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Les taxes actuelles sont un vol

Par Louis Even le mercredi, 23 janvier 1963. Dans Economie

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Mes chers amis,

Louis EvenJe vais vous parler un peu d’une chose que personne n’aime : les taxes, les impôts et je vais vous dire, vous affirmer que le mécanisme actuel des taxes et des impôts est un mécanisme de vol, de vol légalisé.

L’argent que les gouvernements nous prennent pour des raisons ou pour d’autres, c’est cela qu’on appelle les taxes. Tous les gouvernements en prennent; au municipal, au scolaire, au provincial, au fédéral. Une fois qu’un gouvernement a pris notre argent nous ne l’avons plus. Nous ne pouvons plus décider quoi faire avec, quoi nous procurer avec, c’est le gouvernement qui en décide à notre place. C’est donc déjà la perte de la liberté de choisir; le gouvernement choisit à notre place, cela ressemble bien plus à de la dictature qu’à de la démocratie.

Il est vrai que nous avons des députés auprès du gouvernement qui sont supposés examiner, approuver ou refuser les budgets. Mais les députés, prompts à demander nos votes en temps d’élections, ne nous demandent jamais notre avis avant d’approuver telle ou telle taxe nouvelle ou telle ou telle hausse d’une taxe existant déjà. Il y a même dans tous les budgets publics une tranche d’argent que ni les députés ni les conseillers municipaux ni les commissaires d’école ne discutent jamais : c’est le morceau intitulé Service de la dette publique et c’est souvent le plus gros morceau de tous.

J’ai par exemple devant moi le budget de la ville de Thetford pour l’année fiscale 1963 : Total des dépenses envisagées= $1,431,817 soit près d’un million et demi de piastres. Dans ces dépenses il y a 27 articles; le plus gros de tous c’est justement celui du Service de la dette : $467,922 soit près d’un demi million. À lui seul il prend le tier de tout le budget exactement 32 3/4% du budget. Sur chaque cent piastres de taxes, trente deux dollars et trois quarts vont à ce service. Les vingt six autres articles doivent se partager le reste.

Le coût du Service de la dette dépasse à lui tout seul les prix du Service de la police, plus du Service des incendies, plus du Service des vidanges, plus l’entretien, la réfection des rues., plus que tout cela mis ensemble.

Mais est-ce juste de faire payer ainsi la dette publique ? Le dictionnaire Larousse nous dit en parlant de l’impôt c’est la somme que le citoyen doit payer annuellement au gouvernement. Cette somme est destinée à servir aux dépenses des services publiques. Remarquez bien, l’impôt, d’après cette définition, doit être utilisé pour payer des services publiques autrement, ce serait de l’argent prélevé sous de fausses représentations; ce serait un vol. Or l’argent qui est employé à payer des intérêts sur la dette publique n’est pas employé à payer des services publiques. La dette n’est certainement pas un service public.

L’argent attribué à ceux qui endettent le public ne donne rien au public en retour. Cet argent là ne construit pas un pont, pas même un pouce carré de pavages; c’est pourtant le point le plus sacré du budget le moins discuté ou même pas discuté du tout comme nous disions tout à l’heure. On dit que c’est une dépense incompressible, incompressible cela veut dire qu’elle ne peut pas être diminuée. On pourra diminuer des services publiques si on n’a pas les moyens de les payer, on pourra diminuer l’aide à des personnes dans le besoin mais jamais diminuer d’un sou le Service de la dette.

Et pourquoi donc cette dette publique ? Cette dette qui pèse sur toute la population est-elle justifiable ? Nous répondons non! Elle n’a pas sa raison d’être; elle existe parce qu’on a un système financier faux mais elle n’a pas raison d’exister, elle ne répond aucunement à la réalité. Elle est un moyen simplement de voler la population. En effet, tout ce qui a été construit au pays en fait de routes, de ponts, d’écoles, d’églises, d’établissements publiques, tout cela l’a été par la population du pays. Les uns y travaillaient directement, d’autres produisaient ce qu’il faut en toutes sortes de choses pour mettre sur le marché afin de répondre aux besoins de ceux qu’emploie le secteur public.

C’est donc le fruit du travail collectif de la population et pourtant c’est collectivement la population du pays qu’on taxe ainsi chaque année pour servir des intérêts à des gens qui n’ont nullement mis la main à l’ouvrage, qui souvent même sont de parfaits étrangers. En cela, le mécanisme de la taxation est un mécanisme de vol, légalisé mais vol quand même.

J’ai cité tout à l’heure à titre d’exemple le cas de Thetford. J’ai également devant moi l’exposé budgétaire municipal de Repentigny. Repentigny est une ville moins grosse que la cité de Thetford; sa dette est donc moins grosse. N’empêche que 29 1/2% des taxes perçues des contribuables de Repentigny s’en vont eux aussi au Service de la dette. Vingt neuf dollars et demi sur chaque cent dollars sans rien donner en retour; là c’est encore un vol. Taxes = vol.

Ce ne sont pas là des cas isolés; toutes les cités, toutes les villes, tous les villages, ont dans leur budget cet item qui prend de force l’argent des citoyens sans rien leur donner en retour. Prendre de l’argent sans rien donner en retour ce n’est plus une définition de l’impôt, c’est une définition du vol. Les voleurs font exactement comme cela; ils prennent sans rien donner en retour, avec cette différence que les voleurs, ce que tout le monde appelle voleurs agissent sans autorisation puis ils courent des risques; ils risquent la prison, le pénitencier s’ils sont pris. Tandis que les voleurs dont je parle, les voleurs auxquels vont les taxes des citoyens eux ne risquent rien. Ils n’ont même pas à se déranger pour avoir le magot. Nos conseils municipaux, nos commissions scolaires se chargent d’exécuter le vol pour eux et de leur en passer dévotement le fruit.

La police, les autorités, la loi peuvent entrer en scène contre les autres voleurs, contre les cambrioleurs mais pas contre les voleurs qui nous prennent notre argent par les taxes. Au contraire, la police, les autorités, la loi entrent en scène contre ceux qui négligent ou qui refusent de céder ainsi leur argent. Le puni sera celui qui ose dire non aux agents des voleurs, aux percepteurs de taxes. Sa maison y passera. On ne lui dit pas tout à fait la bourse ou la vie comme font les brigands mais on lui dit : ta bourse ou sinon le chemin pour toi et ta famille.

Il en va de même au gouvernement provincial, de même au gouvernement fédéral, et là c’est la prison pour celui qui ne veut pas se plier aux exigences des agents de ce vol légalisé. Si vous voulez l’apprendre, refusez de remplir votre feuille d’impôt sur le revenu.

Un récent numéro de Vers Demain citait le cas de la Voie maritime du Saint Laurent. La Voie maritime, c’est une propriété nationalisée; elle est administrée par une compagnie de la Couronne. Elle aussi a sa dette et son Service de la dette, article privilégié de son budget annuel. L’an dernier, la Voie maritime a réalisé sur ses opérations un bénéfice net de trois millions; cela veut dire qu’elle a ramassé pour les services qu’elle a donnés trois millions de plus qu’elle a dépensés. Mais ce bénéfice est mangé cinq fois par l’intérêt annuel; quinze millions d’intérêts à payer chaque année sur sa dette. Et comme le bénéfice n’existe plus quand il a été mangé une fois, ce sont les contribuables canadiens qui doivent fournir les quatre autres bouchées par leurs taxes.

La Voie maritime, c’est le fruit d’une ressource naturelle qui appartient à la population – le fleuve St-Laurent- et c’est le fruit du travail fourni par la population mais c’est la population qui se fait dévaliser par son propre gouvernement pour remettre au système de vol.

Notre journal a donné pareillement le cas du Canadien National comme exemple. Les opérations l’année dernière lui ont apporté un bénéfice de treize millions et demi de dollars, ce qui est assez rare. Mais l’intérêt sur la dette annuel du réseau est de quarante neuf millions; là, le profit est mangé plus de trois fois. Et là encore, la note va être payée par les contribuables du Canada; ça va être de l’argent perçu sans rien donner en retour. Ceux qui ont voyagé sur le train ont payé leur billet et ils ont eu un siège en retour mais à part de ça il faudra maintenant que toute la population, ceux qui ont voyagé comme ceux qui n’ont pas voyagé, donnent quarante neuf millions au Canadien National ou au gouvernement pour payer les intérêts annuels sur la dette.

C’est cela depuis des années; ce sera encore cela pendant des années à venir tant que l’on gardera un système de vol protégé par la loi et religieusement respecté par les élus du peuple. Le Service de la dette, d’une dette faite sur le dos de la population à mesure qu’elle même enrichit le pays par sa compétence, son travail et ses ressources naturelles, voilà donc un aspect du système actuel de taxes qui en fait un mécanisme de vol légalisé. Il est de taille mais il y en a d’autres. Même quand l’argent des taxes et des impôts sert réellement à payer des services publiques, pourquoi taxer les individus pour payer les travaux quand la capacité de production du pays peut fournir à la fois les développements publiques et les produits à mettre sur le marché ?

Si la population du pays peut fournir les deux, il n’y a aucune raison de lui enlever le droit à des biens privés comme condition pour lui permettre d’avoir des biens publiques. Or elle est capable de fournir les deux quand il y a des centaines de milles bras qui s’offrent et dont la production dit qu’elle n’a pas besoin; une grande capacité de production n’est donc pas utilisée. Face à une capacité de production non utilisée, les taxes qui diminuent le droit des individus à des produits répondant à leurs besoins, ces taxes là sont un vol.

Il y a aussi les impôts prélevés pour financer ce qu’on appelle la sécurité sociale : allocations familiale, pensions de vieillesse, pensions aux invalides, allocations aux mères nécessiteuses, etc. etc.. Il est certainement juste de voir que de quelque manière chaque personne, employée ou non, bien portante ou malade, jeune ou vieille, que chaque personne ait accès aux choses nécessaires à la vie.

Mais dans un monde où la production abonde sans même employer tous les bras disponibles, pourquoi enlever aux uns pour permettre aux autres d’avoir quelque chose ? Pourquoi prendre dans l’assiette de Pierre pour mettre dans l’assiette vide de Paul quand le garde-manger est plein à déborder ? Si au lieu de prendre dans le garde-manger qui est plein, on prend dans l’assiette de Pierre, on vole Pierre. C’est cela qu’on fait financièrement par les taxes parce que le système financier est faux, il rationne devant l’abondance . Maintenir le rationnement, taxer devant l’abondance, c’est voler ceux que l’on taxe.

Voilà donc encore une tranche des taxes modernes qui constitue un vol légalisé et il y en a d’autres. On pourra en citer en revenant sur ce sujet dans une autre causerie.

Nous venons d’entendre mes amis monsieur Louis Even le directeur général du journal Vers Demain. Le journal Vers Demain, comme vous le voyez, c’est la lutte contre les taxes; il est le seul à faire cette lutte contre les taxes et à donner des arguments contre les taxes. Nous n’avons pas d’autres moyen que le journal Vers Demain pour faire disparaître les taxes. Ne ferez-vous pas la bataille avec nous mes amis ? D’abord il faut vous abonner au journal Vers Demain afin de lire les arguments et aussi abonner les autres autour de vous.

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