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Sainte Marguerite d’Youville, Mère des Pauvres

Écrit par Thérèse Tardif le samedi, 01 janvier 2011. Publié dans Saints & Bienheureux

Nous venons de fêter la canonisation de notre bon Frère André Bessette, qui s’est déroulée à Rome le 17 octobre 2010. Il est le premier homme né au Canada à être canonisé. Comme il le mérite, il a été glorieusement fêté à Rome, à sa canonisation; à Montréal, lieu de son grand apostolat; à la cathédrale de St-Hyacinthe, diocèse de sa naissance; au Mont St-Grégoire, paroisse de sa naissance; à St-Césaire, paroisse de son enfance et où il a découvert sa vocation. Vers Demain l’a aussi honoré par deux longs articles, avec photos, débutant en première page.

Il est bon de donner à notre jeunesse les exemples de vaillance et de sainteté de ceux qui ont contribué à faire de notre Québec, un château-fort du christianisme, où on pratiquait la charité et l’honnêteté. Nous aimons rappeler aussi à la mémoire de nos compatriotes notre Marguerite d’Youville, première dame née au Canada, canonisée par le pape Jean-Paul II, le 9 décembre 1990.

Les Sœurs Grises ont été obligées de vendre leur Maison-Mère sur la rue Guy, à Montréal. Les restes de la sainte fondatrice, Marguerite d’Youville, ont été transférés dans sa ville natale, à Varennes. Les saints restes ont été exposés à la vénération des fidèles en différents endroits, les 7-8-9 décembre. Une grandiose cérémonie d’adieu très émouvante, présidée par Son Eminence le Cardinal Turcotte, s’est déroulée à la magnifique basilique Notre-Dame, que Marguerite d’Youville fréquentait, étant dirigée spirituellement par les Sulpiciens. Un grand nombre d’évêques et de prêtres, dont Monseigneur Lionel Gendron, nouvel évêque de St-Jean Longueuil, ainsi que le maire de Montréal et une multitude de fidèles, dévots de la sainte, remplissaient la grande basilique.

Sainte Marguerite protège notre Maison Saint-Michel depuis sa fondation. Voici un résumé de la belle vie de notre sainte au service des pauvres et des malades:

Naissance

Sainte Marguerite d’YouvilleMarguerite est née à Varennes, au Québec, le 15 octobre 1701. Son père, Christophe Dufrost de Lajemmerais, était capitaine dans les troupes du Détachement de la Marine, au temps du gouverneur Frontenac. Sa mère, Marie-Renée Gaultier de Varennes, était la fille de René Gaultier, seigneur de Varennes et gouverneur des Trois-Rivières. Elle était la petite-fille du patriarche Pierre Boucher, fondateur de Boucherville.

Marguerite est l’aînée d’une famille de six en-fants, trois fils et trois filles. Cependant, la mort vient soudainement détrui-re le bonheur du foyer, en emportant le père, le 1er juin 1708. Madame de Lajemmerais se trouve dépourvue à la mort de son mari. Marguerite, plus que ses frères et sœurs, constate le désarroi de sa mère.

Grâce à l’influence de Pierre Boucher, son arrière-grand-père, Marguerite bénéficie de deux années d’études chez les Ursulines de Québec.

À douze ans, la jeune Marguerite rentre au foyer pour aider sa mère. Elle est une deuxième petite maman auprès de ses frères et sœurs. Marguerite aime le monde et à dix-huit ans, elle aspire à fonder son propre foyer. De grande taille, gracieuse et belle, Marguerite est sérieuse et jouit d’une belle formation. La mère, madame Dufrost de Lajemmerais, décide de se remarier. La famille s’établira alors à Montréal.

Marguerite est bientôt demandée en mariage par un jeune homme de Montréal, François d’Youville. Subissant l’influence de son temps, le séduisant fiancé se révèle tôt un mari fêteur et frivole. Cette union apporte beaucoup de souffrances à la jeune mariée. Entre un époux volage et intriguant et une belle-mère avaricieuse, Marguerite pleure, mais elle s‘accroche à la foi.

En quelques années, François d’Youville dévore les biens de son épouse, en faisant par contrebande, le trafic de l’alcool et le commerce des fourrures avec les Amérindiens, ce qui nuit à sa santé et au bonheur de son épouse. En 1727, Madame d’Youville, vit une situation désespérée et verse d’abondantes larmes.

Marguerite s’est tournée vers le Père Eternel et lui, qui se tient proche des cœurs brisés et des esprits abattus, s’est lais-sé toucher. «La lumière a jaillit fulgurante, lui révélant qu’elle est l’objet de l’amour personnel du meilleur des pères, qu’il tient en ses mains sa destinée, que sa Providence l’entoure de toutes parts et qu’il la soutiendra en cette voie mystérieuse où il la convie.» Ainsi Marguerite cultive sa vie intérieure.

C’est en cette même année de 1727, qu’elle est admise dans l’archiconfrérie de la Sainte-Famille. Après avoir lu un passage du catéchisme de l’Imitation à la Sainte-Famille, elle formulera cette résolution: «Ma pauvreté est extrême Seigneur. Des biens de ce monde, je n’en dispose pas, mais je donnerai moi-même, mon temps, mon travail. Je sèmerai peu, il est vrai, mais votre miséricorde me fera récolter infiniment.» C’est cette invitation à l’Amour qui marquera le reste de sa vie.

François meurt après huit années de mariage, ne léguant que des dettes à son épouse. Il la laisse, à vingt-huit ans, mère de deux enfants et enceinte. Cet enfant baptisé du nom d’Ignace verra le jour le 26 février 1731 et mourra le 17 juillet de cette même année. Marguerite pleure longuement ce 3e enfant ravi par Dieu dès le berceau.

l’Hôpital des Frères CharonMarguerite est pauvre, mais elle se met à secourir plus pauvre qu’elle. Elle visite les malades, va rapiécer les vêtements des vieillards de l’Hôpital-Général Charon. L’abbé Louis Normand, curé de la paroisse, encourage ce zèle et autorise la sainte veuve à recevoir chez elle une pauvresse, du nom de Françoise Auzon. D’autres pauvres s’ajoutent à cette dame et bientôt trois compagnes consentent à seconder madame d’Youville dans son œuvre aux charités multiples. Le 31 décembre 1737, les quatre associées s’engagent à vivre en commun et, du fruit de leurs travaux collectifs, à faire vivre autant de pauvres qu’il leur sera possible.

Ainsi naît en 1737 la communauté des “Sœurs Grises”. (Leur nom ne vient pas de la couleur de leur habit, mais du fait que son mari faisait la traite de l’eau de vie avec les sauvages, la méchanceté populaire les accusait de s’enivrer.)

Comme les premiers chrétiens, elles mettent tout en commun avec ceux dont elles s’occupent. En ces temps de guerre qui engendrent une situation économique désastreuse, elles connaissent la pauvreté, l’incertitude aussi, car elles doivent déménager trois fois entre 1745 et 1747. Elles travaillent à l’Hôpital-Général” et leur nom officiel est “Sœurs de la Charité de l’Hôpital Général”.

Le 7 octobre 1747, madame d’Youville est nommée administratrice provisoire de l’Hôpital-Général Charon. Elle entreprend les réparations nécessaires. En plus des vieillards, hommes et femmes, madame d’Youville reçoit les enfants abandonnés, les aliénés, les aveugles, les soldats blessés et les prisonnières qui lui sont confiées par le Tribunal. Ses seules réserves sont «les coffres insondables de la Providence». Elle écrit: «La Providence est admirable, elle a des réserves incompréhensibles pour le soulagement des pauvres.»

En 1755 la maison devient vraiment “hôpital” en accueillant aussi des malades dont le nombre grandit à Montréal à cause de la variole et de la guerre.

Deux ans plus tard, la “mère des pauvres”, comme on l’appelle déjà, prend la direction de l’Hôpital des Frères Charon qui tombe en ruine. Elle en fait un refuge pour toutes les misères humaines que son œil perspicace sait découvrir. Avec ses sœurs et les collaborateurs et collaboratrices dont elle s’entoure, Marguerite met sur pied des services en faveur des pauvres aux mille visages.

Dans “l’épopée mystique” du Canada français les femmes ont tenu un rôle irremplaçable. Ce sont elles qui, autant que les hommes, ont bâti ce pays. Les colons ont amené leurs épouses qui ont affronté toutes les difficultés et ont donné à la “Nouvelle France”, comme on l’appelait alors, ces très nombreux enfants qui ont assuré le succès de l’implantation du petit peuple français au Canada. Mais, imagine-t-on ce qu’a dû être la condition de ces femmes, alors qu’il fallait presque tout tirer du sol même, se débrouiller au milieu de mille difficultés, au besoin, aider les hommes dans la lutte contre les attaques iroquoises, et, en même temps, élever de nombreux enfants ?

Quant aux Sœurs Grises, on les a vues associées à toutes les entreprises les plus audacieuses en direction de l’Ouest canadien ou du Grand Nord parmi les glaciers. Quand le pays est passé sous la domination britannique en 1763, Marguerite d’Youville n’y était pas insensible, mais elle a su s’adapter en faisant confiance à la Providence.

Effectivement, le message qu’elle nous laisse transcende toutes les cultures et toutes les civilisations: c’est le langage de l’amour manifesté dans le don de soi, le dévouement, le soin des plus pauvres; Ce langage vaut encore pour aujourd’hui et c’est celui que comprennent le mieux nos contemporains.

L’incendie de l’hôpitalEn 1765, un incendie ravage l’hôpital, mais non la foi et le courage de la fondatrice. Elle invite alors ses sœurs et les pauvres à reconnaître le passage du Père Eternel dans cette épreuve et à le louer en chantant le Te Deum. Et comme si elle voyait l’avenir, elle entreprend, à 64 ans, la reconstruction de ce refuge des gens malades et démunis.

Le 9 décembre 1771, une première attaque de paralysie alerte la communauté. Une rechute survient le 13 du même mois. Le lendemain, la saint mère des pauvres reçoit le sacrement des malades. A ses filles spirituelles, elle laissait le testament de sa vie. Rassemblées autour d’elle et les voyant en pleurs, elle leur parla, comme autrefois, de l’abondance de son cœur compatissant.

«Mes chères sœurs, soyez constamment fidèles aux devoirs de l’état que vous embrassez, marchez toujours dans les voies de la régularité, de l’obéissance et de la mortification, mais surtout, faites en sorte que l’union la plus parfaite règne parmi vous.»

Ruinée physiquement par les rudes labeurs, les luttes acharnées et les privations continuelles, Marguerite d’Youville entre à la maison du Père, au cours de la soirée du 23 décembre 1771, elle a 70 ans.

Au moment de son décès, comme pour sceller l’œuvre de cette femme extraordinaire, une croix lumineuse apparaît dans le ciel au-dessus de l’Hôpital Général.

Le 3 mai 1959 le pape Jean XXIII proclamait bienheureuse cette Mère à la charité universelle, cette femme au cœur sans frontière. Depuis ce jour, la dévotion du peuple à cette grande servante des pauvres n’a cessé de croître et de nombreuses faveurs sont obtenues par son intercession.

L’une d’elles, le miracle de la guérison d’une jeune femme atteinte de leucémie myéloblastique en 1978, a servi pour sa canonisation. Elle a été canonisée par le pape Jean-Paul II, le 9 décembre 1990.

Aujourd’hui encore, Marguerite d’Youville sait comprendre, pour les avoir vécues, les situations pénibles qui marquent tant d’enfants orphelins, d’adolescents inquiets de l’avenir, de jeunes filles aux espoirs déçus, d’épouses brimées dans leur amour, de familles monoparentales, de personnes engagées dans les œuvres caritatives et de celles dont la vie est consacrée à Dieu au service de leurs frères et sœurs.

Père Eternel, donnez-nous un cœur charitable comme celui de sainte Marguerite, afin que nous consacrions de plus en plus nos vies au service de l’œuvre des Pèlerins de saint Michel qui travaille à ce que tous les pauvres de la terre, sans exception, aient de quoi se nourrir chaque jour.

Cet article a été publié par

Thérèse Tardif

Thérèse Tardif

Thérèse Tardif est la directrice du Journal Vers Demain depuis la mort de Mme Gilberte Côté-Mercier en 2002.