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Les grands voleurs

Écrit par Louis Even le mardi, 22 décembre 1964. Publié dans Une lumière sur mon chemin

Louis EvenQui a gagné la dernière guerre mondiale?

Les peuples sont dépouillés de leurs victoires

Nous nous battons pour consolider le système bancaire

 

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À la fin des deux Grandes Guerres Mondiales, on a dit: «Ce sont les Alliés qui ont gagné la guerre». On veut dire qu’ils ont été vainqueurs, mais qu’est-ce que la victoire leur a fait gagner?

Nous, du Canada, qui étions parmi les Alliés, qu’avons-nous gagné? Avant la guerre de 1939 à 1945, notre pays payait chaque année 128 millions de dollars en service de la dette nationale. Aujourd’hui, il paie chaque année pour ces mêmes services presque 10 fois autant qu’auparavant, plus de 1 milliard.

Qui a gagné la guerre?

Commentant ce sujet, en ce qui concerne l’Angleterre, dans ‘Credit Notes’ de juillet dernier, George Hickling écrit justement sous le titre ‘The Winners’ c’est-à-dire ‘Les Gagnants’, il écrit:

Énorme dette nationale

Par George Hickling

«Considérez la dette nationale, d’environ 30 milliards de livres sterling (150 milliards de dollars au cours actuel du change).

Peu d’entre nous s’arrêtent à penser que nous avons fait les deux dernières guerres pour consolider cette dette énorme entre les mains des créanciers. Eux seuls sont sortis de la guerre gagnants.

Bien des gens ne s’en sont pas aperçus alors, évidemment, mais c’est cela: quelqu’un nous mettait tous en dette pour ce montant pendant que nous nous battions. Ce qui saute clairement aux yeux aujourd’hui, pour quiconque prend vue des résultats, c’est que celui ou ceux qui nous ont joué ce tour ont réellement gagné la guerre, ou plutôt les fruits de la guerre, car eux ne se sont pas du tout battus.

Le peuple a véritablement été dépouillé de la victoire, parce que nous avons tous à payer, tous les jours, le privilège d’avoir gagné les guerres.

L’histoire nous apprend que les maisons financières de Londres prêtèrent de grosses sommes d’argent aux deux camps qui se battaient l’un contre l’autre à Waterloo, il y a 152 ans.

À l’école, on lit que l’armée britannique gagna cette bataille.

Mais le fait, c’est que les Français paient encore en taxes, aux maisons financières de Londres, l’intérêt sur les sommes prêtées à leur gouvernement sous Napoléon Bonaparte. Et pareillement, nous de Grande-Bretagne, nous payons chacun en moyenne environ 6 shillings d’intérêt annuel sur l’argent prêté à notre gouvernement d’alors par les mêmes maisons financières de Londres pour équiper les troupes de Wellington.

Le vainqueur et le vaincu paient au même guichet.

Alors, qui donc gagna cette guerre?

Il n’en va pas autrement des guerres récentes. Nous sommes-nous donc battus pour consolider le système bancaire? Nous l’ignorions à ce moment-là, mais c’est exactement ce que nous avons fait. Des millions de personnes ne le savent pas encore, même après toutes ces années!

Pendant que nos hommes défendaient le pays, le système bancaire était paisiblement occupé à compter le prix financier de tout, de chaque paire de bottes qui s’usait, de chaque chemise, de chaque lacet de cuir, de chaque cartouche mise à feu, de chaque biscuit consommé. Si un bateau faisait naufrage, ou si l’ennemi faisait sauter une de nos batteries, le système bancaire en comptait le coût.

Chaque once de poudre, chaque avion abattu, chaque camion, chaque char d’assaut, chaque plaque d’identité, — les préposés aux comptes se penchaient sur les chiffres, additionnant le tout pour le système bancaire. Et le total était placidement enregistré par les banques comme leur étant dû.

On comptait bien aussi le nombre des estropiés et des blessés, mais aucune somme n’était créditée pour compenser ces pertes de sang et de membres.

Compté aussi le nombre de ceux qui mouraient, mais là non plus aucun montant crédité à la nation ainsi décimée par la guerre.

Même les pensions allouées aux dépendants des morts et des estropiés furent marquées comme dettes à payer par le peuple.

À payer à qui ? Aux banques !

Et ainsi, après avoir gagné les guerres, le peuple anglais doit au système bancaire 30 milliards (150 millions de dollars). Dette nationale. Dans le budget annuel de la nation, il n’y a pas de crédit, rien que de la dette.

Nous avons tous été trichés, et nous le sommes encore. Et à cause de ce truc, manœuvré par les banques et avec la connivence des politiciens, nous avons été mis en dette pour notre propre crédit. Le tribut qu’on nous demande de payer aux banques est de plusieurs millions de livres par jour.

Avec une comptabilité honnête, le montant de la dette nationale serait crédité au peuple, et non pas comme maintenant débité contre lui.» — George HICKLING

Toujours et partout

Le même système vole le peuple, non seulement en temps de guerre, mais toujours et partout. S’il endette le peuple qui sue, souffre et meurt pour son pays en temps de guerre, il endette également le peuple qui sue, souffre et peine pour développer son pays en temps de paix.

Qui construit des routes? Qui bâtit des églises, des hôpitaux, des écoles? Qui érige des barrages pour harnacher la force des eaux tombantes? Qui nourrit ceux qui bâtissent? Qui les habille et pourvoit à leurs autres besoins? Le peuple lui-même fait tout cela. S’il utilise à cette fin des matériaux ou de la machinerie qu’il ne produit pas lui-même, il les obtient en contrepartie de surplus domestiques fournis à l’étranger

Après cela, ces enrichissements, fruit du travail de tous, de ceux qui les produisent et de ceux qui fournissent ce qu’il faut à ceux qui les produisent, ces enrichissements publics doivent bien être la propriété du peuple, n’est-ce pas? Eh bien, non! Le peuple va pouvoir les utiliser, mais pas en propriétaire. On l’astreint à les payer, et plus que leur prix, au système bancaire, par annuités ou mensualités interminables.

Produit du peuple, mais dette publique due aux banques par le peuple. Aux banques, qui traitent le crédit financier mis en œuvre comme s’il était leur propriété, alors que ce crédit financier n’est que l’expression chiffrée de la capacité de production de la communauté. Véritable propriété de la communauté; donc, ce crédit financier, mais accaparé par les banques et libéré seulement sous forme de dette due à elles.

Dette publique, dette nationale, dettes provinciales, dettes municipales, dettes scolaires, dettes de fabrique, parce qu’un mécanisme de vol, légalisé par l’ignorance ou par la trahison des gardiens de la nation, oblige le peuple à s’endetter pour l’usage d’un bien qui lui appartient.

La dette publique, que l’on fait payer en taxes croissantes par tous, directement ou indirectement, n’a logiquement, ni moralement, aucune raison d’être. C’est une escroquerie monumentale, œuvre du présent système bancaire et des gouvernements désespérément aveugles ou criminellement complices qui permettent la perpétuation d’un vol aussi manifeste.

Asservissement total

Et ce n’est pas seulement par l’endettement du peuple à l’occasion de guerres ou de travaux publics que le système dicte ses volontés au peuple et le vole du fruit de son travail, de son héritage et des richesses naturelles que Dieu lui a données. C’est le même ravage dans toute la vie économique, même dans les activités en vue des biens de consommation réclamés par le besoin humain.

Dans notre monde moderne, en effet, la production a un caractère de coopération, en ce sens que personne ne produit pour lui-même tout ce qu’il lui faut. Le travail est très divisé. Les parties viennent de divers producteurs, parfois de loin, pour le produit fini.

À cause de cela, l’entrepreneur doit mobiliser diverses contributions en vue d’un produit final. Mobiliser de la main-d’œuvre, obtenir de la matière première, outiller son établissement. Toutes choses qui nécessitent des dépenses en argent, en crédit financier avant de pouvoir mettre le produit sur le marché. Il faut donc aux entreprises des «avances de crédit financier». Or, toute sortie de crédit financier nouveau émane de banques et, actuellement, sous forme de dette et à des conditions imposées par le banquier. Pourtant, là encore, il s’agit de simples expressions chiffrées d’une capacité de production provenant de richesses naturelles, de savoir-faire, d’effort conjugués de la part des diverses compétences de la communauté. Donc, d’un crédit social, donc d’un bien communautaire.

Or, le banquier traite ce bien communautaire comme si c’était sa propriété, la propriété de la banque et non celle de la communauté. Il peut refuser, ou il peut accorder et conditionner les avances de ce crédit de la communauté. Les frais financiers s’ajoutent aux frais propres de la production. Les prix s’en ressentent. Le coût de la vie monte. L’inflation a sa première source dans le système bancaire. Cette hausse des prix provoque d’autres hausses en chaîne dans le secteur salaires et dans le secteur taxes.

C’est le peuple qui finalement fait les frais d’un système financier accapareur quand il devrait être serviteur, un système dictateur de l’économie, quand il devrait lui être assoupli.

Le système n’est ni logique, ni social, ni honnête. Évidemment, il n’est pas chrétien. Et pourtant, il a ses défenseurs chez ceux qui devraient bannir le vol, l’injustice. Défenseurs qu’on trouve dans la politique, dans le haut enseignement et jusque dans des milieux ecclésiastiques. Il n’y a pourtant pas besoin de loupe pour voir ce que le système a d’odieux, avec rien d’évangélique.

Sans même avoir besoin de le disséquer, de l’analyser, il suffit d’en noter les résultats. On connaît l’arbre à ses fruits. Lorsqu’il faut des guerres à poursuivre, lorsqu’il faut des dégâts de tremblements de terre, d’inondations ou d’incendie à réparer, pour apporter du travail et des revenus aux familles, et lorsqu’une ère de paix et de production abondante cause des privations aux familles et des maux de tête aux autorités, il y a de quoi donner la nausée. La cause n’en est sûrement pas dans les forces de la nature, ni dans une incompétence ou un refus d’agir de la part des producteurs, ni dans l’absence de possibilités physiques de transport. Elle est uniquement dans le système financier.

On pourrait en écrire long sur ce chapitre — sans oublier la corruption de toute la vie économique, obligeant pour ainsi dire tout le monde à considérer l’argent comme la fin à poursuivre, sous peine de s’exposer à manquer de pain aujourd’hui ou demain, alors même que le pays serait plein à craquer de blé et de tout ce qu’il faut pour soutenir la vie de toutes ses familles.

Il serait autrement logique, autrement juste, autrement conforme au bon sens, conforme aussi au principe de la destination universelle des biens, infiniment plus humain et plus chrétien, de substituer à ce système financier satanique un système selon les propositions énoncées il y a déjà un demi-siècle par l’ingénieur écossais Douglas et connues sous le nom de Crédit Social, mais sans avoir rien à faire avec le parti politique qui profane ce terme.

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