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Clifford Hugh Douglas

Écrit par Louis Even le jeudi, 22 décembre 1966. Publié dans Une lumière sur mon chemin

Le grand génie auquel le monde moderne doit la lumineuse doctrine du Crédit Social

Louis Even

 

 

Le 29 septembre de chaque année, depuis quatorze ans, rappelle aux créditistes le décès de l’éminent fondateur de leur école d’idée, l’ingénieur économiste Douglas. C’est ce jour-là, en effet, en 1952, en la fête de saint Michel, que Douglas décédait à sa maison de Fearnan, en Écosse, à l’âge de 73 ans.

Qui était Douglas et comment en est-il venu à s’occuper de la question d’argent et du crédit?

Clifford Hugh Douglas naquit en Écosse, en 1879. Diplômé de l’université de Cambridge, avec grands honneurs en mathématiques, il choisit la profession d’ingénieur.

Douglas fut membre du personnel de la compagnie Westinghouse pour laquelle il travailla aux États-Unis. Puis il fut envoyé en Inde, alors colonie britannique, comme ingénieur en chef de reconstruction pour la branche anglaise de la Westinghouse.

Plus tard, il fut, en Amérique du Sud, assistant de l’ingénieur en chef de la compagnie de chemin de fer Buenos Aires & Pacifique.

Rentrant en Angleterre, il devint ingénieur en chef du train tunnel électrique du bureau de poste de Londres puis, pendant la première guerre mondiale, assistant directeur de l’avionnerie Royal Aircraft Works de Farmborough.

Après la guerre, il se fit constructeur de yachts, entreprise dans laquelle il fut aidé par Madame Douglas, elle-même ingénieur.

Dans sa carrière d’ingénieur, Douglas devait s’attaquer à des problèmes d’ordre physique et les résoudre. Mais il constata graduellement que si la solution de problèmes physiques était toujours possible, bien des entreprises se trouvaient bloquées par des problèmes purement financiers.

Dans une conférence au Canadian Club d’Ottawa, en 1923, Douglas raconta lui-même comment il était venu à explorer le pourquoi et le comment d’un système financier dont le comportement ressemble à celui d’un grand malade ou d’un criminel accompli.

Lorsqu’il était aux Indes, vers 1908, le gouvernement l’avait chargé de faire le relevé des possibilités hydro-électriques d’un vaste territoire. Il y trouva beaucoup de pouvoir d’eau. Il en fit rapport à Calcutta et demanda ce qu’il fallait en faire. C’est bien, lui répondit-on. Mais impossible de procéder, il n’y a pas d’argent.

Douglas trouva la décision regrettable. L’Inde avait grand besoin d’électricité et à cette époque, les manufacturiers de l’Angleterre, à court de commandes, livraient leur machinerie à bon marché.

C’est un peu avant la première guerre mondiale que Douglas fut employé par le gouvernement anglais, à la construction d’un train tunnel électrique pour la poste. Aucune difficulté d’exécution. Tout allait bien, quand soudain Douglas reçut l’ordre de payer les hommes et de suspendre les travaux. Toujours pour la même raison, pas d’argent.

Pendant la guerre, Douglas fut envoyé à Farmborough, pour mettre de l’ordre dans la comptabilité d’une avionnerie royale. Il ne tarda pas à remarquer que chaque semaine, la somme des prix de revient dépassait toujours l’argent distribué au cours de la production de la semaine. S’il en était ainsi dans toutes les industries, ce qu’il vérifia être le cas, comment le pouvoir d’achat total distribué pouvait-il payer les prix de la production faite?

Douglas remarqua bien aussi qu’une fois la guerre déclarée, il n’était plus question de manque d’argent. L’argent n’avait donc rien de sacré. L’argent pouvait surgir subito. Et donc, tout ce qui était physiquement possible pourrait le devenir financièrement, en tout temps, comme pendant les hostilités.

Ces observations et d’autres frappèrent l’esprit de Douglas. Il décida de situer et de mettre à jour les vices du système financier. Puis en ingénieur, de chercher, découvrir et formuler des principes en vue de conformer en tout temps la finance aux réalités. Ce que depuis, on a appelé le Crédit Social.

Arme efficace contre le communisme

Je n’ai pas l’intention d’exposer ici le système de Douglas. Je tiens plutôt, en rappelant son souvenir, à dire comment la Providence s’est servie de lui pour offrir au monde une arme efficace à utiliser contre le communisme sur le plan temporel.

Le communisme est le plus terrible fléau qu’ait connu l’humanité. Il ne respecte aucune valeur. Pour lui, Dieu n’existe pas. Pour lui, l’âme ne compte pas. Pour lui, l’homme n’est qu’un instrument à exploiter ou à supprimer. Le communisme rejette le droit de propriété. Il abolit toute liberté. Il foule aux pieds le droit à la vie, comme tous les droits et toute morale, dès qu’il s’agit de poursuivre ses fins.

C’est en 1917 que, par une révolution, le communisme s’est emparé du pouvoir en Russie. Non pas pour s’y confiner, mais avec le dessein de couvrir le monde entier par tous les moyens, légitimes ou non, hypocrites ou violents.

Contre cette conspiration, qui s’est avérée depuis chargée d’une dynamique et d’une efficacité infernales, Dieu, dans sa bonté et malgré les péchés du monde moderne, voulut bien dès l’abord nous donner un remède souverain. C’est en effet la même année, en 1917, que Notre-Dame apporta son message aux trois petits enfants de Fatima, avec ordre de le communiquer au monde: Cesser d’offenser Dieu, dire bien des chapelets, faire pénitence en observant son devoir d’état. Se consacrer et consacrer le monde au Cœur Douloureux et Immaculé de Marie, faire communion réparatrice le premier samedi du mois. Moyennant cette réponse à son message, Marie promet que la Russie se convertira. Sinon, les erreurs qui ont dominé ce pays se répandront sur le monde entier.

C’est bien là le message transcendant qui, s’il avait été pratiqué, aurait préservé le monde de la vaste expansion communiste du demi-siècle écoulé, surtout depuis la deuxième guerre mondiale.

Mais sur le plan temporel aussi, le Ciel a bien voulu mettre à temps entre nos mains, par l’intermédiaire de Douglas, des lumières nouvelles pour répondre aux arguments économiques et sociaux des communistes, quand ils dénoncent des maux réels pour pousser leur poison.

C’est justement en 1917 que Douglas complétait ses observations et son étude pour mettre à point le système dont il allait publier les premiers écrits l’année suivante. Sans doute, Douglas ne faisait pas son étude expressément contre le communisme. Il voulait simplement corriger ce qui est faux en même temps que tyrannique dans le système financier actuel. Mais l’application du Crédit Social en économique et en finance remplacerait une erreur par une vérité, une servitude par une libération. Or il arrive que la vérité soit le moyen de tuer l’erreur, la liberté le moyen d’échapper à la tyrannie. Le communisme étant un mensonge et une tyrannie, le Crédit Social le frappe de front.

La seule garantie d’un dividende à chaque personne, sans être lié à l’emploi ni autre condition d’aucune sorte, rendrait impossible l’embrigadement forcé de l’économie communiste.

D’ailleurs, le communisme utilise la lutte des classes et les dénonciations du capitalisme pour gagner les populations laborieuses. Or, le Crédit Social considère avec raison tout le monde comme capitaliste: tous capitalistes, copropriétaires durant toute leur vie des richesses naturelles, capital réel sans lequel ni dollars ni main d’œuvre ne pourraient rien produire. Tous cohéritiers à titre égal des découvertes, des inventions, des perfectionnements technologiques développés et transmis au cours des générations.

Capital réel encore, sans lequel, capital-dollars et labeur combinés produiraient peu de choses comparativement à l’immense production moderne. Donc, tous et chacun attitrés à un dividende de capitalistes, à part de ce que chacun peut gagner en participant à la mise en œuvre de ces immenses capitaux communautaires. Quelle lutte de classe, quelle propagande communiste pourrait tenir devant une collectivité toute capitaliste, devant l’accès de tous et de chacun à une part généreuse des fruits de la production?

Avec le Crédit Social, on ne se bat pas contre le communisme sans arme, les mains vides. On lui oppose autre chose qu’un capitalisme concentré, vicié, voleur, tyrannique, qu’on n’ose certainement pas lui présenter.

Si le Crédit Social n’a pas encore prévalu dans notre économie, c’est parce que ceux qui tiennent les leviers de commande, les dictateurs de la finance, ne veulent pas perdre leur puissance de domination. Et c’est parce que toute une gamme de valets et de sous-valets, de politiciens, d’honorés, de casés, de titrés, de Mammons de tous degrés, s’accrochent à ce qu’ils ont de plus que d’autres, moins pourvus. Et ils rampent pour le garder plutôt que de se lever et réclamer la correction d’un régime guère moins détestable que le communisme.

Fatima et le Crédit Social

Mais accueillie ou non, la lumière créditiste brille toujours. Et le journal Vers Demain continue de former des patriotes, des apôtres pour la répandre. Ils connaissent trop ses possibilités pour en minimiser la valeur.

Cela n’empêche nullement les créditistes de Vers Demain de placer à son rang le grand message de Marie à Fatima. Quoique d’un ordre différent, Fatima et le Crédit Social vont bien ensemble. Les deux répondent à un besoin de notre temps. Fatima, c’est le Ciel nous parlant directement; c’est Marie, nous disant ce qu’elle obtiendra elle-même, si nous sommes fidèles à ce qu’Elle demande. Mais cela ne supprime pas le devoir qu’a l’homme de recourir aux connaissances, aux vérités accessibles à son esprit. Et le Crédit Social est une de ces grandes lumières, une de ces idées-maîtresses qui, reconnues et appliquées, peuvent contribuer puissamment au sain progrès d’une civilisation.

Des réalisations frappantes ont appris aux Pèlerins de saint Michel à déceler des signes là où d’autres pourraient croire à de simples coïncidences. Aussi aimons-nous à relever le fait que Douglas est mort le jour même de la grande fête annuelle de saint Michel. Douglas était de religion anglicane, non pas catholique, bien qu’il ait plus d’une fois signalé plus de vérité au Vatican que partout ailleurs. C’était un esprit droit, aristotélicien en philosophie, et il appréciait l’enseignement de saint Thomas.

Quoi qu’il en soit, un catholique qui étudie le Crédit Social avec un esprit ouvert à la vérité, s’y trouve infiniment plus à l’aise que dans les contradictions, les entorses, les faussetés pour ne pas dire plus, de l’enseignement qui prévaut actuellement dans nos universités en matière de finance et de distribution des biens qui répondent aux besoins humains.

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