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Qu'est-ce que le Crédit Social? Le christianisme appliqué!

le dimanche, 22 novembre 1981. Publié dans Crédit Social

Geoffrey DobbsVoici des extraits d'un pamphlet publié en anglais en 1981, écrit par Geoffrey Dobbs, d'Angleterre, l'un des premiers disciples de Clifford Hugh Douglas, le génie qui a découvert la philosophie du Crédit Social.

Des gens me demandent: «S'il vous plaît, expliquez-nous, en termes simples, ce qu'est le Crédit Social.» Pourrais-je le faire en une seule phrase? Certainement, et même en deux mots: christianisme appliqué!... Mais laissez-moi m'étendre un peu plus sur le sujet. Le Crédit Social est un nom donné à un certain mouvement de l'esprit humain, provenant originalement de l'esprit et des écrits d'un homme de génie et d'une grande vision, feu Clifford Hugh Douglas. Le but du Crédit Social est de «relier à la réalité» ou «exprimer en termes pratiques» dans le monde actuel — surtout le monde de la politique et de l'économique — ces croyances sur la nature de Dieu, de l'homme et de l'univers qui constituent la foi chrétienne — la foi transmise par nos ancêtres, et non pas celle changée et pervertie pour se conformer à la politique ou à l'économie d'aujourd'hui...

Qu'est-ce que la religion?

Ce sont souvent les meilleurs chrétiens qui craignent le plus de s'impliquer dans la politique ou l'économique, parce que l'expérience leur a enseigné que cela signifie habituellement mettre «César» avant Dieu, c'est-à-dire donner préséance aux croyances ou idéologies politiques ou économiques sur le christianisme. Ainsi, si nous définissons le mot «religion» comme étant cette croyance fondamentale sur la nature des choses qui détermine et dirige la vie de l'homme et son comportement, alors c'est «l'idéologie» — qu'elle soit de gauche, de droite ou du centre; de n'importe quel parti — qui est la véritable religion d'une personne, son christianisme n'étant qu'une chose secondaire, une simple opinion que la personne favorise mais qui ne fait pas de lien (en latin, «religare») avec le monde réel, qui n'a aucune incidence sur ce monde.

Ce fut Douglas qui a écrit: «Le christianisme est ou bien quelque chose d'inhérent dans l'essence même de l'univers, ou bien un ensemble d'opinions intéressantes.» Pour ceux qui adaptent la foi pour qu'elle corresponde à leurs conduites politiques et économiques, c'est clairement la deuxième définition du christianisme qui s'applique.

Le piège des «partis créditistes»

Je ne nie pas que certaines personnes qui se disent créditistes soient tombées dans ce piège, notamment celles qui ont utilisé le nom de «Crédit Social» pour promouvoir les intérêts d'un parti politique, surtout au Canada et en Nouvelle-Zélande. Le but d'un parti est «le pouvoir et le prestige pour nous et notre groupe», ce qui est tout à fait incompatible avec le christianisme et le Crédit Social. Il est significatif que les partis soi-disant «du Crédit Social» aient toujours fini par dénoncer Douglas et s'éloigner de plus en plus de tout ce qui ressemble au vrai Crédit Social...

Il y a toute la différence du monde entre changer le christianisme pour qu'il corresponde aux «réalités» d'un monde artificiel, fabriqué par l'homme, et changer le monde pour qu'il corresponde à la réalité ultime du royaume de Dieu. Les véritables créditistes emploient la deuxième manière...

Le crédit social

Ce mouvement influence le monde depuis maintenant plus de soixante ans. Ses effets sont répandus, mais n'ont pas été publicisés. Un de ses dons à l'esprit humain est le terme «crédit social» (sans majuscules), qui désigne quelque chose qui existe dans toutes les sociétés, mais à laquelle on n'avait jamais donné de nom auparavant, parce qu'on prenait cette chose pour acquis. Nous prenons conscience de l'existence du «crédit social», du crédit de la société, seulement lorsque nous le perdons.

Le mot «crédit» est synonyme de foi, ou confiance; ainsi, nous pouvons dire que le crédit est la foi ou confiance qui lie ensemble les membres d'une société — la confiance ou croyance mutuelle dans chaque autre membre de la société, sans laquelle c'est la peur, et non la confiance, qui cimente cette société... Quoi qu'aucune société ne puisse exister sans une certaine sorte de crédit social, ce crédit social, ou confiance en la vie en société, atteint son maximum lorsque la religion chrétienne est pratiquée, et atteint son minimum lorsqu'on nie le christianisme ou qu'on s'en moque.

Le crédit social est donc un résultat, ou une expression en termes concrets, du vrai christianisme dans la société, un de ses fruits les plus reconnaissables; et c'est le but et la ligne de conduite des créditistes d'augmenter ce crédit social, et de s'efforcer d'empêcher son déclin. Il y a des milliers d'exemples de ce crédit social qu'on tient pour acquis dans la vie de tous les jours. Comment pourrions-nous vivre le moindrement en paix si nous ne pouvons pas faire confiance à nos voisins? Comment pourrions-nous utiliser les routes si nous n'avions pas confiance que les autres automobilistes observent le Code de la route? (Et qu'arrive-t-il lorsqu'ils ne le font pas!)

A quoi servirait-il de cultiver des fruits ou des légumes dans des jardins ou des fermes si d'autres gens viendraient les voler? Comment n'importe quelle activité économique pourrait-elle exister — que ce soit produire, vendre ou acheter — si les gens ne peuvent, en général, compter sur l'honnêteté et des transactions justes? Et qu'arrive-t-il lorsque le concept de mariage chrétien, de famille chrétienne et d'éducation chrétienne des enfants est abandonné? Nous réalisons donc que le christianisme est quelque chose de réel avec des conséquences pratiques terriblement vitales, et que d'aucune manière le christianisme ne se limite à un ensemble d'opinions qui peuvent être choisies par ceux qui y sont intéressés.

Évidemment, les créditistes ne sont pas les seules personnes qui essaient de promouvoir le crédit social, la confiance en la vie en société. La plupart des gens sensés le font instinctivement, y compris de nombreuses personnes d'autres religions qui craignent Dieu... Mais les créditistes sont les seuls personnes qui défendent consciemment le crédit social, et savent où ils s'en vont, de sorte qu'ils peuvent montrer quel chemin suivre à ceux qui sont inconscients. (...)

Le «discrédit» social

Tout comme il existe des créditistes — qui sont conscients de l'être ou qui le sont sans le savoir — essayant de construire le crédit social (la confiance en la vie en société), de même existent d'autres personnes qui essaient de détruire ce crédit social, cette confiance en la vie en société, et qui malheureusement connaissent beaucoup de succès dans cette destruction. Parmi ceux qui détruisent con-sciemment, on peut compter les communistes et autres révolutionnaires, qui cherchent ouvertement à détruire tous les liens de confiance qui permettent à notre société de fonctionner, cela dans le but de hâter le jour de la révolution... Mais il y a aussi ceux qui détruisent inconsciemment le crédit social, et qui sont responsables, en Occident, des succès de ceux qui détruisent consciemment...

Pourquoi les usines et fabricants nous refilent-ils tant de produits de pacotille à des prix si exorbitants, et nous amènent à les acheter avec des emballages et de la publicité conçus de manière astucieuse?... Et surtout, pourquoi des millions de travailleurs respectables de toutes classes prennent-ils part dans les grèves, conçues délibérément pour diminuer ou stopper les services à leurs concitoyens?... Qu'est-ce qui peut donc pousser des gens respectables à descendre si bas? Nous savons tous la réponse. Il y a un facteur commun à toutes ces grèves et actes destructeurs: le besoin de plus d'argent pour faire face au coût de la vie de plus en plus élevé.

L'argent et les experts

J'en arrive donc enfin à la question de l'argent. Certaines personnes pensent que le Crédit Social se résume à une question d'argent. Ils ont tort! Le Crédit Social n'est pas avant tout une question d'argent, mais essentiellement une tentative d'appliquer le christianisme dans les questions sociales, dans la vie en société; et si le système d'argent se trouve être un obstacle à une vie plus chrétienne (et c'est effectivement le cas), alors nous, et tout chrétien, devons nous soucier de ce qu'est la nature de l'argent, et pourquoi l'argent est un obstacle.

Il existe un urgent besoin que plus de gens examinent de plus près le fonctionnement du système monétaire actuel, quoiqu'il ne soit pas demandé à tout le monde d'être des experts sur ce sujet. Mais lorsque les conséquences du système monétaire actuel sont si abominables, tout le monde doit au moins saisir les grandes lignes de ce qui ne fonctionne pas et doit être corrigé, afin de leur permettre d'agir en conséquence...

Le rôle des consommateurs et du public est d'insister sur les résultats requis (ce que les hommes doivent obtenir du système économique), et celui des spécialistes et des experts (les économistes et les banquiers) est de concevoir les techniques et méthodes qui permettent d'atteindre ces résultats. Le public doit exiger le remplacement des experts qui faillissent à la tâche, ou demander que ses représentants élus obligent ces experts à se retirer...

Douglas, un véritable expert

Clifford Hugh Douglas

Clifford Hugh Douglas

Douglas s'est servi de ses connaissances d'expert en ingénierie, y compris un travail de pionnier en automation et dans la comptabilité des industries, pour mettre le doigt sur le défaut du système financier actuel, et proposer des moyens efficaces de le corriger... Il a débuté en supposant simplement que le but de la production était de produire ce que les gens désirent, en tant que consommateurs, et de le faire de la manière la plus exacte possible, avec le moins de perte possible de matériel, d'énergie ou d'effort humain.

Ayant attiré l'attention sur le défaut dans la façon dont l'argent était émis et contrôlé, et qui empêchait ce but de la production d'être atteint, Douglas s'attendait à ce que les autorités concernées étudient le problème de façon honnête, et y remédient si ses affirmations s'avéraient exactes.

Au lieu de cela, Douglas découvrit que ceux qui contrôlaient l'économie par la finance étaient bien au courant de la situation (du défaut du système financier actuel), mais avaient un tout autre objectif en tête, principalement le plein emploi de toute la population...

Comme le fit remarquer Douglas, ces deux objectifs (produire avec le moins d'énergie et de labeur humain possible, ou le plein emploi) sont totalement opposés et incompatibles, mais il découvrit bien vite qu'en économique, il n'est pas permis de poser des questions du genre: «Qu'est-ce que l'argent; quel est le but de l'industrie et du commerce?»

De telles questions sont répondues, non pas par l'économique ou toute autre science, mais par la religion, et la réponse que nous donnons à ces questions révèle très bien quel genre de religion nous pratiquons. C'est ainsi que les créditistes ont découvert que le gros bon sens qu'ils essaient de mettre en application est en fait chrétien dans son origine.

Quelle est la fonction de l'argent?

Le premier point au sujet de l'argent est qu'il a cessé de consister en métal précieux tel que l'or, un des biens existant sur cette planète, et que Dieu nous a donné gratuitement... Au fur et à mesure que la capacité de produire de notre technologie augmentait, il était de moins en moins logique de restreindre la distribution des produits de la technologie à la quantité de tel ou tel métal précieux qui serait découvert. Le remplacement par un système de simple comptabilité — des chiffres sur du papier — fut un énorme progrès, sans lequel l'industrie et le commerce ne seraient jamais devenus ce qu'ils sont aujourd'hui.

Mais remarquez les changements qui ont eu lieu. L'argent actuel, communément appelé crédit bancaire, est entièrement artificiel, créé par certains hommes, qui ont le monopole de sa création et distribution. Etant purement symbolique, il n'est sujet à aucune limitation: il est aussi facile d'écrire un million que cent dollars. L'argent ou crédit bancaire naît toujours sous forme de dette, c'est-à-dire, sous forme de prêt remboursable à ceux qui créent l'argent...

Ne vous y trompez pas! L'argent est le moyen d'obtenir la dictature la plus complète qui n'ait jamais existée sur les êtres humains. Ne pensez par exemple qu'au pouvoir que cette dictature exerce sur tous les aspects de notre société, y compris nos propres vies, et tous les médias, influences et institutions qui pèsent sur nous. Peut-être comprendrez-vous maintenant pourquoi Douglas et ses disciples qui ont exposé au grand jour ce monopole du crédit sont «inacceptables» pour les partis politiques ou les facultés d'économie, et pourquoi les médias ne parlent jamais d'eux ni du vrai Crédit Social.

Si vous réfléchissez bien à cette question, vous verrez qu'une économie qui dépend entièrement de l'argent émis sous forme de dette ne peut rembourser cette dette sans en venir à la paralysie, au chaos, la famine et la révolution, à moins, bien sûr, de continuer d'emprunter de plus en plus. Nous sommes donc prisonniers d'une dette impayable, avec aucun moyen de s'en sortir dans le système financier actuel, où tout argent nouveau est émis sous forme de dette...

Il a été dit que l'argent est le dieu de ce monde, et que l'amour de l'argent est la racine de tous les maux (pas l'argent en soi, mais l'amour de l'argent). Il a été dit aussi que la preuve que nous aimons Dieu, c'est d'observer ses commandements. Alors, à quel Dieu obéissons-nous le plus?...

Adoration du veau d'or du système bancaire

L'abondance donnée par Dieu

Lorsqu'on posa à Notre-Seigneur cette question piège: «Est-il permis ou non de payer le tribut à César?», lui offrant de faux choix de réponse, Jésus refusa de tomber dans leur piège, mais reformula la question de manière à ce qu'elle puisse recevoir une véritable réponse; c'est ce que nous devrions faire lorsque les politiciens nous forcent à choisir entre plus de chômage ou plus d'inflation. En effet, ce qui appartient à Dieu dans son monde créé, c'est une abondance de ressources pour tous nos besoins, et une immense expertise technologique héritée gratuitement des savants et inventeurs passés, inspirés par l'Esprit de Vérité.

La vraie réponse, c'est que l'accès à toutes ces richesses que Dieu nous offre gratuitement ne doit pas nous être refusé par un système de comptabilité créé par l'homme, un système qui devrait justement nous faciliter cet accès. Ce système devrait refléter, et non dicter, les choix faits par les personnes.

La création d'emplois inutiles

Il existe une confusion immense à ce sujet, compliquée d'autant plus par la notion puritaine qu'il est mal de recevoir «quelque chose pour rien», même s'il s'agit des dons gratuits du Créateur, qui nous sont transmis par notre héritage culturel. Selon cette notion puritaine, nous devrions «mériter» ce que nous recevons par la «sueur de notre front» dans un emploi quelconque, mais si notre travail n'est plus nécessaire parce qu'une machine peut faire le même travail d'une meilleure façon, alors des emplois inutiles doivent être créés afin de nous donner bonne conscience, parce qu'en étant ainsi employés dans des travaux inutiles, nous nous imaginons faire notre part pour la société, en «gagnant notre pain à la sueur de notre front».

Quoique probablement environ la moitié de la population «employée» fournirait une meilleure contribution économique à la société en restant tout simplement chez eux, recevant le même salaire, et s'abstenant d'intervenir dans le processus économique — sauf, peut-être, s'occuper de leur maison et de leur famille, cultiver leur jardin, donner un coup de main aux voisins ou autres personnes, sans se vanter qu'ils méritent ainsi ce qu'ils reçoivent...

Malgré tous les efforts faits récemment pour nous convaincre que notre planète est pauvre et stérile, surpeuplée d'une masse d'individus sans cervelle qui ne cessent de se multiplier, et qu'il existe un besoin urgent de règlements et contrôles draconiens au moyen d'un gouvernement mondial central et d'une vaste bureaucratie, il est plus qu'évident que partout où les gens sont libres de produire sans ingérence, et que leurs efforts sont récompensés financièrement, une abondance de produits devient disponible, qui peut même résulter en des surplus encombrants, lorsque le pouvoir d'achat est restreint. Sauf dans le cas de catastrophes naturelles, l'extrême pauvreté et la famine dans le Tiers-Monde, dont nous entendons tant parler, sont causées par des hommes, et lorsqu'elles ne sont pas dues à la guerre, à la révolution ou au désordre civil, sont dues au mauvais traitement de la nature sous des pressions financières...

Argent sans dette et dividendes

Du crédit libre de dette, appliqué à une réduction des prix, est la seule manière de stopper l'inflation — qui est inséparable du système actuel d'argent-dette — sans étrangler l'économie.

De la même manière, la seule possibilité de libérer les gens du fardeau abrutissant du travail routinier inutile ou du fardeau encore plus abrutissant du chômage, est de distribuer «le salaire de la machine» à tous, non pas selon nos «mérites», mais en tant que notre part de l'héritage culturel (le progrès hérité des générations passées, et les richesses naturelles). Cela nécessiterait l'usage d'argent libre de dette, non pas dans une quantité illimitée, mais précisément selon le montant requis pour éliminer les dettes, ce qui autrement ne pourrait se faire qu'en empruntant, ou par des coupures et plus de chômage...

L'alternative est de continuer de vivre dans ce monde dominé par l'argent où des emplois doivent être créés à tout prix par de l'argent emprunté, jusqu'à ce qu'une hyper-inflation ou un chômage de masse nous amène au désespoir, à la révolution, et au gouvernement totalitaire où tout le monde est esclave de l'Etat. Cependant, les conséquences ultimes vont beaucoup plus loin que le seul niveau politique ou économique.

La foi et les œuvres

Comment alors nos objectifs peuvent-ils être appliqués? «Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et sa justice»; cela signifie retourner à la réalité de Dieu, et la comparer avec la fausse réalité du monde humain dominé par l'argent, et prendre la peine de comprendre combien la religion chrétienne, qui fait partie de l'essence même de l'univers, a été corrompue et détournée de sa fin par l'acceptation implicite et inconsciente de la domination de l'argent avec ses fausses valeurs, comme faisant partie de la «réalité», du monde actuel en continuel changement, auquel on répète sans cesse que notre religion doit s'adapter.

La foi sans les œuvres, c'est la mort, mais notre foi est très vivante. Alors, tout cela nous mène à l'action... Chaque créditiste doit être une bougie d'allumage pour une telle action parmi ses concitoyens, les aidant et leur montrant comment défendre ou augmenter le crédit social... Il y a place pour vous dans cette aventure!