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Que faut-il corriger ?

Par Louis Even le jeudi, 01 juin 1944. Dans Crédit Social

Que faut-il corriger dans une machine, ce qui fonctionne bien ou ce qui fonctionne mal ? Ce qui fonctionne mal, évidemment.

Eh bien, qu'est-ce qui fonctionne mal dans le système économique ? La production va-t-elle mal au Canada ? Les produits viennent abondamment de l'agriculture et de l'industrie, aussi vite qu'on s'en sert.

Pendant la crise de 1929 à 1939, la production était très bien organisée. On n'en a jamais manqué. Mais l'argent pour acheter la production allait mal. On n'en avait pas, alors que la production était là. L'argent a augmenté en 1939 quand la guerre s'est déclarée, quand on a commencé à détruire. L'argent ne manque jamais pour financer la guerre. C'est un jeu criminel.

Pourquoi tous les partis politiques sont-ils satisfaits du système d'argent actuel ? Est-ce parce qu'ils sont liés par les puissances d'argent ? Ou bien, est-ce parce qu'ils trouvent plus facile de mener les hommes par le bout du nez lorsqu'ils ont les poches vides ?

Les Pèlerins de saint Michel de l'Institut Louis Even ont soupé de tous les partis politiques, des vieux comme des nouveaux, des décrépis comme des vernis. Ils veulent des hommes libres, et non pas des hommes avec un anneau dans le nez. C'est pour cela que les membres de l'Institut Louis Even demandent que l'argent soit aussi abondant que les choses du pays ; puis, que toutes les familles aient un minimum d'argent aussi garanti que l'existence de la production.

Le Crédit Social ne cherche pas de midi à quatorze heures. Il dit : Les produits sont là ; les besoins sont en face ; l'argent seul manque. Eh bien, c'est l'argent qu'il faut faire. Puis, pour que cet argent augmenté achète les produits qui attendaient, il faut que cet argent augmenté soit mis dans les maisons. Donc, l'argent nouveau, l'argent mis dans le pays en plus de l'ancien, c'est dans les maisons qu'il doit être placé directement.

C'est pour cela que le Crédit Social propose son dividende à tout le monde. Le dividende national, c'est une somme d'argent supplémentaire, en dehors de l'argent gagné en salaires, distribué à tout le monde, à chaque homme, femme et enfant du pays, sans enquête et sans conditions.

Un dividende à tout le monde, parce qu'il y a des produits pour tout le monde, qui attendent justement l'argent chez tout le monde.

Un dividende à tous, sans conditions. L'Institut Louis Even n'a pas peur de cela, parce qu'il n'est pas un parti politique, il n'est pas une clique qui veut du patronage, donner aux uns et refuser aux autres.

L'Institut Louis Even, c'est tout le monde, tout le monde sans exception. Le Crédit Social, c'est l'argent pour tout le monde, pour tout le monde sans exception.

Ce n'est pas tout le monde sur le même pied de fortune. Ceux qui gagnent plus continuent d'avoir plus. Mais le dividende, la partie de l'argent qui se donne quand le progrès augmente la production du pays, le dividende, c'est pour tout le monde pareil.

Le dernier né, dans le plus pauvre des foyers de la province de Québec, est aussi copropriétaire des forêts de la couronne, des chutes d'eau, de l'organisation sociale, de l'héritage scientifique et culturel de l'humanité, que le premier ministre ou que le plus gros homme d'affaires de la province. Et il a droit, autant qu'eux, à un dividende sur ce capital commun quand ce capital commun est producteur.

Voilà ce que proclame le Crédit Social et ce que comprennent le mieux ceux qui n'ont pas le cerveau ou le cœur bouché par des préjugés ou par l'égoïsme.

Si un ministre a un salaire de 10000 $ par mois, et que le dividende est de 800 $ par mois pour chacun, le ministre aura 10800 $ par mois mais le nouveau-né dans la cabane du pauvre a droit à son 800 $ par mois.

C'est cela le Crédit Social. C'est cela qui fait bouger des hommes et des femmes de cœur décidés à expulser la barbarie de leur pays et remettre la production nationale au service des familles, même si les maîtres de la finance et leurs valets des partis politiques crient à en fendre l'air.

Pas d'obstacle artificiel

Sous un régime créditiste, il n'y aurait jamais de problème financier :

Ni pour l'aide aux familles nombreuses ;

Ni pour l'aide aux colons ou aux cultivateurs ;

Ni pour la construction ou l'entretien de routes, d'hôpitaux, d'églises, d'écoles ;

Ni pour les mesures sanitaires.

Il y aurait des problèmes d'éducation, d'orientation, de formation de caractère, de recherches techniques. Mais ils ne seraient jamais doublés de problèmes financiers, parce que, sous un régime créditiste :

Tout ce qui est physiquement possible l'est financièrement.

Lorsqu'une chose est physiquement impossible, on ne l'entreprend pas, on ne songe même pas à l'entreprendre. Mais lorsqu'elle est physiquement possible et qu'elle est utile et désirée, c'est idiot de se créer une interdiction artificielle appelée « impossibilité financière ».

C'est un « non-sens financier » de laisser crever de faim des citoyens dans un siècle d'abondance. Même dans les pays du tiers monde les magasins et les entrepôts regorgent de produits.

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