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Assassins accueillis a Washington

Écrit par Louis Even le mardi, 02 mars 1965. Publié dans Conspiration

Louis Even

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Le président des États-Unis, M. Johnson, a fait savoir qu'il ira cette année en Russie soviétique, visiter le successeur de Nikita Khrouchtchev, M. Kossyguine, premier ministre de ce pays. Sans doute, M. Kossyguine sera invité à rendre la visite aux États-Unis.

Ce qui s'est fait dans ce sens, il y a quelques années, devrait avoir appris aux Occidentaux que ces visites contribuent toutes" à l'avancement de la conspiration communiste dans le monde.

Illusion aussi de penser que les dissensions sur les méthodes entre les maîtres de la Chine Rouge et ceux du Kremlin empêchent leur poursuite commune de l'objectif communiste : la domination sur le monde entier. Le gouvernement américain, a déjà donné dans la même illusion lors des dissensions apparentes entre Tito de la Yougoslavie et Staline puis Khrouchtchev.

En octobre 1962; le président Kennedy recevait ce Tito à Washington, avec grands honneurs. Le passé du personnage ne pouvait pourtant laisser aucun doute sur ses convictions communistes et son absence de tout principe au service de cette cause.

Tito s'appelait autrefois Joseph Broz. Dès 1917, encore jeune, il s'enrôle dans l'armée Rouge de Trostky. En 1920, il joint définitivement le parti communiste de Moscou. En 1936, il est à Paris, recrutant des volontaires pour les brigades communistes qui combattent le libérateur Franco en Espagne.

Vient la seconde guerre mondiale. Les Allemands envahissent et occupent la Yougoslavie. Broz ne bouge pas. C'est un autre, un patriote, Mikailovitch, qui se met à la tête de la résistance, reconnu par les Alliés. Mais lorsque Hitler porte la guerre contre la Russie, le communiste Josef Broz, devenu Tito, entre en action, et ses premiers actes sont de lever des partisans communistes et d'attaquer le patriote Mikailovitch. Ayant à faire un choix entre les deux camps pour leur aide à la Yougoslavie, Roosevelt et Churchill décident (pour quelle raison?) d'abandonner Mikailovitch et de reconnaître et soutenir Tito. Avec cet appui, Tito réussit à capturer Mikailovitch et le fait fusiller. C'est ainsi qu'après la guerre, par suite du choix de Roosevelt et Churchill, on aura une Yougoslavie gouvernée par le communiste Tito au lieu de l'être par le patriote authentique Mikailovitch.

La prétendue chicane, surgie en 1950, entre Tito et les chefs de Moscou, n'a été qu'une farce pour faire croire aux Occidentaux qu'ils avaient un allié potentiel dans Tito, et cela a permis au communiste Tito d'obtenir des États-Unis une aide de deux milliards et demi de dollars en dix ans. Les dindons de la farce ont dû faire une moue devant la déclaration de Tito en mai 1963 :

"Nous communistes, ne devons jamais perdre de vue que nous représentons un mouvement international, et rien d'autre."

Non moins claires, ces phrases de l'organe officiel du Comité exécutif de la Ligue communiste yougoslave, "Temps Nouveaux" du 20 août 1963:

"Notre destinée est liée au monde socialiste et, par-dessus tout, à l'Union soviétique. Nous disons qu'il n'y a qu'un socialisme scientifique ...le Marxisme-léninisme."

Et après la visite officielle de Khrouchtchev à Tito, où les deux compères se sont donné publiquement de-chaleureuses embrassades, le journal même de Tito, "Barba", parle ouvertement de "la coopération soviéto-yougoslave dans l'édification d'un monde communiste". L'amitié entre le Kremlin et Belgrade y' est déclarée une "amitié éternelle".

Cela n'a point empêché Washington d'accueillir royalement Tito, en l'anniversaire même de l'écrasement du soulèvement de la Hongrie sous les chars d'assaut de Khrouchtchev, de l'ami "éternel" de Tito.

L'assassin

Tito est, comme, fut Khrouchtchev, un assassin de grande, classe.

300 prêtres furent mis à 'mort pendant les quinze premiers mois de l'administration de Tito. L'évêque Antonio Santin, de Trieste, disait dans un rapport : "Les rouges yougoslaves ne reculent devant rien pour détruire L’Église et priver le peuple du droit naturel de tout homme à la digitée à la liberté. Ils tuent, ils engagent de faux témoins, ils mentent, ils trahissent. .."

Des ministres de tout culte, prêtres, religieuses, mahométans, chrétiens, ont été mis à mort froidement, pour nulle autre raison que la pratique de leur foi. Des milliers ont été jetés en prison, sur des accusations forgées, et- nombre d'entre eux y meurent lentement aujourd'hui encore, ignorés du monde libre.

On sait que le Cardinal Stepinac fut condamné à 16 ans de travaux forcés ; et malade, il fut tenu en résidence surveillée, ne pouvant faire deux pas que sous les yeux de la police de Tito. Il en mourut.

Par ailleurs, écoles 'religieuses, collèges, séminaires, asiles, ont été confisqués. 70 publications religieuses ont été interdites. Tito voudrait anéantir toute pensée qui n'est pas communiste.

En cinq mois, de mai à août, les troupes de Tito assassinaient 50,000 prisonniers et civils d'autres nationalités : seuls des barbares traitent ainsi les prisonniers, même en temps de guerre.

Le docteur Nicolas Mandis, chef du gouvernement local de la Croatie, âgé de 88 ans, fut massacré sans jugement, avec 34 généraux et colonels croates.

En août 1945, à Usora, en Croatie, 5,000 enfants furent brûlés à mort, par les Titoïstes.

Tito a ainsi fait périr plus de 500,000 Croates. Pourquoi cette fureur contre les Croates, alors que lui-même tient à se faire passer comme issu de cette race (ce qu'il n'est pas) ? Sans doute parce que ces Croates-là refusaient sa dictature communiste.

D'après le rapport de la police secrète, de 1945 à 1951, plus de six millions d'individus sont passés par les camps de rééducation de travail forcé. Il y a actuellement en Yougoslavie 30 camps de travail forcé, dans lesquels prévaut la torture physique et psychique.

Les victimes de Tito ne sont pas en sécurité -même en pays étrangers : plusieurs ont été mis à mort par ses janissaires secrets en dehors de leur pays. Il a aussi dépouillé et affamé des réfugiés hongrois fuyant les hordes soviétiques.

Ces faits sont donnés dans "Common Sense" du 1er septembre 1963.

Ce sont ces mains rouges du sang de leurs milliers de victimes, que des chefs occidentaux osent serrer, en leur souhaitant une bienvenue qu'ils refusent à d'authentiques combattants de la liberté.

Avachissement

Tito ne fut pas le premier grand assassin ainsi honoré officiellement dans nos pays libres, ni Kennedy le premier chef d'État à leur rendre Je tels honneurs. Quatre ans auparavant, après Mikoyan, brillant second de l'Union soviétique, c'est le tout premier, Khrouchtchev lui-même, qui foulait le sol américain, accueilli par le président Eisenhower, reçu par de hauts financiers et chefs de trusts américains, fêté, promené, présenté à des auditoires, banqueté, précieusement protégé contre les manifestations possibles, fort explicables, de victimes qui ont réussi à s'évader de l'enfer communiste.

Vers Demain faisait à ce sujet, dans son numéro du 1er septembre 1959, des réflexions également applicables à la visite de l'assassin Tito.

Khrouchtchev, lui aussi, avait les mains rouges de sang. Sous Staline, il avait été le bourreau de l'Ukraine. Successeur de Staline, il fut le bourreau de Budapest (Hongrie). Le plus haut gradé de Satan sur la, terre, il o foulé aux pieds la liberté et les croyances de millions de chrétiens dans la moitié de l'Europe. Tito est du même camp.

L'invitation et la réception courtoise faite à de tels personnages sont un affront jeté à la face de tous les peuples qui, gémissent sous la botte de Moscou 'et qui gardaient encore l'espoir que les pays libres s'intéresseraient à leur sort. Ils savent bien que quand on reçoit l'assassin avec courtoisie, ce n'est pas pour lui reprocher ses crimes ni plaider pour ses victimes. Si la déception, la désespérance et l'amertume envahissent ces cœurs, c'est le monde libre qui y perd et le monde communiste qui y gagne.

D'autre part, la visite de ces hauts chefs communistes dans nos pays ne peut qu'encourager et stimuler le zèle des cinquièmes colonnes qui sapent de l'intérieur les valeurs chrétiennes et patriotiques des pays libres. Fortifier ainsi l'ennemi dans nos murs et offenser l'ami hors de nos murs, voilà, certes, une étrange manière l'améliorer nos positions.

A l'occasion de la propagande organisée pour (Khrouchtchev aux Etats-Unis en 1959, le cardinal Cushing, archevêque de Boston, déclarait:

"C'est comme si nous ouvrions nos frontières à l'ennemi dans une guerre militaire . . . Quiconque croit que nous puissions influencer Khrouchtchev uniquement en lui montrant notre démocratie à l'oeuvre et notre grande fortune n'a aucune idée du mépris passionnant, imbu de haine, que Khrouchtchev et consorts professent à l'endroit de notre mode de vie."

Ce mépris, Khrouchtchev le prouva bien, lorsque, peu de temps après cette visite triomphale pour lui aux États-Unis et celle qu'il fit pareillement dans la France de de Gaulle, il se moqua effrontément d'Eisenhower, de de Gaulle et le MacMillan, leur tournant le dos, leur claquant la porte au nez ou au derrière, en quittant avec éclat la conférence au sommet à Pals, après des injures jetées aux États-Unis et à leur président à la face du monde entier.

Et Vers Demain citait aussi S. E. Mgr O'Gara, évêque exilé de Yuan Ling, qui avait goûté de a prison communiste chinoise. Ce qu'il disait de la visite de Khrouchtchev vaut également pour les visites de Tito et autres consorts de Khrouchtchev ou de ses successeurs :

« Le communisme avance, pendant que le monde libre cède du terrain. Pourquoi ce fait humiliant ? Pour moi, la réponse est bien simple. Pendant mon séjour dans une prison chinoise, on ne cessait de nous harceler les oreilles des principes du matérialisme dialectique, signifiant qu'il n'y a ni Dieu, ni vie future, ni vertu — qu'une seule attitude d'esprit a de la valeur : la soumission au Gouvernement du Peuple.

« Or, dans l'enceinte même des États-Unis, les mêmes principes perfides sont exposés devant notre jeunesse américaine, ... que le mode de vie convenant à notre époque et la norme des bonnes manières sont déterminés par ce que la majorité décide et fait, si outrageux à la morale chrétienne et si contraire aux enseignements du Christ que cela puisse paraître . . . »

Il y a là matière à réflexion pour nous-aussi, du Canada, même de la province de Québec. Les relâchements dans les mœurs, dans les modes, la poussée vers le laïcisme dans nos écoles, , tout cela conduit au matérialisme, à la négation au moins pratique de Dieu, et laisse sans défense contre le communisme à l'affût de toutes les occasions pour gagner du terrain sans avoir à tirer un seul coup de fusil.

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