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L’Apparition de la Vierge Marie à La Salette en 1846

Écrit par Louis Even le mercredi, 01 février 1967. Publié dans Apparitions

sanctuaire de Notre-Dame de La SaletteLe sanctuaire de Notre-Dame de La Salette, bâti sur le lieu même de l’apparition, dans les Alpes françaises

 

Parmi les célèbres apparitions modernes dans lesquelles la Très Sainte Vierge Marie donna à ses voyants des messages à transmettre au monde entier, il y eut La Salette, en France, le 19 septembre 1846.

La Salette, environ 300 habitants, est une commune du canton de Corps, dans le département de l'Isère. Pays de montagnes, dans la chaîne des Alpes. La Sainte Vierge a souvent choisi des lieux montagneux pour ses apparitions. Les Alpes avaient déjà eu sa visite à une quarantaine de milles du même lieu, ou plutôt ses visites, car c'est environ 600 fois qu'elle s'était montrée à la vénérable Benoîte Rencurel, au Laus, de 1664 à 1718.

Passé le village de La Salette, en continuant vers les montagnes par un chemin raboteux, se trouve le hameau des Ablandins, d'une douzaine de familles. On est là à 5,400 pieds au-dessus du niveau de la mer, entre des pics qui, eux, s'élèvent jusqu'à 11,000 et 12,000 pieds. Le plus élevé est le mont Obiou, où une quarantaine de Canadiens trouvèrent la mort dans un accident d'avion, en revenant d'un pèlerinage à Rome pour la béatification de notre Marguerite-Bourgeoys, en 1950. Ils furent inhumés au cimetière de La Salette.

Pour passer ses messages au monde, la sainte Vierge choisit généralement des enfants. Sans doute parce qu'ils sont plus simples, plus purs, moins taxables d'imposture. Souvent même des enfants ignorants. On sera ainsi mieux disposé à reconnaître l'œuvre du Ciel dans le bien qui pourra en résulter, au lieu d'y chercher le fruit de compétences, de calculs, d'habiles décisions de la part de personnages haut placés en science ou en fonctions.

Des enfants: deux à La Salette, une à Lourdes, quatre à Pontmain, trois à Fatima. toujours des enfants! Les deux de La Salette sont Mélanie Calvat et Maximin Giraud.

Mélanie, 15 ans, est l'aînée d'une famille très pauvre qui habite, aux confins de Corps, une pièce misérable, dans laquelle s'entassent le père, la mère et plusieurs enfants. Dès l'âge de 7 ans, les enfants sont mis en emploi sur des fermes des environs, pour aider les parents et leur nichée. Depuis l'âge de dix ans, Mélanie a même dû s'engager chez des fermiers d'autres paroisses. En septembre 1846, elle est depuis six mois en service chez les Pla, la ferme la plus élevée du hameau des Ablandins.

C'est une vie bien dure qu'a menée Mélanie. Aucune douceur dans sa famille. Aucune amitié dans les différentes places où elle a fait du service. Aussi s'est-elle retranchée dans une solitude intérieure, un isolement qu'elle préfère à la compagnie des hommes. N'ayant jamais été à l'école, elle ne sait ni lire ni écrire. A peine a-t-elle appris quelques bouts de prière. Mais elle est demeurée innocente, pure et portée à élever sa pensée vers Dieu.

Maximin, 11 ans, n’a point été, lui non plus, gâté par la vie. Il n'avait qu'un an quand il a perdu sa mère. Le père, charron, habite une masure à l'orée du bourg de Corps, sur une ruelle sale et tortueuse. Quand il n'est pas à sa forge, tout-à-côté, le bonhomme est au cabaret, le dimanche comme les autres jours. Il n'est pas tendre pour son garçon. Il s'est remarié, et la marâtre fait la vie dure à Maximin, «Mémin» comme on l'appelle.

De visage aimable, au regard candide, Mémin est espiègle sans malice, remuant et aimant le jeu. Lui non plus n'a jamais été à l'école. Ne sait ni A ni B; de prière, point; de catéchisme, de messe, point. Mais lui aussi, malgré le milieu peu exemplaire où il vit, est resté pur.

Voilà les deux petits ignorants et miséreux que la Reine du Ciel va choisir comme ambassadeurs pour presser tout le peuple de se convertir, de prier et de faire pénitence.

Ensemble sur le Planeau

Maximin Giraud et Mélanie CalvatMaximin Giraud et Mélanie Calvat

Quoique tous les deux de Corps, Mélanie et Maximin ne se sont encore jamais rencontrés. Ils ne se connaissaient aucunement l'un l'autre. Pourtant, c'est aux deux ensemble que, dans Ie plan de Dieu, Marie doit se manifester. Or, Maximin est à Corps, tandis que Mélanie est bergère à La Salette, même tout au delà du village, aux Ablandins. Mais Dieu est le maître des circonstances et les dispose à son gré, même si les hommes n'y voient que du fortuit.

Le 13 septembre, Pierre Selme, un autre fermier des Ablandins, est descendu à Corps. Son berger est malade. Selme vient demander au charron Giraud, de lui prêter «Mémin», pour quelques jours seulement, en attendant que son berger puisse reprendre son travail. Maximin ne connaît rien au métier de berger ou au soin des vaches, mais il ne demande pas mieux que cette diversion. Le voici donc, lui aussi, aux Ablandins.

Le 18 septembre, Mélanie décide de conduire les quatre vaches de son maître au pâturage sur un plateau de la montagne, appelé Le Planeau. De son côté, Pierre Selme dit à Maximin: mène les vaches au Planeau; je vais aller faucher dans le champ voisin; si tu t'ennuies, tu pourras venir me voir, mais tu peux bien aussi aller tenir compagnie à la bergère des Pla qui est comme toi de Corps; elle aussi garde ses vaches au Planeau.

Mélanie, l'amie du silence et de la solitude, et Maximin, d'un naturel tout opposé, mais tous les deux également bons et sans vice, vont donc se rencontrer pour la première fois. Vers onze heures, en effet, Mélanie s'entend héler: «Petite, je suis aussi de Corps». Surprise et contrariée de voir sa solitude investie, elle dit au garçon: « Je ne veux personne, je veux rester seule». Et elle s'éloigne.

Mais Maximin la suit en disant: «Va, laisse-moi avec toi; mon maître m'a dit de garder mes vaches avec les tiennes; je suis de Corps». Elle le rebute encore, va plus loin et s'assied sur le gazon. Un moment après, tournant la tête, elle voit le pétulant petit bonhomme qui insiste: «Garde-moi. Je m'ennuie tout seul. Je serai sage. Je ne parlerai pas». Elle a pitié et lui fait signe de s'asseoir.

Mais «Mémin» ne garde pas longtemps le silence. Il parle, pose des questions, rit, est tout gaieté, exécute des cabrioles amusantes. La silencieuse ne résiste plus. La conversation est engagée.

L'Angélus du midi sonne à l'église de La Salette. Mélanie dit à Maximin qu'il faut s'arrêter quelques instants pour penser au bon Dieu. Puis elle propose le dîner. L'insouciant Maximin n'a pas attendu si longtemps: dès avant de venir à Mélanie, il a partagé avec son chien le maigre lunch qu'on lui a mis en main le matin. Mais Mélanie est heureuse de partager le sien avec son petit compagnon. Un peu plus tard aussi, elle indique à Maximin un endroit de la montagne où se trouvent des baies, des airelles sans doute. Il y va, se régale et en rapporte plein son chapeau.

Mélanie s'est bien accommodée de la compagnie qu'elle avait d'abord voulu éloigner. Et quand les deux bergers ramènent leurs vaches chez leurs maîtres vers la fin de l'après-midi, ils s'entendent pour se retrouver à la même place le lendemain.

«Je vous ai donné six jours pour travailler, je me suis réservé le Septième et on ne veut pas me l'accorder. Voilà ce qui appesantit tant le bras de mon Fils.» Statue de Notre-Dame de La Salette

 

Apparition de Marie

Le lendemain, 19 septembre, tel que convenu la veille, les deux enfants gravissent la montagne ensemble, en poussant leurs bêtes vers le Planeau. C'est un samedi, jour hebdomadaire de la sainte Vierge. C'est aussi, en cette année 1846, le samedi des Quatre-Temps de septembre, donc jour de prières et de pénitence. Dans sa liturgie du matin, l'Église disait: «C'est le jour important des expiations ... C'est le jour de propitiation pour vous réconcilier avec le Seigneur. Toute âme qui ne sera pas affligée en ce jour périra».

De plus, c'est la veille du troisième dimanche de septembre, donc la veille de la fête de Notre-Dame des Sept Douleurs. L'après-midi de ce samedi, les prêtres allaient donc dire et les moines chanter aux premières vêpres de cette fête: «Comment imaginer une détresse semblable à la vôtre? Où trouver des consolations à la hauteur de votre infortune, ô Vierge, fille de Sion? Votre douleur est immense comme la mer».

Les deux enfants qui montent vers le Planeau ne savent rien de tout cela. Mais avant le soir, ils auront vu cette Vierge en pleurs; et quand ils descendront de la montagne, ils seront enfants encore, mais enfants porteurs d'un message céleste avec la mission de le faire savoir à toute la chrétienté.

La matinée de ce jour-là passe comme celle de la veille. Même recueillement à la cloche de l'Angélus. Après avoir pris leur dîner, les deux bergers décident de construire ce qu'ils appellent un «paradis». Ils amassent des pierres, en font quatre murs, posent une large pierre en étage, reprennent les murs en hauteur et terminent par une deuxième pierre large comme couverture. Le bas, disent-ils, c'est notre habitation: la partie du haut, c'est le paradis. Ils ornent le tout de fleurs. Puis fatigués, mais contents de leur œuvre, ils s'étendent sur l'herbe et s'endorment.

Mélanie s'éveille la première, jette un regard circulaire et ne voit plus de vaches. Elle se lève comme un ressort, appelle: «Mémin, Mémin, où sont nos bêtes?» et prenant son bâton, elle gagne rapidement le sommet d'un monticule. Les vaches sont couchées tranquillement de l'autre côté du monticule. Mélanie les compte: «Elles sont toutes là», dit-elle à Mémin qui la suivait quelques pas en arrière.

Les deux redescendent vers leur «paradis». Ils en sont encore à une vingtaine de pas quand, soudain, Mélanie est figée de stupeur, écarquille les yeux; laisse tomber son bâton et, le cœur battant, dit: «Mémin, vois-tu là-bas? Ah! moun Diou!»

Et Maximin voit lui aussi. Un globe de clarté surnaturelle, qui semble s’ouvrir, laisse paraître une lumière encore plus brillante, puis, en son milieu, une dame assise sur leur «paradis», accoudée sur ses genoux, le visage dans les mains, comme accablée sous le poids d'un grand chagrin.

Maximin dit à Mélanie: «Ramasse ton bâton», et brandissant sa propre trique, en tenue de bataille: «Si elle nous fait quelque chose, je lui donnerai un bon coup.»

La Dame alors se lève. Les bras à demi croisés sur sa poitrine, elle regarde les deux bergers avec douceur. Mais elle est en larmes. Des larmes qui tombent comme des gouttes de lumière, car elle est toute en lumière. Elle porte des vêtements qui sont de lumière, même si leurs formes ressemblent à celles des vêtements connus; que les enfants appelleront bonnet, fichu, robe, tablier, chaussures – mots bien creux, diront-ils plus tard, pour exprimer des formes qui, dans leurs plis les plus prononcés, ne présentaient aucune ombre. Un visage très blanc, tout de beauté. La Dame pleure, sans sangloter. Elle rassure tout, de suite les deux bergers: «Avancez, mes enfants. N'ayez pas peur. Je suis ici pour vous annoncer une grande nouvelle.»

Et Marie – car c'est bien Elle – va dire aux enfants, et par eux à tout le Monde, ce qui cause sa tristesse, ce qui menace l'humanité si les hommes ne s'améliorent pas. Elle commence, en français:

«Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller la main de mon Fils. Elle est si lourde et si pesante que je ne puis plus la retenir.

«Depuis le temps que je souffre à cause de vous! Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je suis obligée de le prier sans cesse. Et vous autres, vous n'en faites pas cas. Vous aurez beau prier, beau faire, jamais vous ne pourrez reconnaître la peine que j'ai prise pour vous.

«Je vous ai donné six jours pour travailler, je me suis réservé le Septième et on ne veut pas me l'accorder. Voilà ce qui appesantit tant le bras de mon Fils.

«Ceux qui conduisent les charrettes ne peuvent lancer un juron sans y mettre Son nom. Ce sont les deux choses qui appesantissent tant le bras de mon Fils.

« Si la récolte se gâte, c'est votre faute. Je vous l'ai fait voir l'année dernière par les pommes de terre: vous n'en avez pas fait cas. Au contraire, quand vous en trouviez de gâtées, vous juriez. Elles vont continuer à pourrir et, à Noël, il n'y en aura plus.»

Quand Marie parle de pommes de terre, Mélanie a l'air de ne pas bien comprendre, et elle regarde Maximin comme pour l'interroger; c'est qu'elle pense à des pommes, aux fruits du pommier. Les deux bergers ne savent bien parler qu'en patois du Dauphiné et comprennent difficilement le français. Dans leur patois, les pommes de terre s'appellent «las truffas».

La sainte Vierge alors leur dit: «Ah! c’est vrai, vous ne comprenez pas le français, mes enfants. Je vais vous le dire autrement.» Et elle répète en patois ce qu'elle vient de leur dire: «Si las récolta sé gastas...» Puis, elle continue son discours en patois, dont voici la traduction en français:

«Que celui qui a du blé ne le sème pas, les bêtes le mangeront; s'il en pousse encore quelques épis, les grains tomberont en poussière au battage. Il y aura une grande famine. Avant la famine, les petits enfants au-dessous de sept ans prendront un tremblement et mourront entre les mains des personnes qui les tiendront. Les autres feront leur pénitence par la faim. Les noix deviendront mauvaises et pourriront.»

A ce moment, Mélanie cesse d'entendre, bien que les lèvres de Marie continuent à remuer et qu'elle a son regard posé sur le petit garçon devenu très attentif. C'est que la sainte Vierge est en train de passer à Maximin un secret, assez court, qu'il ne devra jamais révéler. Après cela, c'est Maximin qui n'entend plus et c'est à Mélanie que Marie dicte, en français, un secret beaucoup plus long, avec ordre de ne pas le publier avant l'année 1858.

Quand la Vierge a fini de transmettre ces deux secrets, elle reprend en patois le thème de son discours:

«Si les pécheurs se convertissent, les pierres et les rochers se changeront en monceaux de blé, et les, pommes de terre se trouveront ensemencées dans la terre.

«Faites-vous bien votre prière, mes enfants?

«Non, Madame, pas beaucoup.

«Ah! mes enfants, il faut bien la faire soir et matin; quand vous n'aurez pas le temps, dites seulement un Pater et un Ave Maria, et quand vous aurez le temps, il faut en dire davantage.

«Il ne va que quelques femmes un peu âgées à la messe; les autres travaillent le dimanche tout l'été; et l'hiver, ils ne vont à la messe que pour se moquer de la religion, En carême, ils vont à la boucherie comme les chiens.

«N'avez-vous pas vu du blé gâté, mes enfants?

— «Oh! non, Madame.

«Mais toi, mon enfant (se tournant vers Maximin), tu dois bien en avoir vu une fois vers le Coin, quand l'homme du champ dit à ton père: Venez voir mon blé, comme il se gâte! Vous y allâtes; puis ton père prit deux ou trois épis dans ses mains, les frotta, et ils tombèrent, en poussière; puis, en vous retournant, quand vous n'étiez plus qu'à une demi-heure de Corps, ton père te donna un morceau de pain, en te disant : Tiens, mon enfant, mange cette année, car je ne sais qui en mangera l'an prochain si le blé se gâte ainsi.

«Les paroles de Marie à La Salette gardent une réelle actualité»

– Saint Jean-Paul II

Notre-Dame de La SaletteLe 6 mai 1996, à l’occasion du 150e anniversaire de l’apparition de la Sainte Vierge Marie à La Salette, le pape saint Jean-Paul II avait écrit une lettre à l’évêque de Grenoble, Mgr Louis Dufaux. En voici des extraits:

Marie, Mère pleine d'amour, a montré en ce lieu sa tristesse devant le mal moral de l'humanité. Par ses larmes, elle nous aide à mieux saisir la douloureuse gravité du péché, du rejet de Dieu, mais aussi la fidélité passionnée que son Fils garde envers ses enfants, Lui, le Rédempteur dont l'amour est blessé par l'oubli et les refus.

Le message de La Salette fut délivré à deux jeunes pâtres en un temps de grandes souffrances des peuples, affectés par la famine et en butte à bien des injustices. De plus, l'indifférence ou l'hostilité à l'égard du message évangélique augmentaient. Notre-Dame, en se faisant contempler portant sur elle l'image de son Fils crucifié, montre que, associée à l'œuvre du salut, elle compatit aux épreuves de ses enfants et souffre de les voir s'éloigner de l'Église du Christ au point d'oublier ou de rejeter la présence de Dieu dans leur vie et la sainteté de son Nom.

Le rayonnement de l'événement de La Salette atteste bien que le message de Marie n'est pas tout entier dans la souffrance exprimée par les larmes; la Vierge appelle à se ressaisir: elle invite à la pénitence, à la persévérance dans la prière et particulièrement à la fidélité de la pratique dominicale; elle demande que son message « passe à tout son peuple » par le témoignage de deux enfants. Et, de fait, leur voix se fera rapidement entendre. Les pèlerins viendront; bien des conversions auront lieu, Marie était apparue dans une lumière qui évoque la splendeur de l'humanité transfigurée par la Résurrection du Christ: La Salette est un message d'espérance, car notre espérance est soutenue par l'intercession de Celle qui est la Mère des hommes. Les ruptures ne sont pas irrémédiables. La nuit du péché cède devant la lumière de la miséricorde divine.

La souffrance humaine assumée peut contribuer â la purification et au salut. Pour qui marche humblement dans les voies du Seigneur, le bras du Fils de Marie ne pèsera pas pour condamner, mais il saisira la main qui tend pour faire entrer dans la vie nouvelle les pécheurs réconciliés par la grâce de la Croix.

Les paroles de Marie à La Salette, par leur simplicité et leur rigueur, gardent une réelle actualité, dans un monde qui subit toujours les fléaux de la guerre et de la faim, et tant de malheurs qui sont des signes et souvent des conséquences du péché des hommes. Et aujourd'hui encore, Celle que «toutes les générations diront bienheureuse» veut conduire « tout son peuple », qui traverse les épreuves de ce temps, à la joie qui naît de l'accomplissement paisible des missions données à l'homme par Dieu.

— (Maximin): «C'est bien vrai, Madame, mais je ne m'en rappelais pas.»

La belle Dame termine là son discours en patois. Mais elle ajoute en français:

«Eh bien! mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple.»

Puis elle se déplace, traversant la Sézia, ruisseau alors desséché près duquel les enfants avaient construit leur «paradis». Sans se retourner, elle dit une seconde fois:

«Eh bien! mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple.»

La belle Dame se dirige alors vers le sommet du plateau. Elle avance, sans pencher le corps en avant, pour gravir la pente. Ses pieds ne touchent pas le sol, elle semble glisser sur l'herbe qu'elle effleure sans qu'aucun brin ne plie. Les enfants l'accompagnent. Arrivée au sommet, la belle Dame s'arrête. Mélanie se place devant elle pour la bien contempler ; Maximin, qui était en arrière et un peu sur la droite, passe lui aussi en avant.

La Dame ne dit plus rien, mais s'élève insensiblement à environ trois pieds du sol, tourne les yeux vers le ciel, jette un regard circulaire sur le pays et un regard tendre sur les enfants extasiés, puis disparaît peu à peu. Quand seuls les pieds sont encore visibles, le petit garçon avance la main pour essayer de prendre une des roses qui ornent le dessous des pieds, mais il ne saisit que de l'air.

Revenant comme d'un rêve, les deux bergers se regardent, comme pour se demander l'un à l'autre ce que pouvait bien être cette vision.

«Mémin, dit Mélanie, cela doit être le bon Dieu de mon père, ou la Sainte Vierge, ou quelque grande sainte.»

Et Maximin de répondre: «Ah! si je l'avais su, je lui aurais demandé de nous emmener avec Elle.»

La nouvelle se répand

«Vous le ferez passer à tout mon peuple.» En d'autres termes: Ce que je viens de vous dire, répétez-le à d'autres, et que cela soit diffusé le plus vite possible partout.

Cette mission, les deux enfants vont, sans trop s'en rendre compte, la commencer dès ce soir même, par le récit qu'ils vont faire, tout bonnement, de ce qu'ils ont vu et entendu sur le Planeau – sauf les deux secrets évidemment.

Ils sont redescendus avec leurs bêtes plus tôt que d'habitude, et cela se comprend après un événement aussi extraordinaire. En arrivant aux Ablandins, Mélanie se met à son travail dans l'étable des Pla. Quant à Maximin, rentré chez les Selme, il ne trouve personne à la maison: ses maîtres sont encore à leur ouvrage aux champs. Pourtant la langue du petit garçon de 11 ans lui brûle. Il attache ses vaches à leur place, puis monte en vitesse chez les Pla, où il raconte d'un trait ce que lui et Mélanie ont vu et entendu.

Mélanie est à l'étable et va commencer à traire les vaches quand elle voit sa maîtresse venir à elle en pleurant: «Pourquoi, mon enfant, ne venez-vous pas me dire ce qui vous est arrivé sur la montagne?» Mélanie répond: «Je voulais bien vous le dire, mais je voulais finir mon ouvrage auparavant.»

Un instant après, Mélanie est dans la maison et raconte le tout à la maîtresse, qui est une veuve; la ferme est exploitée par ses deux fils, dont l'un, Baptiste, est marié. Les deux, hommes sont encore, aux champs, mais Mélanie commence son récit pour sa maîtresse. Elle en est rendue à la moitié quand les deux hommes arrivent. La maîtresse, qui pleurait au récit des plaintes et des menaces de la Dame de la montagne, leur dit: «Ah! vous vouliez aller ramasser le blé demain, qui est un dimanche; gardez-vous-en bien, venez entendre ce qui est arrivé aujourd'hui à cette enfant et au berger, de Selme ». Et Mélanie dut recommencer.

Lorsqu'elle eut terminé, Bap- tiste Pla dit: «C’était la sainte Vierge ou quelque grande sainte, venue de la part de Dieu. Il faut faire ce qu'elle a dit. Comment allez-vous faire pour dire cela à tout son peuple?» Mélanie lui répondit: «Vous me direz comment faire et je le ferai».

De seuil à seuil, tout le hameau des Ablandins sut la nouvelle avant la fin de la veillée. Les uns crurent. D'autres, non. Mais les plus sceptiques furent quand même troublés: il était impossible que ces enfants-là, sans instruction, aient pu fabriquer un roman de cette sorte; puis ils répètent la vision et les paroles sans la moindre contradiction; et comment peuvent-ils avoir tout d'un coup tant de mémoire pour un discours si long?

Après discussion et réflexion, Baptiste Pla dit aux deux enfants: «Savez-vous ce que vous devez faire: Demain, levez-vous de bon matin, allez tous les deux à monsieur le Curé, racontez-lui tout ce que vous avez vu et entendu; dites-lui bien comment ça s'est passé, lui vous dira quoi faire».

Le dimanche 20 septembre, les deux enfants frappant à la porte du presbytère, à la servante qui ouvre, ils disent qu'ils veulent voir monsieur le Curé. «Impossible, il n'a pas le temps de recevoir personne avant la messe. Mais que voulez-vous lui dire? Je pourrai le lui faire savoir». «C'est qu'on a une nouvelle à lui raconter. C'est nos maîtres qui nous ont dit de venir».

— «Il ne peut pas vous recevoir, il est à préparer son sermon. Mais au fait, quelle nouvelle, donc?»

Et les deux enfants commencent l'histoire, ils reprennent une bonne partie du discours de la Dame. La cloche sonne le dernier coup pour la messe. Le curé, qui a prêté l'oreille et a tout entendu, ouvre la porte de la cuisine. Il est en larmes. Il se frappe la poitrine et dit: «Mes enfants, nous sommes perdus, le bon Dieu va nous punir. Ah! c'est la Sainte Vierge qui vous est apparue ». Et le bon prêtre de 63 ans part pour dire la sainte messe.

Après l'Évangile, le curé monte en chaire. Il essaie de raconter l'apparition qui a eu lieu la veille, sur une montagne de la paroisse. Il exhorte ses paroissiens à ne plus travailler le dimanche. Sa voix est entrecoupée de sanglots. Tout le monde est ému.

Les premières personnes visitant les lieux de l'apparition, le mardi 22 septembre, constatent avec surprise que la fontaine ordinairement desséchée, sur le lit de laquelle la sainte Vierge avait posé les pieds lorsqu'elle était assise sur la pierre, laisse maintenant sourdre de l'eau. Depuis aussi longtemps que les gens la connaissent, cette fontaine n'a été en action qu'après de grandes pluies et à la fonte des neiges. Elle est tout de suite appelée «la fontaine miraculeuse» et n'a jamais tari depuis.

Les pèlerins commencèrent à gravir la sainte montagne. Des 100, des 200 par jour. Le 17 novembre, ils sont 800. Le 27 novembre, ce sont 1 400 personnes de Corps qui montent à la sainte montagne: ni curé, ni vicaire, mais le maire, son conseil et les cinq gendarmes de la brigade en tête. Comme ils vont redescendre, ils voient venir la femme que tout le monde sait paralysée depuis plus de vingt années. C'est une explosion: «La Laurent a bu de l'eau de la fontaine miraculeuse, et la voilà guérie». La foule entonne le Magnificat, puis le Te Deum. Redescendue à Corps, elle fait deux fois le tour du village, et Marie Laurent n'en est nullement fatiguée.

Pour le premier anniversaire, le 19 septembre 1847, avec l’autorisation de l’évêque de Grenoble, 50000 personnes, dont plus de 100 prêtres, sont venus prier et acclamer la Reine du Ciel qui était venue là, dicter à deux bergers ignorants ce qu'elle veut faire connaître à tout le peuple.

L'approbation officielle

C'est le jour du cinquième anniversaire de l'Apparition aux deux bergers, le 19 septembre 1851, que l'Evêque de Grenoble, après avoir pesé tout ce qui s'était dit ou écrit pour et contre, et sur le rapport entièrement favorable de la Commission d'enquête, publia un mandement dans lequel il déclarait:

«Cette Apparition porte en elle-même tous les caractères de la vérité, et les fidèles sont fondés à la croire indubitable et certaine... C'est pourquoi, pour témoigner à Dieu et à la Vierge Marie notre vive reconnaissance, nous autorisons le culte de Notre-Dame de La Salette.»

Comme dans d’autres apparitions qui furent plus tard approuvées (Lourdes, Fatima), la persistance du flot de pèlerins, l'accroissement de leur ferveur, les conversions et autres faveurs dont ces pèlerinages s'accompagnent, peuvent constituer un élément positif dans la détermination du jugement qui se fait attendre. Ce fut le cas à La Salette. On lit, en effet, dans le Mandement de l'Evêque de Grenoble (article 2:

«Nous croyons que ce fait (l'Apparition) acquiert un nouveau degré de certitude par le concours immense et spontané des fidèles sur le lieu de l'Apparition, ainsi que par la multitude des prodiges qui ont été la suite dudit événement, et dont il est impossible de révoquer en doute un très grand nombre sans vider les règles du témoignage humain.»

Les secrets

La Vièrge pleure à La SaletteDans ses apparitions, Marie confie parfois à ses voyants quelques secrets à garder pour eux-mêmes, ou à ne divulguer qu'après une certaine date indiquée par Elle.

À La Salette, chacun des deux voyants reçut un secret, court dans le cas de Maximin, long d'une vingtaine de minutes dans le cas de Mélanie. Maximin ne devait révéler le sien à personne, sauf au Pape si le Pape le demandait. Et Maximin, petit garçon pétulant, toujours prompt à dire tout ce qu'il apprenait, sut être fidèle toute sa vie à l'ordre reçu de Marie. Quant à Mélanie, Notre-Dame lui dit qu'elle pourrait publier son secret douze années plus tard, en 1858.

En 1851, le Pape Pie IX exprima le désir d'obtenir le texte de ces deux secrets. On peut s'étonner qu'ils en aient pu garder la mémoire exacte pendant cinq années, comme d'ailleurs ils devaient le faire toute leur vie ; cela tient en effet du merveilleux, mais, comme ils disaient: « Quand Marie nous dit une chose, ça reste, on ne peut en oublier un seul mot.

Les deux écrits furent placés dans deux enveloppes, scellées par les deux voyants eux-mêmes en présence des témoins, puis enfermées dans une enveloppe revêtue du sceau épiscopal. Deux prêtres furent chargés d'aller à Rome et remettre cette enveloppe directement au Pape. (Voir Les secrets de La Salette.)

C'est plus tard seulement, en juillet 1857, que Pie IX prit connaissance du contenu. Ses lèvres se contractèrent, ses joues se gonflèrent, mais il dit seulement que, dans le secret de Maximin il y avait la candeur et la simplicité d'un enfant, et que celui de Mélanie mentionnait des fléaux dont la France était menacée. Le Pape ajouta que l'Allemagne, l'Italie et d'autres pays étaient aussi coupables et pourraient eux aussi subir de grands châtiments. L'enveloppe fut re-scellée et rien n'en a transpiré depuis. En une autre occasion, il disait au Supérieur des Pères de la Salette: «Ce qu'il y a dans les secrets de La Salette? Eh bien, c'est la parole de l'Évangile: Si vous, ne faites pénitence, vous périrez tous.»

Le sort des voyants

Maximin ne connut point ce qu'on appelle succès dans la vie d'ici-bas. Il semblait incapable de se fixer – la suite probablement des marques faites sur son caractère par les grandes privations de son enfance. Mais il resta toujours bon, chaste, profondément pieux, plein de reconnaissance et d'amour pour la Reine du Ciel descendue jusqu'à lui sur la montagne.

A l'âge de 40 ans, ses forces physiques déjà sur leur déclin, Maximin monte aux lieux de l'Apparition le 4 novembre 1874; il y va à confesse, assiste à la messe, communie, boit de l'eau de la fontaine miraculeuse, mendie chez les religieuses un asile pour la nuit, puis redescend avec le sentiment qu'il a revu ces lieux bénis pour la dernière fois. De fait, il meurt le 1er mars suivant, à Corps, muni des sacrements de la sainte Église, après avoir rédigé un «testament» dans lequel il affirme sa foi en Dieu et en Notre-Dame de la Salette, ajoutant: «Après ma mort, que personne ne vienne dire qu'il m'a entendu me démentir sur le grand événement de La Salette, car il mentirait.»

Mélanie vécut plus longtemps. Mais elle aussi eut une vie errante, et les persécutions ne lui manquèrent pas. Elle prit l'habit en 1851 chez les Sœurs de la Providence de Corenc, sous le nom de Sœur Marie-de-la-Croix. Elle fit ensuite un séjour de six ans en Angleterre dans un couvent de Carmélites, puis entra en 1860 chez les Sœurs de la Compassion, à Marseille, enseignant des petites filles. Elle séjournera ensuite pendant 17 ans à Castellamare, non loin de Naples, en Italie. Après quelques années passées en France, elle retourne en 1904 en Italie, dans le sud, à Altamura, où elle vit incognito, dans la prière et la mortification, assistant à la messe tous les jours.

Comme elle n'est pas à l'église le matin du 13 décembre de cette année 1904, le prêtre fait aller aux informations. On la trouve morte au pied de son lit, tout habillée, ses vêtements bien disposés sur son corps et les bras en croix. La voyante de la Salette avait alors 73 ans et un mois.

Le 7 novembre 1905, au service anniversaire dans la cathédrale d'Altamura, le chanoine Annibale Maria di Francia (décédé en 1927, et canonisé en 2004) prononça une longue oraison funèbre, dans laquelle il rappelait l'Apparition de La Salette et s'étendait sur les vertus, la piété, la mortification, l'amour de la solitude, la sainte mort de Sœur Marie-de-la-Croix, la Mélanie Calvat choisie par Marie pour porter un message urgent à tout le peuple.

Notre-Dame de La Salette, priez pour nous.

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