son père Edouard, appartient à une famille du Périgord, ces Foucauld de Pontbriand qui donneront à la France, à la douzaine, d'héroïques soldats, et à l'Eglise des saints.

Comme tant d'orphelins, ce petit Charles porte au cœur une blessure que ni l'argent, ni la fête ne parviendront à guérir. Dieu devra s'en mêler. Depuis la mort de sa mère l'enfant n'a plus d'épaule où appuyer sa tête quand il a envie de pleurer.

L'indiciplinable

Cet orphelin, qui a maintenant 12 ans, et qu'on dit indisciplinable, sa froideur n'est qu'apparente. Une insatiable faim de tendresse dévore son cœur: ce cœur qui se consumera à aimer, jusque dans le martyre.

En 1870, le grand'père déménage à Nancy. Charles fréquente le lycée où il perd la foi. «Je n'accepte plus, répète-t-il, que les Vérités dont on peut avancer les preuves.»

«A 17 ans, avouera-t-il plus tard, j'étais tout égoïsme, vanité, tout impiété, tout désir du mal. J'étais comme affolé.»

Quel avenir rêve cet adolescent? Ce petit-fils d'officier ne peut être que soldat. A St-Cyr en 1876, ses portraits montrent un Foucauld obèse, tellement il est gourmand. La chair domine. En deux ans il récolte pas moins de 45 punitions et 47 jours de consigne: indiscipline, paresse. Il sort de l'école 333e sur 386.

«Je faisais le mal, mais ne l'approuvais ni ne l'aimais. J'organisais les fêtes, mais, le moment venu, je les passais dans un mutisme, dans un dégoût infini.»

En décembre 1880, Charles de Foucauld est appelé à tenir cargaison à Sétif, en Afrique.

Son Colonel lui reproche d'être un sujet de scandale. Il faut choisir: ou la maîtresse ou le régiment. Il n'hésite pas, il choisit la maîtresse. Il part pour Evian. Trois mois plus tard, Foucauld ouvre un journal. Il y lit: Sud-Ouranais. Insurrection des Ouled SIDI Cheilk. Le 4e chasseur est jeté en plein combat. Ses camarades sont tous au combat et lui à Evian... Le sang de France parle plus fort que tout. En un instant Mimi n'est plus rien. A n'importe quel prix, il rejoindra l'armée. Le 3 juin, on lui rend son poste.

Il n'est pas plus croyant que la veille, mais sur les pistes du Sud-Ouranais, il va découvrir chaque jour la voie de l'ascétisme imposé par la loi du Désert et qui mène naturellement à Dieu. Physiquement, il n'est plus le «gros Foucauld».

Dans le monde arabe

Un rêve le hante, se plonger en plein cœur du monde arabe. Le 28 janvier 1882, il quitte l'armée pour une deuxième fois pour voguer vers l'Afrique. Il se fait explorateur et il gagne la première médaille d'Or de la Société de Géographie.

Faisant allusion à cette époque de sa vie, plus tard, devenu ermite, il remerciera Dieu en ces termes: «Vous me donâtes une vie d'études sérieuses, une vie obscure, une existence solitaire et pauvre... Mon cœur et mon esprit restaient loin de vous..., mais ce n'était pas une fange aussi profonde, un mal aussi odieux... vous avez brisé les obstacles, assoupli l'âme... Par la force des choses vous m'obligeâtes à être chaste et bientôt... la chasteté me devint une douceur.»

Plus encore peut-être que l'ascétisme, la méditation est le fruit nécessaire de la solitude saharienne. C'est le bruit qui empêche d'entendre Dieu. Et puis il est témoin constant de la prière de l'Islam. Il lit le Coran

C'est par le Sahara que Charles de Foucauld est revenu à Dieu. Dans ce sens, c'est par le désert que Dieu fit de cet esprit rebelle, un discipliné, de cet athée, un mystique... Mais la conversion de Charles de Foucauld est l'œuvre essentielle de la grâce, secondée par un saint prêtre de Jésus-Christ.

Le 18 février 1886, le Vicomte de Foucauld s'installe à Paris, au numéro 50 de la rue Miromesmil. Il a 28 ans. Plusieurs fois par jour, il passe devant l'église St-Augustin, sa paroisse. Il renie l'amour, la gloire, bouche ses oreilles à tous les appels du monde.

Foucaud vient de rejeter le Coran qui l'a définitivement déçu. Dans ses veilles, il interroge maintenant les philosophes païens. Ceux-là à leur tour le déçoivent.

La conversion

Alors cette paix que l'âme ne trouve pas dans les livres, Charles de Foucauld va la chercher dans le silence des églises, le soir.

Un jour, il décide d'apprendre des leçons de religion catholique. C'est alors que Dieu met sur son chemin le saint prêtre qui dirigera ses pas. C'est le fameux abbé Huvelin, vicaire à St-Augustin.

Un soir d'octobre, une de ses cousines dit à Charles: «Il paraît que l'abbé Huvelin ne reprendra pas ses conférences dominicales, je le regrette bien.» — «Moi aussi, car je comptais les suivre... Vous êtes heureuse de croire, vous!... Je cherche la lumière, et je ne la trouve pas.»

Le lendemain, un homme d'une trentaine d'années entre dans le confessionnal de l'abbé Huvelin.

— «M. l'abbé, je n'ai pas la foi. Je viens vous demander de m'instruire.»

— «Mettez-vous à genoux, confessez-vous à Dieu et vous croirez.»

— «Mais, je ne suis pas venu pour cela.»

— «Confessez-vous.»

Charles de Foucauld s'agenouille et confesse toute sa vie.

L'abbé dit au pénitent absous:

— «Vous êtes à jeun, allez communier.»

Il fait une deuxième fois sa «première communion». Il sent son âme pacifiée, son cœur rassasié.»

La conversion de Foucauld est un appel de tout son être à l'absolu, à l'absolu de l'Amour qui voudra brûler les étapes. L'abbé Huvelin sera le directeur.

Quatre ans après sa conversion, le 16 janvier 1890, Charles de Foucauld sonne à la Trappe de Notre-Dame des Neiges. Sous le silice continu, dans le jeûne, le sommeil bref sur la dure, la longue prière à genoux, dans le long labeur et le silence, c'est dans cette vie dure, que l'âme exigeante du converti est venue vivre.

Il se nomme Frère Albéric. Durant l'été 1993, il se rend à cette évidence: conscient de plus en plus que son désir de Dieu ne peut s'apaiser que dans une adhésion absolue de tout son être à l'Absolu. «La Trappe ne me permet pas la vie de pauvreté maxima d'abjection maxima, d'humilité maxima, de détachement total, de recueillement maximum.» Un mot de l'abbé Huvelin l'avait bouleversé: «Notre-Seigneur a pris tellement la dernière place que personne n'a pu la lui ravir».

Pour faire descendre sur le Sahara la paix fraternelle du Christ, Frère Albéric pense à fonder un nouvel ordre religieux en pays infidèle. Il le baptise: «Congrégation des Petits Frères de Jésus». Il en rédige les règles jusque dans les détails. A lire ces règles on a l'impression que lui aussi a, comme François d'Assise, rencontré «Dame Pauvreté». Il rêve d'un dénuement absolu. L'idéal de notre Frère Albéric est de partager, pour la soulager, la misère des masses. L'habit, une longue robe blanche, avec sur la poitrine un cœur rouge signifiant le Cœur du Dieu de Charité. L'abbé Huvelin s'oppose à la fondation, il trouve les règles impraticables. Mais il ne lui refuse pas de quitter La Trappe pour vivre seul comme «un fou de Dieu».

Sur les traces de Jésus à Nazareth

Le «fou de Dieu» n'hésite pas à prendre la route pour Nazareth, là où il veut vivre la vie de Nazareth, comme son Jésus. Le 24 février 1897 il débarque à Jaffa. Pour l'unique amour du Christ, il se vêt de la livrée de la pauvreté palestinienne. Un gros chapelet de bois pendu à sa ceinture de cuir, il est maintenant le «Frère Charles de Jésus». Il veut comme Jésus, se faire le frère de toute créature humaine.

A Nazareth, le Pèlerin de l'Absolu va sonner à la porte des Sœurs Clarisses. Le couvent a besoin d'un sacristain, d'un commissionnaire, d'un jardinier. Surtout pas de salaire. Un petit coin pour prier, un hangar pour se loger, un banc pour dormir. Deux fois par jour, il mange du pain sec. Il distribue aux mendiants, les amandes, figues, dattes, qui lui sont apportées sur l'ordre de l'Abbesse. Il est heureux de s'anéantir totalement comme Jésus.

Le 6 juin de cette année 1897, il écrira pour lui seul: «Pense que tu dois mourir martyr, dépouillé de tout, étendu à terre, nu, méconnaissable, couvert de sang et de blessures, violemment et douloureusement tué ... et désire que ce soit aujourd'hui.»

Mais les Clarisses ont fini par découvrir l'identité de leur sacristain-commissionnaire. C'est une vie de délices, de jouissances, que Frère Charles affirme mener près de leur monastère.

Par la Mère Abbesse, il se laisse persuader d'accéder au sacerdoce, pour pouvoir célébrer la Sainte Messe. Il demande aux Trappistes de parfaire sa préparation à la prêtrise à leur monastère. Le 9 juin 1901, Frère Charles est ordonné prêtre de Jésus-Christ à la Trappe de Notre-Dame des Neiges, il a 42 ans.

Au Centre du Sahara, un grand nombre d'oasis abritant quelques 60 000 habitants d'origine arabe, noire, juive. C'est là que Frère Charles ira s'établir: «Je voudrais fonder, écrit-il, un humble ermitage où quelques moines pourraient vivre de quelques fruits et d'un peu d'orge récoltés de leurs mains... donnant l'hospitalité à tout venant, bon ou mauvais, ami ou ennemi, musulman ou chrétien. ... une maison de prière pour faire rayonner la charité de Jésus.» Il n'a plus qu'une hâte: partir pour le Sahara. Ce Sahara où travaillent, apparemment en vain, une douzaine de Pères Blancs.

Béni-Abbès

Muni de toutes les autorités civiles et religieuses le Frère Charles de Jésus arrive à Béni-Abbès, le 28 octobre 1901. Il porte une robe blanche très ample, selon la mode du pays, avec sur la poitrine un grand cœur rouge surmonté de la croix, comme s'il voulait dire aux arabes: «A l'exemple de Jésus, voyez, comme je vous aime.»

Il est accueilli par les Français. Pour les Arabes, le Frère Charles est pour eux le «marabout», l'homme qui consacre sa vie à la prière.

Aidé de quelques soldats, Frère Charles construit son ermitage. Chaque matin avant l'aube, il célèbre la messe dans le silence absolu du Désert. Et pendant des heures et des heures, la prière vide son âme de tout ce qui n'est pas Dieu, pour la remplir de Dieu seul. Ce Dieu dont il ne laissera l'adoration que pour aller servir quiconque se présente à l'ermitage. Il a baptisé son ermitage la «Fraternité du Sacré-Cœur».

«Pour avoir une idée juste de ma vie, écrit-il, sachez qu'on frappe à ma porte au moins 10 fois par heure, plutôt plus que moins: des malades, des pauvres, des passants... Sans parler des Musulmans qui veulent s'entretenir de Dieu avec le «marabout». Et frère Charles ne proteste jamais. Jamais on ne le dérange! Et cela recommence tous les jours. Souvent, il distribue aux pauvres sa propre pitance. «Je vis de pain et d'eau, écrit-il; cela me coûte 7 francs par mois. Laver le linge des pauvres, nettoyer leur chambre, prendre sur moi tout ce qui est services, et ressembler à Jésus qui était parmi les apôtres, Celui qui sert.»

Les esclaves au Sahara d'alors pullulent. La plupart sont des enfants récemment volés. Ils ont entre 5 et 15 ans. Leurs maîtres après avoir exigé leur travail, ne les nourrissent pas, ni les vêtent ni les abritent, ils leur disent de se débrouiller comme ils le peuvent. Ils vivent dans la haine et le désespoir. Si l'esclave fatigué ralentit son effort, il est bastonné. S'il s'évade, il est pourchassé avec des fusils. Repris on lui coupe les tendons des pieds pour qu'il ne s'évade plus. Mais le «marabout» de la Fraternité du Sacré-Cœur est chrétien. C'est pourquoi les esclaves de Béni-Abbès affluent vers lui, jusqu'à 20 par jour. Et le prêtre de Jésus-Christ leur donne son pain, son amitié, son toit, apaise leurs cœurs. La charité absolue exige: «Rachète-les». Impossible, frère Charles ne vit que d'aumônes. En fait, il ne rachètera que cinq ou six esclaves; en baptisera deux à leur dernier soupir.

Mais il adresse à Paris des protestations indignées. «Aucune raison économique ou politique ne peut permettre de laisser subsister une telle injustice. Aucune puissance humaine n'a le droit de river les fers à ces malheureux que Dieu a créés aussi libres que nous ... Nous n'avons pas le droit d'être des chiens muets... Il nous faut crier quand nous voyons le mal.»

Mais à Paris, le Président Combes est en train de détruire les congrégations religieuses. La lutte contre l'esclavage est moins pressante pour lui.

Charles de Foucauld est venu au désert pour être avec les brebis les plus délaissées et soigner le frère Jésus, le plus malade.

Parce qu'il aime, il est aimé. Les indigènes s'inclinent devant lui et demandent sa bénédiction. Les officiers de la redoute française proclament: «La sainteté du Père de Foucauld fait plus pour l'extension de l'influence française qu'une occupation permanente du pays.»

Cependant Frère Charles continue à rêver à d'apostoliques projets. En attendant, les petits frères qui n'arrivent pas, il rédige une règle pour les «Petites Sœurs de Jésus», qui vivront, elles aussi la Vie de Nazareth en terres de mission. Ces «Petites Sœurs» ont été fondées en 1939. Leur mode de vie est exactement le même que celui des «Petits Frères» fondés eux aussi seulement après la mort de Charles de Foucauld.

Le Hoggar

Le Hoggar, c'est là que va se dérouler le dernier acte du drame mystique de la vie du Frère Charles de Jésus; ses onze dernières années: août 1905 - décembre 1916. Plus que jamais il va être l'homme qui a accepté d'aimer.

... L'Aménokal Moussa a parlé longuement avec le marabout chrétien. Il l'accepte pour conseiller. «D'accord avec Moussa, mon installation au Hoggar est décidé, affirme le Père. Je choisis Tamarasset, village en pleine montagne, loin de tous les centres. Je choisis ce lieu délaissé.» 13 août 1905.

Le principe de ses activités: Travailler petitement et doucement à civiliser matériellement, intellectuellement, moralement. Pour appliquer son principe, le frère universel va se lier d'amitié avec les indigènes, essayer de modifier leurs idées en leur montrant sa vie, l'évangile de sa propre vie. L'on fait du bien non pas par ce que l'on dit, mais par ce que l'on fait.

... La porte de l'ermitage est toujours ouverte... Plusieurs Touareg se sont risqués vers la maison de l'étranger... les affamés, les malades, les pauvres. Et tous sont reçus comme des amis de toujours... Pour l'amour des Touareg, le Père a même appris à tricoter, pour leur donner des leçons de tricot.

Aimer et se faire aimer, c'est la mission de l'ermite. Il la réalise magnifiquement. Pendant l'hiver 1907-1908, grande famine ... Or une fois par jour, tous les gosses de la région viennent à l'ermitage et mangent à leur faim. Tandis que lui le Père se meurt de faim pour avoir donné sa portion aux enfants.

Janvier 1916, on prévient l'ermite que les Sémoussites ont décidé sa mort.

Premier décembre. L'homme qui n'a voulu que souffrir et aimer, écrit: — c'est sa dernière lettre. — «Notre anéantissement est le moyen le plus puissant de faire du bien aux âmes... Quand on peut souffrir et aimer, on peut le plus qu'on puisse en ce monde.»

Deux décembre, 1916. Or, ce matin-là, un parti de Senoussistes viennent à son insu. Ils sont 25 ou 30 et portent des fusils. Ils sont au courant de la présence du Père de Foucauld à Tamanrasset. Ils viennent pour le faire prisonnier, le garder en otage et piller son ermitage. C'est un cultivateur qui connaît fort bien les habitudes du Père, car il l'a soigné et secouru dans ses besoins, qui sera le Judas du grand apôtre du Christ. Ce fut lui qui vint frapper à sa porte prétextant venir livrer le courrier.

Le Père ouvre la porte et tend la main. Mais aussitôt sa main est saisie avec violence, deux pillards le tirent à eux et le jettent par terre. Il se met à genoux. Il a compris ce qui se passe. C'est pour lui «l'Heure», dont parlait le Christ! Il se met en prière pour le sacrifice suprême. On l'attache et un jeune homme le garde, ayant un fusil armé à la main. Les pillards sont entrés dans l'ermitage et s'affairent à rafler tout ce qui les intéressent. Ils sont surpris par deux Méharistes qui viennent livrer le courrier. Les bandits font feu sur eux et sont tués sur le champ. Le jeune gardien du Père s'affole, il porte le canon de son fusil près de la tête de son prisonnier et fait feu. Charles de Foucauld a offert son sacrifice.

Nous nous souvenons de la phrase qu'il a écrite à Nazareth le 6 juin 1897 et qu'il portait encore sur lui: «Pense que tu dois mourir martyr, dépouillé de tout, étendu à terre, nu, méconnaissable, couvert de sang et de blessures, violemment et douloureusement tué ... et désire que ce soit aujourd'hui.» Cet aujourd'hui a été le 2 décembre 1916.

«Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime». Le prêtre de Jésus-Christ, à l'exemple de Jésus-Christ, vient de donner sa vie pour ses frères du Hoggar, et par eux, à tous ses frères d'Afrique.»

Nous avons puisé ce récit dans la brochure: «Charles de Foucauld, l'homme qui accepta d'aimer», du Rév. Père Gaston Fournier s.j. Imprimatur, Toulouse, le 22 novembre 1957, J. Chansou, vic. gén.