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Les illusions barbares

le mardi, 01 octobre 2013. Publié dans Euthanasie, Québec

Soin médical ou piqûre qui tue?

Le projet de loi 52 ne correspond en rien à l’esprit de ce peuple du Québec

EuthanasieLes projets de loi 52 et de charte des valeurs sont délicats et les enjeux fondamentaux, puisqu’il y est question de dignité de la personne, de liberté de croire, de vie et de mort des plus vulnérables, potentiellement de chacun de nous.

Les textes proposés devraient pour cela être clairs et sans détour. Or, ils s’avancent masqués. Le langage y agit comme un cosmétique lénifiant, séduisant: on parle de compassion alors qu’il s’agit de meurtre; on parle de soin médical alors qu’il s’agit de la dernière piqûre qui tue; sous les apparences du langage flatteur de l’identité nationale, sous le couvert d’avancée démocratique et de neutralité, la charte des valeurs ne parle même pas d’une saine laïcité mais de l’illusoire neutralité d’un laïcisme, religion d’État qui chercherait à s’imposer aux pratiques communes et aux consciences par le biais, par exemple, du système éducatif et de ses programmes.

Faut-il que notre bon sens soit anesthésié, au point de ne pas voir les évidentes contradictions dans lesquelles de telles lois enfonceraient notre société? Que penser, par exemple, d’une société qui recherche avec raison les moyens les plus efficaces pour enrayer le suicide de ses membres, et propose de légaliser l’aide au suicide en fin de vie? Comment ne pas voir une contradiction dans une société qui a milité contre la peine de mort, et qui permettrait à un de ses membres de la pratiquer sur ses concitoyens, fût-ce à leur demande?

Comment peut-on, sans contradiction, affirmer respecter l’objection de conscience et exiger d’un médecin qui refuserait de pratiquer l’euthanasie, d’indiquer le nom d’un collègue prêt à effectuer l’acte? Que dire du caractère aberrant de l’argument qui consisterait à légaliser l’euthanasie pour arrêter les souffrances: étrange manière de supprimer le problème, en éliminant la personne!

Plus grave: le tissu social requiert la confiance, lien essentiel sans lequel une société se déchire et s’effondre; en rendant légal le geste de mort pratiqué par un médecin sur les plus fragiles et vulnérables d’entre nous, on installerait nécessairement la méfiance chez celui pour qui la relation à son médecin est parfois l’ultime lien humain et humanisant.

Derrière ces projets de loi, se profile le spectre d’une «barbarie à visage humain» selon le mot de Bernard-Henri Lévy, lorsqu’il dénonçait des totalitarismes que nous avons d’ailleurs combattus. Et, maintenant, comme ces régimes aux mœurs barbares, nous légaliserions l’euthanasie, avec des procédés langagiers semblables: contre-vérités et illusions séductrices?

Contre-vérité que d’appeler soin médical un acte de mort. Illusion d’appeler compassion la réponse à un cri de détresse par un geste de mort. Illusion encore de croire que le projet de loi protégerait contre d’éventuelles dérives: le modèle belge qui inspire nos législateurs, connaît aujourd’hui des dérapages spectaculaires! Contre-vérité de dire que la dignité de la personne dépend de sa qualité de vie alors que la dignité est liée au seul fait d’être un être humain, quelles que soient les conditions de vie.

Contre-vérité de dire que l’aide au suicide des personnes en fin de vie n’a rien à voir avec le suicide des jeunes ou adultes. Contre-vérité de laisser croire que «légal» et «moral» sont synonymes. Illusion de croire qu’il suffit qu’une loi soit votée dans une démocratie, pour que son contenu et son application deviennent moralement bons.
L’histoire encore récente en témoigne. Les démocraties sont fragiles et demandent la vigilance de tous et de chacun pour ne pas dériver en dictature, fut-ce une dictature apparemment indolore. La raison et le cœur devraient conduire le gouvernement québécois à reconnaître que le projet de loi 52 ne correspond en rien à l’esprit de ce peuple du Québec, aux valeurs morales et spirituelles qui l’ont construit et qui lui ont permis de traverser des épreuves redoutables.

Ses qualités et ses ressources humaines, sa force économique et sa créativité encore présentes, pourraient à coup sûr permettre au Québec de relever ces défis et devenir leader et exemplaire dans des domaines tels que la mise en œuvre de soins palliatifs d’excellence, la recherche de traitements contre la douleur, la formation intégrale des accompagnants et la protection des plus faibles, qui mesure le degré d’une civilisation.
                           

Thérèse Nadeau-LacourThérèse Nadeau-Lacour
Lettre publiée dans le quotidien

Le Nouvelliste de Trois-Rivières du 17 oct 2013.

L’auteure de ce texte, Thérèse Nadeau-Lacour,

est professeure titulaire en Sciences humaines

à l’UQTR et professeure associée à l’Université Laval.