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Sacrifice d'une mère qui refusa un avortement

Écrit par Pie XII le dimanche, 01 mars 2009. Publié dans Avortement

Sa fille devint religieuse aux soins des enfants abandonnés

Notre Dame de l'enfantementVoici des paroles du Pape Pie XII prononcées dans un discours au Front de la famille et aux Associations des familles nombreuses de l’Italie, le 28 novembre 1951, paroles qui rappellent des principes immuables sur le respect de la vie de l’enfant à naître:

La vie humaine innocente, en quelque condition qu’elle se présente, est soustraite, dès le premier moment de son existence, à toute attaque directe volontaire. Ceci est un droit fondamental de la personne humaine, d’une valeur générale dans la notion chrétienne de la vie, qui vaut aussi bien pour la vie encore cachée dans le sein de la mère que pour la vie déjà éclose en dehors d’elle et aussi bien contre l’avortement direct que contre le meurtre direct de l’enfant avant, pendant ou après l’enfantement. Quelque fondée que puisse être la distinction entre les différents moments du développement de la vie déjà née ou pas encore née au regard du droit profane ou ecclésiastique, et de certaines conséquences civiles et pénales selon la loi morale, il s’agit dans tous ces cas d’une grave et coupable attentat à la vie humaine inviolable.

Ce principe vaut pour la vie de l’enfant comme pour celle de la mère. Jamais et en aucun cas l’Église n’a enseigné que la vie de l’enfant doit être préférée à celle de la mère. C’est une erreur que de poser la question avec cette alternative: ou la vie de l’enfant ou la vie de la mère. Non ! ni la vie de la mère ni celle de l’enfant ne peut être soumise à un acte de suppression directe. D’un côté comme de l’autre, il ne peut y avoir qu’une seule exigence: faire tous les efforts pour sauver la vie de tous les deux, de la mère et de l’enfant. (Cf. Pie XI, Encyclique Casti connubii, 31 décembre 1930. Acta Apostolicae Sedis, vol. XXII, pp. 562-563.)

«Ne pas tuer»

C’est une des plus belles et des plus nobles aspirations de la médecine que de chercher toujours de nouveaux moyens pour conserver la vie de l’un et de l’autre. Si, malgré tous les progrès de la science, il reste encore, et il restera dans l’avenir, des cas où l’on doive compter avec la mort de la mère, lorsque celle-ci veut conduire jusqu’à la naissance la vie qu’elle porte en elle et ne pas la détruire en violant un commandement de Dieu : «ne pas tuer», il ne reste à l’homme qui, jusqu’au dernier moment, s’efforcera d’aider et de sauver, qu’à s’incliner avec respect devant les lois de la nature et les dispositions de la divine Providence.

Mais — objectera-t-on, — la vie de la mère, principalement celle d’une mère de famille nombreuse, est d’un prix incomparable supérieur à celle d’un enfant qui est encore à naître. L’application de la théorie de la mise en balance des valeurs au cas qui nous occupe actuellement a déjà trouvé un épilogue dans les discussions juridiques. La réponse à cette douloureuse question n’est pas difficile. L’inviolabilité de la vie d’un innocent ne dépend pas de sa plus grande ou moindre valeur. Depuis plus de dix ans l’Église a déjà formellement condamné le meurtre de la vie estimée «sans valeur»; et qui connaît les tristes antécédents qui ont provoqué cette condamnation, qui est capable de peser les funestes conséquences auxquelles on arriverait, si on voulait mesurer l’intangibilité de la vie innocente d’après sa valeur, saura parfaitement apprécier les motifs qui ont conduit à cette disposition.

Du reste, qui pourrait juger avec certitude laquelle de ces deux vies est en réalité la plus précieuse? Qui pourrait savoir quel chemin suivra cet enfant et à quelle hauteur pourront s’élever ses œuvres et sa perfection! On compare ici deux grandeurs et l’âme des deux reste parfaitement inconnue.

Nous voudrions, à ce propos, citer un exemple, qui est peut-être connu de plusieurs parmi vous, mais qui ne perd pas pour cela sa valeur suggestive; il remonte à 1905. Vivait à cette époque une jeune dame, de noble famille et de sentiment plus nobles encore, mais frêle et délicate de santé. Dans son adolescence, elle avait été malade d’une petite pointe de pleurite, qui paraissait guérie; lorsque, au contraire, après avoir contracté un heureux mariage, elle sentit s’épanouir dans son sein une nouvelle vie, elle ressentit aussitôt un malaise physique qui consterna les deux savants médecins qui veillaient avec une tendre solitude sur sa santé. L’affection de cette pointe de pleurite, cet ancien foyer cicatrisé s’était réveillé; d’après leur jugement, il n’y avait pas de temps à perdre si on voulait sauver la vie de cette charmante femme, on devait provoquer, sans le moindre délai, l’avortement thérapeutique.

Déjà le mari avait compris la gravité du cas et déclaré qu’il consentait à cette pénible opération. Mais lorsque le praticien, avec tous les égards, lui fit part de la décision des médecins, en la conjurant de s’en remettre à leur jugement, elle répondit avec une grande fermeté:

«Je vous remercie de vos charitables conseils, mais je ne puis supprimer la vie de mon enfant! Je ne le veux pas, je ne le puis pas! Je le sens déjà palpiter dans mon sein. Il a le droit de vivre, il vient de Dieu et doit connaître Dieu pour l’aimer et jouir de lui.»

Le mari à son tour, la pria, la supplia, l’implora; elle demeura inflexible et attendit avec sérénité l’événement. Une fille naquit régulièrement, mais aussitôt après la santé de la mère se mit à empirer. Le foyer s’étendait dans le poumon, l’affaiblissement allait grandissant. Deux mois après, elle était à toute extrémité; elle revit sa fille, dont la santé se développait grâce aux soins d’une robuste nourrice, sur ses lèvres passa un doux sourire, et elle expira paisiblement.

L’enfant devint religieuse

Quelques années plus tard, on pouvait spécialement remarquer, dans un Institut religieux, une jeune religieuse, toute dévouée aux soins et à l’éducation de l’enfance abandonnée qui, avec des yeux remplis d’amour maternel, se penchait sur les enfants malades, comme pour leur donner la vie. C’est elle, la fille du sacrifice qui, aujourd’hui, avec son grand cœur, répandait tant de bienfaits sur ces enfants délaissés. L’héroïsme de la mère courageuse n’avait pas été vain (cf. André Majocchi, Tra Bistori e forbici, 1940, p. 21 et suivantes).

Et alors, Nous demandons: le sens chrétien, et même purement humain, aurait-il disparu à ce point de ne plus savoir comprendre le sacrifice sublime de la mère et l’action visible de la Providence divine qui de cette immolation fait naître un pareil fruit?

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