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Le Pape François dénonce la «fausse compassion» de l’avortement et l’euthanasie

Par Pape François le jeudi, 01 janvier 2015. Dans Avortement, Euthanasie

À une époque où les gens sont de plus en plus confus concernant la morale, et où la Cour suprême du Canada vient tout récemment de décriminaliser le suicide assisté, le Pape François, dans un discours aux membres de l’Association des médecins catholiques italiens, réunis dans la salle Paul VI au Vatican le 15 novembre 2014, rappelait que l'avortement et l'euthanasie, loin d'être des gestes de «compassion», demeurent des péchés graves contre le Créateur. Voici des extraits de ce discours:

Pape FrançoisDans de nombreux lieux, la qualité de la vie est principalement liée aux possibilités économiques, au «bien-être», à la beauté et à la jouissance de la vie physique, en oubliant d’autres dimensions plus profondes — relationnelles, spirituelles et religieuses — de l’existence. En réalité, à la lumière de la foi et de la juste raison, la vie humaine est toujours sacrée et toujours «de qualité». Il n’existe pas une vie humaine plus sacrée qu’une autre: chaque vie humaine est sacrée!

De même qu’il n’y a pas de vie humaine plus significative qu’une autre sur le plan qualitatif, uniquement en vertu de moyens, de droits, d’opportunités économiques et sociales plus grandes. (...)

La pensée dominante propose parfois une «fausse compassion»: celle qui considère que c’est aider une femme que de favoriser l’avortement, un acte de dignité de procurer l’euthanasie, une conquête scientifique de «produire» un enfant considéré comme un droit au lieu de l’accueillir comme un don; ou d’utiliser des vies humaines comme des cobayes de laboratoire en prétendant en sauver d’autres. En revanche, la compassion évangélique est celle qui accompagne au moment du besoin, c’est-à-dire celle du Bon Samaritain, qui «voit», qui «a compassion», qui s’approche et offre une aide concrète (cf. Lc 10, 33).

Votre mission de médecins vous met quotidiennement en contact avec de nombreuses formes de souffrance: je vous encourage à les prendre en charge en «bons samaritains», en ayant soin de manière particulière des personnes âgées, des malades et des porteurs de handicap. La fidélité à l’Évangile de la vie et au respect de celle-ci comme don de Dieu, demande parfois des choix courageux et à contre courant qui, dans des circonstances particulières, peuvent arriver à l’objection de conscience. Et aux nombreuses conséquences sociales que cette fidélité comporte.

Nous vivons une époque d’expérimentation sur la vie. Mais une mauvaise expérimentation. Produire des enfants au lieu de les accueillir comme un don, comme je l’ai dit. Jouer avec la vie. Faites attention, car cela est un péché contre le Créateur: contre Dieu Créateur, qui a créé les choses ainsi.

Alors que si souvent, dans ma vie de prêtre, j’ai entendu des objections. «Mais dis-moi, pourquoi l’Église s’oppose-t-elle à l’avortement par exemple? C’est un problème religieux?» — «Non, non. Ce n’est pas un problème religieux» — «C’est un problème philosophique?» — «Non, ce n’est pas un problème philosophique». C’est un problème scientifique, car il y a là une vie humaine et il n’est pas licite de tuer une vie humaine pour résoudre un problème. «Mais non, la pensée moderne...» — «Écoute, dans la pensée ancienne et dans la pensée moderne, le mot tuer signifie la même chose!».

Cela vaut aussi pour l’euthanasie: nous savons tous qu’avec autant de personnes âgées, dans cette culture du rebut, il existe cette euthanasie cachée. Mais il existe aussi l’autre. Et cela signifie dire à Dieu: «Non, la fin de la vie c’est moi qui la décide, comme je veux». Un péché contre Dieu créateur. Il faut bien penser à cela.

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