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Ajouter, maintenir ou retrancher?

le samedi, 01 juin 1940. Dans Crédit Social

Tout le monde — sauf les toqués volontaires — admettent que l’argent est aujourd’hui trop rare pour atteindre son rôle, pour écouler les produits. D’où la nécessité d’en créer et de l’ajouter à la circulation : par le dividende et par l’escompte compensé, disent les créditistes.

Mais faudra-t-il laisser cet argent en circulation indéfiniment ?

Si l’on ajoute de l’argent à la circulation pour élever le pouvoir d’achat au niveau de la production, il ne peut être question de retirer cet argent, ce qui abaisserait de nouveau le pouvoir d’achat au-dessous de la capacité de production. Quel intérêt y aurait-il à re-créer la pénurie d’argent ?

Mais si la capacité de production diminuait ? Ce n’est guère à prévoir sous un régime où la production serait encouragée par la présence assurée d’un marché solvable, en autant du moins qu’il s’agit de production répondant à des besoins, la seule méritant le nom de richesse.

Toutefois, on peut supposer des circonstances où il y aurait à retirer de l’argent de la circulation. Ce serait, croyons-nous, surtout pour entretenir la bonne circulation. Dans ce cas, on tire d’une main là où il y a congestion pour injecter de l’autre dans les capillaires même du système distributeur.

Injection, retrait, ré-injection doivent dans tous les cas être réglés d’après les faits et les besoins du corps économique, dont l’argent est comme le sang porteur de vie.

* * *

Comment pourrait se faire le retrait de l’argent sous un régime de Crédit Social, nous demande le correspondant qui nous inspire ces remarques ?

Mais comment le gouvernement retire-t-il l’argent aujourd’hui ?

La technique, créditiste, d’ailleurs, se sert de deux moyens de distribution et de régularisation : le dividende et le cœfficient de prix. Ce cœfficient de prix est un facteur par lequel on multiplie le prix de vente de tous les biens de consommation, dans le commerce de détail, pour placer constamment le prix d’écoulement au niveau du pouvoir d’achat.

Ce cœfficient est inférieur à l’unité lorsque le pouvoir d’achat est inférieur aux prix, et alors l’acheteur bénéficie d’un escompte (escompte compensé au marchand). Ce serait le cas normal pour une bonne période au moins.

Si le pouvoir d’achat est équivalent aux prix, le cœfficient est un, c’est-à-dire que l’acheteur paie le prix de vente tel que marqué.

S’il est nécessaire de retirer de l’argent de la circulation, soit parce que la capacité de production aurait baissé, soit (ce qui est plus probable) pour pouvoir entretenir un dividende pour une répartition sociale des biens répondant aux besoins primaires, le cœfficient devient supérieur à l’unité. C’est-à-dire que l’acheteur paie plus que le prix de vente (sorte de taxe de vente), et le revenu de ce surplus va à la commission centrale qui éteint cet argent ou le redistribue par les dividendes.

Dans les trois cas, l’argent se trouve réglé de façon à ce que toute la production utile atteigne les consommateurs : c’est le but de la production et la fonction de l’argent est d’y concourir.

1 juin 1940 page 5, 1940_06_No14_P_005.doc

 

 

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