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La guerre froide

Écrit par Louis Even le samedi, 22 mai 1965. Publié dans Conspiration

Le gagnant de la guerre froide ...c'est le communisme

Louis Even

Co-existence, dialogue, détente: vocabulaire du brigand rouge pour dissiper toute défiance

 

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Co-existence

Voici deux hommes, disons deux chefs de clans : Monsieur "A" et Monsieur "B". Ils ont des vues opposées, chacun affirmant que sa philosophie est la meilleure, ses méthodes les plus efficaces.

"A" dit à "B" : Plutôt que de nous combattre l'un l'autre, pratiquons la co-existence. Je garde mes vues, vous gardez les vôtres. J'agis d'une façon, vous agissez de la vôtre. Les résultats pourront montrer plus tard qui a fait le meilleur choix.

"B" est consentant, content même de cette entente. C'est la co-existence, c'est la paix, on peut être tranquille.

Mais Monsieur "A" dit à ses propres gens : La co-existence, c'est pour endormir "B". Nous allons, non seulement renforcir nos positions, mais prendre tous les moyens d'affaiblir les positions de "B"; puis, l'heure venue, nous serons maîtres chez lui.

"A" ne dit pas cela à ses propres gens seulement. Il ne se gêne pas pour le déclarer publiquement. Mais "B" continue à croire en la bonne foi de "A", bien que "A" l'ait cent fois trompé dans le passé.

Ce "A", c'est le communisme, ce sont les chefs de Moscou. Le "B", c'est le monde libre.

Nous n'inventons rien. Lénine lui-même, l'homme que les soviétiques considèrent comme leur maître et guide infaillible, non seulement en doctrine mais aussi en stratégie, Lénine a dit de la co-existence :

"Nous (communistes, maîtres de la Russie), nous devons pratiquer la co-existence avec les autres nations, jusqu'à ce que nous soyons assez forts pour les dominer par la révolution mondiale ... Nous ne sommes pas pacifistes. Le conflit est inévitable. Les grandes questions politiques ne peuvent être résolues que par la violence. Il est inconcevable que le communisme et la démocratie puissent exister côte à côte dans le monde. Inévitablement, l'un doit périr."

Dans les vues de Lénine et de ses successeurs, c'est notre monde libre qui doit périr, et c'est le communisme qui doit régner sur toute la planète. Ils ont même réussi à faire répéter par une foule d'intellectuels occidentaux que cette fin est inévitable, qu'elle est dans le sens de l'histoire.

Lénine mourut en 1924. Mais avant sa mort, il traçait les grandes lignes des conquêtes communistes à venir :

"Nous nous emparerons premièrement de l'Est de l'Europe, disait-il, puis des masses de l'Asie. Nous encerclerons ensuite les États-Unis, dernier bastion du capitalisme. Nous n'aurons même pas à attaquer : le continent américain tombera entre, nos mains comme, un fruit mûr."

Les deux premières parties de ce programme sont réalisées, ou presque, par la conquête de la Chine et les pressions communistes sur le reste des pays asiatiques. La troisième partie, celle qui doit prendre l'Amérique comme un fruit mûr, ne semble point du tout impossible, quand on considère les infiltrations communistes dans les hautes sphères à Washington et que, aux États-Unis, et chez nous aussi, le confort matériel semble être la seule préoccupation du grand nombre.

Stupidité occidentale

La co-existence, allant jusqu'à l'embrassade, fut le scandale de ceux qui n'étaient pas encore hypnotisés et le désespoir des peuples tenus en servitude derrière le rideau de fer, lors de la triomphale tournée de Khrouchtchev aux États-Unis en 1959. Khrouchtchev, l'assassin de 6 à 8 millions d'Ukrainiens en 1930, le principal exécutant des purges staliniennes en 1936, l'auteur d'un nouveau régime de terreur en Ukraine en 1937-38, y faisant 400,000 victimes, sans compter les centaines de mille envoyés aux camps de concentration, nombre d'entre eux y perdant la vie. Ce Khrouchtchev fut reçu avec honneurs à Washington et dans vingt cités américaines. Accueilli comme un frère au domaine privé du président Eisenhower à Gettysburg. Le président fit même asseoir ses petits-fils sur les genoux de l'assassin, pour une photo dont il se disait heureux de pouvoir proclamer au monde :

"Voilà une scène qui fait du bien au cœur et que tout Américain voudrait voir prendre place entre ses petits-enfants et un étranger."

C'est cet étranger-là qui devait se moquer publiquement d'Eisenhower quelques mois plus tard, et qui prenait plaisir à exalter publiquement le triomphe à venir du communisme :

"Vos petits-enfants, disait Khrouchtchev, vivront sous un régime communiste".

Ou encore :

"Nous vous enterrerons."

Des faits

On pensera ce qu'on voudra de la valeur de ces déclarations de ' Lénine, de Khrouchtchev, ou des autres pontifes du Kremlin. Mais hélas ! Les faits sont là pour démontrer que, sous l'étoile de la co-existence, le communisme avance et le monde libre recule.

Le sénateur Dodd, des États-Unis, dans un discours prononcé à la Conférence sur la guerre froide, le 1er décembre dernier, énumérait des faits qui témoignent de cette avance du communisme. Sans remonter jusqu'aux événements de l'après-guerre, qui donnèrent 11 pays d'Europe à Staline et qui placèrent-sous un gouvernement communiste la Chine avec ses 700 millions d'habitants, le sénateur Dodd, révisait les neuf dernières années. Voici d'abord sommairement pour les années 1956-1962 :

En 1956, il y eut la sanglante répression du sursaut des patriotes hongrois par les chars d'assaut de Khrouchtchev. 25,000 morts dans la seule ville de Budapest. Les Etats-Unis et les autres pays libres restèrent sourds aux appels désespérés des patriotes.

La même année, l'Union soviétique faisait son intrusion au Moyen-Orient, aggravant l'instabilité déjà grande dans cette région, en livrant une quantité massive d'armes à la R.A.U. (l'Union panarabique de Nasser).

En novembre 1958, il y eut l'ultimatum de Khrouchtchev au sujet de Berlin, avec la menace de recourir à la force militaire si les Occidentaux n'acceptaient pas les termes posés par le dictateur russe.

En janvier 1959, Castro prenait le pouvoir à Cuba, sous le masque d'un réformateur non communiste. Il se faisait recevoir aux États-Unis et au Canada, tout en constituant son gouvernement communiste et établissant sa dictature dans Cuba.

En décembre 1960, l'Union soviétique — non pas la Chine, mais la Russie — commençait à transporter-par air du matériel militaire et des experts nord-vietnamiens aux forces communistes du Laos. Elle inaugurait ainsi la série de crises qui menacent de faire passer sous contrôle communiste tout le sud-est asiatique, d'une importance stratégique considérable.

En avril 1961, il y eut le fiasco de l'invasion de Cuba par les forces anti-castristes auxquelles le gouvernement américain refusa, après l'avoir promise, l'aide de son aviation pour couvrir l’opération.

En août 1961, ce fut l'érection du mur de Berlin, en contravention avec le traité de 1945 qui permettait la circulation libre entre toutes les zones de la cité. Les Occidentaux, avec leurs troupes bien équipées, stationnées dans la zone ouest, ne bougèrent pas d'un pouce.

En octobre 1962, ce fut la question des missiles nucléaires russes installés à Cuba. Si Khrouchtchev consentit à leur retrait, ce ne fut qu'en obtenant de Kennedy l'assurance qu'il n'y aurait plus d'autre tentative extérieure pour libérer Cuba de son gouvernement communiste. Moscou sortit donc gagnant, selon la méthode communiste de reculer d'un pas après avoir avancé de deux.

En 1963

Le sénateur Dodd cite les faits suivants, marquant une détermination russe accentuée dans les derniers mois de 1963 :

En octobre 1963, à peine après avoir obtenu une forte livraison de blé américain, l'Union soviétique méprisait le fournisseur, en déclarant qu'il n'y aurait aucun allègement de la guerre froide ni considération d'aucune sorte en retour de l'obtention de blé des États-Unis.

Le 22 octobre 1963, en l'anniversaire même de la crise des missiles nucléaires établis à Cuba, des avions soviétiques Mig, partis de Cuba et probablement manœuvrés par des équipes soviétiques, attaquaient en haute mer un navire de transport américain.

Dans le même mois d'octobre 1963, des convois américains et anglais subissaient une série de molestations sur l'autoroute conduisant à Berlin.

Encore en octobre; une délégation soviétique officielle à Hanoï, capitale du Vietnam-Nord communiste, radiodiffusait un appel pour le renversement du gouvernement Diem et pour l'expulsion des militaires américains du Vietnam-Sud.

Toujours en octobre 1963, la Russie soviétique aggravait la situation hautement dangereuse du nord de l'Afrique, par ses envois d'armes et d'équipement militaire à Ben Bella et par ses menées pour exciter ouvertement les Algériens contre les Marocains.

Au Congo, le gouvernement local fut obligé d'expulser toute la mission soviétique en novembre 1963, parce qu'elle fut prise en délit, en possession. de documents prouvant sa complicité avec un complot des éléments subversifs en vue de renverser le gouvernement congolais.

En décembre 1963, le territoire américain de Panama fut le théâtre d'émeutes organisées par des agitateurs identifiés comme castristes, avec l'appui entier de l'appareil soviétique de propagande.

Cette intensification de la guerre froide, dans laquelle le communisme poursuivait sa progression en plusieurs points, éveilla l'attention d'un nombre croissant d'Américains qui demandèrent plus de fermeté de la part du gouvernement de Washington. Et pourtant, en 1964, les communistes ont déployé leurs offensives les plus étendues, les plus massives et les plus brutales de toutes les années de la guerre froide, dit le sénateur Dodd, et il énumère entre autres les faits suivants :

1964 en Asie

Au Vietnam-Sud, au cours de cette année, avec la participation active du Vietcong et avec l'appui de la Chine rouge, les communistes ont lancé des offensives majeures qui leur ont donné le contrôle sur la moitié du pays.

Au Laos, les forces communistes se sont rendues coupables de 14 violations de l'armistice signé à Genève en 1952. Il y a bien sur les lieux une commission de contrôle de trois membres désignés par trois pays neutres, pour veiller à l'observation des ternies de cet armistice; mais, par l'intermédiaire du commissaire polonais, le gouvernement soviétique de Moscou a constamment saboté les efforts de la commission, se rendant ainsi complice des actes répétés d'agression par la faction communiste du pays.

En juin 1964, en mission à Jakarta, en Indonésie, le vice-premier ministre soviétique, Anastase Mikoyan, demandait la destruction de la Malaisie. Il assura les Indonésiens que l'Union soviétique enverrait des experts russes pour entraîner leurs troupes dans le maniement des armée soviétiques fournies à l'Indonésie dans sa lutte pour l'écrasement de la Malaisie.

Co-existence tout cela ?

1964 en Afrique

Voyons maintenant le bilan de cette année 1964 en Afrique.

Au mois de janvier, les communistes s'emparèrent du pouvoir dans le petit pays insulaire de Zanzibar, à la suite d'une guérilla menée par des hommes qui avaient pris leur entraînement en Chine et à Cuba. Zanzibar devint immédiatement le foyer d'une propagande communiste en langues africaines pour pousser tout le continent à la subversion. Il y a eu depuis l'union du Tanganyika et de Zanzibar, formant la république actuelle du Tanzania. Et le président du Tanzania, modéré lui-même, a été force d'admettre dans son cabinet des pro-communistes des deux pays composants; sous leur pression, il s'adresse maintenant au bloc communiste pour obtenir des armes.

En fin de janvier, à la suite de la tourné en Afrique du premier ministre chinois Chou En-Lai, le Ghana s'est proclamé officiellement pays socialiste avec un parti unique. Cette décision a été confirmée par un référendum marqué de fraudes et d'intimidations.

Au Kenya, devenu indépendant au cours de l'année 1964, le ministre des Affaires étrangères, Oginga Odinga, s'est vanté publiquement de ses relations avec la Chine communiste et des sommes d'argent qu'il en a reçues.

Au Burundi, au Togo, dans la République Centre-Afrique, les communistes chinois se sont assurés des appuis en plusieurs endroits par la vieille méthode de donner de l'argent à des hommes-clé.

Au Congo, le mouvement qui terrorise et ensanglante le pays a bénéficié des conseils et de l'appui des ambassades chinoises de Brazza. ville (Congo ex-français) et du Burundi. A Stanleyville, quelques jours avant la libération de cette ville par une courte mais efficace intervention belge et américaine, ce n'est pas un primitif mais un Noir évolué, formé dans la Tchécoslovaquie communiste, Christophe Gbenye, qui disait aux rebelles occupant la place : "Au premier bombardement, nous enverrons dans l'autre monde les otages belges et américains entre nos mains. Ils seront tous massacrés. Nous ferons de leurs cœurs des fétiches et nous porterons des vêtements faits de leurs peaux".

1964 en Amérique latine

Au Panama, en ce moment même (1er décembre 1964), des étudiants conduits par des communistes sont engagés dans une succession d'émeutes, dont on ne peut prévoir le résultat.

Au Venezuela, des terroristes castristes continuent d'assassiner des officiers publics, de kidnapper les adversaires politiques et d'attaquer les installations gouvernementales.

Au Brésil, le plus grand pays de l'Amérique du Sud, les communistes avaient monté, sous le nez et avec l'appui du gouvernement Goulart, un complot pour saisir le pouvoir par la violence. Le pays ne fut sauvé de la dictature communiste que juste à temps, par le soulèvement d'éléments sains du pays qui gagna l'appui de l'armée.

Pour cette défaite du communisme au Brésil, page réconfortante de la guerre froide, voir le récit qui en est fait dans Vers Demain du 1er-15 mars 1965, où l'on met en évidence la part importante qu'y prirent les femmes, avec leurs prières, leurs chapelets, leurs marches dans les rues. C'est deux jours avant la date marquée par les communistes pour le déclenchement de leur révolution bien organisée, que le Brésil fut sauvé de cette catastrophe. Nous attribuons ce salut à la Vierge Marie elle-même, en réponse à la croisade de prières des centaines de Mille Brésiliennes qui surent prendre les moyens recommandés par la Reine du Ciel et du Monde aux voyants de Fatima.

Mais le communisme ne désarme pas. Pas plus que ne désarme le démon, pas plus après un échec qu'après une victoire. Et en 1965, le communisme est encore à l'œuvre sur tous les champs de subversion et de chaos mentionnés dans le discours du sénateur Dodd. Ils y intensifient même leur action. Et que ce soit en Asie, en Afrique ou en Amérique latine, ils trouvent le moyen de se faire donner raison, ou au moins de faire donner tort à leurs adversaires, par des brasseurs d'opinion du monde libre.

Dans le journal "Le Devoir", par exemple, Jean-Marc Léger présente les Américains comme agresseurs au Vietnam. Et il n'est pas le seul. Dans le même journal, Teinturier donnait raison aux égorgeurs du FLN en Algérie; Wiznitzer voudrait que les Américains prennent comme interlocuteurs au Vietnam, non pas le gouvernement légitime, mais les 'rebelles du Vietcong communiste. Pour ces journalistes, il faudrait livrer toute la péninsule indochinoise au communisme.

La même chose lors de l'intervention des "marines" américains à St-Domingue pour empêcher l'établissement d'un autre Cuba dans cette île.

Lénine jugeait qu'il n'y aurait pas besoin de porter la guerre en Amérique du Nord, que le communisme n'aurait qu'à cueillir ce pays "comme un fruit mûr". On voit, en effet, le communisme y conquérir les esprits, par les journaux, par la radio, par, la télévision, par des intellectuels et des politiciens qui se gardent bien de se présenter comme communistes, qui n'appartiennent probablement pas au parti communiste, mais qui en sont comme une espèce de "tiers-ordre". Et nos gouvernements, même dans la catholique province de Québec, surtout depuis 1960, forgent des lois qui mènent directement à l'État totalitaire.

Et, répétons-le, les hommes de droite qui boudent le Crédit Social, n'ont rien à opposer au communisme, sur le plan économique, que le capitalisme financier actuel. Autant dire qu'ils ont- les mains vides, et il ne faut pas être surpris de leur molle opposition. Ils n'ont pas encore vu que toutes les centralisations, toutes les étatisations, toutes les planifications qui nous préparent la dictature technocratique, donnent pour se justifier le fait que les individus, les familles, les Commissions scolaires, les gouvernements locaux sont financièrement incapables de remplir eux-mêmes leurs fonctions. Et plutôt que de joindre leurs voix à celles des créditistes pour réclamer la correction de cette incapacité financière, ils laissent le gouvernement établir graduellement,- à une allure croissante, le socialisme d'État, qui, avec le laïcisme, lui aussi en croissance, fera le communisme intégral.

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