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Réaction contre le séparatisme communiste

Écrit par Louis Even le samedi, 21 novembre 1964. Publié dans Conspiration

Un halte-là longtemps attendu — De la part de ministres — De la part de journaux

Louis Even

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Publicité prodiguée aux rouges

Le journal Vers. Demain, dans ses pages et dans ses émissions hebdomadaires, a souvent dénoncé et déploré la propagande communiste faite en notre pays, par des individus et des groupes bénéficiant de l'insouciance des hommes •en place, de la publicité qui leur est prodiguée dans les journaux, des tribunes qui leur sont ouvertes dans les grands moyens de diffusion.

Aussi sommes-nous heureux de voir enfin une réaction s'amorcer contre cette vermine envahissante, qui a surtout exploité le sentiment nationaliste canadien-français pour fomenter un séparatisme fortement chargé de communisme.

Il en était temps. Depuis une couple d'années surtout, à lire les journaux, à écouter les carrefours et autres colloques à la radio et à la télévision, on aurait pu croire que la grosse majorité de la population du Québec était pour le séparatisme. Cette publicité a tellement joué que les séparatistes eux-mêmes ont fini par se croire les maîtres des lieux, et ils n'ont plus caché leur dessein réel. Ils l'ont même proclamé par écrit : leur but, dans l'indépendance, est de créer au Québec "un État marxiste-léniniste", donc un État communiste de la plus authentique espèce.

A l'occasion de la visite de la Reine, déclarations, menaces, avec rapports privilégiés dans les journaux, ont dépassé toutes les bornes.

Séparatisme pourri de communisme

En elle-même, l'idée d'un Québec indépendant est loin d'être nouvelle. Ce qui est nouveau, c'est la tournure qu'elle a prise en passant sous la coupe d'agitateurs s'inspirant de Lénine et de Castro.

Il y a quelques années, quand on parlait de séparatisme, c'est à Raymond Barbeau que l'on pensait. Il propageait proprement et sans arrière-pensée ses arguments en faveur d'un Québec indépendant.

Mais les communistes qui, à notre époque, s'infiltrent partout où se forment des mouvements pour l'indépendance, ne pouvaient voir de bon œil le séparatisme québécois sous la direction d'un homme de droite comme Barbeau. Il fallait le déplacer. Et ce fut fait, par degrés, mais rapidement.

Premier instrument : Marcel Chaput. Ce qui ne "veut pas dire que Chaput voulait le communisme. Mais il avait de l'ambition politique, et les communistes exploitent ce qu'ils trouvent : que ce soit la soif des honneurs ou de l'argent, ou un faible devant la boisson ou les femmes.

Et comme les communistes ont des serviteurs bien en place dans les journaux, le fait Chaput devint, ad nauseam, la vedette du jour. Tout au long de son jeûne spectaculaire pour obtenir $100,000, les journaux nous servirent un rapport quotidien sur l'état physique et moral de Chaput, sur son poids, sa pression, son pouls, sa persévérance et aussi sur les recettes monétaires répondant à son geste.

Chaput, ce fut l'outil de transition. Son deuxième jeûne ne trouvant plus assez de gogos pour puiser dans leur porte-monnaie, Chaput donna sa démission de chef, et le sceptre passa au RIN, fondation de Dallemagne, mouvement séparatiste de gauche, devenu encore plus gauchiste depuis. Et aujourd'hui, le RIN est dirigé par Pierre Bourgault, qui se déclare ouvertement marxiste, léniniste, agnostique. Et les journaux- ont fait à ce Bourgault une publicité plus généreuse qu'à la Reine. De la publicité généreuse aussi à Guy Pouliot, un autre ténor du séparatisme. Egalement à l'A.L.Q., au F.L.Q., au R.I.Q., et à tous les autres Q de l'extrémisme.

Réaction de ministres

Mais venons aux heureuses réactions qui se manifestent actuellement: les unes, hardiment; d'autres qui se croient encore obligées de présenter un baume après avoir frappé, par des mises au point qui atténuent les effets des coups donnés.

Du côté du gouvernement de Québec, on semble avoir saisi qu'il est temps de mettre un cran d'arrêt à l'audace, au toupet, à l'anarchisme, au piétinement des valeurs fondamentales de notre civilisation, dont font preuve des jeunes têtes excitées, dont plusieurs ont accès à une instruction supérieure grâce aux taxes des contribuables; un cran d'arrêt aussi au jaunis-me, au sensationnel, à la déformation des faits, au soufflé, que presque tous nos journaux ont servis en pâture au lecteur, donnant à l'étranger une fausse image du Québec, faisant passer notre province pour un théâtre de rébellion à la veille d'une guerre civile.

C'est d'abord le nouveau ministre, monsieur Wagner, aujourd'hui procureur général du Québec, qui releva l'appellation de samedi de la matraque, que Le Devoir et d'autres gauchistes du même cru voulaient attacher au samedi 10 octobre, jour de l'arrivée de la. Reine à Québec. Ce fut bien plutôt, déclare M. Wagner, le "samedi de l'extrémisme frustré". Et le ministre tança les journalistes qui avaient tout fait pour créer un climat de tension, certains d'entre eux semblant plus intéressés à provoquer de la bataille qu'à recueillir des faits.

Puis un autre ministre, M. Bona Arsenault, secrétaire de la province, parlant à un banquet où il représentait officiellement le gouvernement provincial, déclara que "des gauchistes communisants" se sont infiltrés dans un grand nombre d'activités : à Radio-Canada, à la télévision, dans la plupart de nos journaux et de nos organisations politiques, et même, probablement, dans les rangs de la. Fédération libérale du Québec. Il demande aux journalistes "d'épurer leurs rangs s'ils veulent se mériter le respect que la population du Québec témoignait à leurs prédécesseurs". La reine, dit-il, fut accueillie à Québec malgré la sorte de "réception" que certains journalistes travaillaient depuis des mois à lui préparer.

Au sujet des séparatistes, M. Arsenault précise qu'aujourd'hui, un Québec indépendant ne pourrait signifier autre chose "qu'être sous la férule d'une dictature communiste". Et il répète : "Québec libre veut dire Québec communiste".

Le ministre signale aussi qu'une fraction des étudiants de nos universités sont les objets de meneurs gauchistes communisants".

Ces déclarations publiques de deux ministres témoignent que le gouvernement de Québec n'ignore pas le danger de l'agitation pro-communiste qui s'est manifestée avec plus de tumulte récemment, mais qui était à l'œuvre et avait gagné du terrain bien avant la visite de la Reine.

Réaction de journaux

Du côté des journaux, il faut souligner l'article de monsieur Lorenzo Paré, rédacteur en chef de L'Action, dans son numéro du 28 octobre, sous le titre : Une révolution est faite par ceux qui dorment. Les communistes, écrit-il, ont -fait l'inventaire de leurs gains de l'année 1963-64 et se réjouissent de constater que la situation en leur faveur a évolué rapidement, "si rapidement, disent-ils eux-mêmes, que la société québécoise donne l'impression d'une grande confusion, d'une, désintégration rapide".

Et les bourgeois dorment. A tel point, signale Lorenzo Paré à, titre d'exemple, qu'un manifeste révolutionnaire, prêchant la prise du pouvoir par la violence au mépris- de toutes nos lois criminelles, a été mis en vente dans un salon du livre de la catholique université Laval.

En réaction contre la vague séparatiste communisante prend place-la ligne de conduite donnée par Le Soleil à ses journalistes. Elle leur fut communiquée par le chef de la rédaction, M. Jean-Charles de La Durantaye, en un texte qui serait tout à citer. En voici des extraits :

"Nous n'avons pas à être fiers des journaux que nous avons faits à l'occasion de la visite de la Reine. Chaque fois que nous avons mis en vedette les mesures de sécurité extraordinaires prises par la police, chaque fois que nous avons donné les honneurs de la première page, ou des titres ronflants, aux déclarations des indépendantistes, des séparatistes, ou à des individus et groupements cherchant à créer un climat de mécontentement au sein de la population, nous avons, contribué à ce qui s'est produit. Nous devons encaisser les reproches qui ont été faits à la presse en général par les autorités et nous considérer coupables. Nous devons considérer que nous avons fait du jaunisme et du sensationnalisme en cette circonstance.

"Je précise que, quand nous donnons à Guy Pouliot les honneurs de la page 3, sur deux colonnes (lundi 12 octobre), alors que les discours de la reine et du premier ministre sont relégués à l'intérieur, nous ne respectons pas l'échelle des valeurs et nous faisons du jaunisme et du sensationnalisme. Quand nous donnons un trois-colonnes à Pierre Bourgault (Soleil du 19 octobre), qui dénonce le rapport Wagner avant même qu'il soit publié, nous ne faisons pas un journal sérieux.

"Nous avons donc pataugé de royale façon ces dernières semaines en faisant à 100 pour cent le jeu du séparatisme, de l'indépendantisme, des extrémistes, des révolutionnaires de salon. Nous nous sommes foutés de la ligne de pensée de la maison....

"Nos deux journaux (Le Soleil et L'Événement) ne sont ni séparatistes, ni indépendantistes, ni révolutionnaires. Ils considèrent que non seulement nous ne devons pas favoriser des mouvements tels que le RIN, FLQ, et autres de même acabit, mais que nous devons donner de l'importance à ce qui peut les discréditer dans l'opinion publique....

"Nous avions jusqu'à maintenant la réputation de publier des journaux sérieux, -nous avons perdu beaucoup de plumes au cours des dernières semaines.... Il faut maintenant se racheter. Je demande à chacun de bien écouter ce qui suit :

"Toute déclaration des chefs séparatistes, indépendantistes, ou de leurs acolytes, toute déclaration de quelque personne que ce soit qui prêche la violence ... ne doit pas trouver place dans nos pages de nouvelles....

"Ces instructions, vous aurez la responsabilité de les faire appliquer.... Ceux qui ne sont pas capables d'assumer cette responsabilité, ceux parmi nous dont la conception du journalisme ou les idéologies n'admettent pas cette façon de penser, doivent démissionner immédiatement."

Ces propos, comme l'éditorial de Lorenzo Paré dans L'Action, comme aussi les déclarations de ministres que nous avons citées, signifient, nous l'espérons, la détermination de faire enfin front à l'ennemi communiste sous le froc séparatiste.

Le Devoir, avocat des communisants

Ces réactions; que nous saluons avec satisfaction, ne plaisent pas du tout au journal Le Devoir. Le journal fondé par Bourassa en _1910 semble être devenu le plus grand avocat des révolutionnaires rouges en devenir.

Dans Le Devoir du 31 octobre, Jean-Marc Léger trouve "effarantes" les directives données aux journalistes du Soleil, "folichonnes les accusations de communisme proférées depuis quelque temps". Il s'en prend avec virulence à l'article de Lorenzo Paré dans L'Action. Rapprochant tout cela des déclarations venues des deux ministres, Jean-Marc Léger se désole que des "bien-pensants" perdent la tête et donnent dans ce qu'il appelle la chasse aux sorcières, ou encore le "Mackarthyisme". Rappelons que ce dernier mot (Mackarthyisme) fut forgé et employé pour la première fois par le Daily Worker, journal communiste des Etats-Unis, et Le Devoir se hâta de l'adopter pour dénigrer tout ce qui s'oppose au gauchisme communisant au Canada.

Jean-Marc Léger a déjà montré ses tendances plus d'une fois. Lorenzo Paré, lui répliquant dans L'Action du 2 novembre, rappelle à Jean-Marc Léger l'enthousiasme mis par lui à présenter au public, en février dernier, le professeur Jacques Berque, révolutionnaire français, philosophe marxiste, encenseur du F.L.N. égorgeur en Algérie, et encenseur chez nous du F.L.Q. terroriste.

Les signes de réveil que nous venons de signaler, et dont nous souhaitons qu'ils s'accentuent, peuvent bien être mal vus au Devoir. Car, comme l'écrit monsieur Paré :

"La sorcière du Devoir mijote dans son chaudron les soporifiques dont sommeillent déjà nos compatriotes. Nous ne sommes guère surpris que M. Léger nous reproche de réveiller ceux qui dorment : il fait tout pour les endormir."

Félicitations à ceux qui se lèvent pour dire aux pro-communistes de tout crin de chez nous : Halte-là, c'est assez, vous êtes des traîtres et nous le clamerons à tout le pays.

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