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L’application du Crédit Social sera obtenue par l’apostolat et non par les partis politiques

Écrit par Louis Even le dimanche, 01 août 2010. Publié dans Crédit Social

Dans cet article, nous allons parler du Crédit Social que Vers Demain prêche depuis soixante-onze ans. Non pas de soi-disant «partis» du crédit social auxquels, au contraire, Vers Demain est opposé.

Qu’est-ce que le Crédit Social ?

Le Crédit Social, ses propositions financières, les voici en quelques mots: Toute personne devrait recevoir chaque mois ou périodiquement, un dividende qui lui permettrait au moins d’avoir le nécessaire; un dividende qui grossirait à mesure que la production se passe du besoin de bras, du besoin d’emploi.

Vous savez: l’emploi est récompensé par le salaire mais le capitalisme est récompensé par le dividende. Alors nous considérons que toute personne, aujourd’hui, dans le monde moderne, est en naissant un capitaliste. Pourquoi ? Parce qu’elle hérite de bien des choses qui ont été accumulées par les générations passées et qui font qu’aujourd’hui la production marche dix fois plus vite, cent fois plus vite; qu’elle est cent fois plus abondante qu’il y a quelques siècles. Et ce n’est pas le fait des travailleurs modernes; c’est le fait de l’héritage transmis de génération en génération: le savoir, la technique, la science appliquée, etc.

Puis l’autre point: qu’il y ait en tout temps un pouvoir d’achat global au niveau de la production globale. Cela veut dire que, s’il y a par exemple trente milliards de production dans une année, dans un pays, il doit y avoir au cours de cette année trente milliards de pouvoir d’achat total pour l’obtenir. Et même davantage parce qu’il y en a qui n’emploient pas leur pouvoir d’achat. Il ne faut pas que la production reste là quand elle est en face de besoins.

Alors, ça et surtout le dividende du Crédit Social, c’est la reconnaissance du droit de chaque personne. Elle a d’abord un droit fondamental aux biens de la terre. On l’a dit bien souvent: à titre de personne humaine, elle a droit à une part des biens de la terre et c’est aux pays, aux différents peuples, à s’organiser pour cela. Dans notre pays, la production peut y suffire et nous disons que puisqu’il faut de l’argent pour acheter, eh bien, le droit fondamental à une partie des produits c’est le droit fondamental à une certaine quantité d’argent. C’est le dividende.

Ce serait bien mieux reconnaître le droit de chaque personne à une part des biens de la terre que les lois de sécurité sociale qu’on a aujourd’hui, lois qui sont bonnes. Elles sont bonnes; pourquoi ? Parce qu’elles aident ceux qui sont dans le besoin. Mais elles les font aider comme nécessiteux au lieu de les faire récompenser comme capitalistes. Elles les font aider comme nécessiteux de sorte qu’ils ont l’air presque de mendiants; ils sont obligés de supplier. Ainsi, pour obtenir l’allocation mensuelle à laquelle la loi de l’assurance chômage leur donne droit, ils sont obligés de présenter leur cas, de le laisser examiner par des enquêteurs. Ce n’est pas bien digne pour la personne humaine. Il y a mieux que cela.

Nous considérons, nous les créditistes, les lois d’assistance sociale d’aujourd’hui comme intéressantes mais seulement comme des mesures de transition. Il faut aller plus loin que cela. Il faut que l’homme soit reconnu comme un participant aux bienfaits de l’association, aux bienfaits de la vie en société.

Quand le Crédit Social sera-t-il appliqué ?

Quand est-ce que ça viendra? Quand la mentalité sera gagnée à cette idée là. Il y a du progrès dans les mentalités… Il y a trente ans, on ne pouvait pas parler d’argent non gagné, puis distribué quand même. On en parle aujourd’hui, dans les lois d’assistance sociale. Ce n’est pas de l’argent gagné par le travail mais c’est de l’argent distribué quand même. C’est déjà un gros pas de fait. Il y en a d’autres aussi. On fait améliorer l’esprit dans l’application des lois. On fait les fonctionnaires devenir plus humains. On fait le gouvernement aussi mieux connaître les besoins des individus en les faisant valoir.

Par exemple, les créditistes sont forts là-dessus: Ils vont partout, ils savent ce qui se passe. Ils crient. Ils demandent. Le journal Vers Demain que les apôtres du Crédit Social essaient de répandre de plus en plus, le journal Vers Demain crie et dénonce les cas de misère qui sont sans assistance. Il dénonce aussi le mauvais esprit qui est dans l’application des lois. Il dénonce ce qui fait défaut là-dedans et il continue de demander le Crédit Social.

Vous direz: «Quand est-ce que vous l’aurez le Crédit Social ? Vous ne l’obtiendrez pas avant d’avoir du monde dans le parlement !» Ça c’est un faux raisonnement. On ne change pas la mentalité du monde en mettant des gens dans le parlement! C’est bien le contraire! Mettre des gens dans les parlements, c’est pourtant ce que veulent les partis politiques. Et les soi-disant «partis» du crédit social d’aujourd’hui ou d’hier, c’est absolument la copie des autres partis. Et même pire que les autres partis parce qu’ils abusent d’un beau nom pour faire les mêmes mauvaises choses.

Aujourd’hui, regardez donc les Bérets Blancs, ce qu’ils font. Est-ce qu’ils sont pour le parti? Non! Ce sont des travailleurs. Les apôtres, eux, regardent autre chose que vers le parti politique. Les financiers, eux autres, sont bien contents qu’il y ait eu un parti du crédit social pour prendre l’idée. Pourquoi? Parce que le parti du crédit social galvaude le mot «crédit social». Quand vous allez dans une maison pour parler aux gens du Crédit Social, si l’homme qui est là, est partisan soit du parti libéral ou bien du parti conservateur, il répondra: «Ah non! Je ne suis pas de ce parti-là, moi!» Il considère l’idée de parti, au lieu de considérer la doctrine. Alors il est rebuté. Tout de suite il se met en garde contre la présentation de la doctrine du Crédit Social.

Le Crédit Social est un principe universel qui va à tout le monde, non seulement dans notre pays mais partout. C’est une doctrine que peut prendre tout le monde. Alors, si vous la ratatinez dans un parti politique, vous fermez la porte à l’esprit chez les autres. Vous les faites fermer votre accueil; ça ne marche pas. De plus, les financiers sont bien contents de diviser le peuple et de l’empêcher d’être en force. Eux, les financiers, n’ont pas peur des parlements. Quand ils n’ont devant eux que les parlements, cela fait bien leur affaire. Pourquoi? Parce que pour rentrer dans le parlement, on a besoin des financiers, pour commencer. C’est eux qui financent les élections.

Deuxièmement, quand on est dans le parlement, eh bien les financiers sont dans les coulisses. Et ils sont forts: sans occuper aucun siège, ils mènent tout de même. C’est eux qui mènent la législation du pays et ils ne se font pas élire. Non, ils sont une force! Une force de pression sur les élus et ils ne craignent pas du tout les élus. Ils sont plus forts qu’eux. Changez les élus tant que vous voudrez; mettez des petits, mettez des gros, mettez des bleus, mettez des rouges, mettez des gens avec des nouvelles idées, peu importe, ça ne signifie rien. Ils pourront venir au parlement, même avec de la sincérité et ils n’en ont pas gros. Mais même avec de la sincérité, pour se maintenir là, ils seront pris comme les autres. Ils ne seront pas capables de rien faire. Ils vous le disent tous: «Je ne suis pas capable: c’est le parti, c’est le parlement, c’est le gouvernement»; ou bien: «c’est une impossibilité, il n’y a pas d’argent, etc.».

Les financiers tiennent la place. Ils tiennent la place dans les coulisses. Ils tiennent la place même dans la population. Il faut absolument changer la mentalité du peuple, monter une force dans le peuple qui va faire ce que font les financiers dans les coulisses (faire pression sur les élus); monter une force dans le peuple qui ne mettra pas son importance sur les élections, ni sur les élus, mais sur le peuple lui-même et sur l’affirmation de ses idées. C’est alors que vous aurez quelque chose, non seulement de durable, non seulement de permanent, mais quelque chose de fort. Et ça ne prend rien de moins que cela.

Vous allez dire: «Oui, mais ça va prendre du temps pour avoir cela!» En effet, ça prend du temps pour transformer un peuple. Ça prend du temps pour transformer une idée; transformer l’idée d’aujourd’hui qu’on a tout fait pour l’argent. On a la civilisation de l’argent: il faut la changer en une civilisation de l’homme, en une civilisation de l’esprit, en une civilisation fraternelle. Ça prend bien du temps quand on a fait tout le contraire pendant des années et peut-être des siècles.

Les électoralistes, ceux qui font la promotion de partis du crédit social ou autres, n’obtiennent rien, ceux qui ont été dans les parlements jusqu’à présent, n’ont rien donné au peuple de permanent, rien de stable, rien de bon. Ils n’ont pas tiré une seule personne de sa misère, pas une personne de sa détresse, tandis que ceux qui ne sont pas dans les partis, comme ceux que forme le journal Vers Demain, les gens qui sont dans le mouvement de Vers Demain, appelez-les les Bérets Blancs ou appelez-les comme vous voudrez, ces gens-là font des choses, ils vont au monde. Ils prennent les lois qu’il y a actuellement et ils les font appliquer. Ils règlent des cas. Ils font du bien aux autres. Ils font un monde meilleur. Ils bâtissent, par degrés, le monde meilleur de demain. Brique à brique, ils élèvent ça, contrairement aux parlementaires et à ceux qui attendent les élections, non pas pour sauver le peuple mais pour dire qu’ils vont le sauver, pour essayer de le sauver, pour tâcher d’avoir une majorité dans le parlement pour faire les lois d’abord.

La majorité créditiste dans le parlement, vous ne l’aurez pas avant l’an trois mille ou quatre mille. Ensuite, vous ne l’aurez jamais. Ce n’est pas ainsi que ça marche ! Et même s’ils étaient en majorité, ils ne pourraient rien faire parce que les financiers sont plus forts que tous les parlements du monde. Il faut autre chose que cela: encore une fois, il faut la force du peuple.

Et Vers Demain obtient des résultats, non seulement par les lois de sécurité sociale que nous avons. C’en est, ce sont des résultats. On a fait admettre que les gens qui sont dans le besoin ont le droit de vivre et s’ils ont le droit de vivre, ils ont droit à de l’argent. C’est déjà un gros point. On a fait admettre d’autres points; on fait admettre que la dictature financière est la cause de tout cela. On travaille à la casser. Vous allez dire: «Vous n’êtes pas capables de la casser!» Mais plus Vers Demain grossit, plus elle se casse.

Il faut que le peuple devienne fort et que les politiciens deviennent petits. Nous arriverons certainement à des résultats petit à petit mais plus rapidement qu’on pense si la force grossit. Et la force peut grossir à la condition qu’on mène le peuple dans la bonne voie et non pas dans une voie de travers. La force de Vers Demain grossira en multipliant le nombre d’abonnés à Vers Demain.

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