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Réflexions sur la marche nationale pour la vie

le mardi, 01 mai 2012. Dans Avortement

Depuis plusieurs années se tient à Ottawa une marche nationale pour la vie. Cette année, un nombre record de 19 500 personnes y ont participé, dont plusieurs évêques catholiques. De nombreux représentants des Pèlerins de saint Michel y ont aussi pris part. Rappelons que c’est le 14 mai 1969 que l’avortement était décriminalisé au Canada, avec l’adoption du bill omnibus par le gouvernement de Pierre-Elliott Trudeau. Avec environ 100 000 avortements par année au Canada, c’est plus de 4 millions d’enfants qui ont ainsi été avortés depuis 1969. Voici une réflexion sur cette marche écrite par le Père Thomas Rosica, président directeur général de la télévision catholique Sel et Lumière, publiée le 7 mai 2012 sur leur site internet http://seletlumieretv.org/blogue/

Pape Benoît XVI et un enfantLe 10 mai de cette année, des milliers de Canadiens se rencontreront de nouveau sur la colline du Parlement et dans nombre de villes canadiennes, pour défendre les êtres humains qui ne sont pas encore nés. Être «pro-vie» de manière active, c’est contribuer au renouvellement de la société à travers la promotion du bien. Il est impossible de répandre le bien commun sans toutefois affirmer et défendre le droit à la vie, droit sur lequel reposent et se fondent tous les droits inaliénables des individus et à partir duquel ils se développent. La vraie paix ne peut exister que lorsque la vie est défendue et promue. Rappelons-nous les paroles prophétiques de Paul VI:

«Chaque crime contre la vie est une attaque contre la paix, spécialement si elle s’attaque à la conduite morale des personnes… Cependant, là où les droits des êtres humains sont vraiment professés et publiquement reconnus et défendus, la paix devient le climat jovial et opératif de la vie au sein de la société.»

L’avortement est, sans aucun doute, la blessure la plus grave infligée, non seulement sur les individus et leurs familles – qui sont censées fournir le sanctuaire de la vie, mais aussi sur les sociétés et leur culture, par les mêmes personnes qui devraient être les agents promoteurs et les défenseurs de la société. Nous ne devrons jamais perdre de vue les atrocités commises contre les êtres pas encore nés de même que ce qui n’est pas dit et qui est très rarement avoué de la souffrance et de l’agonie persistantes vécues par les personnes qui ont enduré des avortements.

L’Église catholique offre un enseignement consistant sur l’inviolabilité, la sacralité et la dignité de la personne humaine: une vision parfaite de 20/20 pour laquelle nous devons lutter chaque jour si nous nous déclarons pro-vie. L’opposition à l’avortement et à l’euthanasie ne justifie pas l’indifférence à ceux qui souffrent de pauvreté, de violence et d’injustice. Nous devons lutter pour avoir une vue intégrale, et non pas bornée.

Ce qui est encore plus troublant, c’est ceux qui se disent de la gauche, toujours champions des droits humains et civils, qui respectent et soutiennent la dignité et la liberté d’autrui. Ceci inclut sans doute la protection des droits des individus, ainsi que les efforts du gouvernement pour prendre soin des personnes faibles, malades et démunies. Pourquoi donc l’extension aux êtres humains à naître du droit humain à la vie, ainsi que l’opposition à la culture de la mort, ne sont-elles pas des thèmes principaux de la gauche? Il est impératif qu’elles le soient, car elles constituent indubitablement une affaire de justice et de droit des êtres humains.

Manifestation pour la vieIl y a quelques années, le cardinal Sean O’Malley, archevêque de Boston aux USA a adressé une lettre aux citoyens de son grand diocèse: «Si une cause, quelle qu’elle soit, est motivée par le jugement, la fureur, et la vengeance, elle serait maudite à la marginalisation et l’échec. Les paroles que Jésus nous a adressées nous enseignent que nous devons nous aimer les uns les autres comme Il nous aime… Notre capacité à transformer le cœur des gens et de les aider à comprendre la dignité de chaque vie, à partir du moment de sa conception jusqu’au dernier moment de sa mort naturelle, est intrinsèquement liée à notre capacité d’accroitre l’amour et l’unité au sein de l’Église, car, notre proclamation de la Vérité est entravée lorsque nous sommes divisés et lorsque nous nous disputons.»

Quelle que soit l’opposition à la vie en soi, telle que n’importe quel genre de meurtre, génocide, avortement, euthanasie, ou autodestruction délibérée; quelle que soit la chose qui viole la dignité de la personne humaine, telle que la malnutrition, les tourments infligés sur le corps humain ou sur l’esprit, qui tente de contraindre la volonté dans son essence; tout ce qui insulte la dignité humaine telle que les conditions sous-humaines de la vie, l’emprisonnement arbitraire, la déportation, l’esclavage, la prostitution, le trafic de femmes et d’enfants, les conditions ignobles de travail où les gens sont traités comme des instruments de gain, plutôt que des personnes libres et responsables…Toutes ces choses et bien d’autres, empoisonnent la société humaine.

Dans son encyclique, Caritas in Veritate (La vérité dans la charité), le pape Benoît XVI vise clairement la dignité et le respect pour la vie humaine:

«L’ouverture à la vie est au centre du vrai développement. Lorsqu’une société tend vers le déni ou la suppression de la vie, elle finit par ne plus retrouver la motivation et l’énergie nécessaires pour lutter pour le vrai bien de l’être humain. Si l’on perd la sensibilité personnelle et sociale envers l’acceptation d’une nouvelle vie, alors d’autres formes d’acceptation valeureuses pour la société se flétrissent aussi.»

Être pro-vie ne nous donne pas le droit et l’autorisation de dire et faire ce que bon nous semble, ni de diffamer, condamner et détruire d’autres êtres humains qui ne partagent pas nos points de vue. Nous ne devons jamais oublier les principes de la civilité, de la charité évangélique, de l’éthique, et de la justice. Nous devons éviter la détérioration de notre vision, voire, la myopie qui afflige souvent les personnes de bonne volonté qui sont aveuglées par leur propre zèle et sont incapables d’avoir une vision complète de la situation. Être pro-vie n’est pas une activité désignée pour un parti politique ou pour une partie spécifique du spectre. C’est une obligation pour tout le monde: gauche, droite et centre! Donc, nous sommes pro-vie, nous devons interpeller la culture qui nous entoure, et non pas la maudire. Être pro-vie de nos jours est véritablement prophétique et engendrera un développement authentique et une paix durable.

Pour ceux et celles qui disent que l’avortement est un gage de progrès pour la femme, un acquis ou un droit inaliénable: rien n’est plus faux. L’avortement tue un être humain innocent et souvent il blesse la femme psychologiquement, physiquement et spirituellement. Les pères aussi souffrent beaucoup. Un vrai progrès serait de trouver les moyens de faire baisser à zéro le taux d’avortement. Si seulement les femmes en détresse à cause d’une grossesse inattendue étaient accueillies, informées et accompagnées avec compassion et solidarité dans leur choix…

Nous ne pouvons ignorer l’autre grand défi auquel est confrontée l’humanité aujourd’hui — la question sérieuse de la mort par compassion, que d’aucuns appellent parfois euthanasie, qui n’est plus présente dans des cas abstraits et des théories. Cette question concerne les gens ordinaires et est débattue, non seulement au Parlement, mais aussi autour des tables à dîner et dans les milieux scolaires. Les populations vieillissantes, notamment en Occident et les forces actives qui en résultent, sont désormais en train de créer une force qui propulse le marché vers l’euthanasie. Le Bienheureux Jean Paul II écrivait: «Le droit de mourir cèdera inévitablement au devoir de mourir.» La question touche l’essence de ce que l’on est et ce que l’on croit. L’euthanasie doit être appelée compassion erronée et mal-conseillée. La vraie compassion mène au partage de la souffrance de l’autre, et non pas à tuer la personne dont la souffrance nous est insupportable.

Prions ensemble cette prière pour la Marche pour la vie:

Père Eternel, Source de Vie,

Fortifie-nous de ton Esprit Saint

afin de recevoir l’abondance de la vie

que tu nous as promise.

Ouvre nos cœurs afin de voir et désirer

la beauté de ton dessein pour la vie et l’amour.

Transforme notre amour en un amour

généreux, qui donne de soi

pour que nous puissions être bénis avec la joie.

Donne-nous une confiance absolue

en ta miséricorde.

Pardonne-nous de ne pas avoir accueilli

ton don de la vie et guéris-nous

des effets de la culture de la mort.

Instille en nous et en tous les gens

la révérence pour chaque vie humaine.

Inspire-nous et protège nos efforts

au nom des êtres les plus vulnérables,

ceux qui ne sont pas encore nés,

des malades et des personnes âgées.

Nous te le demandons au nom de Jésus,

Qui, par Sa Croix, renouvelle toute chose. Amen.

P. Thomas Roscia, o.s.b.

 

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