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Sainte Soeur Faustine Kowalska

le jeudi, 01 octobre 2015. Publié dans Saints & Bienheureux

Apôtre de la Miséricorde divine

Sainte Faustine Kowalska
Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)

La confiance en la Miséricorde de Dieu est particulièrement nécessaire de nos jours, dans un monde qui se distingue par des réussites scientifiques et techniques, mais qui, dans le même temps, est marqué par une profonde crise morale; le Cardinal A. Rouco Varela, archevêque de Madrid, déclarait au synode des évêques d’Europe, le 8 octobre 1999: «Hors de Jésus-Christ, nous ne savons pas ce que sont réellement Dieu, la vie, la mort ou nous-mêmes. Il n’est pas étonnant qu’une culture sans Dieu finisse par devenir aussi une culture sans espérance, parce que seulement en Lui, qui est l’Amour éternel et créateur, le cœur de l’homme trouve son origine et sa fin véritable».

Un message pour le monde

À ce monde en détresse, Jésus-Christ a voulu rappeler l’amour de son Cœur miséricordieux, par la voix d’une femme modeste, inconnue, qui accomplissait les fonctions de cuisinière, de jardinière et de portière de son couvent. Il lui adressa ces paroles à la fois étonnantes et réconfortantes: «Je t’envoie, avec ma Miséricorde, à toute l’humanité. Je ne veux pas punir l’humanité qui souffre, mais je veux la guérir, la serrer contre mon Cœur miséricordieux... Parle au monde entier de ma Miséricorde». Cette humble religieuse, sœur Faustine Kowalska, a été canonisée le 30 avril 2000, par le Pape Jean-Paul II.

Hélène Kowalska, troisième de dix enfants, est née le 25 août 1905, à Glogow (Pologne). Vive, primesautière, gaie comme un pinson, Hélène s’amuse tout comme les autres enfants du village. À sept ans, Dieu l’appelle par son nom: «Pour la première fois, écrira-t-elle plus tard, j’entendis distinctement la voix de Dieu dans mon âme, m’invitant à la vie parfaite. Cependant je ne lui fus pas toujours docile» (Petit Journal). À l’école, elle se distingue par son intelligence. Bientôt cependant, on a besoin de son aide à la maison, et, dès neuf ans et demi, elle troque son cabas d’écolière contre une houlette de pastourelle. À 14 ans, Hélène part travailler dans une ferme du voisinage. Après une année de service dévoué, aimable et consciencieux, elle déclare à sa mère: «Maman, je dois devenir religieuse!» La réponse est un «non» catégorique. Les Kowalski ne peuvent assurer les frais de constitution d’un trousseau, nécessaire, à l’époque, pour entrer au couvent. Hélène reprend du service, dans la ville de Lodz. Lorsqu’elle atteint ses 18 ans, la jeune fille supplie à nouveau ses parents de lui permettre de réaliser sa vocation. Même refus.

«Lorsque mes parents m’eurent interdit d’entrer au couvent, écrira-t-elle, j’essayais de me distraire avec des bagatelles en faisant la sourde oreille à la voix de la grâce... j’évitais Dieu et je m’inclinais vers les créatures. Cependant, la grâce triompha. Un jour, j’étais au bal avec ma sœur. La fête battait son plein, mais mon âme souffrait d’un étrange malaise.

Lorsque je me mis à danser, tout d’un coup, j’aperçus Jésus auprès de moi. Dépouillé, torturé, couvert de blessures… Il me dit: «Combien de temps te souffrirai-je encore? Jusqu’à quand me feras-tu attendre?» Aussitôt, il se fit un grand silence, je n’entendis plus la musique, et la joyeuse compagnie disparut à mes yeux. Il n’y avait que Jésus et moi. Je m’assis auprès de ma sœur, prétextant une migraine. Au bout d’un instant, en cachette, je quittai la salle et je courus à la cathédrale Saint-Stanislas Kostka. Le jour commençait à poindre et il y avait peu de monde. Sans me soucier de mon entourage, je me prosternai la face contre terre devant le Très Saint-Sacrement et je demandai ce que, maintenant, je devais faire. J’entendis ces paroles: «Va à Varsovie, là-bas tu entreras au couvent». Je me levai sur-le-champ... réglai comme je pus mes affaires... et, tout de suite, avec juste une robe sur mon dos et sans rien emporter, je pris le train pour Varsovie».

Là, un peu désorientée, elle s’adresse à un prêtre qui la réconforte et la place comme servante chez une dame très pieuse, jusqu’à ce qu’elle soit reçue dans la Congrégation de Notre-Dame de la Miséricorde. Cette Congrégation, fondée par Mère Thérèse Rondeau (1793-1866), une française, aide les femmes et les jeunes filles tombées dans une vie de péché à retourner sur le bon chemin, et éduque des jeunes filles qui ont besoin d’une protection spéciale pour éviter les dangers de ce monde. Dans chaque couvent, on distingue trois catégories de personnes: les directrices, les coadjutrices et les pensionnaires. Hélène est admise parmi les coadjutrices, qui s’occupent des travaux matériels de la maison.

«Qui T’afflige ainsi?»

Soeur Faustine avec sa famille
Soeur Faustine (au centre) avec sa famille

Heureuse d’abord, la postulante est bientôt déçue: elle est tout absorbée par les travaux manuels et n’a que peu de temps pour la prière, la méditation, le cœur à cœur avec Jésus. «Au bout de trois semaines, écrit-elle, je décidai d’entrer dans un couvent plus austère. Cette pensée s’ancra si profondément dans mon esprit qu’un beau jour je fus bien résolue à partir... Rentrée dans ma cellule, je me prosternai la face contre terre et suppliai Dieu de me montrer sa volonté... Tout d’un coup, il se fit une grande lumière. Sur le fond de mon rideau, je vis la Sainte Face exprimant une indicible douleur, couverte de plaies et avec de grosses larmes qui tombaient sur la couverture de mon lit. Bouleversée, je dis: «Mon Jésus, qui donc T’afflige ainsi?» Il me répondit: «Toi, si tu pars: ici je t’ai appelée, ici je te prépare de grandes grâces»... Depuis ce jour, je me sens heureuse et contente». Apaisée, Hélène s’applique à vivre son idéal d’union à Dieu, avec ses poêles et ses casseroles, en bêchant au jardin ou en vendant du pain dans le va-et-vient de la porterie.

Admise à la prise d’habit le 30 avril 1926, elle prend le nom de sœur Faustine. Mais bientôt commence pour elle une lourde épreuve: «Dès la fin de la première année de mon noviciat, une obscurité de plus en plus épaisse commença à envahir mon âme, écrit-elle. Mon esprit devint opaque, les vérités de la foi me semblaient absurdes. Lorsqu’on me parlait de Dieu, mon cœur était comme une pierre, incapable du moindre acte d’amour! Dans la prière, je ne trouvais aucune consolation... Souvent pendant la Messe tout entière, je ne faisais que lutter contre des blasphèmes qui se pressaient sur mes lèvres... Lorsque le prêtre m’expliquait que c’étaient des épreuves et que, dans cet état, je n’offensais pas Dieu, mais qu’au contraire c’était un signe que Dieu m’aimait, je n’y trouvais aucune consolation, il me semblait que ces paroles ne me concernaient pas...

«Je me prosternais alors devant le Saint-Sacrement et je répétais ces mots: “Même si tu me tues, j’aurai confiance en Toi!” L’acuité de l’épreuve, qui durera deux ans et demi, est à la mesure de la mission qui va être confiée à sœur Faustine. Celle qui doit rappeler à un monde souvent en proie à l’angoisse, la confiance en l’infinie Miséricorde, a connu tous les degrés de la tentation du désespoir.

Apparition de Jésus à soeur FaustineLe 22 février 1931, Notre-Seigneur lui apparaît, revêtu d’un grand vêtement blanc, une main levée en un geste d’absolution et l’autre posée à l’emplacement de son divin Cœur. De sa robe entrouverte sur le Cœur, sortent deux faisceaux de rayons, l’un rouge et l’autre blanc. «En silence je contemplais le Seigneur, écrit-elle, mon âme était remplie de crainte, mais aussi d’une grande joie. Au bout d’un moment, le Seigneur Jésus me dit: “Peins une image pareille à ce modèle et signe: Jésus, j’ai confiance en Toi. Je désire que cette image soit vénérée tout d’abord dans votre chapelle, puis dans le monde entier. Je promets à ceux qui la vénéreront qu’ils ne périront pas. Je leur promets dès ce monde la victoire sur l’ennemi, mais surtout à l’heure de la mort. Je les défendrai Moi-même, comme ma gloire”».

Sœur Faustine s’ouvre à son confesseur de cette vision. Le prêtre n’y accorde pas beaucoup d’attention. Au fil des mois, les ordres du Seigneur se précisent et deviennent plus pressants: «Je veux que les prêtres proclament ma très grande Miséricorde. Je veux que les pécheurs m’approchent sans crainte d’aucune sorte! Les flammes de ma Miséricorde me consument. Aucun péché, fût-il un abîme d’abjection, n’épuisera ma Miséricorde, car plus on y puise et plus elle augmente. C’est pour les pécheurs que je suis descendu sur cette terre et que j’ai versé tout mon sang. Pour châtier, j’ai toute l’éternité: maintenant, je prolonge le temps de la Miséricorde. Mon Cœur souffre, car même les âmes consacrées ignorent ma Miséricorde et me traitent avec méfiance. Combien le manque de confiance me blesse!»

Tableau Jésus Miséricordieux 1943Tableaux de Jésus Miséricordieux 1934En 1943, dix ans après la réalisation du premier tableau de Jésus Miséricordieux (photo de gauche) à Vilnius, en Lituanie, et cinq ans après le décès de sainte Faustine à Cracovie, en Pologne, un peintre, Adolphe Hyla s’est adressé à la Congrégation des sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde à Cracovie. Il désirait réaliser un tableau qu’il voulait offrir à la chapelle des soeurs en tant qu’ex-voto pour remercier le Seigneur d’avoir épargné sa famille durant la Seconde Guerre mondiale.

Les sœurs lui ont proposé de peindre un tableau de Jésus Miséricordieux. Elles ont présenté à l’artiste comme modèle, la reproduction du premier tableau, peint par Eugène Kazimirowski avec la collaboration de sainte Faustine. Elles lui ont montré également la description du tableau contenue dans le Petit Journal de sainte Faustine. Cependant, le peintre a réalisé un tableau à son idée. Ce tableau a été béni en janvier 1944 et placé dans la chapelle à Cracovie où il est vénéré jusqu’à présent. (Photo de droite.)

Le premier tableau de Vilnius s’est retrouvé, après la seconde guerre mondiale (1939-1945), sur le territoire de l’URSS où des catholiques, à cause de cruelles persécussions, pendant des dizaines d’années ont été obligés de cacher leur foi. Le tableau a dû également rester caché ainsi que sa provenance extraordinaire. Il est maintenant exposé dans le maître autel du sanctuaire de la Miséricorde Divine à Vilnius, entouré d’une incessante prière des religieuses et des pèlerins. (Source: www.faustine-message.com)

 

«Vois qui tu as épousé!»

La nouvelle des visions de sœur Faustine se répand dans son couvent, et, bien que sa vie soit exemplaire, les contradictions pleuvent. «Tout était encore supportable, écrit-elle, jusqu’au jour où le Seigneur m’ordonna de peindre cette image. À partir de ce moment, on se mit à me considérer comme une hystérique et une hallucinée, et les jugements pleuvaient drus». Pendant deux ans, aucun prêtre n’ose se prononcer clairement sur ses révélations. Enfin, pendant sa retraite de profession perpétuelle, en avril 1933, le prédicateur, un homme spirituel, lui dit: «Ma Sœur, vous vous méfiez du Seigneur Jésus parce qu’Il vous traite si intimement, n’est-ce pas? Soyez bien tranquille. Jésus est votre Maître et vos rapports avec Lui ne sont ni de l’hystérie, ni des rêves, ni de l’illusion. Sachez que vous êtes dans un bon chemin. Tâchez d’être bien fidèle à tant de grâces». Aussitôt une paix surnaturelle profonde emplit l’âme de sœur Faustine et la libère de ses doutes.

Le 1er mai suivant, elle fait profession perpétuelle avec une grande ferveur. Quatre jours plus tard, elle entre à la chapelle pour une Heure Sainte. «Tout d’un coup, écrit-elle, j’ai aperçu le Seigneur, tout couvert de plaies. Il me dit: «Vois qui tu as épousé»... Je contemplais ses plaies et j’étais heureuse de souffrir avec Lui. Ô mon Dieu, qu’il est doux de souffrir pour Toi, au plus profond de nos cœurs, à l’insu de tous... Merci, Jésus, pour les menues croix quotidiennes, pour les contrariétés et les peines de la vie commune, pour les fausses interprétations de mes desseins, pour les humiliations et les mauvais traitements, pour les soupçons pénibles, pour ma santé délabrée et mon extrême lassitude... Merci, Jésus, pour la souffrance de l’âme, pour les aridités, l’angoisse et l’incertitude, pour la nuit et les ténèbres intérieures, pour les tentations et les épreuves... Merci, Jésus, Toi qui as bu ce calice amer avant de me l’offrir adouci. Je ne désire que Ton bon plaisir, selon les plans de Ton éternelle Sagesse».

Le véritable Ami

bienheureux Michel Sopocko
Bx Michel Sopocko 1888-1975

Fin mai 1933, sœur Faustine part pour Wilno. Là, elle rencontre l’abbé Michel Sopocko (qui sera lui-même béatifié en 2008) qui devient son directeur de conscience. Après bien des hésitations, celui-ci se décide à faire peindre l’image de Jésus miséricordieux, mais il veut connaître la signification des faisceaux blancs et rouges qui rayonnent du Cœur du Seigneur. Sœur Faustine interroge le divin Maître qui répond: «Ils signifient l’eau et le sang. L’eau qui justifie les âmes, le sang qui est vie de l’âme. Ils jaillissent de mon Cœur ouvert sur la Croix. Ces rayons mettent l’âme à l’abri de la colère de mon Père», c’est-à-dire des peines justement méritées par nos fautes. Le dimanche de Quasimodo (Octave de Pâques) 1935, l’icône est exposée publiquement au sanctuaire de Notre-Dame d’Ostra Brama, et aussitôt, la Miséricorde divine se manifeste par de nombreuses grâces de conversions extraordinaires.

Dans son Petit Journal, sœur Faustine écrit: «La Miséricorde est le plus grand des attributs divins». L’abbé Sopocko, d’abord perplexe, retrouvera cette vérité dans les œuvres de saint Augustin et de saint Thomas d’Aquin. De fait, aucun attribut de Dieu n’est souligné aussi fortement dans la Bible que la Miséricorde. Dieu n’est pas un être lointain et indifférent au destin de l’homme, mais il est l’Ami, le Sauveur, le Bon Pasteur, aux yeux de qui chaque personne est précieuse. Après la chute de l’homme par le péché originel, chute qui a eu tant de conséquences tragiques (souffrance, mort...), Dieu nous révèle pleinement sa Miséricorde dans les mystères de l’Incarnation et de la Rédemption. Toute la vie du Christ sur la terre, ses paroles et ses actes, ses paraboles et ses miracles, sa mort sur la Croix et sa Résurrection, la fondation de son Église guidée à travers les siècles par l’Esprit-Saint, proclament au monde entier la Miséricorde de Dieu.

Santuaire de la Divine MiséricordeJean-Paul II et tableau de la Divine MiséricordeEn 1996, on décida de construire un temple de 5000 places à côté du sanctuaire de Cracovie-Łagiewniki, qui contient la tombe de Sœur Faustine. Le 17 août 2002, lors de son dernier pèlerinage en Pologne, Jean-Paul II consacrait la nouvelle église et confiait solennellement le  monde entier à la Miséricorde Divine: «Je le fais avec le désir que le message de l’amour miséricordieux de Dieu, proclamé ici à travers sainte Faustine, atteigne tous les habitants de la terre et remplisse leur cœur d’espérance. Que ce message se diffuse de ce lieu dans toute notre Patrie bien-aimée et dans le monde.»

 

Expérimenter la Miséricorde

Être miséricordieux, c’est avoir un cœur affecté de tristesse à la vue de la misère d’autrui comme s’il s’agissait de la sienne propre, et s’efforcer, autant que possible, de l’écarter ou de la soulager. Le plus grand mal qui atteigne l’homme est le péché. Dieu y porte remède par sa Miséricorde. En tant qu’offense faite à Dieu, le péché a une malice insondable dont la conséquence éternelle a été montrée à sœur Faustine. «Moi, sœur Faustine, par ordre de Dieu, j’ai pénétré dans les abîmes de l’enfer pour en parler aux âmes et témoigner que l’enfer existe». Une autre vision met sous les yeux de sœur Faustine les péchés des hommes: «En un clin d’œil, note-t-elle le 9 février 1937, le Seigneur m’a montré les péchés du monde, commis aujourd’hui. Je m’évanouis d’épouvante! Bien que je connaisse l’abîme de l’insondable Miséricorde, je fus tout étonnée que Dieu permette au monde d’exister! Alors Il me fit entendre que ce sont les élus qui font contrepoids».

Mais, quel que soit le nombre et la gravité des péchés, la Miséricorde de Dieu est toujours accessible ici-bas: «Je suis Saint, dit Jésus à sœur Faustine, et le moindre péché me fait horreur. Mais lorsque les pécheurs se repentent, ma Miséricorde est sans limites... Les plus grands pécheurs pourraient devenir de très grands saints s’ils se fiaient à ma Miséricorde... On ne puise ma Miséricorde qu’avec la coupe de la confiance. Plus on a confiance et plus on obtient... Ce m’est une joie lorsque les pécheurs recourent à ma Miséricorde. Je les comble au-delà de leur espérance». Le 10 octobre 1937, notre Sainte écrivait: «J’ai vu, dans une grande lumière, l’abîme de mon néant. Et je me suis blottie sur le Cœur de Jésus avec tant de confiance que même si j’avais sur la conscience tous les péchés des damnés, je ne douterais pas de la divine Miséricorde, mais je me précipiterais, avec un cœur contrit, dans l’abîme de ton amour, Seigneur Jésus! Je sais que tu ne me rejetterais pas, mais que tu me pardonnerais par ton prêtre». La Miséricorde divine se donne aux pécheurs principalement dans la confession: «Dans ce sacrement, écrit le Pape Jean-Paul II, tout homme (baptisé) peut expérimenter de manière unique la Miséricorde, c’est-à-dire l’amour qui est plus fort que le péché» (Encyclique Dives in Misericordia, 30 novembre 1980, n. 13).

La seule limite

Saint Jean-Paul II au sanctuaire de la Miséricorde Divine le 7 juin 1997
Saint Jean-Paul II au sanctuaire de la Miséricorde Divine à Cracovie le 7 juin 1997, devant la tombe de Soeur Faustine et l’image de Jésus Miséricordieux.

Puissant motif d’espérance, la Miséricorde divine est aussi un appel à la conversion. Sans le regret sincère des péchés et la ferme résolution de s’en corriger, la Miséricorde ne peut se répandre sur le pécheur. «Du côté de l’homme, seul peut limiter (la Miséricorde) le manque de bonne volonté, le manque de promptitude dans la conversion et la pénitence, c’est-à-dire l’obstination continuelle qui s’oppose à la grâce et à la vérité, spécialement face au témoignage de la Croix et de la Résurrection du Christ» (Dives in Misericordia, n. 13). Saint Alphonse de Liguori note que la Miséricorde de Dieu s’étend sur ceux qui le craignent (cf. Lc 1, 50), c’est-à-dire que «le Seigneur use de Miséricorde envers ceux qui craignent de l’offenser, mais non pas envers ceux qui comptent sur sa Miséricorde pour l’offenser davantage» (La voie du salut, 1ère partie, 8e méditation).

Si, grâce à la Passion du Christ, la Miséricorde divine apporte un remède souverain au plus grand des maux qui affectent l’homme, le péché, elle se penche aussi sur toutes les autres misères, physiques ou morales, qui le touchent. Parfois, elle les supprime; mais plus souvent, elle se manifeste dans son aspect propre et véritable «quand elle tire le bien de toutes les formes de mal qui existent dans le monde et dans l’homme» (Dives in Misericordia, n. 6). Là se trouve le contenu fondamental du message messianique de Jésus-Christ dont la mission révèle le «dynamisme de l’amour qui ne se laisse pas vaincre par le mal, mais qui est vainqueur du mal par le bien (cf. Rm 12, 21)» (ibid, n. 6). Pour vaincre le mal, la Miséricorde de Dieu donne à tous ceux qui l’invoquent, force et patience dans l’épreuve, leur apprenant à unir leurs souffrances à celles du divin Crucifié. «Le doux visage de Jésus se présente à celui qui est affligé par une épreuve particulièrement dure, dit le Pape Jean-Paul II; sur lui arrivent ces rayons qui partent de son Cœur et illuminent, qui réchauffent, qui indiquent le chemin et donnent espoir. Combien d’âmes a déjà consolées l’invocation: Jésus, j’ai confiance en Toi!» (Homélie de la Messe de canonisation).

La Miséricorde de Dieu suscite aussi entre les hommes un amour fraternel véritable. «Il n’est pas facile d’aimer d’un amour profond, fait d’authentique don de soi, affirme le Pape. Cet amour ne s’apprend qu’à l’école de Dieu, à la chaleur de sa charité. En fixant sur Lui notre regard, en nous mettant en parfaite harmonie avec son Cœur de Père, nous devenons capables de regarder nos frères avec des yeux nouveaux, dans une attitude de gratuité et de partage, de générosité et de pardon. Tout cela est Miséricorde» (Ibid.). Jésus exhorte ses disciples à se mettre «à l’école de Dieu», afin d’obtenir pour eux-mêmes la Miséricorde divine: Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront Miséricorde (Mt 5, 7).

Jusqu’à la fin de sa vie, sœur Faustine a accompli des œuvres de Miséricorde à l’égard de ses proches. Depuis 1933, elle est atteinte par la tuberculose. Ses Supérieures ne perçoivent pas tout de suite la gravité de ce mal qu’elle supporte en silence. En décembre 1936, alors que la maladie est déjà avancée, on l’envoie en sanatorium. Elle y reste quatre mois; puis, en 1938, nouveau séjour de cinq mois. Elle prie avec ferveur pour les agonisants de son entourage dont elle obtient souvent la conversion, même dans des circonstances humainement désespérées. Elle récite à leur intention le «chapelet à la divine Miséricorde», dont la révélation lui a été faite le 14 septembre 1935. Rentrée dans son couvent en septembre 1938, sœur Faustine s’endort doucement dans le Seigneur à l’âge de 33 ans, le 5 octobre suivant.

Dans une belle prière, sœur Faustine dévoile sa manière de pratiquer la Miséricorde.

Demandons à la Très Sainte Vierge, Mère de Miséricorde, et à saint Joseph, de nous apprendre à être miséricordieux comme notre Père du Ciel afin d’obtenir Sa Miséricorde et la vie éternelle.

Dom Antoine Marie osb, abbé

Reproduit avec la permission de l’Abbaye Saint Joseph de Clairval, en France, qui publie chaque mois une lettre spirituelle sur la vie d’un saint. Adresse postale: Abbaye SaintJoseph de Clairval, 21150 Flavigny sur Ozerain, France. Site internet: www.clairval.com.

 

«Jésus, j'ai confiance en Toi!»

Voici des extraits de l’homélie de Jean-Paul II lors de la canonisation de Soeur Faustine, le 30 avril 2000:

Jean-Paul II priant Jésus de la MiséricordeJésus dit à Sœur Faustine:  «L'humanité n'aura de paix que lorsqu'elle s'adressera avec confiance à la Divine Miséricorde»... Le Christ nous a enseigné que "l'homme non seulement reçoit et expérimente la miséricorde de Dieu, mais aussi qu'il est appelé à «faire miséricorde» aux autres: «Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde» (Mt 5, 7) (Dives in misericordia, n. 14). Il nous a ensuite indiqué les multiples voies de la miséricorde, qui ne pardonne pas seulement les péchés, mais répond également à toutes les nécessités de l'homme. Jésus s'incline sur toute forme de pauvreté humaine, matérielle et spirituelle. (,,,) L'amour de Dieu et l'amour des frères sont en effet indissociables, comme nous l'a rappelé la première Epître de Jean:  «Nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu à ce que nous aimons Dieu et que nous pratiquons ses commandements» (5, 2).

C'est de cet amour que l'humanité d'aujourd'hui doit s'inspirer pour affronter la crise de sens, les défis des besoins les plus divers, en particulier l'exigence de sauvegarder la dignité de chaque personne humaine. Le message de la divine miséricorde est ainsi, de façon implicite, également un message sur la valeur de chaque homme. Chaque personne est précieuse aux yeux de Dieu, le Christ a donné sa vie pour  chacun,  le  Père  fait  don  à tous de son Esprit et offre l'accès à son intimité.

Et toi, Faustine, don de Dieu à notre temps, don de la terre de Pologne à toute l'Eglise, obtiens-nous de percevoir la profondeur de la miséricorde divine, aide-nous à en faire l'expérience vivante et à en témoigner à nos frères. Que ton message de lumière et d'espérance se diffuse dans le monde entier, pousse les pécheurs à la conversion, dissipe les rivalités et les haines, incite les hommes et les nations à la pratique de la fraternité. Aujourd'hui, en tournant le regard avec toi vers le visage du Christ ressuscité, nous faisons nôtre ta prière d'abandon confiant et nous disons avec une ferme espérance: Jésus, j'ai confiance en Toi!