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Pour mieux comprendre la musique

le vendredi, 15 décembre 1939. Dans La musique

Vd 1 déc 1939 p6

LA MUSIQUE

De tout temps et dans tous les pays, les philosophes se sont accordés sur un point, celui de l’utilité de la musique. Certains d’entre eux, comme par exemple le philosophe grec Platon, attribuent à l’art musical une signification, une importance qui ne semble plus exagérée aujourd’hui avec la radiophonie et ses développements. En effet, que nous le voulions ou non, nous sommes destinés à entendre de la musique du matin au soir. Dans ces conditions, ne vaut-il pas mieux être éclairé, savoir ce dont il s’agit, en un mot, connaître les éléments constitutifs d’une belle œuvre ? Ce nous est donc un bien grand plaisir de répondre à l’invitation du vaillant journal Vers Demain et d’essayer, au profit de ses lecteurs, de dresser une synthèse des caractères de l’art musical.

La plupart des auditeurs des postes de radio seraient bien en peine d’expliquer d’où vient le plaisir qu’ils goûtent à l’audition d’une romance, d’un air de danse ou d’une symphonie. On ne se soucie pas en général d’être éclairé là-dessus. Ils sont innombrables les gens qui n’ouvrent leur radio que par besoin d’entendre du bruit autour d’eux. Ils tourneront jusqu’au dernier échelon la manette de contrôle du volume. On écoute parfois confortablement, chez soi, un programme de radio qui vient de chez le voisin ! Nous l’admettons : il importe peu à ces gens que ce qu’ils entendent soit d’un genre ou d’un autre. Ce n’est pas pour eux que nous écrivons ce qui suit. Nous écrivons pour ceux qui croient que la musique est une culture. Ceci dit, revenons à notre sujet.

LA CHANSON

À tout seigneur tout honneur : la chanson sous ses multiples formes nous procure une bonne part de nos plaisirs radiophoniques. Elle n’est pas toujours bien faite, mais elle est rarement désagréable. Cela provient 1° de ce que la chanson est courte presque toujours ; 2° de ce que son rythme est vivant si la mélodie ne l’est pas ; enfin 3° de ce que les mots viennent encore combler ce qui lui manque d’intérêt au point de vue mélodique ou rythmique. Ainsi la moindre chanson a plus de chance de nous intéresser que la plupart des autres genres.

LA MUSIQUE DE DANSE

De la chanson est venue la musique de danse — qui elle-même a réagi sur la chanson. La musique de danse est souvent vulgaire, mais il faut dire dans ce cas que l’orchestre y est pour quelque chose — quand il s’agit d’un orchestre. Nous avons entendu à Paris des airs de danse en vogue joués avec un relief extraordinaire par des ensembles comme la Garde Républicaine. Le même air, n’aurait fait prêter l’oreille à personne s’il avait été exécuté par certains orchestres américains trop encombrés de saxophones ou de trombones à coulisse. Il est à peine nécessaire que nous signalions, dans ce paragraphe sur la musique de danse, le genre : jazz qui constitue le genre exclusif de trop de jeunes gens.

LA MUSIQUE INSTRUMENTALE

À coté de la chanson et de la musique de danse, sur lesquelles nous reviendrons, il y a ce qu’on appelle la musique instrumentale à un ou plusieurs instruments. Rien n’est plus curieux que de repasser les classifications auxquelles ces deux genres ont donné lieu dans le public. Des demoiselles dotées d’un diplôme de musique avancé appelleront "classique" toute musique qui ne sera pas de la musique de danse, comme par exemple Le Rosaire, de Nevin. Il y a aussi une division qu’on appelle musique semi-classique. Celle-là a été popularisée par les éditeurs. On range sous cette dénomination tout ce qui n’est pas dansé et qui n’est pas matière d’étude dans les programmes d’écoles de musique. Comment sortir de ce fouillis ? Il faut en effet commencer notre travail par une bonne détermination des genres avant de tenter de les expliquer et de les faire comprendre. Nous voudrions de plus être clair et ne donner que l’essentiel. Voici donc, ce que nous proposons :

I—LA CHANSON : Folklore, Romance, Berceuse, Complainte, genre Café-Concert ;

II—MUSIQUE INSTRUMENTALE qu’on partagera en deux catégories, la musique d’expression et la musique pure ;

III—LA MUSIQUE LYRIQUE ou Opéra comprenant tous les genres qui précèdent avec en plus les éléments dramatiques et scéniques.

Dans la prochaine édition de Vers Demain nous commencerons à expliquer en détail chacune de ces catégories.

Eugène LAPIERRE, D.M.

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