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La force dans le peuple

Écrit par Louis Even le jeudi, 23 janvier 1969. Publié dans Economie

Notre ligne de conduite vis-à-vis des partis anciens et nouveaux

Louis Even

 La politique de partis

 

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Vu l'intensification d'activités pré-électorales en plusieurs endroits et l'apparition de deux nouveaux partis sur la scène dans le Québec, nous jugeons opportun de reformuler la ligne de conduite de Vers Demain et de l'œuvre et du mouvement qu'il inspire, vis-à-vis des partis politiques.

Déjà des questions nous sont posées : Ne peut-on pas faire une distinction entre des vieux partis qui ont eu leur chance de tenir compte des idées que nous préconisons et qui ne l'ont pas fait, et des nouveaux partis qui pourraient peut-être se montrer mieux avisés.

Pour des gens éclairés par Vers Demain, il serait inconcevable de songer à tourner un oeil bienveillant vers l'étoile rouge de René Lévesque et de ses acolytes, les Gilles Grégoire, les Laurent Legault et d'autres du même acabit, même s'ils marmottent quelques mots de Crédit' Social dans le but d'amorcer du poisson. C'est le parti le plus agréable à Moscou.

Mais il y a aussi un autre nouveau parti : le parti National Chrétien de Léo Tremblay. Sur la question des écoles, il semble d'accord avec les articles de Vers Demain. Ce parti ne pourrait-il pas obtenir quelque appui de Vers Demain ?

Je m'en voudrais de méconnaître les mérites qu'a, pu avoir monsieur Léo Tremblay en prenant publiquement attitude contre la déconfessionnalité des écoles, contre la laïcisation de l'enseignement qu'on y donne, contre les occasions d'atteinte à la vertu et de corruption qui y pullulent.

Il est bien vrai que nous œuvrons là sur un même terrain, y dénonçant les mêmes désordres, comme peuvent aussi se trouver là des militants d'autres dénominations, armés des mêmes arguments.

C'est qu'en effet, notre action ne se borne pas à la réclamation d'un meilleur organisme économique qui tienne compte du droit de chaque être humain à une part des biens terrestres. Notre champ d'action est partout où nous appelle, à la taille de nos moyens, notre double devoir de catholique et de patriote éclairé par la lumière du Crédit Social.

C'est le cas de la condition actuelle de nos écoles. Comme catholiques, nous y voulons le retour à un enseignement religieux : enseignement catholique pur, pas adultéré, pas protestantisé, pas un culte de l'homme. Nous y voulons le respect de la morale, de la pudeur. Nous y voulons le bannissement des occasions calculées de péché, l'arrêt des références répétées ou sexe, poussées délibérément jusqu'à l'obsession. Nous voulons que nos écoles baignent dans un climat chrétien. Et comme patriotes, nous ne voulons pas que l'école forme des révolutionnaires, que des agitateurs s'y substituent à l'autorité légitime qui, elle, doit représenter l'autorité des parents. Puis, à la fois comme catholiques et comme créditistes, nous voulons que soient tenus comme prioritaires les droits et devoirs des parents en matière d'éducation et de formation spirituelle de leurs enfants. L'Etat ne doit pas s'y substituer sous prétexte d'incapacité financière des parents, mais il doit bien plutôt par une législation qui est de son domaine, corriger cette incapacité fiitancière des familles pour qu'elles puissent elles-mêmes s'acquitter adéquatement de leurs responsabilités.

La ligne d'action

La question des écoles fait donc partie de notre champ d'action, à nous aussi. Mais il n'y a pas que le champ d'action, il y a aussi la ligne d'action, la formule d'action. La ligne d'action de notre mouvement est bien définie, et il manquerait à sa vocation propre en s'en écartant. Nous avons donc à être vigilants sous ce rapport ; nous avons le devoir de prémunir les membres de notre mouvement contre la méprise en face d'appels provenant d'autres initiatives engagées sur d'autres voies, même si elles semblent viser un même objectif ultime.

Le religieuse cloîtrée, la moine contemplatif, ont bien, eux aussi, leur part d'action à fournir au service de l'Eglise et de la patrie, y compris la préservation de l'enseignement religieux dans nos écoles. Leur contribution, ils la font par leurs prières, par les sacrifices attachés à leur règle de vie. La cause ne gagnerait rien à les enrôler dans des .entreprises séculières, et certainement pas dans des campagnes électorales.

C'est "non"

Lorsque Léo Tremblay expose et diffuse ses vues touchant le système scolaire de notre province, nous pouvons bien trouver qu'elles s'accordent avec les nôtres. Mais s'il nous invite à concourir avec sa ligne d'action, c'est "non".

C'est « non », d'abord parce que nous avons la nôtre, bien spécifiée, qui a besoin de toutes les ressources dont dispose notre mouvement, ressources en hommes, en temps et en argent. Puis, c'est « non » encore, parce que nous n'avons aucune confiance en la formule d'action que Léo Tremblay a choisie — je veux dire la formation d'un parti politique pour essayer de conquérir, par le vote, le pouvoir provincial législatif et exécutif.

C'est son choix. C'est son affaire, ce n'est pas la nôtre. Ce qui ne nous empêche pas de dire ce que nous pensons de cette formule d'action.

Notre mouvement n'est plus au berceau. Mais nous agirions• encore en enfants, si nous n'avions pas su tirer de sages conclusions des efforts toujours loyaux mais pas toujours les mieux appropriés, fournis au cours de son histoire.

Le ciel s'en mêlant, nos voies se sont dessinées de plus en plus claires, et nous sommes bien fixés aujourd'hui sur la politique de partis — qu'il s'agisse d'un parti vieux ou nouveau, qu'il soit de gauche ou de droite, qu'il porte une étiquette rouge ou bleue, ou indépendantiste, ou créditiste, ou même chrétienne. Et tous ceux qui suivent les enseignements de Vers Demain sont également bien fixés sur la futilité de chercher un rehaussement des valeurs sociales ou religieuses dans la politique de partis, dans la poursuite de succès électoraux.

Mais le virus électoral est difficile à tuer définitivement chez notre peuple. Il peut paraître mort alors qu'il n'attend qu'une occasion de rebondir. Un peu comme une punaise de lit : lorsqu'une chambre a été longtemps inoccupée, vous pouvez trouver quelques-unes de ces formes aplaties comme du papier, dans quelque coin de sommier ou derrière les rebords d'une déchirure dans la tapisserie murale. Séchées et mortes, en toute apparence. Mois que vienne un dormeur, elles auront vite fait de ressusciter et de s'en donner à ventre content ; les aplaties de la veille seront des arrondies le matin. Il en est ainsi du virus que nous dénonçons, et c'est pourquoi, dès que se lève une brise électorale, il convient de remettre les esprits en garde.

Vocation d'éducateur

La politique des partis, l'action électorale, ne convient aucunement à une vocation d'éducateur. Et cette vocation, c'est la nôtre. Nous sommes un corps d'éducateurs. « Nous », ce n'est pas seulement la direction de Vers Demain, ce sont tous les éclairés par Vers Demain, éclairés de divers degrés, mais tous constituant ce corps d'éducateurs, chacun dans son milieu, chacun à sa mesure ou à sa ferveur.

Un travail d'éducation porte toujours des fruits. Chaque pas est une avance qui a des chances de rester. On n'en peut pas dire autant d'une campagne électorale. C'est plutôt le contraire. Entreprise en faveur d'une bonne idée, une telle campagne risque de servir aussi bien, et peut-être plus, à faire déconsidérer cette idée, non pas à cause d'elle-même, mais parce que les candidats qu'elle a mis en lice se font des adversaires des autres candidats. Il en est de même pour tous les effectifs qu'elle réussit à mettre en action : ils ne peuvent rallier à leurs arguments les effectifs des autres partis.

Cela veut dire que l'éducation détachée de toute fin électorale peut rallier à son enseignement les esprits de quelque allégeance politique qu'ils soient ; tandis qu'une poursuite électorale pour le succès d'un parti s'aliène les esprits des autres partis.

Parti signifie division. Parti nouveau signifie division nouvelle. Quatre partis en lice signifient quatre divisions parmi les électeurs. Est-ce là un climat favorable à une cause qui devrait unir tous les patriotes, tous les catholiques, comme la cause des écoles ?

Le moyen le plus efficace de nuire à une bonne cause, c'est d'en faire le sujet d'un parti politique. C'est cette politisation du Crédit Social qui a le plus nui à l'avancement du Crédit Social authentique au Canada. Et ce sera la même chose pour la cause dont Léo Tremblay fait l'enjeu d'une lutte électorale. Il peut penser autrement ; comme peuvent penser autrement des personnes très respectables et bien intentionnées qui l'appuient dans cette voie. Notre devoir n'est pas de les convaincre, mais c'est de dire ce dont nous sommes nous-mêmes bien convaincus. Et c'est aussi notre devoir de prémunir des gens de notre propre mouvement qui, éblouis par l'excellence de la cause, ne remarqueraient pas vers quel feu-follet de marécage des promoteurs pourtant talentés se laissent attirer.

Ce ne sont pas les échanges de poignées de main et de compliments entre Réal Caouette et Léo Tremblay qui vont mettre ce dernier en garde contre le péril de dégradation qui guette une cause quand on l'identifie à un parti politique. Lui-même, Réal Caouette, n'a aucun souci des obstacles que ses virevoltes, et les escalades et descalades de son parti, dressent contre le développement d'une force créditiste authentique dans le peuple.

Masque des puissances réelles

Une force dans le peuple — pas une force partisane qui repousse et divise, mais une force qui unit, une force étayée sur des principes et édifiée par de l'apostolat désintéressé — une force permanente dans le peuple, voilà ce qu'il faut pour combattre des forces, non sortie d'urnes électorales, qui dominent ou inspirent les gouvernements. Deux de ces forces malsaines, que Vers Demain et les Pèlerins de saint Michel dénoncent et combattent particulièrement, sont : le monopole national et international du crédit dans le domaine financier, et la franc-maçonnerie satanique et internationale dans le domaine politique et scolaire. Ces puissances-là ne craignent rien de la politique de partis. Au contraire, c'est leur cagoule et leur masque pour voiler leur, identité, en même temps que leur patente pour affaiblir une résistance possible en la divisant.

Une force dans le peuple. Une force basée, non pas sur des allégeances partisanes variables ni sur des enthousiasmes passagers, mais sur des convictions religieuses et patriotiques solides et bien ancrées. Force qui vaut certainement par le nombre, mais plus encore par la qualité, la vertu, «le don de soi de ceux qui la composent.

Si une telle force avait existé, à un degré suffisant, 'dans le peuple de notre province dans les années que nous venons de vivre, aucun gouvernement d'aucun parti n'aurait pu même songer à chambarder notre, système scolaire confessionnel. Le bill 21 de déconfessionnalisation, par l'Union Nationale, n'aurait pas vu le jour; parce que le bill 60 d'étatisation, par le parti libéral, ne l'aurait pas vu avant lui.

Instruction d'abord catholique

En 1820, nos pères souffraient encore des suites de la conquête de la Nouvelle-France par l'Angleterre anglicisante et protestantisante. Ils étaient privés de liberté politique et dénués de richesses matérielles. Leur vie était dure. Et lorsque la « Royal Institution » (l'institution Royale pour l'Avancement des Sciences) offrit à cette population, pauvre et en grand besoin d'écales, un système scolaire gratuit, défrayé par le conquérant, mais neutre, la tentation de l'accepter pouvait être grande et gagna même, un moment, l'assentiment de l'embryon de représentants du peuple à pouvoirs très limités. Mais ce peuple pauvre avait une foi catholique solide et des pasteurs vigilants, et ce fut un NON à cette offre si alléchante au seul point de vue temporel. Comme ce fut encore un NON pour la même raison, 25 ans plus tard.

Une gratuité conditionnée par la neutralité ? — Non, deux fois non, fut la réponse de ce petit peuple : on fera les sacrifices qu'il faudra pour avoir les écoles et l'instruction que l'on pourra ; mais cette instruction doit être d'abord catholique ou elle ne mérite pas qu'on la recherche.

Voilà une force, chez le peuple pauvre et opprimé d'alors, qui fait terriblement défaut chez ses descendants enrichis et politiquement libres d'aujourd'hui. Ce ne sont pas des partis politiques ni des élections qui ont manqué à ces enrichis et libérés. Et ce n'est pas l'addition de nouveaux partis qui recréera cette force, ni des campagnes électorales qui l'alimenteront.

Cause jugée par le vote?

Que peut devenir une cause quand on accroche son sort aux aléas de la politique électorale ? Sa valeur devra-t-elle être jugée au critère de la proportion du vote accordée au parti auquel on l'aura assimilée ? Advenant un succès partiel du nouveau parti, l'élection de ces quelques candidats pourra bien l'avoir été au détriment du moins à gauche des vieux partis, ce qui aurait pour résultat de remettre au pouvoir le parti libéral, celui-là même qui a jeté à terre le système scolaire des parents et de l'Eglise pour en faire un système scolaire d'Etat ! Et même un succès électoral complet, donnant le pouvoir au nouveau parti, ne pourrait-il pas essuyer une défaite dans une élection subséquente ?

Peut-on ainsi lier le sort d'une cause sacrée à des joutes de ce genre, dans lesquelles — c'est plus que démontré — les) valeurs réelles ont moins de poids que les fonds électoraux, la propagande dispendieuse des plus puissants moyens de diffusion, le lavage des cerveaux, la folie des passions, l'idolâtrie de tribuns, les réputations surfaites à dessein de vedettes choisies ou agréées par des Loges.qui ne votent pas mais qui excellent dans l'art d'orienter la pratique du suffrage universel.

On demande des saints

Les grandes causes, comme celle des écoles, comme celle de la justice distributive par le Crédit Social, demandent des apôtres, des militants, des dédiés, des donnés, des saints. La méthode « parti » conduit à l'opposé. Elle porte les adhérents à mettre leur confiance dans le gain d'une élection. Développement personnel du citoyen, zéro. Voici des candidats, dit le parti, aidez-les de votre argent, de votre agitation pendant trois ou quatre semaines, faites-les gagner l'élection. Puis vous n'aurez plus qu'à chanter victoire, vos élus feront le reste. Bien payés, ils sauveront le pays.

Pense-t-on que cela puisse contribuer à former la force permanente dans le peuple, dont nous parlions plus haut, force qui, elle, n'est ni jetée en fièvre quand vient une élection, ni mise au congélateur le lendemain. L'élection, c'est du transitoire. Le coup donné en passant n'a pas de Lendemain. Quel que soit le parti gagnant, le peuple n'a pas plus de force après l'élection qu'auparavant pour contrecarrer l'influence qu'ont, sur le gouvernement, des forces qui n'ont pas besoin de se faire élire pour se faire servir.

Puis, qui peut vraiment croire qu'une agitation, faisant face à d'autres agitations perdant un mois dans quatre ans, le sacrifice de quelques dollars pour prendre part au jeu, et la déposition d'un bulletin dans une urne, puissent suffire à sauver un peuple du vide religieux, du climat matérialiste et subversif, du culte de la chair et du sexe, du souffle luciférien, qui règnent dans des institutions où les parents doivent obligatoirement envoyer leurs enfants et d'où ces jeunes sortiront marqués pour la vie ?

Non, bien sûr. Mais n'est-il pas attristant de voir comment l'optique électorale risque de faire perdre le sens des valeurs, même à des esprits pourtant bien meublés de principes et convaincus de la gravité du mal qu'ils dénoncent ?

Créditistes, en garde!

Au cours de ces réflexions sur la politique de partis et sur l'attitude adoptée par notre mouvement envers les partis, si nous avons surtout parlé du nouveau parti de monsieur Léo Tremblay, cela ne veut aucunement dire que les autres partis lui soient préférables. Oh ! pas du tout. Mais les autres, les vieux partis, sont depuis longtemps classés. Il y a moins à craindre que les créditistes authentiques de Vers Demain soient assez médusés par eux pour leur donner du temps ou de l'argent. Quant à l'autre parti nouveau, celui de René Lévesque, Gilles Grégoire et consorts, dès sa naissance, avant même d'avoir reçu son nom, il puait déjà.

La cause des écoles tient au cœur des créditistes de Vers Demain. Ils la servent d'ailleurs magnifiquement, par leur œuvre d'apostolat, d'éducation, de formation de patriotes et de catholiques prêts à tout pour défendre les valeurs de leur patrie et de leur foi. Nos Pèlerins de saint Michel se donnent à cet apostolat sans relâche, sans la moindre recherche de rémunération personnelle, ni en argent, ni en honneurs, ni en louanges, pas même en bénédictions distinctives — ils ont même essuyé le contraire, assez souvent pour être cuirassés contre le danger d'en faire une maladie de cœur ou de tête.

Mais, justement parce que la cause des écoles leur est chère, nous devons mettre nos créditistes en garde contre le danger de se laisser séduire par tout appel fait sous son nom, par des voix d'autres enseignes. Les créditistes n'ont pas à chercher ailleurs que dans leur mouvement des moyens de bien servir une cause sacrée, certainement pas à descendre du niveau élevé et pur, sur lequel ils mènent leur combat, vers les bourbiers des partis politiques.

Tout ce dont les créditistes de Vers Demain peuvent disposer en temps, en argent ou en quelque autre forme d'aidé, ils le donnent à LEUR mouvement, qui est un mouvement unique. Dans la lutte pour rendre les écoles aux familles, il est le seul qui attaque un système financier dont les effets servent à l'Etat de prétexte pour se substituer aux parents. Le seul qui présente une formule financière pour rendre les familles capables de s'acquitter elles-mêmes des fonctions qui sont les leurs propres : un système financier qui permette de répondre aux justes aspirations des personnes, des familles, de la société, tant que c'est physiquement réalisable, sans avoir à endetter cette génération et les générations futures.

Mais notre mouvement présente aussi un trait remarquable et remarqué. Il a réussi à édifier une force d'hommes et de femmes qui savent se dévouer individuellement pour un objectif concerté, donner de leur temps, de leur personne, de leurs biens, sans rémunération matérielle. C'est là une force que peuvent convoiter des partis politiques, ou d'autres organisations, qui aimeraient bien en tirer avantage pour leurs propres fins. D'où leurs approches, par eux-mêmes ou par intermédiaires, avec des compliments, puis avec des arguments pour souligner ce qu'il peut y avoir de similitude ou de parenté entre leur fin et la nôtre, — cela pour se faire aider par des membres de notre mouvement, alors que notre mouvement n'a jamais reçu d'eux la moindre assistance. C'est du parasitisme que nous ne pouvons jamais tolérer. Notre force est le fruit d'années d'enseignement, de sacrifices, de ténacité ; c'est un bien appartenant à l'œuvre de Vers Demain, et chaque membre de notre mouvement a le devoir de la préserver contre toute déviation.

Ma ligne de conduite

Je suis un créditiste de Vers Demain. Je suis un Pèlerin de saint Michel. A ce titre même, ma ligne de conduite est bien tracée, et je ne m'en écarterai pas.

En matière d'élection, je ne donnerai mon appui à aucun parti politique, ni ancien ni nouveau. Pas un sou. Pas une minute de mon temps. Refus catégorique à toute sollicitation. Pas d'assistance à aucune assemblée électorale.

Le mouvement auquel j'appartiens a besoin de tout ce que je suis capable de fournir, en temps ou en argent, et je considérerais comme un détournement, un déshonneur, une injustice d'en consacrer la moindre partie au service d'un candidat, d'un agent de candidat, d'une organisation de candidat.

Je me bornerai strictement à déposer un bulletin de vote le jour de l'élection, si je le juge à propos et pour qui je juge à propos. Au delà de cela, absolument rien. Je suis convaincu qu'en suivant cette ligne de conduite, et en réservant toutes mes possibilités pour l'œuvre de Vers Demain, je sers excellemment ma patrie.

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