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Le Crédit Social n'est pas un monopole d'État

Écrit par Louis Even le dimanche, 01 mai 2011. Publié dans Crédit Social

Un grand évêque canadien disait un jour à Louis Even que le Crédit Social est bon, mais qu’il craignait qu’il devint dangereux, entre les mains d’un parti oppresseur qui prendrait le pouvoir. Louis Even éclaircit cette question:

Cet évêque avait bien raison de trouver le Crédit Social bon, car il l’est. Mais plus renseigné, il l’aurait trouvé encore meilleur et n’aurait pas exprimé la crainte de voir le Crédit Social devenir un outil dangereux entre les mains d’un gouvernement oppresseur. Le Crédit Social, en effet, n’est nullement le remplacement du monopole bancaire par un monopole financier d’État. Ce n’est pas l’argent du pays fait par le gouvernement à sa guise pour ses fins propres.

Le Crédit Social envisage le fonctionnement du système monétaire d’une manière judiciaire. Le gouvernement nomme bien les juges, mais il ne s’immisce pas dans leurs jugements. Et les juges eux-mêmes, ou les jurés dans le procès par jury, ne rendent pas leurs verdicts pour des fins de profit ou autres. Les honoraires n’ont rien à voir avec les jugements qu’ils rendent. Ils jugent sur des faits, des faits dont ils ne sont ni les auteurs ni les instigateurs. Ils jugent en fonction des témoignages établissant ces faits, et ce sont d’autres qu’eux-mêmes qui témoignent.

Pouvoir d’achat garanti

De même, pour un système monétaire conforme aux données du Crédit Social, le gouvernement nommerait les membres de l’organisme monétaire (qui pourrait très bien être la Banque du Canada), chargé de conformer le système monétaire à la fin assignée par la loi établissant cet organisme: finance reflétant exactement les faits de la production et de la consommation; pouvoir d’achat garanti à tous par un dividende périodique; coefficient appliqué à tous les prix comptables pour les ajuster au pouvoir d’achat global effectif, coefficient déterminé mathématiquement, d’une période à l’autre, par le rapport de la consommation totale à la production totale dans la période immédiatement écoulée.

Cela défini, l’organisme procéderait sans intervention du gouvernement, tablant ses opérations sur les faits mêmes de la production et de la consommation, faits qu’il ne dicte pas, qu’il constate seulement, et qui sont l’œuvre de producteurs libres et de consommateurs libres. Le coefficient de prix (escompte compensé) porterait sur tous les prix comptables indistinctement, et ces prix ne seraient nullement dictés par l’Office monétaire, mais continueraient d’être établis par les producteurs eux-mêmes, d’après leur propre comptabilité des prix de revient.

Puis, de même que la justice est rendue au vu et su de tous, de même aussi, l’Office monétaire produirait et publierait les bilans périodiques sur lesquels il base ses calculs de dividendes et d’escompte compensé.

Les réalités

Quant au gouvernement, il continuerait à obtenir des représentants du peuple ses autorisations de dépenses publiques. Mais, au lieu de prendre en considération la possibilité de taxer les revenus des citoyens, gouvernements et parlements prendraient en considération la capacité de production du pays, la possibilité physique de répondre aux besoins publics tout en continuant de répondre adéquatement aux besoins privés. Autrement dit, gouvernement et parlement se baseraient sur des réalités; l’Office monétaire établirait simplement le mouvement du crédit en fonction de ces réalités, pour la production et la consommation publiques comme pour la production et la consommation privées.

Impossible de déceler la moindre prise à la dictature dans un tel mécanisme. Et c’est ce qui fait la différence de blanc à noir entre le Crédit Social et le socialisme d’État. Le socialisme fait des plans auxquels doivent se conformer les citoyens; c’est un règlement de contrainte. Le Crédit Social, lui, considère les citoyens comme des actionnaires dans la production du pays, qu’il ne dicte ni ne dirige d’aucune façon; il leur en expose le bilan périodique et leur distribue des dividendes.

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