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Mort aux taxes!

Écrit par Louis Even le vendredi, 01 mars 1968. Publié dans Taxes

deuxième partie

Irritation et gaspillage

Dans une conférence, à Londres, le 19 janvier 1938, C. H. Douglas, le génie qui a donné au monde la lumière du Crédit Social, disait:

«The same remarks apply to the immense, complex, irritating and time-wasting taxation system, which keeps hundreds of people busily working, and is a complete waste of time. The whole of the results which are supposed to be achieved by the system of taxation, could be achieved without any book-keeping at all; they could be achieved entirely through the price system».

Ce qui veut dire que, au lieu d’un système de taxes énorme, compliqué, irritant, occupant des centaines de personnes, l’objectif des taxes, dans la mesure où cet objectif peut être justifié, pourrait s’obtenir sans toute cette bureaucratie et cette comptabilité qui constituent un pur gaspillage de temps. L’objectif pourrait être atteint, beaucoup plus simplement et plus justement, par le système de prix.

Mais pour comprendre cela, il faut d’abord rectifier certaines notions et admettre certains principes, aujourd’hui totalement ignorés dans le mécanisme des prix. A la lumière de ces notions et de ces principes, tout s’éclaire: prix véritable, pouvoir d’achat approprié, décancérisation des taxes, libération de toute dette publique, et bien d’autres choses encore.

Production et consommation

Parle-t-on de production, de consommation, de budget, d’exportations, d’importations, etc., il faut toujours penser ces choses en termes de réalités, et non pas en termes d’argent. Qu’il s’agisse de production privée ou de production publique c’est la capacité de produire qui doit déterminer les décisions. La finance ne doit jamais être un obstacle, car l’argent, le crédit financier, ne doivent être que la représentation chiffrée du réel.

Ainsi, un budget du gouvernement ne doit pas être basé sur une capacité à payer, mais simplement d’exécuter physiquement des travaux, ou de fournir concrètement des services, d’ordre public, réclamés par la population. A mesure que les travaux et services sont mis en œuvre, le moyen financier, pour mobiliser ce qu’il y a à mobiliser, doit venir automatiquement, puisque la finance ne doit être que le reflet du réel, servir le réel et non lui faire obstacle.

De même aussi, la production consiste à fournir de la richesse répondant à des besoins. Les besoins ne se comblent pas avec de l’argent, mais avec des biens réels. Ce sont ces biens qui sont une richesse, non pas l’argent.

La richesse réelle disparaît par la consommation, par la destruction, ou graduellement par la dépréciation, l’usure, la vétusté. L’exportation, l’envoi de produits du pays à l’étranger, fait disparaître de la richesse du pays; c’est donc une consommation. Et, au contraire, l’importation, l’entrée de biens venant d’un autre pays, enrichit le pays qui reçoit ces biens. L’importation équivaut donc à une production. Il est absurde de chercher à exporter plus qu’on importe: ce serait s’appauvrir. Si vous faites diligence pour exporter 5 voitures, et si vous restreignez les importations, pour ne pas en recevoir plus que 3 de même valeur, vous vous serez appauvri de deux voitures: demandez à votre professeur d’économie comment il peut trouver cette opération une balance de commerce favorable ! Un pays qui veut être indépendant, non pas vivre au crochet des autres, doit viser à exporter autant qu’il importe, à payer ses importations par ses exportations. En deçà, il s’endette; au-delà, il s’appauvrit. On peut toujours faire des cadeaux, mais ce n’est plus du commerce, c’est de la charité, et alors, qu’on le dise!

Prix comptable et coût réel

En matière de prix: Le prix comptable, c’est la somme de tout ce qui est déboursé (en argent ou en crédit financier) au cours de la production: salaires; quote-part des frais généraux, des frais de premier établissement et des frais d’entretien; profits, qui sont pour l’entrepreneur et ses bailleurs de fonds ce que sont les salaires pour ses employés, etc. Pour que l’entreprise puisse tenir, il faut qu’elle récupère au moins tout ce prix de revient.

Le prix de revient est un prix comptable. Mais le coût réel de la production, c’est tout ce qu’il a fallu consommer pour la réaliser. Ainsi, une table, quel que soit son coût financier, a réellement coûté le bois qu’il a fallu sacrifier pour la construire, le travail relatif à la préparation de ce bois et à la construction de la table, la force motrice, l’usure de la machinerie utilisée, les énergies du fabricant, la nourriture et autres choses qu’il lui a fallu pour entretenir ses forces, etc. Il n’y a pas nécessairement — et sans doute jamais — égalité entre le prix de revient financier et le coût réel. Par exemple, si l’ébéniste qui a fabriqué la table a reçu $30 de salaire, ces $30 entrent dans le prix de revient. Mais s’il ne dépense que les deux tiers de ce salaire, il n’a consommé, en ce qui le concerne, que pour $20 de produits ou de services. La production de la table aura donc absorbé, rien que sur ce point, pour $10 de moins de choses qu’il en figure dans le coût financier. Le contraire peut aussi arriver: par exemple, si, au cours de la fabrication, l’ouvrier subit un accident exigeant soins et remèdes.

Douglas a fort justement écrit que le coût réel de la production, c’est la consommation. C’est ce qu’il a fallu réellement sacrifier pour la produire: sacrifier, non pas en termes d’argent, mais en termes de réel.

Il est évidemment impossible de savoir exactement le coût réel, ainsi défini, de chaque article de production. Mais il est facile de savoir quel a été, durant une période donnée — disons une année — le coût réel de toute la production du pays: c’est le prix total de la consommation de ce pays pendant cette même période.

Si, dans une année, toute la production, production privée et production publique, a été de 15 milliards; et si, dans ce même pays, pendant cette même année, la consommation de toutes sortes (matériaux, produits finis, destruction, dépréciation, exportation) a été de 10 milliards, il faut conclure: il en a coûté réellement 10 milliards pour produire ce que la comptabilité des prix établit à 15 milliards.

La comptabilité des prix est pourtant exacte. La somme des prix comptables de la production est bien 15 milliards. Mais en toute justice, on ne peut faire payer à la population plus que le prix de ce qu’elle consomme. Donc, globalement, 10 milliards, pas plus, c’est là le « juste » prix. Il faudra donc effectuer une opération d’ajustement des prix.

Ce n’est pas seulement une question de justice. C’est aussi faire de la finance ce qu’elle doit être: le reflet exact des faits économiques, tant de la production que de la consommation. Si la production totale a été de 15 milliards, le crédit financier libéré pour la réaliser devait bien être de 15 milliards. Mais si la consommation totale n’est que de 10 milliards, le crédit total retiré de la circulation ne doit être que de 10 milliards.

Un système financier assoupli se plie à ces opérations de comptabilité, pour servir au lieu de paralyser ou ralentir l’économie. Il s’y prête sans nuire à aucun intérêt privé, parce que, tout en décrétant un abaissement des prix à payer par les consommateurs, il prendra à même le fonds de crédit communautaire ce qu’il faut pour compenser au vendeur ce que cet abaissement de prix lui fait perdre. Le côté producteur récupérera donc le prix comptable auquel il a droit, puisque c’est la somme de dépenses faites en cours de production. Justice de part et d’autre.

Une simple règle de trois, basée sur les statistiques de la production et de la consommation, indiquera quel escompte doit être accordé sur les prix marqués comptables, pour les abaisser au coût réel à payer par les consommateurs.

Fin du système de taxes

Ce mécanisme d’ajustement des prix permettrait de se dispenser du lourd, irritant et dispendieux système de taxes. Un exemple hypothétique, fort schématisé, va en donner une idée. Mais il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit d’un système financier dans lequel on admet que tout le crédit financier doit prendre sa source dans le fonds communautaire de crédit national (ou provincial), et y retourner après avoir accompli sa fonction. En reflétant fidèlement les faits économiques dans les deux sens: faits de la production dans le courant de sortie, faits de la consommation dans le courant de retour.

Supposons que, pendant une période donnée, la production totale du pays, privée et publique, a été de 15 milliards. Si le budget du gouvernement pour cette période était de 3 milliards, cela veut dire que la production privée, la production de biens consommables, est de 12 milliards.

D’autre part, supposons que la consommation totale, durant la même période, a été de 10 milliards. Consommation totale: biens consommés par la population, matériaux consommés pour la production tant publique que privée, usure de machine, dépréciation de biens durables, destruction par n’importe quelle cause, exportations — tout ce qui a fait disparaître ou diminuer de la richesse dans le pays.

On peut écrire:

Production publique 3 milliards
Production privée 12 milliards
Production totale 15 milliards
Consommation totale 10 milliards

Les 15 milliards qui ont financé la production de toutes sortes ont bien reflété la production de richesse.

Pour que la finance reflète aussi fidèlement la consommation totale, il faut que cette consommation fasse remettre dans le canal du retour vers la source, non pas les 15 milliards libérés pour la production, qui en sont le prix comptable, mais seulement les 10 milliards de consommation totale, qui sont, nous l’avons expliqué, le coût réel de la production. Le coût réel est ici les 2/3 du prix comptable (10 contre 15).

Actuellement, l’argent est retiré de la circulation de deux manières: dans les prix, par la vente des biens consommables, et en taxes par les gouvernements. On pourrait donc conclure dans le cas ci-dessus, que les prix devront être abaissés d’un tiers dans la vente aux consommateurs, et que les taxes devront être abaissées d’un tiers du budget, tout en ayant dépensé le budget total.

Mais il y a plus simple que cela, et mieux à tous les points de vue. On va le voir.

Dans le cas de la table donné en exemple en parlant des prix, on a fait remarquer qu’il est impossible de définir le coût réel de chaque objet, alors qu’on peut connaître le coût réel du total de la production. De même aussi, il est impossible de dire exactement quel a été le coût réel (coût de la consommation) relatif à chacune des deux classes de production: la publique et la privée, alors que la consommation totale, englobant les deux, est connue.

Pour être juste, il faut donc considérer les deux, non plus séparément, mais formant un seul tout, et en déduire: Si l’on retire de la circulation, par n’importe quelle voie, le total de 10 milliards, on aura obtenu le résultat voulu: une finance, reflet fidèle de la réalité consommation.

Cela permet de libérer le gouvernement de tout son système de taxes, en retenant un seul mécanisme de retrait du crédit: par la voie des prix ajustés, au niveau de la vente des produits consommables aux consommateurs.

Dans le bilan hypothétique pris comme exemple, deux lignes seulement entrent en compte pour l’opération, car seule la production privée est sujette à vente:

Production privée 12 milliards
Consommation totale 10 milliards

Pour retirer de la circulation 10 milliards en vendant 12 milliards de biens consommables, l’arithmétique demande d’abaisser les prix de vente de 2 milliards sur 12 — soit de 1 sur 6, soit un escompte général de 16 et 2/3 pour cent. Les consommateurs en bénéficieront et l’Office Monétaire, chargé de l’ajustement des prix, fera le vendeur obtenir, à même le fonds communautaire de crédit national, le montant qu’il ne reçoit pas de l’acheteur.

Le gouvernement n’aura pas eu un homme à employer, pas une formule à imprimer, pas un contribuable à embêter, pas même un rapport à recevoir. Son travail aura consisté à soumettre à l’approbation du Parlement le programme de travaux et services publics réclamés par la population, tant qu’ils sont physiquement possibles et dans l’ordre de leur importance, à les faire exécuter par des entrepreneurs compétents et à recevoir les compliments de ses administrés.

Ce serait vraiment la fin d’un gaspillage de temps, en même temps qu’un soulagement de méninges chez les taxeux et les taxés actuels.

Les chiffres donnés dans notre exemple sont quelconques. Si la production publique formait une plus grosse part de la production totale, l’escompte sur les prix serait moindre, ce qui pourrait servir à guider le vote des parlementaires sur le budget. Mais il est à prévoir que, dans un système financier corrigé dans le sens des propositions du Crédit Social de Douglas, le gouvernement aurait beaucoup moins à faire: les personnes, les familles et les associations libres, étant adéquatement financées, seraient capables d’accomplir elles-mêmes les fonctions qui relèvent mieux d’elles que du gouvernement.

D’ailleurs, aussi, toutes les opérations mathématiques ne font que refléter la réalité. Quel que soit le facteur d’ajustement des prix, le pouvoir d’achat en face leur est globalement équivalent. Et chaque personne en possède un certain montant par le dividende social périodique à tous et à chacun.

Les statistiques de la production et de la consommation qui déterminent l’escompte ne peuvent être établies qu’à la fin de chaque période (année ou semestre). Le taux d’escompte n’est donc appliqué que dans la période qui suit. Les besoins et coutumes ne sont point normalement avides de changements brusques et extrêmes. Et plus les ajustements périodiques des prix sont rapprochés, moins les variations sont prononcées. Le facteur des prix agit à la façon du régulateur automatique d’un moteur soumis à une demande qui fluctue. Une économie libérée des éléments financiers malsains qui la vicient aujourd’hui ne bousculerait plus les populations d’un extrême à l’autre, entre des sommets vertigineux et des abîmes sombres.

Il peut rester bien des points d’interrogation dans l’esprit du lecteur insuffisamment renseigné sur l’ensemble de la doctrine créditiste. Un article ne peut être un traité complet. Mais le journal Vers Demain continuera, comme il le fait assidûment depuis son premier numéro, il y a plus de 28 ans (66 ans en 2006), à présenter divers points de cette riche et lumineuse doctrine. A chacun d’être aussi assidu à en faire la lecture.

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